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Journal Français d'Ophtalmologie
Vol 22, N° 4  - juillet 1999
p. 431
Doi : JFO-07-1999-22-4-0181-5512-101019-ART98
Acuité visuelle et pathologie oculaire chez le sujet âgé résidant en maison deretraite : étude orléanaise sur 219 personnesVisual acuity and ocular disease in geriatric nursing homes. Study in 219 elderlypeople in FranceAcuité visuelle et pathologie oculaire chez le sujet âgé résidant en maison deretraite : étude orléanaise sur 219 personnes
 
Article original



JFO
1999; 22: 431-437
© Masson, Paris, 1999

M. Taiel-Sartral(1), , P. Nounou(1), , C. Rea(2), ,A. El Alamy(1), , K. Bendeddouche(1), , M. Boumezrag(1), , R. Milcamps(2), , D. Cohen(1)
(1)Service d'Ophtalmologie
(2)Service de Gériatrie CHR Orléans, 1 rue Porte Madeleine, 45000Orléans.

SUMMARY


Visual acuity and ocular disease in geriatric nursing homes. Study in 219 elderlypeople in France

M.Taiel-Sartral, P.Nounou, C.Rea, A.El Alamy, K.Bendeddouche, M.Boumezrag , R.Milcamps,D.Cohen

Purpose

To measure the visual acuity and to determine the etiological causes of visualimpairment in the elderly residing in nursing homes.

Methods

219 elderly persons residing in nursing homes were examined in the residence. Theophthalmological examination consisted in a visual acuity measurement, a slit-lampexamination and a fundus examination.

Results

This study included 145 women and 74 men. Mean age was 79.1 years (range 41-101 years).

Visual acuity could be measured in 181 subjects (82.6 %) : it was 1/10 orworse in the better eye in 23 of them (13 %) and 2/10 to 3/10 in 36 patients(20 %). In 21 (17.6 %) out of the 119 patients aged over 74 years, visual acuitywas 1/10 or worse in the better eye. Visual impairment significantly increased with age(p < 0.05). There was no difference between men and women in the prevalenceof visual impairment.

Among the 55 subjects with visual impairment, the main causes of vision losswere : cataract in 36 patients (66 %), age-related macular degeneration in 9patients (16 %) and optic neuropathies in 5 patients (9 %). Only one (2,8%) outof the 36 patients with cataract could be operated.

Conclusion

The rate of visual impairment of people in nursing homes was higher than incorresponding age groups in the general population. The main cause of vision loss wascataract ; however, only a few patients could benefit from an operation.

These results confirmed that a systematic ophthalmologic examination should beperformed before general health problems prevent patients from being operated.

Key words : blindness. , cataract. , geriatric nursing homes. , visual acuity. , visualimpairment.

RÉSUMÉ


Acuité visuelle et pathologie oculaire chez le sujet âgé résidant en maison deretraite : étude orléanaise sur 219 personnes

But de l'étude

Le but de l'étude était de mesurer l'acuité visuelle et de déterminer les causes demauvaise vision dans une population âgée résidant en maison de retraite.

Matériel et méthodes

219 personnes âgées résidant en maisons de retraite ont été examinées sur leurlieu de résidence. L'examen comportait une mesure de l'acuité visuelle et un examenophtalmologique à la lampe à fente avec examen du fond d'oeil.

Résultats

L'âge moyen des patients était de 79,1 ans, allant de 41 à 101 ans. On comptait 145femmes pour 74 hommes.

La mesure de l'acuité visuelle a pu être effectuée chez 181 personnes(82,6 %) : 23 patients (13 %) voyaient 1/10 ou moins de leur meilleur oeilet 36 (20 %) voyaient de 2/10 à 3/10. Chez les plus de 74 ans, 21 patients sur 119(17,6 %) voyaient 1/10 ou moins de leur meilleur oeil. Plus l'âge augmentait, plusle handicap visuel était important (p < 0,05). Le déficit visuel n'étaitpas plus important chez la femme que chez l'homme.

Pour les 55 personnes présentant un déficit visuel, les causes principales demauvaise vision étaient : la cataracte chez 36 patients (66 %), ladégénérescence maculaire liée à l'âge pour 9 patients (16 %) et lesneuropathies optiques pour 5 patients (9 %). Parmi les 36 patients présentant unecataracte, une seule personne (2,8 %) a pu être opérée.

Conclusion

L'acuité visuelle des personnes résidant en maisons de retraite était plus basse quecelle retrouvée dans la population générale pour les mêmes tranches d'âges. Laprincipale cause de mauvaise vision était la cataracte, mais très peu de patients ont pubénéficier d'une chirurgie. Ces résultats ont confirmé l'intérêt d'un examenophtalmologique systématique avant une altération importante de l'état généralcontre-indiquant la chirurgie.

Mots clés : Acuité visuelle. , basse vision. , cataracte. , cécité. , maisons deretraite.


Introduction

De nombreuses enquêtes épidémiologiques ont étudié la prévalence du handicapvisuel dans des populations générales [1, 4], mais nous disposons depeu de renseignements sur les personnes résidant en maisons de retraite [2, 5, 7]. Il est pourtant admisque le handicap visuel participe à la perte d'autonomie du sujet âgé [6]. On sait par ailleurs quele handicap visuel augmente avec l'âge [1, 6]. En France, il estétabli que la population des plus de 65 ans est en augmentation depuis une dizained'années [8].L'importance du handicap visuel des personnes âgées et ses causes sont donc desinformations capitales à recueillir car elles permettent d'évaluer les besoins en soinsophtalmologiques de cette population en pleine croissance. Le but de cette étude est demesurer l'acuité visuelle et de déterminer les causes de mauvaise vision dans unepopulation âgée résidant en maison de retraite dans une ville de moyenne importance.

Patients et MÉthodes

Nous avons réalisé une étude prospective sur 219 personnes âgées ­résidant enmaisons de retraite dans la région d'Orléans. Les examens ont été effectués sur lelieu de résidence (quatre centres différents) au cours de deux journées successives enjuin 1996 par cinq ophtalmologistes, aidés d'une orthoptiste et de deuxinfirmières.

L'examen comportait la mesure de l'acuité visuelle de loin de chaque oeil surl'échelle de Monoyer. Seule l'acuité visuelle du meilleur oeil a été retenue. Lespatients ont été répartis en trois groupes  :

  • déficit visuel sévère : acuité à 1/10 ou moins ;
  • déficit visuel modéré : acuité de 2 à 3/10 ;
  • déficit visuel minime ou nul : acuité à 4/10 ou plus.

En plus de l'acuité, un examen des paupières, du segment antérieur, et du fond d'oeil,après dilatation pupillaire en ophtalmoscopie indirecte, a été pratiqué. Les causes demauvaise vision ont pu être recensées. Nous n'avons pris en compte que la cause demauvaise vision du meilleur oeil. Lorsqu'il existait plusieurs pathologies, celle quiretentissait le plus sur l'acuité visuelle était retenue.

L'ensemble des résultats était rédigé sur une fiche, une par patient, qui étaitcomplétée par les renseignements médicaux fournis par les gériatres. Les résultatsophtalmologiques ont été rediscutés, cas par cas, avec les gériatres pour évaluer lespossibilités thérapeutiques.

Méthodes statistiques

Le test de &chi;2 et la méthode d'ajustement de Mantel-Haenszel ontété utilisés pour analyser les différentes distributions de l'acuité visuelle enfonction de l'âge et du sexe. Le test de &chi;2 a permis égalementd'apprécier la répartition des causes de déficit visuel selon l'acuité visuelle.

RÉsultats

L'âge moyen des patients était de 79 ans, allant de 41 à 101 ans (écart-type :11 ans). On comptait 145 femmes (66 %) et 74 hommes (34 %).

Sur les 219 résidents, la mesure de l'acuité visuelle a pu être effectuée chez 181personnes aux deux yeux, soit chez 82,6 % des patients. La mesure de l'acuitévisuelle n'a pu être réalisée chez 38 patients en raison de la détérioration de leurétat mental (démence sénile avancée).

Sur les 181 patients, on dénombrait 20 personnes (11 %) entre 41 et 64 ans, 42personnes (23 %) entre 65 et 74 ans et 119 personnes (66 %) entre 75 et 101 ans.Il existait 120 femmes (66 %) et 61 hommes (34 %) (tableau I). Lespatients de moins de 60 ans résidaient en maison de retraite pour certains motifsparticuliers : débilité ancienne, psychose chronique ou situation d'exclusionsociale.

L'acuité visuelle de chaque oeil variait entre un minimum < 0,05 et un maximumde 1. La moyenne de l'oeil droit était de 0,48 et de 0,47 pour l'oeil gauche. La moyennede l'acuité visuelle du meilleur oeil était de 0,55.

13 % des patients (23/181) avaient un déficit visuel sévère, 20 % (36/181)un déficit visuel modéré et 67 % (122/181) un déficit visuel minime ou nul.

Nous avons regroupé les patients par tranches d'âge afin de mettre en évidence unerelation entre l'acuité visuelle et l'âge. La proportion de patients avec un déficitvisuel augmentait avec l'âge. Si l'on s'intéresse aux patients âgés de plus de 64 ans,qui représentaient 89 % (161/181) des sujets de l'étude, l'acuité visuelle étaitmeilleure entre 65 et 74 ans que chez les plus de 74 ans (test &chi;2p < 0,05). 17,6 % des plus de 74 ans avaient un déficit visuel sévère(AV ¾ 0,1) contre 4,8 % entre 65 et 74 ans (tableau II).

Nous avons comparé la proportion de déficit visuel sévère (AV ¾ 0,1)entre les hommes et les femmes. Il n'y avait pas plus de personnes présentant ce déficitchez les femmes que chez les hommes, en tenant compte de l'âge (test de Mantel-Haenszel) (tableau III).

Parmi les 59 résidents qui présentaient un déficit visuel, c'est-à-dire une acuitédu meilleur oeil de 0,3 ou moins, 55 ont pu avoir un examen complet (21 avec un déficitsévère et 34 avec un déficit modéré). Chez toutes les personnes ayant un déficitvisuel (AV 0,3), la première cause de mauvaise vision était la cataracte (figure 1). Elleexpliquait la limitation de l'acuité visuelle chez 66 % (36/55) des patients.Toutefois, les autres causes avaient une fréquence variable suivant le niveau d'acuité.

Les causes de déficit visuel modéré (AV entre 0,2 et 0,3) étaient lacataracte : 70 % (24/34), la dégénérescence maculaire liée à l'âge :18 % (6/34), les neuro­pathies optiques : 3 % (1/34), une autrecause : 9 % (3/34) (figure2).

Les causes de déficit visuel sévère (AV ¾ 0,1) étaient lacataracte : 57 % (12/21), les neuropathies optiques : 19 % (4/21), ladégénérescence maculaire liée à l'âge : 14 % (3/21), une autrecause : 10 % (2/21) (figure3).

La cataracte n'était pas significativement plus fréquente chez les patients avec undéficit visuel modéré par rapport à ceux présentant un déficit visuel sévère (test&chi;2).

Sur les 181 patients, 30 personnes (17 %) avaient été auparavant opérées decataracte, soit d'un oeil (9 %), soit des deux yeux (8 %). Sur le total des 219personnes âgées de l'étude, 35 patients (16 %) avaient été opérées, soit d'unoeil (9 %), soit des deux yeux (7 %).

Discussion

L'intérêt d'une étude de la fonction visuelle des personnes âgées résidant enmaisons de retraite est d'apprécier la fréquence et le degré de leur déficit visuel,de connaître les causes de ce déficit afin de savoir si un traitement curatif oupréventif est possible. Ces informations sont nécessaires dans le domaine de la santépublique afin d'évaluer les besoins actuels et futurs en soins ophtalmologiques et lescoûts de tels traitements dans une population âgée qui est amenée à croître dans lesannées qui viennent.

Le déficit visuel en maisons de retraite est particulièrement marqué. Les chiffresparlent d'eux mêmes : un tiers de la population voit 3/10 ou moins avec le meilleuroeil et 13 % voit 1/10 ou moins.

Ces chiffres sont retrouvés dans d'autres études réalisées en maisons deretraite : 30 % des patients voit 1/10 ou moins de leur meilleur oeil dansl'enquête de Whitmore [7],17 % dans deux autres études [5, 6] et 11 % dans laBeaver Dam Eye Study [2].Une acuité visuelle de 1/10 ou moins concerne donc entre 11 % et 30 % de lapopulation en maisons de retraite (tableau IV). Notreétude retrouve un chiffre similaire (13 %).

Dans la population générale âgée de plus de 40 ans, seulement 0,5 à 1 % de lapopulation voit 1/10 ou moins [1, 4]. Bien que notre étuden'ait pas de population témoin en dehors des maisons de retraite, au regard desrésultats de la littérature, nous avons observé un handicap visuel beaucoup plus lourden maisons de retraite que dans la population générale. Cette différence estparticulièrement marquée dans le groupe des plus de 74 ans : plus d'une personnesur six en maison de retraite a 1/10 ou moins d'acuité (17,6 %), alors que seulement2 à 3 % de la population générale du même âge présente le même handicap (figure 4).

D'autres études ont rapporté la même observation : dans la Beaver Dam Eye Studyen 1991, chez les personnes âgées de plus de 74 ans, les patients en maisons de retraiteont cinq fois plus de chance d'être malvoyants que dans la population générale [2] ; dans l'étude deSalive, le déficit visuel est significativement plus important en maisons de retraite quedans la population générale (p < 0,001) [5] ; dans la Beaver DamEye Study en 1996, les personnes entrant en maisons de retraite ont une acuité visuelleplus basse que dans la population générale du même âge et la perte visuelle sur cinqans est plus importante en maisons de retraite [9].

Si l'on s'intéresse aux patients de plus de 64 ans, qui représentent la majeurepartie de la population de notre étude (89 %), le handicap visuel est plus marquéchez les plus de 74 ans (p < 0,05). Notre enquête montre qu'à partir de 75ans, il existe une sorte de cap et le déficit visuel est particulièrement important dansce sousgroupe (plus d'une personne sur six voit 1/10 ou moins).

Avec l'allongement de la durée de vie [8], les personnes trèsâgées, de plus de 74 ans, représentent une grande part de la population en maisons deretraite. Dans notre étude, les deux tiers des résidents ont cet âge (66 %).

Plusieurs études dans la population générale ont retrouvé une acuité visuellesignificativement plus basse chez la femme que chez l'homme, en tenant compte de l'âge [1, 3, 5]. Notre étude et d'autresenquêtes ne retrouvent pas de différence significative d'acuité visuelle entre l'hommeet la femme [4, 6]. L'existence d'undéficit visuel plus marqué chez la femme que chez l'homme, dans la population âgée,n'est pas certaine et doit être contrôlée par d'autres études.

Après avoir évalué l'importance de l'atteinte de la fonction visuelle en maisons deretraite, nous nous sommes posés la question de la répercussion d'un tel handicap visuelsur le comportement mental et relationnel du sujet âgé.

Il est certain que l'âge avancé explique beaucoup de troubles mentaux etrelationnels. Mais, il est probable qu'un déficit visuel sévère précipite le sujetâgé vers une perte d'autonomie à la fois psychique et physique. En effet, les contactset les échanges avec les proches sont rendus plus difficiles ; la lecture, quipermettrait le maintien d'une certaine activité intellectuelle, n'est plus possible. Unemeilleure acuité visuelle éviterait certaines chutes et fractures [10] et favoriserait lapoursuite d'une activité physique, si minime soit elle. Il serait intéressant, dans defuturs études, de mettre en parallèle les capacités physiques et visuelles, ainsi queles possibilités intellectuelles et visuelles, grâce à des tests appropriés effectuéssimultanément.

La grande fréquence de malvoyance chez les personnes résidant en maisons de retraitepar rapport à la population générale dans la même tranche d'âge peut s'expliquer parle fait que le handicap visuel a favorisé l'entrée et le maintien de la personne âgéeen maison de retraite.

La cécité légale est définie par l'OMS comme une acuité visuelle inférieure à1/20 du meilleur oeil [11].La prévention de la cécité est un impératif médical et économique [12, 13]. La malvoyance enmaisons de retraite est d'autant plus regrettable que sa cause principale est curable. Lacataracte représente plus de la moitié des causes de déficit visuel sévère(57 %). Il est surprenant que la cataracte soit la première cause, alors que l'onsait que la dégénérescence maculaire liée à l'âge est en premier responsable duhandicap visuel du sujet âgé dans la population générale [1, 14]. Il est certain que,chez les patients présentant un déficit visuel sévère (AV ¾ 1/10), lacataracte était dense et obturante, empêchant souvent une visualisation optimale du fondd'oeil. Ainsi, la fréquence de la dégénérescence ma­culaire liée à l'âge a puêtre sous-estimée. Cependant, d'autres études effectuées en maisons de retraiteretrouvent un taux presque aussi élevé de cataracte : dans l'étude de Whitmore, lacataracte représente 40 % des causes de déficit visuel sévère (première cause)et la dégénérescence maculaire liée à l'âge 33 % (deuxième cause) [7] ; dans l'enquête deTielsch, la cataracte est à nouveau la première pathologie en cause (30 % descauses de déficit sévère) et la dégénérescence maculaire liée à l'âge arrive entroisième position (11,8 % des causes de déficit sévère) [6].

Au moment de notre étude, seulement une personne sur six (17 %) avait étéauparavant opérée de cataracte d'un oeil ou des deux yeux. Dans le même ordre degrandeur, 23 % des patients étaient aphaques ou pseudophaques dans l'étude deWhitmore en maisons de retraite [7].

Sur les 36 patients voyant 3/10 ou moins à cause de la cataracte, une seule personne aété opérée de cataracte (2,8 %). Sur les 219 résidents, seulement 5 personnesont été opérées de cataracte dans l'année qui a suivi l'étude. Les mêmes chiffressont retrouvés dans l'étude de Whitmore : sur les 225 résidents, on compte enmoyenne quatre interventions chirurgicales par an [7].

Pour ces patients qui ont un âge avancé, on constate malheureusement quel'intervention de cataracte est ­rarement possible. En effet, la plupart des patients­refusent une éventuelle intervention chirurgicale qui représente pour eux l'inconnu etde nouvelles contraintes (hospitalisation, changement d'environnement, soins etconsultations postopératoires). Certains pensent que la mauvaise vision est une chosenaturelle à leur âge. La possibilité de contre-indications à l'anesthésie locale(contre-indications d'ordre générale, cardio-vasculaires) est également un obstacle àla chirurgie. L'heure de la chirurgie est donc souvent dépassée.

Nous pensons qu'il y a un intérêt à faire un examen ophtalmologique systématiqueavant toute entrée en maisons de retraite ou dans les premières semaines qui suiventl'arrivée. En effet, cela nous donnerait les moyens nécessaires pour proposer uneintervention de cataracte moins tardivement et traiter les autres affectionsophtalmologiques. Ces dispositions permettraient sans doute d'améliorer la vision et, parla même, la qualité de vie en maisons de retraite.

Conclusion

Le déficit visuel en maisons de retraite est particulièrement marqué : plusd'une personne sur dix est malvoyante, plus d'une personne sur six a 1/10 ou moinsd'acuité après 74 ans. Le handicap visuel est largement plus important que dans lapopulation générale du même âge.

La principale cause de mauvaise vision est la cataracte, mais très peu de patientspeuvent bénéficier d'une chirurgie.

Il est probable qu'un tel handicap visuel participe pour une part à la perted'autonomie du sujet âgé. Un examen ophtalmologique systématique avant toute entrée enmaisons de retraite nous donnerait les moyens nécessaires pour proposer moins tardivementun traitement et donc améliorer la vision et la qualité de vie des patients.

Les résultats sont à confirmer par une étude multicentrique qui permettrait demesurer précisément les besoins et le coût en soins ophtalmologiques de la populationâgée résidant en maisons de retraite.

 

 


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).

 


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).

 


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).

(n : nombre total de patients ; % : pourcentage de patients avec undéficit visuel sévère).

 


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).

(n : nombre total de patients ; % : pourcentage de patients).

 

Figure 1. Causes du handicap visuel en maisons de retraite : acuité visuelle ¾3/10.

 

Figure 2. Causes du handicap visuel en maisons de retraite : acuité visuelleentre 2 et 3/10.

 

Figure 3. Causes du handicap visuel en maisons de retraite : acuité visuelle ¾1/10.

 

Figure 4. Population des résidents en maison de retraite : Comparaison des tauxde déficit visuel sévère (acuité visuelle du meilleur oeil ¾ 1/10) avec ceux fournispar les études épidémiologiques sur la population générale (en fonction de l'âge).



REFERENCE(S)

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