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Journal Français d'Ophtalmologie
Vol 23, N° 4  - mai 2000
p. 413
Doi : JFO-05-2000-23-4-0181-5512-101019-ART51
Revue de presse

Revue de presse
 

Journal Français d'Ophtalmologie2000; 23: 413-415
© Masson, Paris, 2000

ACTUALITÉS ET PRESSE INTERNATIONALE

Un pavé dans la mare ?

A. BronCHU de Dijon

Un article qui met les pieds dans le plat sur l'origine acquise ou congénitale de latoxoplasmose oculaire et une belle revue sur la sarcoïdose et ses atteintes oculaires.Une maladie plus rare mais difficile à diagnostiquer, la sclérite postérieure.

Depuis plusieurs années, quelques publications ont osé remettre en question le dogmede la toxoplasmose oculaire toute congénitale. En effet il était parfois aventureux deprétendre que tout compte fait l'expérience clinique prêchait plutôt pour uneinfection acquise.

Cette revue démontre que pas moins des deux tiers des toxoplasmoses oculaires sontacquises. En utilisant plusieurs rapports épidémiologiques, les auteurs évaluent laprévalence de l'infection prénatale de 6,4 à 80 cas pour100 000 naissances. Par contre la fourchette des infections toxoplasmiquescontractées après la naissance est comprise entre 30 et 160 pour 100 000.

Ces chiffres seront bien sûr discutés et critiqués comme toutes les évaluationsbasées sur plusieurs rapports. Néanmoins, ces données sont fournies en envisageantl'hypothèse basse puisque pour ces calculs, le taux maximal rapporté de 80 % aété utilisé pour les choroïdites survenant chez un enfant infecté avant la naissance,et celui de 0,3 % pour les choroïdites de l'adulte qui est dans ce cas le taux leplus bas relevé dans la littérature.

La conclusion est pratique ; toutes les précautions de dépistage et de suivichez la femme enceinte et sa descendance ont de l'intérêt, mais il faudrait égalementdéployer des moyens identiques pour les toxoplasmoses contractées après la naissance.

  • Is ocular toxoplasmosis caused by prenatal or postnatal infection ?.RE Gilbert, Stanford MR. Br J Ophthalmol, 2000,84,224-226.
  • Une belle revue sur les atteintes oculaires de la sarcoïdose et les atteintes oculaires. Maladie encore mystérieuse dans sa pathogénie (réaction autoimmune à des antigènes soi ou non soi), la sarcoïdose touche de façon plus sévère les noirs américains, les Scandinaves et les Irlandais. Cette maladie souvent silencieuse, mais qui peut être létale, touche aussi bien l'enfant que l'adulte et la personne âgée. Aucun examen complémentaire n'est formel, le diagnostic est établi sur un faisceau d'arguments cliniques et biologiques.

    Les atteintes oculaires peuvent révéler la maladie et sont présentes dans 20 à 60 % des cas déjà diagnostiqués, et les plus fréquents sont l'uvéite (30 à 70 % des cas) et les nodules conjonctivaux (40 %). L'uvéite antérieure granulomateuse est plus souvent retrouvée chez les noirs alors que l'uvéite postérieure touche plus volontiers la femme blanche et âgée. L'uvéite intermédiaire existe également dans le cadre de la sarcoïdose et la perte de l'acuité visuelle est le plus souvent due à un oedème maculaire chronique. Les localisations orbitaires et palpébrales sont décrites de même que les neuropathies optiques.

    Dans 27 % des cas les atteintes du segment postérieur s'accompagnent de troubles du système nerveux central. Les classiques taches de bougie sont décrites avec la choroïdite multifocale, les hémorragies, les périphlébites et d'autres anomalies vasculaires.

    Le pronostic vital dépend des atteintes cardiaques et pulmonaires.

    Le traitement est essentiellement basé sur les corticoïdes et doit être décidé en commun avec les internistes.

    Cette revue relativement courte est réellement utile pour nous aider à mieux reconnaître une maladie qui n'est pas rare, qui se révèle souvent par des symptômes oculaires le plus souvent trompeurs.

  • Ocular involvment in sarcoidosis..A Rothova. Br J Ophthalmol, 2000,84,110-116.
  • Les sclérites postérieures sont des maladies rares et difficiles à mettre en évidence. Cet article rapporte 137 sclérites postérieures dont 99 étaient bien documentées sur une période de 22 années. Asymptomatique dans 9 % des cas, cette atteinte oculaire se révèle le plus souvent par des douleurs périoculaires, une baisse de l'acuité visuelle et une sclérite antérieure. Les auteurs insistent beaucoup sur le rôle de l'échographie en mode B qui montrent une épaisseur des tuniques oculaires supérieure à 2 mm.

    Cette maladie unilatérale dans 2/3 des cas touche la femme deux fois plus souvent que l'homme. L'âge s'étalait entre 11 et 84 ans avec une médiane à 49 ans. Dans un tiers des cas une association à une maladie systémique a pu être mise en évidence : il s'agissait essentiellement de la polyarthrite rhumatoïde, de la maladie de Wegener et de vasculites. Cette association est plus marquée chez les patients après 50 ans.

    Les signes oculaires associés, outre la sclérite antérieure, comprenaient le décollement de rétine exudatif, l'oedème papillaire, l'hypertonie ; l'uvéite associée est très rare et doit faire reconsidérer le diagnostic si elle est présente.

    Le traitement utilise surtout les AINS, les corticoïdes et les immunosuppresseurs. L'évolution est défavorable dans un tiers des cas même avec un traitement et s'accompagne d'une baisse d'acuité visuelle : 3 % des patients avaient une cécité légale.

  • Posterior scleritis. Clinical features, systemic associations and outcome in a large series of patients.PJ Mc Cluskey, PG Watson, S Lightman, J Haybittle, M Restori, M Branley. Ophthalmology, 1999,106,2380-2386.
  • Rétine

    F. BecquetClinique Sourdille, Nantes.

    Peu d'articles vraiment intéressants ce mois-ci concernant la rétine ! Deux travaux ont cependant retenu mon attention. Le premier article suggère que l'OCT pourrait être, dans le décollement de rétine, un examen prédictif de la récupération de l'acuité visuelle en fonction de l'aspect OCT de la rétine fovéolaire. Le deuxième article est un travail de santé publique qui démontre que l'examen systématique ophtalmologique annuel chez le diabétique de type 2 n'est pas justifié en terme de coût/efficacité. Ce type d'étude de santé publique commence à se généraliser, et a déjà modifié certaines de nos attitudes médicales (cf les RMO).

    Tomographie en cohérence optique de la rétine neurosensorielle dans le décollement de rétine rhegmatogène

    L'examen OCT ne permet pas d'examiner la rétine périphérique ainsi que ses rapports avec le vitré. Une équipe japonaise a néanmoins voulu savoir ce qu'il en était en OCT de la rétine centrale soulevée au cours du décollement de rétine rhegmatogène. Cette étude prospective a analysé les images OCT passant par la fovéa, la meilleure acuité visuelle corrigée et la hauteur du décollement de rétine au niveau de la fovéa de 25 patients présentant un décollement de rétine rhegmatogène englobant la macula. Les images OCT ont mis en évidence une structure rétinienne maculaire normale dans 40 % des cas, avec un schisis intrarétinien dans 28 % des cas, et une rétine externe ondulée et séparée de la rétine neurosensorielle dans 32 % des cas. Trois facteurs affectent statistiquement la récupération visuelle post-opératoire : le schisis intrarétinien, le schisis intrarétinien associé à une ondulation de la rétine externe, et la hauteur du décollement de rétine au niveau de la fovéa. Par contre, la durée des symptômes avant le diagnostic et l'examen OCT n'est pas en relation avec la présence du schisis intrarétinien maculaire lors du décollement de rétine. Ce travail nous montre donc qu'il existe un schisis au niveau du soulèvement maculaire, que celui-ci survient rapidement après le décollement de rétine, et que cela est associé à une moins bonne récupération visuelle après traitement. De plus, la meilleure acuité visuelle corrigée diminue statistiquement avec la distance qui sépare la rétine maculaire décollée de l'épithélium pigmentaire rétinien.

  • N Hagimura, K Suto, T Iida, S KishiOptical coherence tomography of the neurosensory retina in rhegmatogenous retinal detachment..Am J Ophthalmol 2000 ; 129 : 186-190.
  • Analyse coût-utilité de la périodicité des examens ophtalmologiques systématiques pour la surveillance de la rétinopathie diabétique chez les patients atteints de diabète de type 2

    L'examen annuel systématique du fond d'oeil est recommandé chez le patient diabétique. Cependant, le bénéfice de cette recommandation consensuelle, comparé à des examens systématiques moins fréquents, ne semble pas avoir été évalué objectivement, particulièrement chez les patients à faible risque de développer une rétinopathie diabétique. Cet article se propose d'évaluer le meilleur rapport entre le coût et l'efficacité de différentes périodicités d'examens ophtalmologiques systématiques chez des patients présentant un diabète non insulino-dépendant, en fonction de l'âge et du niveau de contrôle glycémique. Sur une population américaine, l'étude statistique montre que le fond d'oeil systématique est une mesure de dépistage efficace ; cependant, la réduction du risque de survenue de complications par ce dépistage varie de façon importante. Ainsi, un patient à haut risque âgé de 45 ans et ayant un taux d'hémoglobine A1c à 11 % gagne 21 « jours de vue » quand le dépistage ophtalmologique est annuel plutôt que tous les 3 ans, alors qu'un patient à faible risque âgé de 65 ans et ayant un taux d'hémoglobine A1c de 7 % gagne pour les mêmes périodicité3 « jours de vue » seulement. De même, le rapport coût-efficacité varie en fonction de la gravité du diabète [un patient à haut risque coûte 40 530 $ par QALY (quality-adjusted life-year) gagnée alors qu'un patient à faible risque coûte plus cher (211 570 $) par QALY gagnée] et de la périodicité des examens systématiques. En conclusion, cet article insiste sur le fait que l'examen rétinien annuel pour tous les patients atteints de diabète de type 2 sans rétinopathie connue précédemment n'est pas justifié en terme de coût-efficacité. Des recommandations individuellement ajustées semblent préférables.

  • S Vijan, TP Hofer, RA HaywardCost-utility analysis of screening intervals for diabetic retinopathy in patients with type 2 diabetes mellitus..JAMA 2000 ; 283 : 889-896.


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