Article

PDF
Access to the PDF text
Service d'aide à la décision clinique
Advertising


Free Article !

Journal Français d'Ophtalmologie
Vol 24, N° 7  - septembre 2001
pp. 716-723
Doi : JFO-09-2001-24-7-0181-5512-101019-ART5
Chirurgie des néovaisseaux choroïdiens rétrofovéolaires du sujet myope fort
Étude rétrospective sur 17 cas
 

R. Hera [1], M. Mouillon [1], B. Gonzalvez [1], J.-Y. Millet [1], J.-P. Romanet [1]
[1] Service d'ophtalmologie, CHU Grenoble France.

@@#100979@@
Chirurgie des néovaisseaux choroïdiens rétrofovéolaires du myope fort

Les complications néovasculaires de la myopie forte posent toujours un problème thérapeutique. Parmi les différents traitements proposés : abstention, traitement médical (corticothérapie locale), photocoagulation au laser, exérèse chirurgicale, chirurgie de translocation rétinienne, photothérapie dynamique, la chirurgie reste controversée.

Patients et méthodes : Une étude rétrospective a été effectuée sur 17 patients myopes forts (myopie supérieure à – 6 dioptries) présentant des néovaisseaux choroïdiens rétrofovéolaires, ayant fait l'objet d'une chirurgie d'exérèse. Deux groupes ont été individualisés : groupe I avec 9 patients d'âge de moins de 50 ans et groupe II qui inclut 8 patients d'âge supérieur à 50 ans. Tous les patients ont bénéficié d'une ablation chirurgicale des néovaisseaux choroïdiens rétrofovéolaires.

Résultats et discussion : Nous avons étudié l'évolution postopératoire clinique et angiographique de ces patients. Dans le groupe I : 4 patients (44 %) ont amélioré leur acuité visuelle, 4 patients (44 %) se sont stabilisés et un patient s'est dégradé ; dans le groupe II, aucun patient n'a amélioré son acuité visuelle, 6 patients se sont stabilisés (71 %) et deux ont baissé leur AV.

Conclusion : Cette chirurgie actuellement possible doit rester prudente du fait du taux non négligeable de complications. L'évolution à moyen terme est meilleure que l'évolution spontanée surtout chez les patients jeunes ; la place exacte de cette chirurgie doit être précisée par des études prospectives, randomisées, à long terme.

Abstract
Surgery for choroidal subfoveal neovascularization in patients with severe myopia. Retrospective analysis of 17 patients

Abstract: Treatment of choroidal neovascularization in pathological myopia is still controversial.

Methods: A retrospective analysis of 17 patients with severe myopia (>–6) and subfoveal choroidal neovascularization who underwent surgical removal of choroidal neovascularization, was performed. The patient population consisted of 2 groups: 9 patients younger than 50 years and 8 patients older than 50 years. All the patients underwent vitrectomy with surgical removal of subfoveal choroidal neovascularization.

Results: We reviewed the postoperative clinical and angiographic findings. In group I, visual acuity improved in 4 eyes (44%), remained unchanged in 4 eyes (44%) and decreased in one eye. In group II, none of the patients had visual improvement, visual acuity remained unchanged in 6 eyes (71%), and decreased in 2 eyes.

Conclusion: The visual outcomes in most patients in this series were better than their natural history. Surgical removal of subfoveal choroidal neovascularization associated with severe myopia may provide visual benefit in young patients. A prospective, randomized clinical trial is necessary to determine the place of this surgical procedure.


INTRODUCTION

La myopie forte est définie par une anomalie réfractive supérieure à – 6 dioptries et une longueur axiale supérieure à 26 mm avec une dégénérescence choroïdienne progressive [1]. Parmi les lésions du fond d'oeil rencontrées, les néovaisseaux choroïdiens maculaires se développent chez 5 à 10 % des myopes forts.

La myopie forte est la 2 e cause de complications néovasculaires après la dégénérescence maculaire liée à l'âge. Dans la néovascularisation choroïdienne du sujet jeune, la myopie forte représente la première étiologie [2], [3]. La localisation rétrofovéolaire est la plus fréquente, dans 58 à 74 % des cas selon les études. Les autres membranes néovasculaires sont situées entre 100 à 300 mm de la fovéa [3].

L'évolution naturelle est défavorable à moyen et long terme. À 2 ans il existe une baisse d'acuité visuelle dans 50 % des cas, à 5 ans dans 62 % des cas, à 10 ans dans 76 % des cas [4], [5], [6], [7]. La prévalence de la cécité légale à long terme est selon Curtin [4]de 34 %. Celle-ci est due à l'atrophie de la rétine paracentrale, entourant la tache de Fuchs qui détruit les points de fixation excentriques. Il existe une bilatéralisation dans 12 à 41 % des cas, selon les études [3], qui survient dans un délai variable [8].

Cette évolution péjorative incite à proposer une solution thérapeutique. Différents traitements sont utilisés.

La photocoagulation au laser krypton est proposée pour les néovaisseaux juxtafovéolaires. Les résultats d'une étude randomisée [9], sur la photocoagulation laser des néovaisseaux juxtafovéolaires compliquant la myopie forte ont conclu que cette thérapeutique est bénéfique au bout de deux ans. À plus long terme les résultats sont moins satisfaisants avec un nombre élevé de récidives et augmentation de la taille de la cicatrice atrophique [9], [10]. Ainsi après 5 ans d'évolution, les résultats sont identiques à l'évolution spontanée.

La chirurgie de translocation rétinienne et la photothérapie dynamique sont en cours d'évaluation dans les néovaisseaux rétro-fovéolaires compliquant la myopie forte.

La chirurgie d'exérèse des membranes rétrofovéolaires a fait son apparition depuis quelques années et plusieurs études rétrospectives ont été faites pour évaluer les résultats de cette technique dans la myopie forte [11], [12], [13], [14], [15]. La plupart de ces études ont été faites sur des séries limitées ou inhomogènes en ce qui concerne l'âge des patients.

Il nous a donc paru intéressant d'exposer les résultats d'une étude rétrospective de 17 patients myopes forts qui ont bénéficié d'une exérèse chirurgicale des néovaisseaux rétrofovéolaires, en analysant l'évolution clinique et angiographique de ces patients, avec un recul moyen de 22 mois, après les avoir divisés en deux groupes en fonction de leur âge.

PATIENTS ET MÉTHODES

Notre étude rétrospective a été faite sur 17 yeux (17 patients) myopes forts avec un recul de 6 ans à 6 mois.

Le critère de myopie forte a été retenu pour une anomalie réfractive supérieure à 6 dioptries.

Les 17 patients ont été divisés en deux groupes en fonction de leur âge. Le groupe I a inclus 9 patients âgés de moins de 50 ans avec une moyenne d'âge de 37,7 ans. Le groupe II a inclus 8 patients âgés de plus de 50 ans avec une moyenne d'âge de 59 ans.

Tous les patients ont eu un examen ophtalmologique préopératoire complet avec la mesure de la meilleure acuité visuelle corrigée de loin sur l'échelle de Snellen et l'acuité visuelle de près sur l'échelle de Parinaud.

Tous les yeux étudiés présentaient à l'examen ophtalmoscopique des lésions de choroïdose myopique : staphylome postérieur, atrophie chorio-rétinienne diffuse ou focale et ruptures de la membrane de Bruch. La présence des néovaisseaux choroïdiens rétrofovéolaires « visibles » a été confirmée pour chaque patient par une angiographie à la fluoresceine et au vert d'indocyanine préopératoire.

Après consentement éclairé, tous les patients ont bénéficié d'une chirurgie d'exérèse des néovaisseaux. Deux chirurgiens ont participé à cette étude et ont pratiqué la même technique chirurgicale décrite par M. Thomas : vitrectomie permettant l'accès au pôle postérieur sans décoller systématiquement le cortex vitréen, extraction de la membrane après rétinotomie et tamponnement interne par gaz. À noter que l'orifice de rétinotomie est placé en fonction du point de fixation déterminé par l'angiographie préopératoire, en tentant de préserver celui-ci.

Le suivi des patients a comporté un examen ophtalmologique complet avec une angiographie à la fluorésceine et ICG à 1, 3, 6, 12 mois puis une fois par an pendant 5 ans avec un suivi régulier par le médecin ophtalmologiste traitant, sauf en cas de récidive.

Les récidives ont été définies sur des critères angiographiques : nouvelle hyperfluorescence sur les bords de la cicatrice avec diffusion sur les temps tardifs en angiographie à la fluoresceine et en ICG.

Les modifications de l'acuité visuelle ont été définies : amélioration pour une augmentation supérieure ou égale à deux lignes sur l'échelle de Snellen ; stabilisation pour des variations d'une ligne sur l'échelle de Snellen et détérioration pour une baisse de l'acuité visuelle supérieure ou égale à deux lignes sur l'échelle de Snellen.

RÉSULTATS
Groupe I

Patients myopes forts âgés de moins de 50 ans Tableau I, Figure 1Figure 2. Les 9 patients myopes forts d'âge compris entre 19 et 49 ans (moyenne d'âge 37,7 ans) ont bénéficié d'une chirurgie d'exérèse d'une membrane néovasculaire (MNVSR) rétro-fovéolaire. Le degré de myopie était compris entre – 7 et – 24 dioptries avec une moyenne de – 15,4 dioptries. Quatre patients ont eu un traitement médical en préopératoire par des injections intra-tenoniennes de corticoïdes (célestène 4 mg) qui n'ont pas permis de stopper le processus néovasculaire. Un patient qui avait une lésion dégénérative rétinienne périphérique a été traité par photocoagulation au laser.

L'acuité visuelle préopératoire était entre < 1/20 et 2/10 (moyenne 1/10). L'acuité visuelle postopératoire après un suivi moyen de 21,6 mois (entre 6 et 48 mois) a été mesurée entre < 1/20 et 5/10 (moyenne 2/10). Sur les 9 patients, 4 ont amélioré leur acuité visuelle, pour 4 patients l'acuité visuelle s'est stabilisée et pour un patient l'acuité visuelle s'est dégradée.

Chez deux patients la chirurgie a été rendue plus délicate du fait d'une adhérence marquée de la membrane aux plans sous-jacents.

Les complications postopératoires notées sont : une hémorragie intra-vitréene, une endophtalmie, un oedème maculaire cystoïde, un décollement de rétine 6 mois après la chirurgie, et développement d'une cataracte pour un patient. Une récidive néovasculaire sur le bord inférieur de la cicatrice a été observée chez deux patients, 6 et 12 mois après la chirurgie. En raison de la faible évolutivité, aucun traitement n'a été effectué.

Nous avons exclu de l'étude un patient myope fort, avec des NVC rétrofovéolaires, présentant une choroïdite multifocale associée.

Groupe II

Patients myopes forts âgés de plus de 50 ans Tableau II, Figure 3Figure 4Figure 5. Les 8 patients myopes forts d'âge compris entre 54 et 71 ans (moyenne d'âge 59 ans) ont également bénéficié d'une chirurgie d'exérèse de néovaisseaux rétrofovéolaires. Le degré de myopie était situé entre – 7,50 et – 14,00 avec une moyenne de – 12 dioptries. En préopératoire deux patients avaient eu un traitement par des injections intra-ténoniennes de corti-coïdes, et un patient avait bénéficié d'un traitement laser d'une déchirure rétinienne périphérique.

L'acuité visuelle préopératoire s'échelonnait entre moins de 1/20 et 1/10 (moyenne de 1/20). L'acuité visuelle postopératoire après un suivi moyen de 23,6 mois (entre 6 et 60 mois) a été mesurée entre moins de 1/20 et 1/10. Aucun patient n'a amélioré son acuité visuelle. Pour six patients, l'acuité visuelle s'est stabilisée et pour deux patients, elle s'est aggravée.

En peropératoire on a pu noter : une hémorragie intravitréenne compliquant l'extraction de la membrane pour un patient et une forte adhérence de la membrane chez deux patients, qui a abouti dans un cas à l'ablation incomplète de la membrane.

Les complications postopératoires ont été marquées par deux décollements de rétine à 15 jours, à 3 mois et le développement d'une cataracte. Il n'a pas été observé de récidive néovasculaire dans ce groupe.

DISCUSSION

Nous avons divisé les patients de l'étude en deux groupes car seuls les patients de moins de 50 ans peuvent être considérés comme présentant de néovaisseaux sous-rétiniens d'origine purement myopique [9]. L'âge supérieur à 50 ans apporte en plus une dimension dégénérative liée à l'âge avec un aspect clinique et angiographique des néovaisseaux différent comportant notamment une exsudation beaucoup plus importante. Cependant, dans le groupe II, trois patients sur sept présentaient des néovaisseaux rétrofovéolaires de petite taille sur le trajet d'une rupture de la membrane de Bruch ou en bordure d'une zone d'atrophie avec une faible diffusion en angiographie. Malgré cet aspect « typique » myopique, nous les avons inclus dans le groupe II car nous avons considéré l'âge comme un critère plus objectif.

Tous les patients du groupe I présentaient les caractéristiques cliniques et angiographiques des néovaisseaux choroïdiens rétrofovéolaires, compliquant la myopie forte : membrane de petite taille avec un anneau pigmenté, un décollement sous-rétinien limité et des hémorragies modérées. En angiographie à la fluoresceine et ICG les membranes étaient rétrofovéolaires, de taille inférieure à 0,5 diamètre papillaire avec une diffusion discrète sur les temps tardifs.

Le pronostic visuel est meilleur dans le premier groupe avec une amélioration dans 44 % des cas contre 0 % dans le deuxième groupe avec une moyenne de 23,5 % pour les deux groupes confondus. L'acuité visuelle s'est stabilisée dans 44 % des cas pour le groupe I et dans 71 % pour les patients du groupe II avec une moyenne de 58,8 % pour les deux groupes.

Ces résultats sont comparables avec ceux décrits par les études antérieures. Sur une série des 23 patients myopes forts d'âge compris entre 19 et 77 ans, étudié par Uemura et Thomas [11], dans 65 % des cas l'acuité visuelle est restée stable ou s'est améliorée. Une amélioration significative de l'acuité visuelle a été constatée dans 2 sur 5 yeux myopes forts (40 %) opérés dans l'étude de Adelberg et al. [13]. Bottoni et al. [14]ont étudié 21 patients myopes forts ayant eu une ablation chirurgicale des néovaisseaux choroïdiens rétrofovéolaires. Après 12 mois de suivi une amélioration à été constatée dans 48 % des cas et une stabilisation dans 62 % des cas.

Qu'apporte sur le plan fonctionnel le traitement chirurgical par rapport à l'évolution spontanée des NVC rétrofovéolaires ? Les études faites sur le pronostic visuel des patients non traités montrent, malgré l'impression clinique classique d'évolution relativement favorable, une détérioration fonctionnelle dans plus de 50 % de cas [4], [5], [6], [7]. Cette détérioration est précoce (< à 3 mois) et se stabilise ensuite [5], or on constate sur l'ensemble de séries de patients traités chirurgicalement une amélioration ou une stabilisation dans plus de 60 % des cas à un an.

Les incidents peropératoires ont été liés à une adhérence excessive des membranes. Aucune difficulté technique n'a été signalée par les chirurgiens en relation avec la longueur axiale du globe.

Parmi les complications postopératoires, nous avons constaté 3 décollements de rétine. Le premier est survenu 3 mois, le deuxième 6 mois après l'intervention et ont pu être traités avec une bonne amélioration fonctionnelle. Le second est survenu à 15 jours, dû à une déchirure géante et n'a pu être réappliqué que partiellement avec tamponnement par silicone. L'incidence de cette complication est supérieure à celle constatée dans les études précédentes (1 sur 23 pour Thomas [11], 0 sur 5 pour Adelberg [13]).

Un oedème maculaire cystoïde est survenu trois mois après la chirurgie pour un patient du groupe I et a été spontanément résolutif mais responsable d'une baisse de l'acuité visuelle. Cette complication n'a jamais été citée dans les études effectuées auparavant.

Les récidives postopératoires sont apparues dans deux yeux (22 %) du premier groupe et ont été responsables d'une baisse de l'acuité visuelle. Ce taux de récidive est inférieur à celui trouvé dans l'étude de Uemura et Thomas [11], en sachant que cette étude a porté sur des patients tout âge confondu. On peut être étonné de l'absence de récidives dans le groupe II où le facteur âge prédispose à une composante dégénérative sénile associée puisqu'on sait que le taux de récidive dans la DMLA est de 50 % [12], [15], [16], [17], [18].

Nous avons remarqué, pour les patients qui ont eu un suivi plus long, une extension en surface de la cicatrice d'exérèse. Cette augmentation de taille de la cicatrice est inhérente à toute agression de l'épithélium pigmenté : chirurgie d'exerèse [19], photocoagulation au laser [10], [20]photothérapie dynamique ou évolution spontanée [5], [6], [7], [8]. Cependant, chez les patients jeunes, ayant bénéficié d'une chirurgie d'exérèse, une possibilité de régénération de l'épithélium pigmenté a été suggérée [21].

Les autres traitements proposés actuellement pour les néovaisseaux choroïdiens rétrofovéolaires compliquant la myopie forte sont la chirurgie de translocation rétinienne et la photothérapie dynamique.

La chirurgie de translocation vise à déplacer la rétine neurosensorielle par rapport à l'épithélium pigmentaire et la choroïde dans la région maculaire ; cette méthode permet de repositionner la fovéa à distance des néovaisseaux, rendant ceux-ci accessibles soit à l'exérèse chirurgicale soit à un traitement par photocoagulation. Deux techniques sont actuellement utilisées : la première consiste en une rétinotomie sur 360° ou plusieurs rétinotomies équatorielles, suivies de l'induction d'un décollement de rétine total et d'une rotation rétinienne visant un déplacement fovéal. Les résultats de cette technique n'ont été évalués pour l'instant que pour les néovaisseaux compliquant la DMLA. Malgré des résultats parfois spectaculaires (amélioration avec une restauration de la vision de près dans la moitié de cas [22]), cette technique a des complications majeures et fréquentes marquées essentiellement par des décollements de rétine avec prolifération vitréo-rétinienne [23], [24].

La deuxième technique conçue par De Juan [25], [26]utilise un raccourcissement scléral sans rétinotomies. Selon une étude récente [27], portant sur 4 cas de myopes forts, elle permet une amélioration visuelle dans plus de la moitié des cas avec un taux modéré de complications. Cependant des études sur des séries plus importantes de patients et avec un recul plus long seront nécessaires pour évaluer cette modalité thérapeutique.

Le principe de la photothérapie dynamique repose sur l'utilisation d'un rayonnement lumineux provoquant des réactions photochimiques sur un tissu préalablement photosensibilisé. Le produit sensibilisant actuellement utilisé a une sélectivité pour les récepteurs du LDL situés sur les cellules endothéliales des néovaisseaux mais aussi des cellules endothéliales normales et des cellules de l'épithélium pigmenté.

Les résultats des premières études chez l'homme sont encourageants mais il existe de nombreuses récidives. La photothérapie dynamique retarde la détérioration de l'acuité visuelle. Selon une étude randomisée en cours, chez les patients myopes forts, il semble exister une différence significative entre le groupe traité et le groupe témoin au bout d'un an [28]. Cette technique semble être une bonne indication pour les néovaissseaux compliquant la myopie forte mais elle est encore en cours d'évaluation.

La chirurgie d'exérèse reste une alternative possible chez les patients jeunes. Chez ces patients avec une longue espérance de vie, la photothérapie dynamique permet au mieux une stabilisation de l'acuité visuelle et s'accompagne après plusieurs traitements d'une atrophie périfovéolaire due au manque de spécificité absolue de la substance photosensibilisante pour les néovaisseaux.

Par rapport à la translocation rétinienne, nous pensons que la chirurgie d'exérèse garde sa place pour les néovaisseaux situés en bordure d'une zone d'atrophie, car l'existence de celle-ci rend difficile voire impossible la translocation rétinienne. Une analyse par l'OCT, en préopératoire, de la localisation exacte des néovaisseaux par rapport à l'épithélium pigmenté permettra d'affiner les indications de la chirurgie d'exérèse et d'améliorer encore ses résultats.

Notre étude a certaines limites inhérentes à une étude rétrospective : le délai variable de suivi des patients, l'absence d'un groupe témoin. L'appréciation de l'acuité visuelle par l'échelle de Snellen est moins rigoureuse que par l'échelle EDTRS qui permet de mesurer mieux les acuités visuelles très basses.

CONCLUSION

Le pronostic visuel des patients myopes forts opérés de NVC rétrofovéolaires dépend de plusieurs facteurs. Au vu des résultats de notre étude, l'âge inférieur à 50 ans est un facteur améliorant le pronostic. La survenue de complications postopératoires, en particulier les décollements de rétine et les récidives néovasculaires, est responsable d'une détérioration ou d'une mauvaise récupération visuelle. Cette chirurgie actuellement possible doit rester prudente du fait du taux non négligeable de complications. L'évolution à court terme est meilleure que l'évolution spontanée. Elle doit être réévaluée par rapport à la photothérapie dynamique et la chirurgie de translocation rétinienne. Pour l'adulte jeune avec des NVC rétrofovéolaires, la chirurgie semble donc une alternative intéressante mais la place exacte de cette chirurgie doit être précisée par des études prospectives, randomisées, à long terme.

Références

[1]
Curtin BJ, Karlin DB. Axial length measurements and fundus changes of the myopic eye. Am J Ophthalmol, 1971;71:42-53.
[2]
Cohen SY, Laroche A, Leguen Y, Soubrane G, Coscas GJ. Etiology of choroidal neovascularisation in young patients. Ophthalmology, 1996;103:1241-4.
[3]
Coscas GJ, Soubrane G. La maculopathie myopique. In : Mondon H, Metge P. La myopie forte. Paris Éds. Masson ; 1994.p.513-33.
[4]
Curtin BJ. The posterieur staphiloma of pathologic myopia. Trans Am Ophthalmol Soc, 1971;71:42-53.
[5]
Bird AC. Myopie dégénérative : évolution spontanée des néovaisseaux. In : Néovaisseaux sous-rétiniens maculaires et laser. Coscas G, Soubrane G Éds. Paris : Doin ; 1987:177-9.
[6]
Turut P, Hochart G, Isormi MC, Honin P. L'évolution spontanée à long terme des néovaisseaux sous-rétiniens du myope. À propos de 61 cas. Bull Soc Ophtalmol Fr, 1987;2:275-77.
[7]
Tabandeh H, Flynn HW Jr, Scott IU, Lewis ML, Rosenfeld PJ, Rodriguez F et al. Visual acuity outcomes of patients 50 years of age and older with high myopia and untreated choroidal neovascularisation. Ophthalmology, 1999;106:2063-7.
[8]
Fried M, Siebert A, Meyer-Schwickerath G, Wessing A. Natural hystory of Fuchs'spot: a long-term follow-up study. Doc Ophthalmol Proc Ser, 1981;28:215-21.
[9]
Soubrane G, Pison J, Bornet P, Perrenoud F, Coscas G. Néovaisseaux sous-rétinniens de la myopie dégénérative : résultats de la photocoagulation. Bull Soc Ophtalmol, 1986;86:269-72.
Bracanto R, Pece A, Avanza P, Radrizzani E. Photocoagulation scar expansion after laser therapy for choroidal neovascularization in degenerative myopia. Retina, 1990;10:239-43.
Uemura A, Thomas MA. Subretinal surgery for choroidal neovascularisation in patients with high myopia. Arch Ophthalmol, 2000; 118:344-50.
Thomas MA, Dickinson JD, Melberg NS, Ibanez HE, Dhaliwal RS. Visual results after surgical removal of subfoveal choroidal neovascular membranes. Ophthalmology, 1994;101:1384-96.
Adelberg DA, Del Priore L, Kaplan HJ. Surgery for subfoveal membranes in myopia, angioid streaks, and other disorders. Retina, 1995;15:198-205.
Bottoni F, Airaghi P, Perego E, Ortolina S, Carlevaro G, De Molfetta V. Surgical removal of idiopathic, myopic and age-related subfoveal neovascularisation. Graefes Arch Clin Exp Ophtalmol, 1996; 234(suppl):S42-50.
Sorenson JA, Yanuzzi LA, Shakin JL. Recurent subretinal neovascularization. Ophthalmology, 1985;92:1059-64.
Ormerod DL, Puklin JE, Frank RN. Long term outcome after the surgical removal of advanced subfoveal neovascular membranes in age-related macular degeneration. Ophthalmology, 1994;101: 1201-10.
Le Quoy O. Chirurgie des membranes néovasculaires au cours de la DMLA. Indications, résultats. Ophtalmologie, 1996;10:192-97.
Roth DB, Downie AA, Charles ST. Visual results after submacular surgery for neovascularization in age-related macular degeneration. Ophthalmic Surg Lasers, 1997;28:920-25.
Gastaud P, Zur J, Darmon K, Fillacier F, Bétis F. Course of epithelial scars after surgical removal of small-size subfoveal neovessels. J Fr Ophtalmol, 1999;22:203-8.
Oshima Y, Harino S, Tano Y. Scanning laser ophthalmoscope microperimetric assesement in patients with succesful laser treatement for juxtafoveal choroidal neovascularisation. Retina, 1998; 18:109-17.
Loewenstein A, Sunness J, Bressler N, Marsh M, De Juan E, Jr. Scanning laser ophthalmoscope fundus perimetry after surgery for choroidal neovascularization. Am J Ophthalmol, 1998;125:657-65.
Eckardt C, Eckardt U, Conrad HG. Macular rotation with and without counter-rotation of the globe in patients with age-related macular degeneration. Graefes Arch Clin Exp Ophtalmol, 1999; 237:313-25.
Akduman L, Karavellas MP, MacDonald JC, Olk RJ, Freeman WR. Macular translocation with retinotomy and retinal rotation for exudative age-related macular degeneration. Retina, 1999;19:418-23.
Wolf S, Lappas A, Weinberger AW, Kirchhof B. Macular translocation for surgical management of subfoveal choroidal neovascularisations in patients with AMD: first results. Graefes Arch Clin Exp Ophtalmol, 1999;237:51-7.
De Juan E Jr, Loewenstein A, Bressler NM, Alexander J. Translocation of the retina for management of subfoveal choroidal neovascularisation II: a preliminary report in humans. Am J Ophthalmol, 1998;125:635-46.
De Juan E Jr, Vander JF. Effective macular translocation without scleral imbrication. Am J Ophthalmol, 1999;128:380-2.
Glacet-Bernard A, Kuhn D, Coscas F, Coscas G, Soubrane G. Translocation of the macula for management of subfoveal choroidal neovascularisation: first results. J Fr ophtalmol, 2000;23:576-81.
Sickenbenberg M, Schmid-Erfurth U, Miller JW et al. A preliminary study of photodynamic therapy using verteporfin for choroidal neovascularisation in pathologic myopia, ocular histoplasmosis syndrome, angioid streaks and idiopathic causes. Arch Ophthalmol, 2000;118:327-36.
Définitions

ABRÉVIATIONS :
NVC :néovaisseaux choroïdiens
OCT :optical coherence tomography
DMLA :dégénérescence maculaire liée à l'âge




© 2001 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
EM-CONSULTE.COM is registrered at the CNIL, déclaration n° 1286925.
As per the Law relating to information storage and personal integrity, you have the right to oppose (art 26 of that law), access (art 34 of that law) and rectify (art 36 of that law) your personal data. You may thus request that your data, should it be inaccurate, incomplete, unclear, outdated, not be used or stored, be corrected, clarified, updated or deleted.
Personal information regarding our website's visitors, including their identity, is confidential.
The owners of this website hereby guarantee to respect the legal confidentiality conditions, applicable in France, and not to disclose this data to third parties.
Close
Article Outline