Article

PDF
Access to the PDF text
Service d'aide à la décision clinique
Advertising


Free Article !

Journal Français d'Ophtalmologie
Vol 25, N° 6  - juin 2002
pp. 615-620
Doi : JFO-06-2002-25-6-0181-5512-101019-ART9
Les facteurs de risque de la cataracte secondaire
Étude cas-témoins avec analyse multivariée
 

T. Ayed [1], R. Rannen [1], K. Naili [1], M. Sokkah [1], S. Gabsi [1]
[1]  Service d'Ophtalmologie, Hôpital Militaire Principal d'instruction de Tunis, Mont-Fleury 1008 Tunis, Tunisie.

Tirés à part : T. Ayed [2]

[2]  113, Avenue Habib Bourguiba 8000 Nabeul. Tunisie.

@@#100979@@
Les facteurs de risque de la cataracte secondaire : étude cas-témoins avec analyse multivariée

Objectif : Une étude rétrospective cas témoins a été menée afin d'identifier les facteurs de risque de la cataracte secondaire.

Matériel et méthodes : Cent cas de cataracte secondaire ayant bénéficié d'une capsulotomie postérieure au laser YAG ont été comparés à 100 témoins opérés de cataracte et n'ayant pas développé une opacification capsulaire postérieure. L'examen de la capsule postérieure a été pratiqué au bio-microscope. Cas et témoins ont été appariés pour l'âge, le sexe et le recul. Nous nous sommes intéressés aux facteurs de risque liés au terrain, à la cataracte primaire, à la technique opératoire, à l'opérateur et aux complications per et post-opératoires. Tous les implants étaient biconvexes et en PMMA avec des anses de même forme (C modifié) et de même angulation (5°). L'étude statistique a été réalisée en 3 étapes : une analyse univariée puis une analyse bivariée utilisant les tests de chi-deux et de student. Enfin une analyse multivariée avec régression logistique (le seuil de signification a été fixé à 5 %).

Résultats : La moyenne d'âge était de 61 ans. Le recul moyen était de 32,71 mois pour les cas et de 34,57 mois pour les témoins. L'analyse bivariée a identifié 9 facteurs de risque : les opacités cornéennes séquellaires (p = 0,031), l'absence d'Implant de chambre postérieure (p = 10 – 4 ), la capsulotomie antérieure en timbre poste (p = 0,003), l'implantation dans le sulcus (p = 0,030), le diamètre de l'optique de 7 mm (p = 10 – 5 ) et (t = 0,002), la mauvaise dilatation per-opératoire (p = 0,003), un opérateur débutant (P = 3,10 – 4 ), Le développement d'une réaction inflammatoire post-opératoire (p = 0,021) et la persistance de masses corticales (p = 0,002). L'analyse multivariée a permis d'isoler 5 principaux facteurs : l'absence d'implant de chambre postérieure, le diamètre de l'optique (7 mm), la mauvaise dilatation per-opératoire, l'expérience du chirurgien (débutant) et la persistance de masses.

Conclusion : Cette étude retrouve certains facteurs de risque précédemment identifiés et peut aider à l'élaboration de stratégies visant à prévenir la cataracte secondaire. Les nouveaux implants et les nouvelles molécules pharmacologiques permettront de progresser.

Abstract
Risk factors for secondary cataract: a case-control study with multivariate analysis

Aim: A retrospective case-control study was initiated to determine the risk factors for the development of posterior capsule opacification.

Subjects and methods: 100 cases of patients with secondary cataract treated by YAG laser capsulotomy were compared with 100 controls (patients who had cataract surgery not complicated with a secondary cataract). The posterior capsule was examined by the biomicroscope. A 1-to-1 matched case-control study was designed by stratifying inclusions on the basis of age, sex, and delay.

We studied the risk factors related to the patient, the primary cataract, the surgical technique, the surgeon's skill, and intraoperative and postoperative complications.

All the lenses were biconvex and all-PMMA with the same design.

Statistical analysis was done in 3 steps: a univariate analysis, then a bivariate analysis using chi-square and the Student tests and finally, we performed a multivariate analysis with a logistic regression. The significance level for type I error rate was fixed at 5%.

Results: The average age was 61.6 years. The mean delay was 32.7 months for cases and 34.5 months for controls. The bivariate analysis identified nine risk factors: corneal opacities ( p =0.031), absence of a posterior chamber lens p =10 – 4 ), the can opener anterior capsulotomy ( p =0.003), ciliary sulcus fixation of the lens p =0.030), a large optic diameter of 7mm p =10 – 5 ) and ( t =0.002), poor intraoperative pupillary dilatation ( p =0.003), a less experienced surgeon ( p =3.10 – 4 ), postoperative inflammation ( p =0.021), and persistence of residual cortical material ( p =0.002).

The multivariate analysis selected five principal factors: absence of a posterior chamber lens, an optic diameter of 7mm, poor intraoperative pupillary dilatation, a less skilled surgeon, and persistence of cortical material.

Conclusion: This case-control study reveals some of the risk factors previously identified and may contribute to the determination of methods for prevention of secondary cataract. The new intraocular lenses and pharmacological agents would lead to better results.


Mots clés : Facteurs de risque , cataracte secondaire , cas-témoins , analyses multivariées

Keywords: Risk factors , secondary cataract , case-control , multivariate analysis


INTRODUCTION

La cataracte secondaire (C.S.) est la complication la plus fréquente de l'extraction extracapsulaire (EEC) du cristallin. Selon la littérature [1], [2], [3]elle survient dans 10 à 50 % des cas après 3 à 5 ans. C'est une complication imprévisible et inévitable [2].

Les facteurs incriminés dans la genèse de la C.S. sont multiples et variés : l'âge, le type de l'intervention, le type de l'implantation, l'expérience du chirurgien, etc.

Son traitement repose sur la capsulotomie au laser Nd : YAG, technique rapide et séduisante mais non dénuée de risques et contribue à l'élévation du coût global de la chirurgie. La C.S. constitue ainsi un frein au développement de la technique extracapsulaire. L'avenir est donc à la prévention de cette opacification capsulaire secondaire.

Les objectifs de la présente étude étaient d'analyser de façon plus approfondie le lien potentiel entre les affections systémiques et oculaires et les conditions opératoires pouvant constituer des facteurs de risque de la C.S. afin de les éviter.

MATÉRIEL ET MÉTHODES

Il s'agit d'une étude rétrospective analytique de type cas-témoins portant sur 200 yeux : 100 cas de cataracte secondaire ayant bénéficié d'une capsulotomie postérieure au laser Nd : YAG et 100 témoins opérés de cataracte et n'ayant pas développé d'opacification capsulaire secondaire jusqu'au jour de leur recrutement.

Cas et témoins ont été appariés pour l'âge (± 5 ans), le sexe et le recul (± 18 mois).

Tous nos patients ont bénéficié d'un examen minutieux de la capsule postérieure au biomicroscope et après dilatation. Ils ont eu un interrogatoire et un examen ophtalmologique complet visant à recueillir les facteurs de risque à étudier, à savoir :

Le diabète, les tares cardio-vasculaires et respiratoires. Les affections ophtalmologiques : opacités cornéennes séquellaires, uvéite, myopie, syndrome exfoliatif, glaucome. La cause et le type de la cataracte primaire. La technique opératoire : présence ou non d'implant de chambre postérieure (ICP), type de capsulotomie antérieure, site d'implantation, diamètre de l'optique. L'expérience du chirurgien. Les complications per et post-opératoires : mauvaise dilatations, réaction inflammatoire, masses résiduelles.

À noter que tous nos patients avaient un implant biconvexe tout-PMMA, avec des anses de même forme (C modifié) et de même angulation (5°).

L'analyse statistique était réalisée à l'aide d'un logiciel SPSS.

Nous avons établi dans une première étape une étude univariée, (descriptive), afin de décrire les caractéristiques de nos patients. Dans une deuxième étape, nous avons réalisé une étude analytique, bivariée utilisant le test de chi-2 pour les variables qualitatives et le test « t » de student pour les quantitatives afin de comparer les cas et les témoins et déterminer les facteurs de risque. Or, l'analyse bivariée comporte plusieurs inconvénients ; les facteurs de risque s'intriquent, se confondent et inter-agissent entre eux. Par exemple, le syndrôme exfoliatif intervient par le biais de la mauvaise dilatation et vice versa… Ainsi, on ne peut pas savoir de façon précise le facteur qui intervient d'une façon indépendante et déterminante dans la survenue de la cataracta secondaire. Ces inconvénients sont évités par l'étude multivariée utilisant la technique de la régression logistique. Cette méthode permet de sélectionner les facteurs, d'éliminer les intéractions et d'isoler les facteurs de risque de la C.S. d'une façon indépendante [4], [5]. C'est ce qui a fait l'objet de la troisième étape de l'analyse. Ainsi nous avons soumis les variables liées de façon statistiquement significative retrouvées lors de l'étude bivariée à une régression logistique. Pour toutes ces analyses, le seuil de la signification a été fixé à 5 %.

RÉSULTATS
Étude univariée

La moyenne d'âge était de 61 ans. Le recul était de 32,7 mois pour les cas et de 34,5 mois pour les témoins.

Les caractéristiques des cas et des témoins sont résumées dans les tableau I,tableau II,tableau III,tableau IV.

Étude bivariée

Elle a permis d'identifier 9 facteurs de risque statistiquement liés à la C.S. Ces facteurs sont présentés dans le tableau V.

Les 15 autres facteurs testés ce sont avérés non liés de façon statistiquement significative à la survenue de la C.S. (p > 5 %).

Étude multivariée

Les 9 facteurs isolés par l'étude bivariée ont été soumis à une analyse multivariéé utilisant la technique de la régression logistique. Celle-ci a permis de sélectionner 5 facteurs

  • l'absence d'implant au chambre postérieure ;
  • une mauvaise dilatation per-opératoire ;
  • un optique de grand diamètre (7 mm) ;
  • un opérateur non expérimenté ;
  • la persistance de masses corticales.

Cette analyse multivariée utilisant la technique de la regression logistique nous a permis, en se basant sur ces facteurs de risque retenus dans le modèle logistique définitif, d'établir un score de survenue de la C.S. : (SCS).

SCS = – 5,65 –1,13 (absence d'ICP) – 0,23 (optique de 7 mm) + 2,16 (mauvaise dilatation per-opératoire) + 1,12 (opérateur débutant) + 8,94 (persistance de masses) Où, – 5,65 est une constante « α », – 1,13, – 0,23, + 2,16, + 1,12, + 8,94 sont les coefficients « ß » attribués à chaque facteur par la formule du modèle logistique.

Ainsi, si le facteur entre parenthèses est présent chez le patient, il est remplacé par 1. S'il est absent, il est remplacé par 0.

Exemple : Patient opéré par un chirurgien débutant, a eu un ICP d'optique 6 mm, une bonne dilatation per-opératoire avec persistance de masses en post-opératoire. Son risque de développer une CS est calculé comme suit :

SCS = – 5,65 – 1,13 (0) – 0,23 (0) + 2,16 (0) + 1,12 (1) + 8,94 (1) = + 4,41.

Ce score varie donc entre – 5,65 et + 5,01.

DISCUSSION

L'origine multifactorielle de la C.S. rend compte de la diversité des précautions chirurgicales et des agents pharmacologiques supposés en réduire l'incidence. L'identification des facteurs de risque a fait l'objet de plusieurs travaux [6], [7], [8]

Rôle de l'ICP

Le role de l'ICP est primordial dans la prévention de la C.S. Celui-ci exerce un effet barrière inhibiteur mécanique et/ou chimique sur la prolifération et la migration des cellules épithéliales (no space, no cell). [1]. Selon Nishi [9], le taux de C.S. à 4 ans s'abaisse de 40 % chez les aphaques à 9,3 % chez les pseudophaques. L'implant agit aussi par son « design » et son matériau. Les implants mis pour nos patients étaient tous biconvexes et tout-PMMA avec des anses en C modifié et angulées à 5°. Des études récentes, quantitatives, prospectives et randomisées, ont montré que les implants en polyacrylique permettent une réduction significative de l'incidence de la C.S. [10], [11]. Nishi [12], a montré dans ses travaux que les implants à bord carré permettent le plus de s'opposer à la migration cellulaire en créant une zone de discontinuité entre la capsule postérieure et le bord de l'implant où les cellules seront emprisonnées.

Concernant le diamètre de l'optique, celui-ci doit permettre d'occuper tout le sac capsulaire et le bien tendre sans entrainer ni rides, ni plis capsulaires, ni zones libres au passage des cellules épithéliales. Nous avons trouvé qu'un optique de grand diamètre (7 mm) était associé significativement à la C.S. (p = 10 –5 ). Mamalis [13]trouvé aussi qu'un optique de 7 mm était associé à un taux élevé de capsulotomie postérieure au laser Nd : YAG après un délai plus court (p = 0,044). Un optique de grand diamètre entrainerait des plis capsulaires de même un optique très petit n'étirerait pas suffisamment la capsule et entraînerait aussi des plis et des rides [13].

Rôle de la dilatation

La mauvaise dilatation pupillaire entrave le lavage soigneux des masses, le capsulorhexis antérieur et l'implantation dans le sac. Cette condition est fréquente chez les glaucomateux qui prennent des myotiques, les diabétiques et les porteurs de syndrôme exfoliatif [14].

La pupille doit etre élargie en per-opératoire. Les écarteurs de l'iris en acrylique sont d'une grande aide.

Rôle des masses résiduelles

Le lavage incomplet des masses corticales est le facteur le plus pourvoyeur de C.S. ou plutot de cataracte résiduelle [2]. Il nous semble que ces résidus favoriseraient le développement d'une fibrose plutot que des perles d'Elshnig.

Rôle de l'opérateur

La maitrise de la technique par le chirurgien est un facteur primordial dans la prévention de la C.S. Plus le chirurgien est expérimenté, plus il assurera une chirurgie la moins traumatique et un lavage le plus complet et le plus minutieux possible. Il aura plus de facilité pour pratiquer un polissage de la capsule, un capsulorhexis antérieur et une implantation dans le sac. Jamal [6]et Küchle [14]n'ont pas trouvé de différence significative entre opérateur débutant et confirmé respectivement dans l'étude de la formation des perles d'Elshnig et en cas de syndrome exfoliatif. Ils pensent que ce facteur interviendrait plus dans la fibrose capsulaire.

Autres facteurs

Les autres facteurs éliminés statistiquement par l'étude multivariée constituent néanmoins des facteurs de risque considérables cliniquement et dont il faut tenir compte dans la prévention de la C.S.

Ainsi, les opacités cornéennes genant la visibilité de la chambre antérieure s'opposent à un bon lavage des masses et éventuellement à un capsulorhexis curvilinéaire antérieure (CCC) et une implantation dans le sac.

En effet, la capsulotomie antérieure en timbre poste était fortement liée à la C.S. lors de l'analyse bivariée (p = 0,003). Si tous les auteurs [1]s'accordent sur le rôle protecteur du CCC antérieur, ils persiste encore un controverse quant à son diamètre. Ravalico [15]dans une étude comparative a montré qu'un rhexis idéal devrait dépasser le bord de l'optique de 0,5 mm.

L'implantation dans le sulcus provoque une irritation uvéale et une rupture chronique de la barrière hémato-aqueuse. L'implantation dans le sac serait le meilleur moyen préventif [1]Tan [16]trouvé 77,6 % de C.S. en cas d'implantation dans le sulcus contre 33,7 % en cas d'ICP dans le sac.

La réaction inflammatoire développée en post-opératoire stimulerait la formation de l'opacification capsulaire par la libération de certains médiateurs (IL, PGE…).

Cependant, Lundgren [17]dans une étude expérimentale sur des lapins n'a pas trouvé de corrélation entre la réaction inflammatoire et la C.S.

Certains autres facteurs ayant une liaison statistiquement non significative avec la C.S. dans notre étude (effectif réduit ?), se sont avérés liés à la C.S. dans d'autres études.

Ainsi, concernant le diabète, son rôle reste cotroversé. Pour Tawab [7]et Tan [16], il est considéré comme un facteur de risque agissant par le biais du désordre métabolique et de la réaction inflammatoire post-opératoire plus fréquente chez les diabètiques. Dureau [18]dans une étude prospective a observé une opacification capsulaire postérieure précoce (dès les 6 premiers mois) chez 16,5 % des diabètiques avec rétinopathie contre 6,2 % des diabètiques sans rétinopathie (p = 0,01, Test chi-2).

Cependant, une étude récente de type cohorte faite par Zaczec [19]trouvé un taux de C.S. (mesurée quantitativement par un caméra à rétro-illumination) à 2 ans d'intervention, significativement plus bas chez les diabètiques (p < 0,05, Test Mann-Whitney). Cet auteur incrimine le rôle délétère du sorbitol accumulé sur les cellules épithéliales. D'autres études [20]ont montré que la densité des cellules épithéliales est significativement moins élevée chez les diabètiques que chez les non diabètiques. Enfin, cette discordance entre les résultats sur le diabète pourrait n'être due qu'à la différence entre les méthodes statistiques utilisées par les différentes études.

Pour le syndrôme exfoliatif (SE), Küchle [14]trouvé que l'incidence de la C.S. était significativement plus élevé chez les porteurs de SE que chez les non porteurs (p < 0,03). Il explique ceci par 4 mécanismes

  • des facteurs intra-oculaires tels que la mauvaise dilatation, la fragilité zonulaire, les synéchies postérieures qui pourraient s'opposer à un bon lavage des masses ;
  • la rupture chronique de la barrière hémato-aqueuse en cas de SE permettant de fournir des facteurs de croissance qui stimuliraient la prolifération des cellules épithéliales ;
  • la fragilité zonulaire pourrait entraîner des ruptures localisées de la zonule et ainsi des zones de plissement au niveau de la capsule postérieure facilitant la migration cellulaire ;
  • enfin, l'hypoxie de la chambre antérieure présente en cas de SE pourrait stimuler la prolifération des cellules épithéliales.

Concernant le type de la cataracte primaire, les résultats sont aussi variables.

Argento [21], dans une étude portant sur 566 yeux opérés pour cataracte sénile a constaté que la C.S. était significativament moins fréquente lors d'une cataracte totale que lors d'une cataracte nucléaire ou sous-capsulaire postérieure. Il explique ce résultat par le fait que les cellules épithéliales antérieures et équatoriales qui sont à l'ôrigine de l'opacification capsulaire, sont altérées en cas de cataracte totale. Alors que Schein [22]trouvé que la C.S. était 1,72 fois plus fréquente lors d'une cactaracte corticale que lors des autres types de cataracte. Dana [23]trouvé une augmentation de la C.S. en cas de cataracte sous-capsulaire postérieure chez les porteurs d'uvéite.

Pour la cause de la cataracte primaire, Frezzotti [8]a trouvé que la C.S. était significativement élevée en cas de cataracte compliquée après uvéite ou myopie forte qu'en cas de cataracte sénile. Fagerholm [24]trouvé une incidence élevée de C.S. en cas de cataracte traumatique qui serait dûe à la rupture de la barrière hémato-aqueuse.

Au terme de ce travail, nous constatons que les facteurs de risque de la C.S. résident essentiellement dans la technique opératoire et les conditions de son déroulement plutôt que dans le terrain du patient. L'implant par son diamètre, sa forme, ses haptiques et son biomatériau, exerce le rôle le plus important en matière de catarace secondaire. Les axes de recherche sont orientés vers

  • un biomatériau suffisamment biocompatible et hydrophile pour éviter au maximum la réaction inflammatoire inductrice de fibrose mais pas trop compatible ni trop hydrophile pour éviter d'une part la formation des perles d'Elshnig et d'autre part des dépôts sur l'implant ;
  • des haptiques respectant la forme naturelle du sac avec suffisamment d'appui pour bien tendre la capsule postérieure et assurer un bon contact capsule-implant, mais sans provoquer de déformation du sac, créatrice de plis et d'espaces permettant la migration des cellules.

Ces constatations ont amené à la création des implants en acrylique hydrophile qui connaissent actuellement un succès croissant.

CONCLUSION

Cette étude retrouve certains facteurs de risque précédemment identifiés et peut aider à l'élaboration de stratégies visant à prévenir la C.S. Des études prospectives sont nécessaires pour confirmer ses résultats. Les nouveaux implants actuellement introduits et les nouvelles molécules pharmacologiques à l'essai permettront de progresser. La C.S. serait alors une complication prévisible et évitable.

Références

[1]
Apple DJ, Solomon KD, Tetz MR et al. Posterior capsule opacification. Surv Ophthalmol, 1992 ;37 :73-116.
[2]
Flament J et Lenoble P. Cataracte secondaire. Encycl Med Chir (Elsevier, Paris) Ophtalmologie, 21-250D-25 ;1997,10P.
[3]
Bouyer J. La régression logistique en épidémiologie. PARTIE I. Rev Épidém Et santé Publ, 1991 ,39 :79-87.
[4]
Bouyer J. La régression logistique en épidémiologie. PARTIE II. Rev Épidém Et santé Publ, 1991 ;39 :183-96.
[5]
Sundelin K, Sjostram J. Posterior capsule opacification 5 years after extracapsular cataract extraction. J Cat Refract Surg, 1999;25:246-50.
[6]
Jamal SA, Solomon LD. Risk factors for posterior capsular pearling after uncomplicated extracapsular cataract extraction and plano-convex posterior chamber lens implantation. J Cat Refract Surg, 1993;19:333-8.
[7]
Tawab BM, Tassignon MJ. Ocular and systemic factors associated with posterior capsule opacification. Bull Soc Belge Ophtalmol, 1995;259:21-5.
[8]
Frezzotti R, Caporossi A. Pathogenesis of posterior capsular opacification. Part I: Epidemiological and clinico-statistical data. J Cataract Refract Surg, 1990;16:347-352.
[9]
Nishi O. Incidence of posterior capsule opacification in eyes with and without posterior chamber intraocular lenses. J Cataract Refract Surg, 1986;12:519 –22.
Ursell PG, Spalton DH, Pande MV et al. Relationship between intraocular lens biomaterials and posterior capsule opacification. J Cataract Refract Surg, 1998;24:352-60.
Hollick EJ, Spalton DJ, Ursell PG, et al. Biocompatibility of poly (methylmethacrylate), silicone and Acrysof intraocular lenses: Randomized comparison of the cellular reaction on the anterior lens surface. J Cataract Refract Surg, 1998;24:361-6.
Nishi O, Nishi K. Capsule-bending for the prevention of capsular opacification. A preliminary report. Ophthalmic Surg Lasers, 1998;29:749-53.
Mamalis N, Crandall AS, Liner Barger et al. Effect of intraocular lens size on posterior capsule opacification after phacoemulsification. J Cataract Refract Surg, 1995;21:99-102.
Küchle M, Amberg A, Martus P et al. Pseudoexfoliation syndrome and secondary cataract. Br J Ophthalmol, 1997;81:862-6.
Ravalico G, Tognetto D, Palomba MA et al. Capsulorhexis size and posterior capsule opacification. J Cataract Refract Surg, 1996;22:98-103.
Tan DT, Chee SP. Early central posterior capsular fibrosis in sulcus fixated biconvex intraocular lenses. J Cataract Refract Surg, 1993;19:471-80.
Lundgren B, Lundberg K et al. Lack of correlation between intraocular inflammation and posterior capsular opacification (PCO) in the rabbit eye ARVO abstract 3481. Invest Ophthalmol Visc Sci, 1996;37:S759.
Dureau P, Massin P, Chaine G et al . Extraction extra-capsulaire et implantation de chambre postérieure chez le diabétique. Étude prospective sur 198 yeux. J Fr Ophtalmol, 1997 ;20 :117-23.
Zaczec A, Zetterström C. Posterior capsule opacification after phacoemulsification in patient with diabetes mellitus. J Cataract Refract Surg, 1999;25:233-7.
Saitoh J, Nishi O, Hitani H. [Cell density and hexagonality of lens epithelium in human cataracts] [In Japenese] Nepon Ganka Gakkai Zaschi, 1990;94:176-80.
Argento C, Nunez E, Wainsztrein R. Incidence of post operative posterior capsular opacification with types of senile cataracts. J Cataract Refract Surg, 1992;18:586-8.
Schein OD, Steinberg EP, Javitt JC et al. Variation in cataract surgery. Practice and clinical outcomes. Ophthalmology, 1997; 101:1142-52.
Dana RM, Chatzistefanou K,Schaumberg DA et al. Posterior capsule opacfication after cataract surgery in patient with uveitis. Ophthalmology, 1997;104:1387-94.
Fagerholm PP, Philipson BT. Experimental traumatic cataract II. A Transmission electron microscopy and extracellular tracer study. Invest Ophthalmol Vis Sci, 1979;18:1160-71.




© 2002 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
EM-CONSULTE.COM is registrered at the CNIL, déclaration n° 1286925.
As per the Law relating to information storage and personal integrity, you have the right to oppose (art 26 of that law), access (art 34 of that law) and rectify (art 36 of that law) your personal data. You may thus request that your data, should it be inaccurate, incomplete, unclear, outdated, not be used or stored, be corrected, clarified, updated or deleted.
Personal information regarding our website's visitors, including their identity, is confidential.
The owners of this website hereby guarantee to respect the legal confidentiality conditions, applicable in France, and not to disclose this data to third parties.
Close
Article Outline