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Journal Français d'Ophtalmologie
Vol 26, N° 9  - novembre 2003
p. 998
Doi : JFO-11-2003-26-9-0181-5512-101019-BKR1
revue de presse

Infections et oeil
 
A. Bron
[1]  CHU Dijon

Des contributions récentes qui soulèvent toujours plus de questions qu'elles n'apportent de réponses ! C'est toujours le doute plus que les certitudes qui permet de progresser…

Pour la toxoplasmose, l'efficacité des traitements n'est toujours pas formellement démontrée. L'Helicobacter pylori n'aurait peut être pas grand lien avec le glaucome primitif à angle ouvert. Enfin une étude Australienne sur les infections après chirurgie de cataracte avec une incidence réaliste des endophtalmies.




Une étude en population générale des endophtalmies en Australie Occidentale : un rapport préliminaire

À partir des codes utilisés pour classifier les maladies (l'équivalent de notre PMSI), les auteurs ont recherché les cas codés comme des endophtalmies entre 1980 et 1998 dans les établissements publics et privés d'une région à population captive de l'ordre de 1,9 million d'habitants. L'incidence des endophtalmies post opératoires (aiguës et chroniques) après chirurgie de cataracte est restée relativement stable pendant cette période de l'ordre de 2 pour mille. On se souvient que l'étude conduite en France par le GEEP il y a une quinzaine d'années donnait un chiffre très voisin avec 3 pour mille interventions de cataracte.

Pendant ces 19 ans, le nombre de cataractes opérées dans cette région a été multiplié par sept avec le même taux d'endophtalmie bien que cette période couvre trois techniques chirurgicales bien distinctes avec l'intracapsulaire, l'extracapsulaire manuelle et la phacoémulsification. En fait, la morbidité infectieuse était plus élevée dans les intracapsulaires que dans les extracapsulaires manuelles et phacoémulsification, et ce de façon statistiquement significative. Dans le détail et très curieusement, le taux d'endophtalmie variait de 1 à 3 d'une année sur l'autre ; faut-il y voir des efforts après un nombre plus élevé d'endophtalmies puis un relâchement rapide de l'attention ?

Un point intéressant est la disparité des taux d'infection parmi les 52 établissements concernés par cette étude ; en effet, l'incidence des endophtalmies allait de 0,65 pour 1 000 à 16,4 pour 1 000. Enfin, 21 établissements de santé n'ont pas eu à déplorer d'endophtalmies pendant cette période pour un total de 3 854 cataractes.

Cette étude montre les limites de l'utilisation rétrospective des codages des maladies car les auteurs soulignent plusieurs erreurs notamment des conjonctivites codées pour des endophtalmies ! Néanmoins ce taux de 2 pour mille nous semble beaucoup plus réaliste que certaines études ou un taux « quasi idéal » de 7 pour 10 000 avait été mis en évidence.




Morlet N, Li J, Semmens J. The endophthalmitis population study of Western Australia (EPSWA): first report. Br J Ophthalmol, 2003;87:574-6. Infection parHelicobacter pyloriet le risque de glaucome primitif à angle ouvert

Une étude publiée par Kountouras en 2001 avait identifié la présence d' Helicobacter pylori dans des biopsies d'estomac chez 68 % de patients porteurs d'un glaucome primitif à angle ouvert (GPAO).

L'étude mentionnée ici, plus récente, a concerné 97 patients glaucomateux avec 38 GPAO, 19 glaucomes à pression normale (GPN), 16 pseudoexfoliations capsulaires et 24 sujets hypertones oculaires. Un groupe de 94 sujets non glaucomateux apparié en âge a servi de groupe témoin. Les auteurs ont utilisé une sérologie de type ELISA pour identifier les anticorps anti- Helicobacter pylori de type IgG.

Dans les différents groupes de glaucomes et d'hypertones la fréquence d'immunisation à Helicobacter pylori était de l'ordre de 26 % contre 20,2 % dans le groupe contrôle, cette différence n'étant pas statistiquement significative.

Il y a donc une contradiction apparente entre les deux études, mais en réalité les techniques utilisées sont fort différentes. Pour les gastro-entérologues, seule la biopsie d'estomac permet de prouver la présence de Helicobacter pylori , mais cet examen n'est pas sans complications.

L'association glaucome et Helicobacter pylori peut sembler farfelue a priori . Cependant, l'implication de cette bactérie gram négative dans d'autres pathologies oculaires comme la rosacée a déjà été démontrée. De plus, les auteurs signalent qu'il existe des antigènes croisés entre le microorganisme et les cellules épithéliales du corps ciliaire.




Galloway PH, Warner SJ, Morshed MG, Mikelberg FS.Helicobacter pyloriinfection and the risk for open-angle glaucoma. Ophthalmology, 2003;110: 922-5. Les antibiotiques pour le traitement de la toxoplasmose oculaire : une revue systématique des études factuelles

La toxoplasmose oculaire demeure toujours une cause importante de malvoyance chez les enfants, les adolescents et les adultes jeunes. Dans certains pays comme le Brésil, l'épidémie est un problème de santé publique. Différentes modalités de traitements ont été proposées tant dans la prophylaxie que dans le traitement des lésions constituées.

Cet article scrute à la loupe tous les articles traitant du sujet et les analyse sur le plan méthodologique. Sur 173 publications seules trois étaient prospectives. Las, les trois ont été jugées pauvres quant aux méthodes et deux ont été réalisées il y a plus de 35 ans !

Les auteurs en ont conclu que

  • il n'y avait pas d'évidence d'un bénéfice du traitement sur la durée et la sévérité des signes de la forme aiguë de toxoplasmose rétino-choroïdienne ;
  • une évidence de niveau faible existait cependant pour l'efficacité du traitement à long terme sur les récurrences ;
  • Les traitements sont associés à des effets secondaires parfois non négligeables.

En fait le problème thérapeutique est difficile à résoudre. En effet, la plupart des produits utilisés sont actifs sur la forme active du parasite, le tachyzoïte, mais sont hélas inefficaces contre la forme kystique dite bradyzoïte. Cette possibilité de certains parasites de rester sous la forme quiescente pour mieux se réactiver dans des circonstances qui lui sont favorables n'est pas inhabituelle en ophtalmologie, un autre exemple tout aussi délicat à régler étant celui des amibes.

Les auteurs en appellent donc à des études contre placebo pour évaluer l'efficacité des traitements présumés anti-toxoplasmiques. En attendant, les cliniciens doivent peser les avantages et les inconvénients de ces traitements.




Standford MR, See SE, Jones LV, Gilbert RE. Antibiotics for toxoplasmic retinochoroiditis. An evidence-based systematic review. Ophthalmology, 2003;110: 926-31.

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