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Journal Français d'Ophtalmologie
Vol 27, N° 10  - décembre 2004
pp. 1129-1133
Doi : JFO-12-2004-27-10-0181-5512-101019-ART06
Prévalence de l’Helicobacter pylori dans la choriorétinopathie séreuse centrale et l’épithéliopathie rétinienne diffuse
Étude complémentaire
 

A. Ahnoux-Zabsonre [1], M. Quaranta [2], M. Mauget-Faÿsse [2]
[1] Service d’Ophtalmologie, CHU de Cocody, Abidjan, Côte d’Ivoire.
[2] Centre d’Ophtalmologie Rabelais, Lyon, France.

Communication orale présentée au 109e congrès de la Société Française d’Ophtalmologie en mai 2003 à Paris.


Tirés à part : M. Mauget-Faÿsse,

[3] Centre d’Ophtalmologie Rabelais, 12-14, rue Rabelais, 69003 Lyon. centrerabelais@wanadoo.fr

Pas d’intérêts financiers des auteurs.


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Prévalence de l’Helicobacter pylori dans la choriorétinopathie séreuse centrale et l’épithéliopathie rétinienne diffuse. Étude complémentaire

Introduction : En 2001, Mauget-Faÿsse et ses collaborateurs avaient trouvé chez 16 patients atteints de choriorétinopathie séreuse centrale (CRSC) et d’épithéliopathie rétinienne diffuse (ERD), une prévalence d’infection par Helicobacter pylori (Hp) de 56,3 %, double de celle de la population française. Cette étude complémentaire vise à vérifier ces résultats.

Patients et méthode : Entre 1996 et 2002, 78 patients présentant une CRSC/ERD ont été inclus. Le diagnostic était confirmé par l’examen du fond d’œil, une angiographie à la fluorescéine et au vert d’indocyanine et des analyses rétiniennes par la tomographie par cohérence optique (à partir de 2000). Ces patients ont tous bénéficié d’une recherche de Hp par le test respiratoire à l’urée marquée au 13C. L’analyse des résultats a été réalisée avec les tests de Chi2.

Résultats : Sur 78 patients, 60 étaient des hommes (76,9 %) et 18 des femmes (23,1 %) (moyenne d’âge : 53 ans ; min 29 - max 80). Vingt-sept patients avaient une CRSC (34,6 %) et 51 une ERD (65,4 %). La recherche d’Hp était positive chez 31 patients (39,7 %) dont 43,3 % des hommes et 27, 8 % des femmes, et négative chez 47 patients (60,3 %). La différence de prévalence de l’Hp entre ces patients (39,7 %) et la population générale (25,4 % des 58 419 710 français en 1999) était statistiquement significative (p = 0,0036).

Discussion — Conclusion : La CRSC/ERD est associée de façon significative à une infection à Hp. Ces résultats confirment les résultats de l’étude préliminaire de 2001 et montrent une prévalence de cette infection plus élevée chez les hommes que chez les femmes.

Abstract
Prevalence of Helicobacter pylori in central serous chorioretinopathy and diffuse retinal epitheliopathy: a complementary study

Introduction: In 2001, Mauget-Faÿsse et al. found a prevalenceof Helicobacter pylori infection of 56.3% in 16 patients with central serous chorioretinopathy (CSC) and diffuse retinal epitheliopathy (DRE). This prevalence was twice that of the French population. This complementary study aimed to verify these results.

Patients and method: Between 1996 and 2002, 78 patients living in the southeast of France with CSC/DRE were included in this study. H. pylori infection was assessed by the 13C-urea breath test. Diagnosis was confirmed by fundus biomicroscopy, fluorescein and ICG angiographies and retinal OCT scans (from 2002). Results were analyzed with the Chi2test.

Results: Out of 78 patients, there were 60 males (76.9%) and 18 females (23.1%), with a mean age of 53 years (range, 29-80 years); 27 had CSC (34.6%) and 51 had DRE (65.4%). H. pylori infection was detected as positive in 31 patients (39.7%) and negative in 47 (60.3%). Men were detected positive in 43.3% of cases, compared to women detected positive in only 27.8%. The difference in prevalence of H. pylori between the study population (39.7%) and the overall population of 58,419,710 inhabitants of France in 1999 (25.4%) was found statistically highly significant (p = 0.0036).

Discussion and conclusion: These results may indicate a possible association between H. pylori infection and CSC/DRE manifestations. These data confirm the first results of the 2001 prospective pilot study and also show a higher prevalence of H. pylori infection in men than in women.


Mots clés : Choriorétinite séreuse centrale , épithéliopathie rétinienne diffuse , infection à Helicobacter pylori , test respiratoire à l’urée marquée au 13C

Keywords: Central serous chorioretinopathy , diffuse retinal epitheliopathy, Helicobacter pylori infection , urea breath test


INTRODUCTION

La choriorétinopathie séreuse centrale (CRSC) est une pathologie d’origine inconnue. Elle correspond à un décollement de la rétine sensorielle (DSR) dû à une (ou plusieurs) lésion(s) au niveau de l’épithélium pigmentaire sans une autre cause possible telle que l’inflammation, l’infiltration ou la néovascularisation choroïdienne [1]. Nous considérons que la CRSC est composée de deux sous-types distincts : la CRSC classique (CRSCC) et l’épithéliopathie rétinienne diffuse (ERD) ou CRSC chronique [1], [2], [3], [4].

La CRSCC est définie comme un décollement localisé de la rétine sensorielle au niveau de la macula par accumulation de liquide sous-rétinien au pôle postérieur. Il est secondaire à une (ou plusieurs) lésion(s) isolée(s) et discrète(s) au niveau de l’épithélium pigmentaire qui correspond(ent) initialement à des petites zones de décollement séreux de l’épithélium pigmentaire (DSEP). Ce décollement séreux est particulièrement visible grâce à l’analyse rétinienne par tomographie à cohérence optique (OCT). L’angiographie à la fluorescéine montre une variété de signes cliniques typiques. En présence de DSEP, ils sont souvent visualisés par des petites zones bien définies d’hyperfluorescence sans diffusion. Lorsqu’un DSR existe, l’angiographie à la fluorescéine permet d’identifier la zone où l’épithélium pigmentaire est détaché et d’où l’exsudation séreuse provient à partir de la choriocapillaire et rentre dans l’espace sous-rétinien. La fluorescéine diffuse rapidement, hors de la choriocapillaire, à travers la membrane de Bruch et imprègne l’exsudation en dessous de l’épithélium pigmentaire créant un discret spot d’hyperfluorescence souvent rond, correspondant à la taille du DSEP. Ensuite, ce spot d’hyperfluorescence peut s’élargir concentriquement. Chez certains patients, le colorant passe à travers un « défect », près d’une marge du DSEP, réalisant le « point de fuite » imprégnant l’espace sous-rétinien selon des configurations multiples mais caractéristiques de la maladie (fumée, jet d’eau, parapluie, phare dans le brouillard…). Ces « points de fuite » sont tout à fait évidents à reconnaître à l’angiographie à la fluorescéine [1], [2], [3], [4], [5].

L’ERD se manifeste par de multiples sites de DSR prolongés et récurrents dans un œil (ou les deux yeux), accompagnés de zones d’atrophies de l’épithélium pigmentaire et de mottes pigmentaires [1], [2], [3], [4]. Souvent, mais pas systématiquement, les patients avec une ERD ont un passé de CRSCC [1]. La CRSC serait secondaire à une anomalie de la perfusion choroïdienne [6], [7], [8], [9], [10], [11], avec atteinte vasculaire primitive de la choriocapillaire [1] et foyers d’hyperperméabilité choroïdienne [11]. En effet, à la phase précoce de l’angiographie au vert d’indocyanine (ICG), un retard de perfusion (ou une ischémie artérielle ?) lors de la perfusion choroïdienne artérielle suivi par la visualisation de la dilatation des veines de drainage de ces mêmes zones sont observés au niveau des zones atteintes [1].

La CRSC touche majoritairement les hommes jeunes entre 20 et 45 ans [2]. Mais, nous la retrouvons de plus en plus chez des patients âgés de plus de 50 ans [5]. Les femmes sont 10 fois moins atteintes que les hommes [2], et ce plus tardivement [5]. Cependant, le sex-ratio diminue avec l’âge pour atteindre 2:1 après 50 ans [5]. La corticothérapie accroît la sévérité de cette maladie [2], [12], [13]. Une personnalité de type A est souvent retrouvée chez les patients avec une CRSC [13], [14] et stressés [15]. Ces deux facteurs sont aussi souvent présents chez les patients porteurs d’un ulcère gastro-duodénal [16], [17].

L’Helicobacter pylori, bactérie Gram négative spiralée, a été mise en cause dans l’ulcère gastro-duodénal : sa prévalence est de 70 % et 90 % chez les patients respectivement atteints d’ulcères gastrique et duodénal [18]. Cette bactérie affecte 27,5 % de la population française du Sud-Est, et 25,4 % de la population générale française [19], c’est-à-dire 58 419 710 habitants en 1999 selon l’INSEE [20]. D’autre part, cette bactérie a également été incriminée dans la survenue de maladies vasculaires, ischémiques périphériques, cardiaques et cérébrales [21], [22], [23]. La CRSC semblant avoir une composante vasculaire, cette bactérie ne pourrait-elle pas être impliquée dans la CRSC ? C’est pour tenter de répondre à cette question que nous avons mené cette étude.

En 2001, Mauget- Faÿsse et al. [24] avaient trouvé sur 16 patients atteints de formes actives de choriorétinopathie séreuse centrale (CRSC) et d’épithéliopathie rétinienne diffuse (ERD) une prévalence d’infection par Hp de 56,3 %. Cette prévalence était double par rapport à celle de la population française. Cette étude complémentaire vise à vérifier ces résultats. Nous avons également pu analyser, grâce à cette étude, certaines données épidémiologiques complémentaires concernant la CRSC et l’ERD.

MATÉRIEL ET MÉTHODE

Il s’agit d’une étude rétrospective, analysant les CRSCC et les ERD examinées de 1996 à 2002, dans un Centre Ophtalmologique privé spécialisé dans la prise en charge des maladies rétiniennes.

Les patients porteurs d’une CRSCC ou d’une ERD ont été inclus. Ils ont bénéficié :

  • d’une recherche d’Helicobacter pylori (Hp) par le test respiratoire à l’urée. Ce test repose sur l’ingestion d’urée C13 associée à de l’acide citrique pour retarder la vidange gastrique. Quand Hp est présent, l’urée est métabolisée en NH3 (ammoniac) et en CO2 (dioxyde de carbone) par l’uréase bactérienne, et la spectrométrie de masse de l’air expiré détecte alors le C13 [25] ;
  • d’un examen ophtalmologique complet avec examen biomicroscopique du fond d’œil ;
  • d’une angiographie à la fluorescéine et au vert d’indocyanine (ICG), et à partir de l’an 2000, d’un examen tomographique rétinien par OCT.

Les patients dont les dossiers étaient incomplets ont été exclus. L’analyse des résultats a été réalisée par le logiciel Epi Info® avec le test de Chi2, de Chi2 de Yate’s, le test de Krüskal-Wallis et le test exact de Fisher.

RÉSULTATS

Soixante dix-huit patients ont été retenus. Il s’agissait de 60 hommes (76,9 %) et 18 femmes (23,1 %) soit un sex-ratio de 3,33. En dessous de 50 ans, (1 femme et 29 hommes), le sex-ratio était de 29. À 50 ans et plus (17 femmes et 31 hommes), le sex-ratio était de 1,82. La différence du sex-ratio entre ces 2 groupes d’âge était très significative (p = 0,001).

La moyenne d’âge était de 53 ans avec un minimum de 29 ans et un maximum de 80 ans. Celle des patients de moins de 50 ans était de 40,7 ans avec un minimum à 29 ans et un maximum à 49 ans. La moyenne des sujets de 50 ans et plus était de 60,7 ans avec un minimum de 50 ans et un maximum de 80 ans. Celle des femmes était de 62 ans avec un minimum de 49 ans et un maximum de 80 ans. Quant à celle des hommes, elle était de 50,3 ans avec un minimum de 29 ans et un maximum de 76 ans. La différence de la moyenne d’âge entre les hommes et les femmes était statistiquement significative (p ≪ 0,01).

La CRSCC concernait 27 patients (34,6 %) d’âge moyen de 47,1 ans min : 29 ans ; max : 80 ans dont 3 femmes (11,1 % des CRSC) d’âge moyen de 65,3 ans 57 ans ; 80 ans et 24 hommes (88,9 % des CRSC) d’âge moyen de 44,8 ans 29 ans ; 60 ans (tableau I).

L’ERD concernait 51 patients (65,4 %) d’âge moyen de 56,2 ans 31 ans ; 78 ans dont 15 femmes (29,4 % des ERD) d’âge moyen de 61,3 ans 49 ans ; 78 ans et 36 hommes (70,6 % des ERD) d’âge moyen de 54 ans [31 ans ; 76 ans] (tableau II). L’ERD était significativement moins fréquente que la CRSC dans cette population (p = 0,0081). Une différence était visible entre l’âge et le sexe (p = 0,019) : les hommes atteints de CRSC étaient sensiblement plus jeunes que les femmes atteintes. Aucune différence n’était significative entre le sexe et le type de CRSC (p = 0,12). Les hommes n’étaient pas significativement plus atteints de CRSCC que les femmes, qui elles-même n’étaient pas significativement plus atteintes d’ERD que les hommes. Nous notions une différence significative entre l’âge et le type de CRSC : les moins de 50 ans avaient plus de chance d’avoir une CRSCC que les plus de 50 ans, qui avaient plus de risque de développer une ERD (p = 0,023). L’œil droit seul était atteint 25 fois, l’œil gauche seul 32 fois, les deux yeux 21 fois, soit un total de 99 yeux (tableau II). Aucune différence n’était significative entre un type de CRSC, l’âge ou le sexe et l’atteinte d’un œil en particulier ou des deux yeux. La recherche d’Hp était positive chez 31 sujets (39,7 %) et négative chez 47 sujets (60,3 %). La moyenne d’âge des patients ayant une recherche négative était de 51,6 ans avec un minimum de 29 ans et un maximum de 80 ans. La moyenne d’âge des patients présentant une recherche positive était de 54,8 ans avec un minimum à 31 ans et un maximum à 78 ans. Dix patients atteints de CRSCC (12,8 %) et 21 de ERD (26,9 %) étaient Hp positives ; 17 présentant une CRSCC (21,8 %) et 30 une ERD (38,5 %) étaient Hp négatives. Parmi les patients de moins de 50 ans, 15 étaient atteints d’une CRSCC dont 5 étaient Hp positifs et 10 négatifs, et 15 avaient une ERD dont 5 étaient Hp positifs et 10 négatifs. Parmi les sujets de 50 ans et plus, 12 avaient une CRSCC dont 5 étaient Hp positifs et 7 négatifs, 36 avaient une ERD dont 16 étaient Hp positifs et 20 négatifs. Parmi les 18 femmes, la recherche d’Hp s’avérait positive chez 5 patientes soit 27,8 % d’entre elles et négative chez 13 soit 72,2 %. Vingt-six hommes soit 43,3 % d’entre eux étaient Hp positifs et 34 soit 56,7 % étaient négatifs sur les 60 (tableau III). Aucune différence n’était significative entre le résultat du test d’Hp et le type de CRSC, le sexe, l’âge ou l’œil atteint. La comparaison des proportions d’Hpdans la population générale (25,4 % des 58 419 710 français en 1999) [19] et des patients de cette étude (39,7 % des 78 patients) par le Chi2 révélait une liaison hautement significative (p = 0,0036) entre la positivité du test respiratoire à l’urée C13 et le fait d’avoir une CRSCC ou une ERD. Quatorze patients (17,9 %) dont 9 patients ayant un test respiratoire négatif et 5 ayant ce test positif ont été suivis 12 mois et plus.

DISCUSSION

En analysant cette série de patients atteints de CRSC, nous remarquons, comme il a déjà été écrit, que cette pathologie affecte plus l’homme que la femme [2], [5]. Le sex-ratio que nous avons trouvé était de 3,33 tout âge confondu, plus bas que celui noté par Cassel et al. [26] ou Castro-Correia et al. [27], mais plus élevé que celui relevé par Spaide et al. [1]. Il passe à 29 pour les sujets de moins de 50 ans et est plus élevé que celui noté par Gass [2]. Il est de 1,82 pour les patients d’au moins 50 ans, donc proche de 2, qui est le sex-ratio retrouvé par Guyer et al. [5] pour cette tranche d’âge. La différence du sex-ratio entre les 2 groupes d’âge est très significative (p = 0,001) (les hommes étant plus affectés que les femmes) contrairement aux résultats de Spaide et al. [1]. La moyenne d’âge des hommes, toute CRSC confondue, est de 50,3 ans ; elle est donc assez proche de la moyenne rapportée par Spaide et al. [1] qui est de 49,8 ans. Elle passe à 44,8 ans quand nous examinons les CRSCC et se rapproche des valeurs classiques de la tranche d’âge des 20-45 ans décrites entre autres par Gass [2], tandis que l’âge moyen des ERD chez les hommes est plus élevé à 54 ans. Les femmes ont une moyenne d’âge toute CRSC confondue de 62 ans, plus élevée que celle trouvée (53 ans) par Quillen et al. [28] ou par Perkins et al. [29] (47 ans). Cette constatation serait-elle due à un biais de recrutement ? L’âge moyen des femmes avec une CRSCC est 65,3 ans et celui avec une ERD est de 61,3 ans. Ainsi, les femmes commencent à être plus concernées par la CRSC à un âge plus avancé que les hommes comme l’ont souligné Quillen et al. [28] et Guyer et al. [5] sans que le sex-ratio ne s’inverse pour autant.

Les ERD s’avèrent aussi plus fréquentes que les CRSCC et atteignent de façon significative (p = 0,023) les sujets à un âge plus avancé que les CRSCC ; cette remarque a également été faite par Spaide et al. [1]. Mais il s’agit peut-être encore d’un biais de recrutement. Les ERD sont plus souvent bilatérales que les CRSC. Un œil n’est pas plus affecté que l’autre, de manière significative. La recherche systématique d’Hp dans ces affections nous révèle que la bactérie est présente de façon significative chez les patients porteurs d’une CRSC (p = 0,0036), quand nous comparons le pourcentage de sujets infectés par Hp dans la population française à celui des patients de cette étude. Cette constatation a déjà été rapportée dans une étude antérieure sur un plus petit échantillon par Mauget-Faÿsse et al. [24]. Giusti [30] s’interroge aussi sur la CRSC qui pourrait être, selon lui, également une manifestation extradigestive de l’Hp. Notre étude présente cependant une méthodologie que l’on pourrait discuter, car nous n’avons pas utilisé de population témoin au sein de notre structure privée. D’autre part, cet échantillon de femmes n’est pas assez important pour bien analyser la présence d’Hp dans cette population. Enfin, certes la prévalence d’Hp dans les ulcères [18] est bien plus élevée que chez les patients atteints CRSC, mais cela n’empêche pas que cette infection puisse être un des facteurs favorisants de la CRSC.

La présence ou non d’Helicobacter pylori n’est pas liée au sexe dans cette étude, comme l’ont également soulignée Mégraud et Broutet [18] qui étudiaient l’épidémiologie d’Helicobacter pylori. Broutet et al. [19] relèvent aussi que ce germe est moins fréquent chez les jeunes adultes que chez l’adulte. Cette observation n’est pas vérifiable car nous n’avons pas assez de jeunes adultes. Mais, sur notre échantillon d’âge, nous n’avons pas trouvé de différence significative selon l’âge des patients. De même, la présence de Hp ne semble influer ni sur le type de CRSC, ni sur l’œil atteint de façon significative.

La physiopathologie de la CRSC impliquant Hp reste à trouver. De même, Hp a été mis en cause dans des pathologies vasculaires ischémiques périphériques cardiaques et cérébrales sans que l’on ait bien identifié le mécanisme d’action de cette bactérie [21], [23].

CONCLUSION

Cette étude fait apparaître une prévalence plus élevée de l’association infection par Helicobacter pylori et CRSCC/ERD pour les patients de sexe masculin par rapport aux patients de sexe féminin. Même si cette étude confirme que l’infection à Helicobacter pylori paraît plus fréquente chez les patients français atteints de CRSC/ERD, la relation entre l’infection chronique systémique àHelicobacter pylori et la forme chronique et active de CRSC/ERD ne peut être affirmée sans d’autres études complémentaires.

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