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Journal Français d'Ophtalmologie
Vol 28, N° 6  - juin 2005
pp. 652-659
Doi : JFO-06-2005-28-6-0181-5512-101019-200504951
Multichimiorésistance du mélanome uvéal
 

J. Gambrelle [1 et 2], S. Labialle [1], G. Dayan [1], L. Gayet [1], S. Barakat [1], M. Michaud [1], J.-D. Grange [2], L.G. Baggetto [1]
[1] Institut de Biologie et Chimie des Protéines, IBCP UMR5086 CNRS UCBL,
[2] Service d’Ophtalmologie, Hôpital de la Croix-Rousse, Lyon.

Tirés à part : L.G. Baggetto

[3] , Institut de Biologie et Chimie des Protéines IBCP UMR5086 CNRS UCBL, 7, passage du Vercors, 69367 Lyon cedex 07. lg.baggetto@ibcp.fr

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Multichimiorésistance du mélanome uvéal

Malgré d’importants progrès dans le traitement local du mélanome uvéal, la tumeur intra-oculaire primitive la plus fréquente, 15 à 30 % des patients décèdent encore de métastases. Ces mélanomes se caractérisent par une chimiorésistance constitutive rendant illusoire toute tentative de contrôle par les protocoles usuels de chimiothérapie. La chimiorésistance du mélanome uvéal est principalement due au phénotype de multichimiorésistance typique (MDR) lié à la surproduction de protéines membranaires expulsant activement les médicaments anticancéreux hors de la cellule. Le phénotype MDR typique est particulièrement complexe dans cette tumeur, plusieurs de ses acteurs pouvant être exprimés en association. La signification pronostique péjorative de la surexpression de la Glycoprotéine-P, la plus représentative des protéines du phénotype MDR typique, a d’ailleurs été démontrée dans le mélanome uvéal. Le phénotype MDR atypique, qui regroupe les autres mécanismes de chimiorésistance à l’échelle cellulaire et, en particulier, la résistance des mélanocytes à l’apoptose, contribue également à la chimiorésistance du mélanome uvéal. Grâce aux progrès de la biologie moléculaire, les stratégies de chimiosensibilisation par thérapie génique, qui visent à affaiblir l’activité pathologique des gènes du phénotype MDR dans les cellules cancéreuses, sont actuellement en plein essor. Le bouleversement prévisible des stratégies thérapeutiques qui en découlera impose de perfectionner et de standardiser les méthodes de caractérisation du profil de chimiorésistance de ce cancer. En effet, nous devrons connaître pour chaque mélanome les gènes à cibler pour induire sa chimiosensibilité.

Abstract
Multidrug resistance in uveal melanoma

In spite of important progress in the local treatment of uveal melanoma, the most frequent primitive intraocular tumor, 15%-30% of patients still die because of tumor metastasis. This tumor is characterized by constitutive chemoresistance, thwarting any attempt to control it using the usual chemotherapy protocols. The chemoresistance of uveal melanoma is mainly due to the typical multidrug resistance phenotype (MDR), which is linked to overexpression of membrane proteins that actively extrude anticancer drugs from the cell. Typical MDR is particularly complex in this tumor since several chemoresistance-related proteins are simultaneously produced. The negative prognostic significance of the overexpression of P-glycoprotein, the main representative among the typical MDR-related proteins, was shown in uveal melanoma. The atypical MDR phenotype, which refers to other chemoresistance mechanisms such as resistance to apoptosis also contributes to the chemoresistance of uveal melanoma. Thanks to the recent progress in molecular biology, the chemosensitization strategies of gene therapy approaches, which aim at weakening the pathological activity of MDR genes in cancer cells, are currently on the rise. This approach will disrupt current therapeutic strategies and necessarily improve and standardize the methods used to characterize the chemoresistance profile of this cancer. Indeed, we will have to know the genes to be targeted for each melanoma in order to induce cell chemosensitivity.


Mots clés : ABC transporter , antisense therapy , multidrug resistance , P-glycoprotein , uveal melanoma


Mots clés : Glycoprotéine-P , mélanome uvéal , multichimiorésistance , thérapie antisens , transporteur ABC


INTRODUCTION

Avec environ 400 nouveaux cas diagnostiqués chaque année en France, le mélanome uvéal est la tumeur intraoculaire primitive la plus fréquente dans la population caucasienne adulte [1], [2]. En dépit d’importants progrès dans le traitement local de ce cancer, 15 à 30 % des patients décèdent de métastases. Disséminant essentiellement vers le foie, le profil métastatique du mélanome uvéal est très différent de celui du mélanome cutané [3]. Au stade métastatique, l’évolution fatale reste aujourd’hui inéluctable, la médiane de survie ne dépassant pas 6 mois avec les protocoles de chimiothérapie classique appliqués aux métastases [4]. Les développements récents de l’immunochimiothérapie et de procédures plus invasives d’administration de la chimiothérapie (chimiothérapie intrahépatique avec/ou sans embolisation des vaisseaux nourriciers de la métastase) n’ont permis d’allonger la survie que de quelques mois [5], [6]. L’échec des différents protocoles de chimiothérapie mis en œuvre est le reflet de la richesse et de la complexité des mécanismes de chimiorésistances développés par cette tumeur.

La chimiorésistance, problème majeur en cancérologie, explique qu’un cancer sur deux seulement soit actuellement chimiocurable. À l’échelle de la cellule cancéreuse, il existe une grande variété de mécanismes de résistance aux substances anticancéreuses qui constituent le phénotype MDR (MultiDrug Resistance). Celui-ci peut se manifester d’emblée, mais le plus souvent il apparaît au cours du traitement. La multichimiorésistance cellulaire met en jeu des protéines qui peuvent être exprimées par les cellules saines, mais dont le niveau d’expression est modifié dans la cellule cancéreuse chimiorésistante. Le phénotype MDR typique, obstacle majeur à l’efficacité de la chimiothérapie, est dû à la surexpression de « pompes transmembranaires » qui expulsent activement les médicaments hors de la cellule. Ainsi, la concentration intracellulaire des agents anticancéreux est maintenue en deçà des seuils de cytotoxicité. Ces médicaments ont en commun d’être lipophiles, mais peuvent être de structures chimiques très différentes [7]. Le phénotype MDR atypique regroupe les autres voies contribuant à la chimiorésisance, au premier rang desquelles se trouvent les protéines inhibitrices de l’apoptose.

Les progrès récents de la biologie moléculaire ont permis de mieux comprendre les mécanismes qui régulent l’expression des acteurs du phénotype MDR, mais aussi de préciser d’éventuelles approches thérapeutiques. En effet, la thérapie génique permet aujourd’hui de moduler spécifiquement l’expression de gènes cibles in vitro. Cette modulation peut s’effectuer par le biais de petits fragments d’ADN, les oligo (désoxy)nucléotides, qui interfèrent spécifiquement soit avec l’ADN génomique inhibant la transcription de l’ARN messager (stratégie antigène), soit avec l’ARN messager empêchant sa traduction en protéine (stratégie antisens). Dans le contexte de la chimiorésistance, l’objectif visé serait d’affaiblir, voire d’annuler l’activité pathologique des gènes du phénotype MDR dans les cellules cancéreuses. Récemment, lors d’un essai clinique, un oligonucléotide antisens ciblant un acteur du phénotype MDR atypique a permis d’allonger spectaculairement la survie de patients porteurs de mélanomes cutanés métastatiques [8].

Ainsi, à l’heure où l’espoir thérapeutique pourrait naître de ces technologies nouvelles, il nous a semblé intéressant de présenter les principales voies de chimiorésistance du mélanome uvéal.

PROTÉINES IMPLIQUÉES DANS LE PHÉNOTYPE MDR TYPIQUE
La Glycoprotéine-P (Pgp)
Structure

Décrite en 1982, c’est la protéine la plus représentative et la plus étudiée du phénotype MDR typique. Il s’agit d’une glycoprotéine membranaire de 1 280 acides aminés, qui fonctionne comme un transporteur actif dépendant de l’ATP, le substrat énergétique de base de la cellule [9]. Sa structure est caractérisée par la répétition de deux moitiés homologues unies par une région « linker » [10]. Cette structure singulière suggère que le gène MDR1, codant cette protéine, pourrait être le produit de la fusion de deux gènes ou plutôt de la duplication d’un gène ancestral au cours de l’évolution [11]. Chaque moitié comprend une région hydrophobe réalisant 6 passages transmembranaires successifs et un vaste domaine cytoplasmique hydrophile qui contient le site actif de liaison à l’ATP. Ce dernier site est reconnaissable car sa séquence renferme les motifs A et B de Walker caractéristiques des sites de fixation de l’ATP qui définissent la famille des transporteurs ABC (ATP Binding Cassette) [12]. La première boucle extracellulaire de la protéine est le siège d’une glycosylation. La Pgp peut être phosphorylée, mais l’influence de ces phosphorylations sur l’activité de la protéine est sujette à controverses [13]. La Pgp est localisée au sein de la membrane cytoplasmique [14].

La structure tertiaire exacte de la Pgp n’est pas connue, à l’instar d’autres protéines transmembranaires difficiles à purifier et à cristalliser. Cependant, les données structurales obtenues par microscopie électronique ont permis de proposer un modèle tridimensionnel fonctionnel ; celui-ci est en accord avec sa fonction de pompe à efflux dépendante d’énergie ayant une spécificité large vis-à-vis d’agents xénobiotiques hydrophobes. Les différents domaines de la protéine s’organiseraient de façon à former un canal transmembranaire à travers lequel des xénobiotiques et des génotoxiques seraient expulsés sous l’impulsion énergétique de l’hydrolyse de l’ATP. Le caractère lipophile des molécules substrats de la Pgp leur permettrait de pénétrer dans la cellule par diffusion passive à travers la membrane. Un schéma simplifié d’une coupe de la Pgp issu des données actuelles de la microscopie électronique est représenté sur la figure 1 [15]. Néanmoins, l’absence de spécificité apparente de la Pgp pour ces nombreux substrats et leur nature hydrophobe a fait évoluer la conceptualisation de la Pgp vers un modèle de type « flippase ». La flippase catalyse le passage de certains phospholipides membranaires du feuillet interne de la bicouche lipidique vers le feuillet externe. Dans ce second modèle, les médicaments anticancéreux hydrophobes interagiraient avec les lipides membranaires avant d’être liés à la Pgp, sans passage par le cytoplasme.

Rôles physiologique et physiopathologique

Des études immunohistochimiques ont permis de révéler l’expression de la Pgp dans certains tissus dans les conditions physiologiques [16]. La répartition de la Pgp au niveau d’organes particulièrement sensibles aux toxiques (barrière hémato-encéphalique, cœur) ou impliqués dans les mécanismes de détoxication (foie, rein, épithélium intestinal) suggère un rôle essentiel de cette glycoprotéine membranaire dans les mécanismes de protection vis-à-vis des cytotoxiques. La présence de Pgp a été récemment rapportée au niveau de l’épithélium cornéen [17].

La surexpression de la Glycoprotéine-P dans des lignées cellulaires issues de cancers chimiorésistants a servi de fondement à la description du phénotype MDR typique. Depuis, la Glycoprotéine-P a permis d’expliquer la chimiorésistance de cancers de natures histologiques très différentes. De plus, dans certains cancers, notamment ceux habituellement chimiosensibles comme les hémopathies malignes ou les cancers pédiatriques, l’implication pronostique péjorative de la Pgp a été démontrée [18], [19], [20].

Les gènes MDR1 et MDR2

La Pgp est codée par deux gènes chez l’homme et trois chez les rongeurs comme la souris ou le hamster. Tous possèdent une homologie de séquence conduisant à une structure et à un schéma fonctionnel communs.

Les deux gènes décrits chez l’homme (MDR1 et MDR2) sont localisés sur le chromosome 7 en 7q21.1 [21]. Cette proximité dans le génome a fait émettre l’hypothèse que MDR2 pouvait n’être qu’un « gène passager » co-amplifié fortuitement avec MDR1 dans certaines lignées de cellules tumorales exprimant le phénotype MDR. Le constat que seul le gène MDR1 confère le phénotype MDR chez l’homme, renforce cette hypothèse [22].

Les autres protéines impliquées dans le phénotype MDR typique
La famille des protéines MRP

Le chef de file de cette famille a été décrit en 1992 chez un patient atteint d’un cancer du poumon humain chimiorésistant. À ce jour, elle demeure la seule famille de protéine non Pgp dont l’implication dans le phénotype MDR typique a été démontrée [23].

MRP1, la mieux connue, est une glycoprotéine membranaire de 190 kDa qui appartient à la superfamille des transporteurs ABC [24]. Très proche de la Pgp sur le plan structural et fonctionnel, cette protéine est localisée principalement au niveau de la membrane cytoplasmique [25]. Elle est phosphorylable [26].

Les protéines MRP sont exprimées dans les tissus sains, leur distribution variant en fonction du gène considéré. Elles semblent également impliquées dans les mécanismes de détoxication cellulaire, mais leurs substrats sont surtout des conjugués anioniques (anions de métaux lourds…) [27]. Le fonctionnement de MRP1 est dépendant du glutathion [28]. Chez l’Homme, le gène MRP1 est localisé en 16p13.1 [29]. L’organisation du promoteur de MRP1 est tout à fait comparable à celle du promoteur de la Pgp [30].

Au total, sept gènes de la famille MRP ont été décrits chez l’Homme, parmi lesquels cinq sont impliqués à des degrés divers dans le phénotype MDR typique [31]. Par ailleurs, des protéines apparentées ont été décrites dans le règne animal et dans le règne végétal [32].

La LRP/MVP

En 1993, Scheper décrit une nouvelle protéine associée à une diminution de l’accumulation intracellulaire de cytotoxiques non liée à la Pgp dans un cancer du poumon humain. Cette protéine de 110 kDa, localisée dans les membranes vésiculaires et lysosomiques, a été nommée LRP (Lung Resistance Protein) [33]. Dans un premier temps, une analogie de séquence de plus de 87 % avec la protéine MVP (Major Vault Protein) du rat a été constatée avant qu’il ne soit conclu, deux ans plus tard, qu’il s’agissait de la même molécule, rebaptisée dès lors LRP/MVP [34].

Sur le plan fonctionnel, la LRP/MVP appartient au complexe du pore nucléaire au sein duquel elle participe sans doute, en interagissant avec d’autres éléments du complexe, au transport nucléo-cytoplasmique [35]. Il est probable qu’en raison de sa surexpression dans les cellules chimiorésistantes, elle concourt à l’efflux des cytotoxiques du noyau vers le cytoplasme. Des travaux récents suggèrent que la LRP/MVP confère une résistance à plusieurs substances anticancéreuses et que sa surexpression peut être considérée comme un facteur de mauvais pronostic dans certains cancers [36], [37]. Cependant, la LRP/MVP n’appartient pas à la superfamille des transporteurs ABC et son implication dans le phénotype MDR typique reste controversée.

Le gène LRP/MVP est situé sur le chromosome 16, en 16p11.2 à 27 cM du gène MRP1 [29].

GENÈSE DU PHÉNOTYPE MDR TYPIQUE : L’EXEMPLE DE LA SUREXPRESSION DU GÈNE MDR1
L’amplification génique

La surexpression de MDR1 dans le phénotype MDR typique est plurifactorielle. L’amplification génique, c’est-à-dire l’augmentation du nombre de copies du gène, semble un élément essentiel auquel s’ajoutent certainement des mécanismes transcriptionnels et post-transcriptionnels. L’amplification génique, lorsqu’elle est majeure peut s’associer à des anomalies cytogénétiques telles que des régions colorées de façon homogène et dépourvue de bandes (RH), des régions de chromosomes métaphasiques possédant des bandes anormales ou des petits corps chromatiniens extrachromosomiques, également appelés « double minutes » (DM) [38], [39]. Les « doubles minutes » peuvent renfermer jusqu’à plusieurs centaines de copies du gène MDR1. On comprend alors aisément que la Pgp soit produite sur une plus grande échelle que dans la cellule saine. Dans le cas de la multichimiorésistance induite par des médicaments anticancéreux, les « doubles minutes » disparaissent progressivement en l’absence de pression sélective par les agents chimiothérapeutiques. Ce dernier point démontre le caractère inductible de la chimiorésistance.

Régulation transcriptionnelle

La régulation transcriptionnelle de MDR1 est particulièrement complexe.Brièvement, un gène contient deux régions. L’une en aval est la région codante, à partir de laquelle est transcrit l’ARN messager (ARNm) à l’origine de la protéine ; la transcription est sous le contrôle d’une seconde région localisée en amont de la région codante, la région régulatrice qui contrôle la transcription et qui contient un promoteur.

Le promoteur de MDR1 ne possède pas de boîte TATA [40]. La boite TATA est la séquence d’ADN consensus sur laquelle vient se fixer l’ARN polymérase II pour débuter la transcription de l’ARN messager. À la place de cette boîte TATA, il existe un élément initiateur au site majeur d’initiation de la transcription sur lequel peut s’ancrer l’ARN polymérase II [41]. Cependant, l’analyse du point de départ de la transcription a révélé que les cellules chimiosensibles utilisent un site unique de départ de la transcription, alors que leurs dérivées chimiorésistantes présentent plusieurs points de démarrage additionnels [42]. Cette observation pourrait également expliquer l’expression accrue de l’ARNm en relation avec le phénotype MDR.

De plus, l’activité transcriptionnelle est modulée par la fixation sur des sites spécifiques de la région régulatrice (les éléments cis-régulateurs) de protéines régulatrices, appelées facteurs transcriptionnels. La figure 2 représente les principaux éléments cis-régulateurs du gène MDR1. Les chiffres indiquent la position en paires de bases de chaque élément par rapport au site majeur d’initiation de la transcription [43]. Notre équipe a découvert et caractérisé précisément l’élément invMED1 (-100 à -105 pb) [44], [45]. Nous avons montré que la LRP130 (Leucin Rich Protein) trans-active la synthèse de la Glycoprotéine-P via cet élément cis-régulateur [44]. De plus, l’intensité de la liaison de la LRP130 sur invMED1 semble augmenter proportionnellement au degré de chimiorésistance. L’inhibition de cette interaction par des approches de thérapie génique entraîne une réduction de l’expression de la Pgp suffisante pour chimiosensibiliser une lignée cellulaire dont le phénotype MDR typique reposait sur l’expression de la Pgp seule [44], [46]. La région régulatrice du gène LRP/MVP contient également l’élément invMED1. Nous avons démontré que l’inhibition spécifique de la LRP130 dans une lignée de mélanome uvéal co-exprimant la Pgp et la LRP/MVP suffisait à réduire significativement l’expression de ces deux protéines [44]. Ainsi, le couple LRP130/invMED1 pourrait être un régulateur central de l’expression du phénotype MDR typique. Notons que la région régulatrice du gène MRP1 ne contient pas l’élément invMED1.

PHÉNOTYPE MDR TYPIQUE ET MÉLANOME UVÉAL
Caractérisation du phénotype MDR typique sur échantillons tissulaires

La plupart des travaux de caractérisation du phénotype MDR typique dans le mélanome uvéal ont été réalisés par marquage immunohistochimique sur des coupes de tissu issues de mélanomes énucléés d’emblée. Si l’expression de la Glycoprotéine-P a été largement analysée dans cette tumeur, seules deux études ont véritablement analysé l’immunoréactivité des trois protéines majoritairement impliquées dans ce phénotype [47], [48]. Les auteurs rapportent que 23 mélanomes sur les 28 de la première étude (82 %) et tous les mélanomes de la seconde étude présentent une immunoréactivité marquée pour au moins l’une des protéines analysées. Ces tumeurs étant naïves de tout traitement, on peut conclure que la majorité des mélanomes uvéaux exprime constitutivement au moins l’un des acteurs du phénotype MDR typique. Par ailleurs, il a été montré que le phénotype MDR pouvait être induit par une radiothérapie conservatrice [49].

Ces deux publications révèlent également que 25 % ou 91 % des mélanomes uvéaux selon l’article considéré co-expriment d’emblée deux voire trois des protéines du phénotype MDR typique [47], [48]. La LRP/MVP, dont l’immunomarquage est significatif dans respectivement 56 % et 100 % des cas, est la plus fréquemment exprimée. On constate une grande disparité de l’immunoréactivité pour MRP1 dont l’immunomarquage varie de 17 % à 91 % des cas selon la publication. Les résultats semblent plus homogènes pour la Glycoprotéine-P dont l’immunoréactivité avoisine 40 % dans ces deux études. Ces taux sont légèrement supérieurs à ceux obtenus pour le mélanome cutané.

Plus récemment, l’expression de la Glycoprotéine-P a été analysée par immuno-marquage sur un large échantillon de 108 mélanomes [50]. La Glycoprotéine-P a été détectée dans 80 % des tumeurs, mais l’originalité de ce travail réside dans le fait que ces résultats ont été intégrés aux données du suivi clinique. Ainsi, les auteurs ont pu démontrer que l’expression de la Glycoprotéine-P dans le mélanome uvéal constituait un facteur de risque de décès indépendant. La signification pronostique péjorative était d’autant plus forte que l’immunoréactivité observée était marquée.

À la lecture de ces articles, on constate une importante hétérogénéité dans les résultats obtenus. Ces différences peuvent être dues à la méthode diagnostique utilisée. En effet, une étude récente a démontré que les techniques immunohistochimiques ne sont pas les plus performantes pour étudier l’expression de la Glycoprotéine-P dans les tumeurs solides en raison de discordances dans l’interprétation des immunomarquages d’un laboratoire à l’autre. En outre, cette étude montrait une plus grande homogénéité des résultats inter-laboratoires pour la recherche de l’expression du gène MDR1 par RT-PCR. Toutefois, la RT-PCR posait des problèmes diagnostiques liés aux seuils de positivité à retenir, à sa reproductibilité et aux risques de contamination [51]. Ainsi, à l’heure actuelle, le meilleur moyen d’affiner les procédures diagnostiques du phénotype MDR dans les tumeurs solides consiste probablement à combiner les techniques d’immunomarquages et la RT-PCR.

Caractérisation du phénotype MDR typique de lignées cellulaires établies

Du fait des difficultés de mise en culture, les lignées cellulaires de mélanome uvéal établies et stabilisées sont extrêmement rares. Néanmoins, cinq lignées cellulaires établies issues de mélanome uvéal primitif ou métastatique ont pu être étudiées [48]. La présence des protéines associées au phénotype MDR typique a été déterminée par immunomarquage suivi d’une analyse par des méthodes immunocytochimiques ou par cytométrie en flux (FACS). Malgré quelques discordances, les résultats obtenus par l’une ou l’autre technique sont comparables et similaires à ceux obtenus par l’analyse immunohistochimique. Par ailleurs, notre laboratoire a déterminé le phénotype MDR typique de deux lignées cellulaires stabilisées de mélanome uvéal (MU2 et IPC 227) en combinant des analyses par immunomarquage sur des extraits membranaires et la RT-PCR semi-quantitative (fig. 3). Nous avons montré que ces deux lignées surexprimaient les trois protéines précédemment citées et reliées au phénotype MDR typique (fig. 4). La LRP/MVP semble la protéine majoritaire. Nous n’avons pas constaté de discordances entre les résultats obtenus par immunomarquage et par RT-PCR. Toutefois, les lignées cellulaires ne peuvent être assimilées à la tumeur d’origine. En dépit du fait que le clone favorisé in vitro n’est pas obligatoirement le clone majoritaire in vivo, les conditions de mise en culture pourraient suffire à induire l’expression du phénotype MDR [49].

Le phénotype MDR atypique dans le mélanome uvéal

Les mécanismes de multichimiorésistance atypique semblent également fortement impliqués dans ce cancer, en particulier ceux concernant le blocage de la cascade apoptotique. Dans le mélanome uvéal, l’inhibition de l’apoptose serait liée à la surexpression de deux puissants anti-apoptotiques Bcl2 et HDM2. Ce dernier, qui inhibe p53 et provoque sa dégradation, serait surexprimé dans près de 95 % des mélanomes uvéaux. Il a été démontré que l’inhibition d’HDM2 par un peptide transductible active sélectivement p53 et induit l’apoptose de lignées établies de mélanomes uvéaux [52]. La surexpression de Bcl2 a également été rapportée tant dans le mélanome uvéal que dans le mélanome cutané, et correspondrait à une caractéristique intrinsèque des mélanocytes. En effet, il a récemment été démontré dans des lignées de mélanocytes et de mélanomes cutanés que MITF, facteur transcriptionnel central de la pigmentation, induisait également l’expression de Bcl2 [53]. Par ailleurs, la surexpression de Bcl2 est considérée dans le mélanome cutané comme un des principaux facteurs de résistance aux cytotoxiques et est associée à un pronostic péjoratif [54], [55]. Ainsi, la co-stimulation de la synthèse de Bcl2 et de la mélanine par MITF expliquerait que les mélanomes uvéaux fortement pigmentés aient pu être considérés de plus mauvais pronostic. La chimiosensibilisation in vivo de mélanomes cutanés métastatiques par thérapie génique antisens ciblant Bcl2 a récemment confirmé l’implication de cette protéine dans les mécanismes de chimiorésistance atypique [56]. De plus, il a été démontré que l’inhibition de Bcl2 dans des lignées de mélanomes uvéaux la surexprimant suffisait pour induire l’apoptose [52].

D’autres mécanismes de chimiorésistance ont été évoqués parmi lesquels la disparition des enzymes ciblées par la chimiothérapie. Ainsi, la topoisomérase IIβ, cible des anthracyclines et dont l’expression est normalement constitutive, n’est plus exprimée dans plus de 70 % des mélanomes uvéaux [47].

De ces travaux il apparaît que le phénotype MDR exprimé par les mélanomes de l’uvée est complexe et peut varier fortement dans ses composants d’un mélanome à l’autre. Ainsi, une connaissance plus approfondie de la régulation transcriptionnelle des gènes impliqués dans ce phénotype permettra de développer l’application d’une stratégie ou d’une combinaison de stratégies de génothérapie mises au point pour la MDR, comme celles citées plus haut, afin de chimiosensibiliser ces tumeurs.

CONCLUSION

Si la chirurgie et la radiothérapie garantissent en général le contrôle local du mélanome uvéal, la chimiothérapie ne permet pas à l’heure actuelle d’arrêter l’évolution des métastases. Cet échec thérapeutique est lié à la richesse et la complexité des mécanismes de chimiorésistance mis en œuvre par ce cancer parmi lesquels le phénotype MDR typique joue un rôle déterminant. En effet, la majorité des mélanocytes tumoraux expriment constitutivement le phénotype MDR typique. Souvent plusieurs des acteurs de ce phénotype sont (co) exprimés simultanément. La signification pronostique péjorative de l’expression du phénotype MDR typique a d’ailleurs été démontrée. Le phénotype MDR atypique, du fait en particulier de la résistance des mélanocytes à l’apoptose, contribue également largement à la chimiorésistance du mélanome uvéal.

Récemment, l’inhibition spécifique de Bcl2 par génothérapie a permis de chimiosensibiliser efficacement les métastases de mélanomes cutanés. Les résultats spectaculaires de ce premier essai clinique laissent présager l’essor prochain d’approches semblables pour le traitement des métastases du mélanome uvéal. Ce bouleversement prévisible des stratégies thérapeutiques impose de perfectionner et standardiser les méthodes de caractérisation du profil de chimiorésistance de ce cancer. En effet, nous devrons connaître pour chaque mélanome les gènes à cibler pour induire sa chimiosensibilité.

Remerciements : Les auteurs tiennent à remercier les institutions suivantes pour leur soutien : Association Rétina France, Ligue contre le Cancer : Comité départemental du Rhône, Comité départemental de la Loire, Comité national ; Association pour la recherche sur le Cancer (ARC), Fondation Mérieux et Fondation pour la Recherche Médicale.

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