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Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction
Vol 28, N° 8  - décembre 1999
p. 817
Doi : JGYN-12-1999-28-8-0368-2315-101019-ART4
Intérêt de l'examen histologique de la membrane interamniotique du placenta gémellaire pour confirmation du diagnostic de chorionicité
 

Travail original

Journal de gynécologie obstétrique et de biologie de la reproduction1999; 28: 817-819
© Masson, Paris, 1999

D. Riethmuller(1), , B. Liégeon(1), , C. Deliencourt(1), , F. Arbez-Gindre(2), , J.-P. Carbillet(2), , J-P. Schaal(1), , R. Maillet(1)

(1)Clinique Universitaire de Gynécologie, d'Obstétrique et de la Reproduction,
(2)Service d'Anatomie Pathologique, CHU, Besançon.

RÉSUMÉ

L'intérêt du diagnostic de chorionicité et de zygotie qui peut en découler n'est plus à démontrer dans la prise en charge de nombreuses situations médicales concernant des jumeaux. La caractérisation anténatale de la placentation n'est pas, loin s'en faut, parfaite et la confirmation postnatale est toujours de mise. L'examen macroscopique est grevé d'un taux important d'erreur de caractérisation de la chorionicité, plus de 1 fois sur 7, en particulier dans les placentations monochoriales et cela malgré l'expérience des sages-femmes à qui incombe généralement cet examen. Au vu des difficultés et du coût élévé du diagnostic biologique postnatal de zygotie, il nous semble donc licite de confirmer le diagnostic de chorionicité par le décompte microscopique de la membrane interamniotique des placentas de jumeaux de sexe identique.

Mots clés : Gémellité. , Chorionicité. , Zygotie. , Histologie. , Placenta.

SUMMARY

Contribution of histological examination of the interamniotic membrane in twin placentas for confirming the diagnosis of chorionicity.

The interest of twin chorionocity and zygosity diagnosis is unquestioned. Indeed, in many medical situations, the knowledge of zygosity is an important fact for management of twins. Prenatal echographia is not a perfect tool to characterize chorionicity, and so postnatal examination of the placenta is always necessary. But macroscopic examination is also not relevant, and competent midwifes can make many mistakes. Considering that biological postnatal diagnosis of twin zygosity is difficult and costly, we believe that microscopic chorionicity confirmation is required for identical twins.

Key words : Twin. , Chorionicity. , Zygosity. , Histology. , Placenta.


Le diagnostic de chorionicité d'une grossesse gémellaire est devenu une obligation du diagnostic anténatal en raison des complications spécifiques attenantes au type de placentation. En effet, le syndrome de transfusion interfœtale, tout comme les risques de lésions cérébrales d'un jumeau survivant après mort fœtale in utero d'un des jumeaux sont des complications spécifiques de la grossesse monochoriale [1]. Même si l'échographie est actuellement excellente pour le diagnostic du type de gémellité [2], [3] et se doit d'ailleurs de préciser la chorionicité des grossesses multiples [4], sa pertinence n'est pas parfaite [5] [6] [7], et une étude postnatale du placenta est de mise dans tous les cas. L'examen macroscopique du délivre qui se doit d'être toujours réalisé [8], permet dans bon nombre de cas de déterminer la chorionicité et de suggérer des lésions particulières [9]. Cet examen macroscopique est classiquement pratiqué par les sages-femmes [10] et le diagnostic de chorionicité découle du compte des couches de la membrane interamniotique. Dans notre établissement, nous avons pris pour habitude de confirmer la chorionicité par un examen anatomopathologique du placenta lorsque les jumeaux sont de sexe identique. La justesse du diagnostic de chorionicité aidera les pédiatres dans certaines situations et affirmera le caractère de vraie gémellité aux parents devant une placentation monochoriale [8], [11]. Nous avons donc étudié la confrontation de l'examen macroscopique et microscopique, afin d'apprécier l'intérêt ou non de la pratique systématique de ce dernier en évaluant le taux d'erreur du décompte des membranes à l'œil nu.

MATÉRIEL ET MÉTHODES

Nous avons étudié 482 dossiers de grossesses gémellaires représentant 12 années d'activité de notre maternité de 1986 à 1997. N'ont été retenus que les dossiers de jumeaux de sexe identique pour éliminer le biais du diagnostic de dizygotie et donc de bichorionicité qui découle de l'existence de jumeaux de sexe différent figure 1 . Cette série remontant à une période où la détermination anténatale du type de placentation n'était pas systématiquement pratiquée, la comparaison entre les diagnostics échographique et postnatal n'a pu être réalisée.

RÉSULTATS

Sur les 314 dossiers de jumeaux à sexe identique (65,15 %) de notre série, nous n'avons retrouvé que 237 examens anatomopathologiques (75,47 %). Ces derniers étaient considérés macroscopiquement comme monochoriaux dans 108 cas et bichoriaux dans 129 cas. Cette caractérisation du délivre en salle des naissances était le plus souvent faite par la sage-femme mais fréquemment de façon conjointe avec l'obstétricien, ce dernier étant toujours présent en cas d'accouchement de jumeaux. La corrélation microscopique a montré 22 erreurs pour le groupe monochorial macroscopique, étant donc en fait bichorial ; et 11 erreurs dans le groupe bichorial macroscopique, étant donc en fait monochorial tableau I  . Ce qui fait un pourcentage total d'erreur de 13,92 %. Il faut noter que les erreurs sont plus fréquentes en cas de placentation monochoriale vraie, jugées à tort de bichorialité dans 20,37 % des cas, nous privant par là d'un diagnostic certain de monozygotie pour plus de 1 paire de vrais jumeaux sur 5.

DISCUSSION

Il n'est plus à démontrer l'utilité médicale de la connaissance de la zygotie chez les jumeaux ; et cette dernière peut être affirmée en cas de placentation monochoriale alors que la caractérisation de la zygotie est beaucoup moins aisée et beaucoup plus coûteuse sur des critères biologiques postnataux [12] [13] [14]. Seul l'examen histologique de la membrane interamniotique, et non pas des membranes libres, semble permettre cette affirmation [15]. En effet, pour un pathologiste averti l'aspect macroscopique de cette membrane interamniotique est souvent nettement différent selon la chorialité, puisque monochoriale elle est fine et non clivable, alors que bichoriale elle est épaisse et clivable. Puis, c'est de l'analyse microscopique de cette membrane interamniotique que découlera la confirmation de la chorionicité. En effet, la présence de trophoblaste central et de villosités résiduelles entre les 2 membranes accolées affirmera le caractère bichorial de ce placenta figure 2  ; alors que l'existence de 2 membranes amniotiques accolées sans trophoblaste ni chorion intercalé affirmera son caractère monochorial figure 3 .

Les résultats de cette étude dans laquelle des sages-femmes expérimentées et des obstétriciens se trompent 1 fois sur 7 dans le diagnostic de chorionicité, mettent bien en évidence les difficultés que représente le décompte macroscopique des membranes pour des non-pathologistes. De plus, l'aspect unique de la masse placentaire ne préjuge en rien du type de placentation, puisqu'en cas de grossesse bichoriale la fusion des placentas intervient fréquemment à des degrés divers [15]. Nous pensons donc qu'il est d'un intérêt majeur d'adresser tous les placentas de jumeaux à sexe identique en anatomie pathologique pour la confirmation du diagnostic de chorionicité par l'examen microscopique de la membrane interamniotique.

Figure 1. Analyse de notre population de grossesses gémellaires.
Analysis of our population of twin pregnancies.

Figure 2. Membrane interamniotique d'un placenta bichorial.
Interamniotic membrane of a bichorial placenta.

Figure 3. Membrane interamniotique d'un placenta monochorial (il n'existe pas de trophoblaste entre les 2 membranes qui sont ici clairement accolées).
Interamniotic membran of a monochorial placenta (there is no trophoblast between the two membranes which are clearly joined here).

Tableau I.
Table I.Disagreement between gross and microscopic aspect of the afterbirth.

(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).



REFERENCE(S)

Références

[1] Gabilan J-C, Papiernik E, Imbert M-C. Mort in utero d'un jumeau : le jumeau survivant. In Papernick-Berhauer E., Pons J.C, eds. Les grossesses multiples. Paris : Doin, 1991 : 167-72.

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[14] Keith L, Machin G. Zygosity testing. Current status and evolving issues. J Reprod Med 1997, 42: 699-707.

[15] Philippe E, Charpin C eds. Pathologie gynécologique et obstétricale. Paris : Masson, 1992.


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