Article

PDF
Access to the PDF text
Service d'aide à la décision clinique
Advertising


Free Article !

Journal Français d'Ophtalmologie
Volume 41, n° 1
pages 78-90 (janvier 2018)
Doi : 10.1016/j.jfo.2017.09.003
Received : 9 June 2017 ;  accepted : 16 September 2017
Revues générales

Syndrome pseudo-exfoliatif et glaucome exfoliatif
Pseudoexfoliation syndrome and pseudoexfoliation glaucoma
 

C. Schweitzer a, b,
a Service d’ophtalmologie, CHU de Bordeaux, 33000 Bordeaux, France 
b UMR 1219, Inserm, Bordeaux Population Health Research Center, team LEHA, université Bordeaux, 33000 Bordeaux, France 

Auteur correspondant. CHU Pellegrin, place Amelie-Raba-Léon, 33076 Bordeaux, France.
Résumé

Le syndrome exfoliatif est une maladie de système liée à l’âge touchant particulièrement les structures antérieures de l’œil. Malgré une distribution mondiale, l’incidence et la prévalence de ce syndrome différent en fonction des ethnies ou des zones géographiques. Le matériel exfoliatif est essentiellement composé de fibrilles anormales et cross-linkées qui se déposent progressivement sur certains organes comme le cœur, les vaisseaux, les poumons ou les méninges et principalement sur les structures antérieures de l’œil. La physiopathologie de ce syndrome reste mal connue, mais l’association de facteurs génétiques et environnementaux jouerait un rôle important dans la formation et l’accumulation progressive des dépôts fibrillaires. Une modification du gène LOXL1 , impliqué dans le métabolisme de certains composants élastiques de la matrice extracellulaire, l’exposition naturelle aux rayons ultraviolets ou la consommation de café seraient impliquées. L’atteinte oculaire est bilatérale, asymétrique et est responsable de baisse de vision et de cécité plus fréquente que dans la population générale. Le glaucome exfoliatif, représentant la première cause de glaucome identifiable est une complication importante avec une dégradation plus rapide du champ visuel et un recours plus fréquent à la chirurgie filtrante que pour le glaucome primitif à angle ouvert. La cataracte nucléaire apparaît plus précocement que dans la population générale et la chirurgie de la cataracte est associée à un taux de complication 5 à 10 fois plus élevé notamment par insuffisance de dilatation irienne ou laxité zonulaire. Des thérapies ciblant la production, la formation ou l’accumulation du matériel exfoliatif pourraient améliorer le pronostic de ce syndrome.

The full text of this article is available in PDF format.
Summary

Pseudoexfoliation syndrome is an age-related systemic disease that mainly affects the anterior structures of the eye. Despite a worldwide distribution, reported incidence and prevalence of this syndrome vary widely between ethnicities and geographical areas. The exfoliative material is composed mainly of abnormal cross-linked fibrils that accumulate progressively in some organs such as the heart, blood vessels, lungs or meninges, and particularly in the anterior structures of the eye. The exact pathophysiological process still remains unclear but the association of genetic and environmental factors are thought to play a role in the development and progressive extracellular accumulation of exfoliative material. Hence, LOXL1  gene polymorphisms, responsible for metabolism of some components of elastic fibers and extracellular matrix, and increased natural exposure to ambient ultraviolet or caffeine consumption have been associated with pseudoexfoliation syndrome. Ophthalmological manifestations are commonly bilateral with an asymmetric presentation and can lead to severe visual impairment and blindness more frequently than in the general population, mainly related to glaucoma and cataract. Pseudoexfoliation glaucoma is a major complication of pseudoexfoliation syndrome and represents the main cause of identifiable glaucoma worldwide. Visual field progression is more rapid than that observed in primary open angle glaucoma, and filtering surgery is more frequently required. Nuclear cataract is more frequent and occurs earlier than in the general population. Owing to poorer pupil dilation and increased zonular instability, cataract surgery with pseudoexfoliation is associated with a 5- to 10-fold increase in surgical complications compared to cataract surgery without pseudoexfoliation. Some specific treatments targeting production, formation or accumulation of exfoliative material could improve the prognosis of this syndrome.

The full text of this article is available in PDF format.

Mots clés : Glaucome, Glaucome exfoliatif, Syndrome pseudo-exfoliatif, Cataracte, Hypertonie oculaire

Keywords : Glaucoma, Pseudoexfoliation glaucoma, Pseudoexfoliation syndrome, Cataract, Ocular hypertension


Introduction

Le syndrome exfoliatif est une maladie de système liée à l’âge qui a été décrite pour la première fois par Lindberg en 1917 [1]. Il se traduit par une production et une accumulation extracellulaire progressive anormale de matériels fibrillaires dans différents organes et affecte plus particulièrement l’ensemble des tissus oculaires [2, 3, 4, 5, 6, 7].

Le syndrome exfoliatif a une distribution ubiquitaire dans le monde mais sa prévalence est très variable en fonction des zones géographiques et des ethnies. Par ailleurs, le glaucome exfoliatif, qui en représente le principal risque évolutif, est une entité clinique particulière et constitue le glaucome secondaire le plus répandu dans le monde [8].

Sa physiopathologie est encore mal comprise, mais ce processus anormal d’élastose résulterait de l’interaction de différents facteurs génétiques et environnementaux expliquant les disparités ethniques et géographiques observées. Enfin, la localisation préférentielle des dépôts au niveau de la capsule antérieure du cristallin est à l’origine d’une terminologie longtemps controversée mais les termes syndrome exfoliatif et glaucome exfoliatif sont à présent les plus communément admis car ils correspondent à 2 états cliniques différents et à une définition purement descriptive [9].

L’objectif de cette revue générale est donc d’actualiser les connaissances sur ce syndrome particulier et ses conséquences cliniques et thérapeutiques.

Épidémiologie
Syndrome exfoliatif

Il n’existe pas de données épidémiologiques globales concernant la prévalence du syndrome exfoliatif dans le monde, les méthodologies des études publiées différant en fonction de la population sélectionnée et de la démarche diagnostique utilisée. En effet, le diagnostic de syndrome exfoliatif peut être souvent sous-estimé notamment par l’absence de dilatation pupillaire systématique lors de l’examen ophtalmologique. Cependant, de nombreuses études révèlent une distribution mondiale de ce syndrome mais à des taux très variables en fonction des ethnies et des zones géographiques mais également dans un même pays à conditions environnementales similaires [10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21].

Le syndrome exfoliatif est particulièrement présent en Scandinavie et sa prévalence augmente avec l’âge de la population étudiée [14, 19, 20, 22]. Une étude finlandaise retrouvait un taux de 10 % après 50 ans et une incidence doublée tous les 10 ans à partir de 50 ans [23]. En France, la prévalence globale est de 5,5 % après 70 ans et est variable d’une zone géographique à une autre avec des taux de 3,6 % à Toulon et 20,6 % à Brest [10]. L’existence d’antécédents familiaux constitue un facteur de risque important avec des familles entières pouvant être atteintes du syndrome [13, 24]. Le sex-ratio est quant à lui variable est biaisé par une survie démographique féminine plus importante chez les personnes âgées.

Bien que le syndrome exfoliatif se présente également comme une pathologie bilatérale et asymétrique cliniquement, les études en immunohistochimie ou en microscopie électronique révèlent la présence de dépôts de matériel exfoliatif sur des prélèvements conjonctivaux ou orbitaires du coté qui apparaît cliniquement sain [25]. L’âge moyen des atteintes bilatérales est plus élevé que pour les atteintes unilatérales [26] ; le taux de bilatéralisation clinique est de 6,8 % à 5 ans et de 16,8 % à 10 ans pour henry et al. [27], de 14,4 % à 4,5 ans pour Klemetti [26] et peut atteindre 30 % à 5 ans [28]. En ce qui concerne les populations scandinaves, les taux de bilatéralisation clinique semblent plus importants et plus rapides puisque Tarkkanen et al. retrouvaient un taux de 11 % à 5 ans, de 36 % à 10 ans et de 52 % à 15 ans et Arnarsson et al. retrouvaient quant à eux un taux atteignant 71 % à 12 ans [29, 30].

Glaucome exfoliatif

Le glaucome exfoliatif est la première cause de glaucome identifiable dans le monde et représente une entité clinique particulière parmi l’ensemble des types de glaucome existant [8]. La proportion de glaucome exfoliatif dans l’ensemble de la population glaucomateuse est variable d’un pays à un autre avec des taux atteignant pouvant atteindre 46 à 57 % en Islande [31].

L’hypertonie oculaire est plus fréquente dans la population présentant un syndrome exfoliatif (22,7 à 30 %) que dans la population générale (1,2 à 5,4 %) et le risque de développer une hypertonie oculaire est 6 fois plus important pour cette catégorie de population [32, 33]. De plus, il existe souvent une asymétrie de pression intraoculaire (PIO) entre les 2 yeux avec des valeurs plus importantes du coté le plus atteint [34].

Le risque de développer un glaucome lorsqu’on est porteur d’un syndrome exfoliatif est cumulatif dans le temps et est 10 fois supérieur à celui de la population générale [27]. Le taux de conversion d’un syndrome exfoliatif à un glaucome exfoliatif est de l’ordre de 32 à 38 % à 10 ans [14], de 44 % à 15 ans [35] ou encore de 55,1 % à 8,7 ans pour Grodum et al. [20]. Le niveau de PIO initiale (corrélation positive), la différence de PIO entre les 2 yeux (corrélation positive) et le degré de dilatation pupillaire (corrélation négative) ont été retrouvés comme les principaux facteurs de risque de conversion [14, 15].

Matériel exfoliatif

Le matériel exfoliatif est essentiellement constitué d’agrégats nodulaires extracellulaires composé essentiellement de fibrilles duveteuses. En immunohistochimie, ces fibrilles sont complexes, cross-linkées, riches en glycosaminoglycanes et portent des épitopes du système élastique et de la membrane basale à leur surface [36]. Ovodenko et al. ont montré que le matériel exfoliatif était constitué de composants de fibres élastiques (fibrilline 1, fibuline 2, vitronectine et amyloide P), de composants de la membrane basale (laminine et fibronectine), de protéoglycanes syndecan-3 et versican, de desmocolline-2, de métalloprotéases de la famille A Disintegrin and metalloproteinase (ADAM), de clusterine et de facteurs du complément [37].

Physiopathologie
Facteurs génétiques : lysil oxydase-like 1 (LOXL1), CACNA1A

Bien que la physiopathologie du syndrome exfoliatif reste à ce jour incomplètement élucidée, sa prévalence particulière dans certaines ethnies et l’existence de familles particulièrement touchées par ce syndrome accréditent le rôle important de facteurs génétiques dans la genèse du matériel exfoliatif [13, 24].

En 2007, une large étude pangénomique (Genome-wide association study [GWAS]) a montré une association forte entre le glaucome exfoliatif et 3 variants de polymorphismes nucléotidiques du gène de la lysil oxydase like 1 (LOXL1) sur le chromosome 15 (région : 15q24,1) dans une population scandinave [38]. Par la suite de nombreuses études de réplication similaires ont confirmé cette association forte dans d’autres régions du monde et pour d’autres ethnies avec une présence de ces variants pour 99 % des cas de syndrome et de glaucome exfoliatif [39, 40]. De plus, les variantes alléliques de LOXL1 impliquées dans le syndrome ou le glaucome exfoliatif lui sont propres et ne sont pas retrouvées dans les autres types de glaucome comme un facteur de risque [40, 41]. Ces données ont été confirmées dans une méta-analyse en particulier pour les sujets caucasiens [42]. LOXL1 est un membre de la famille des lysil oxydases qui joue un rôle dans la formation et la maintenance de la matrice extracellulaire par un crosslinking des molécules élastiques et leur renforcement notamment, ce qui conforte son rôle dans la genèse du matériel exfoliatif s’il existe des modifications génétiques [43]. De plus LOXL1 a une affinité particulière pour la tropoélastine et est impliqué dans sa formation, sa maintenance et son remodelage par une action de déamination oxydative des chaînes de lysine et d’hydroxylysine, et de catalyse des liaisons covalentes au niveau des tissus conjonctifs [44].

Une autre large étude pangénomique réalisée dans une large population de différentes ethnies et régions géographiques a démontré l’implication d’un nouveau gène significativement associé au syndrome exfoliatif [45]. Il s’agit du gène CACNA1A localisé sur le chromosome 19 (région : 19p13) et qui code pour une protéine associée à une sous-unité de canaux transmembranaires permettant la circulation d’ion calcium. Leur dysfonctionnement pourrait entraîner une modification de la concentration en calcium et ainsi contribuer à la formation du matériel exfoliatif. En effet, le matériel exfoliatif présente une plus grande concentration en calcium et il a été montré que la fibrilline utilisait le calcium pour stabiliser les agrégats fibrillaires, ce qui fait de la mutation du gène CACNA1A un autre candidat d’intérêt pour expliquer la physiopathologie du syndrome exfoliatif [46].

Facteurs environnementaux et rôle des rayonnements ultraviolets (UV) ambiants

Bien que 3 variants nucléotidiques du LOXL1 étaient associés au syndrome exfoliatif dans de nombreuses études avec un taux de 99 % des cas et que le rôle d’une modification du fonctionnement de LOXL1 soit cohérent avec les hypothèses physiopathogéniques de la maladie, ces variants sont également présents dans environ 80 % de la population non atteinte de syndrome exfoliatif [38]. De plus, les études épidémiologiques révèlent que malgré la présence de ces variants nucléotidiques dans de nombreuses populations, la prévalence du syndrome exfoliatif est différente en fonction des ethnies suggérant une pénétrance variable du gène et cette prévalence peut également être différente pour un même groupe ethnique situé sur différentes zones géographiques [47, 48]. L’ensemble de ces constatations épidémiologiques suggère, ainsi que d’autres facteurs génétiques et environnementaux influencent la formation du matériel exfoliatif.

Le rôle de l’exposition solaire et de l’exposition naturelle aux rayonnements UV ambiants en particulier dans l’enfance dans la formation du matériel exfoliatif a récemment été rapporté [16, 49, 50, 51, 52]. Stein et al. ont notamment montré que le risque de développer un syndrome exfoliatif augmentait pour les sujets caucasiens vivant à des latitudes plus nordiques par rapport à une population comparable vivant plus au sud. De plus, le risque augmentait graduellement pour chaque jour supplémentaire d’ensoleillement observé dans l’année [50]. Les auteurs expliquaient notamment qu’à des latitudes plus élevées, la réflectivité des rayonnements solaires était plus importante du fait de leur angulation par rapport à la surface de la terre et que cette réflectivité était plus susceptible d’atteindre l’œil que l’exposition solaire directe [53]. Pasquale et al. ont montré quant à eux que chaque heure passée à l’extérieur notamment entre 10h et 16h, augmentait le risque de développer un syndrome exfoliatif en particulier lorsque cette exposition solaire n’était pas accompagnée par des comportements de port de verres protecteurs[51]. Cette donnée a été confirmée dans une autre étude qui révélait aussi que le risque de syndrome exfoliatif était particulièrement augmenté lorsque l’exposition solaire était importante avant l’âge de 24 ans [52].

Par ailleurs, en terme de comportement alimentaire, une étude a montré qu’une plus grande consommation de café et plus particulièrement de caféine était significativement associée à un risque plus important de développer un syndrome exfoliatif [54]. De plus, la prise régulière de folates par voie orale diminuait le risque de développer un syndrome exfoliatif [55]. La consommation de caféine entraînerait une augmentation de l’homocystéine plasmatique et la prise de folates en diminuerait la concentration plasmatique [56]. L’hyperhomocystéinémie pourrait ainsi être impliquée dans le développement du matériel exfoliatif. Une méta-analyse relevait notamment une association forte entre hyperhomocystéinémie plasmatique et le syndrome ou le glaucome exfoliatif [57]. L’homocystéine agirait par l’intermédiaire d’un stress oxydatif et induirait des altérations de la matrice extracellulaire ainsi que des altérations périvasculaires.

Effets associés à la présence de matériel exfoliatif

Bien que LOXL1 joue un rôle majeur dans la formation du matériel exfoliatif, d’autres facteurs contribuent à la production, l’agrégation et le crosslinking anormal des microfibrilles entre elles. Des facteurs de croissance ont été retrouvés dans l’humeur aqueuse à des concentrations élevées, en particulier les TGFβ1, 2 et 3 (transforming growth factor ) [58]. Le TGFβ1 sécrété par les tissus du segment antérieur de l’œil apparaît dans sa forme latente et active, il est un médiateur important du processus de fibrose de la matrice extracellulaire en régulant l’expression de nombreuses protéines (fibrilline 1, LTBP1 et 2 ou transglutaminase 2) [36]. Un déficit de remodelage de la matrice extracellulaire a également été mis en évidence par une rupture de l’équilibre entre métalloprotéinases (MMP) et inhibiteurs de métalloprotéinases (TIMP) dans l’humeur aqueuse [59].

Un déséquilibre dans les mécanismes de défense contre le stress oxydatif semble aussi jouer un rôle dans la formation du matériel exfoliatif [59, 60]. De plus, des signes directs et indirects d’hypoxie du segment antérieur par hypoperfusion de l’iris et de la chambre antérieure de l’œil ont été objectivés notamment par une augmentation de la concentration d’endothéline 1 vasoconstrictrice et une diminution du taux d’oxyde nitrique vasodilatateur [61]. L’augmentation du taux sanguin d’homocystéine contribue également à l’hypoxie chronique de l’œil et à la diminution de ses défenses oxydatives [62].

Enfin, il existe une activité inflammatoire associée au syndrome exfoliatif démontrée par la présence de cytokines proinflammatoires et de facteurs du complément dans la composition de l’humeur aqueuse ou du matériel exfoliatif [37].

Évolution vers le glaucome exfoliatif

L’évolution vers le glaucome n’est pas systématique et pourrait faire intervenir des terrains individuels prédisposant. Cependant, le matériel exfoliatif s’accumule sur l’ensemble du trabeculum, de la voie uvéosclérale, ainsi qu’au niveau du réseau de drainage des veines épisclérales ce qui se traduit par une augmentation des résistances à l’écoulement de l’humeur aqueuse [63]. De plus, les mécanismes physiologiques de remodelage du trabéculum sont également altérés et l’ensemble conduit à une hypertonie oculaire.

Grodum et al. ont montré qu’à PIO équivalente, le risque de conversion de syndrome exfoliatif en glaucome exfoliatif était supérieur au risque de conversion de l’hypertonie oculaire isolée en glaucome primitif à angle ouvert, ce qui signifie là aussi que d’autres facteurs sont impliqués [20]. La présence de matériel exfoliatif au niveau des structures de la lame criblée et du réseau vasculaire associé favorise notamment les altérations du nerf optique et le développement d’un glaucome. En effet LOXL1 pourrait également intervenir en modifiant la composition et l’élasticité des fibres élastiques de la lame criblée [64, 65]. Les modifications biomécaniques induites par ce changement de composition pourraient conduire à une modification du comportement de déformation de la lame criblée sous l’effet d’une pression et ainsi accentuer l’interruption du flux axoplasmique des fibres nerveuses rétiniennes. Cette déformation accentuée de la lame criblée s’accompagnant également d’une déformation des capillaires péripapillaires et d’une perturbation du flux sanguin autour du nerf optique [66].

Maladie de système

Des dépôts de matériel exfoliatif ont été mis en évidence, en post-mortem, au niveau de nombreux organes telles que le cœur, le foie, le poumon, le rein, la vésicule biliaire ou encore les méninges en particulier au niveau du tissu conjonctif périvasculaire [67]. Leur composition est similaire au matériel exfoliatif retrouvé en intraoculaire.

L’ensemble de ces constatations suppose que le syndrome exfoliatif, d’expression essentiellement ophtalmologique, est une maladie de système touchant principalement le système vasculaire [68].

Au niveau orbitaire, de nombreuses études ont mis en évidence une diminution de la pression de perfusion systolique et diastolique au niveau des artères ophtalmique, ciliaires courtes postérieures et centrale de la rétine chez les patients atteints de syndrome exfoliatif [69]. Plus généralement et bien qu’il existe des données discordantes dans la littérature, le syndrome exfoliatif pourrait avoir des conséquences cliniques notamment sur l’incidence de pathologies cardiovasculaires, cérébrovasculaires ou neurodégénératives [68, 70, 71].

Diagnostic

Le syndrome et le glaucome exfoliatif ont généralement une présentation ophtalmologique bilatérale mais cliniquement asymétrique [25, 26, 27, 29, 30].

Syndrome exfoliatif

Le syndrome exfoliatif est particulièrement visualisable pupille dilatée sur la surface antérieure de la capsule antérieure du cristallin sous forme de dépôts organisés en 3 zones concentriques (Figure 1, Figure 2). La première zone centrale de surface équivalente au diamètre pupillaire non dilaté présente un aspect homogène de feuillet blanc aux bords enroulés et peut être absente dans 20 % des cas. La troisième zone est plutôt d’aspect granulaire et s’étant jusqu’aux fibres zonulaires, alors que la deuxième zone intermédiaire et plus claire correspond à la zone de frottement de l’iris sur la capsule antérieure lors des mouvements physiologiques de myosis-mydriase. Le matériel exfoliatif est aussi particulièrement présent sur les fibres zonulaires et est responsable de leur disruption progressive en corrélation directe avec la quantité de matériel accumulé. Il existe donc une instabilité zonulaire responsable d’un phacodonésis ou de subluxations spontanées de cristallin ou d’implant dans la cavité vitréenne [72]. Le mécanisme d’instabilité zonulaire pourrait être lié à l’accumulation progressive de matériel exfoliatif au niveau de l’insertion pré équatoriale de la zonule du cristallin qui fragiliserait son architecture, ainsi qu’à une activation protéolytique locale par les lysosomes. De plus, il pourrait s’agir d’une fragilité zonulaire intrinsèque car les fibres zonulaires sont composées de fibres élastiques modifiées par rapport aux yeux non atteints de syndrome exfoliatif. Enfin le syndrome exfoliatif est associé à un taux plus important de cataracte, en particulier nucléaire, probablement par ischémie oculaire relative, diminution des défenses anti-oxydatives et modification de la composition de l’humeur aqueuse [60, 73] ; Alors que le taux d’opacification secondaire de la capsule postérieur et de phimosis antérieur est lui aussi augmenté chez les pseudophaques [74]. Le matériel exfoliatif est très fréquemment retrouvé sur le bord pupillaire et le sphincter de l’iris (32–94 % cas) sous forme de dépôts blancs associés à une transillumination anormale du bord pupillaire directement corrélée à la quantité de matériel exfoliatif présent à la surface de la capsule antérieure. Lors des mouvements physiologiques de l’iris on constate une dispersion pigmentaire en chambre antérieure par frottement direct du bord pupillaire sur le matériel exfoliatif de la capsule antérieure et une élévation de la PIO en mydriase peut être observé 1 à 2heures après dilatation pupillaire. Enfin, la présence de matériel exfoliatif au niveau des vaisseaux iriens et en particulier dans l’endothélium et l’adventice est responsable de zones d’hypoperfusion iriennes localisées, en particulier au niveau du bord pupillaire avec pour conséquence, l’apparition de micronéovaisseaux mis en évidence en angiographie [75]. Ces anomalies vasculaires participent à la diminution de la dynamique irienne et peuvent aussi être responsable d’hyphéma récidivant en particulier chez les patients sous anticoagulants [76]. Le matériel exfoliatif peut également être responsable d’une endothéliopathie cornéenne par dépôts passifs sur la face postérieure de la cornée, mais aussi par production active in situ [77]. Cette accumulation progressive se traduit par des modifications morphologiques, une dégénérescence et finalement une perte en cellules endothéliales [78]. La sensibilité cornéenne a également été rapportée comme diminuée au cours du syndrome exfoliatif [77]. Enfin, il existe un certain degré de rupture de la barrière hémato-aqueuse au cours du syndrome exfoliatif par modification de la perméabilité endothéliale des vaisseaux iriens notamment et des dépôts de matériel exfoliatifs ont pu être mis en évidence dans le corps vitré. L’incidence des occlusions de veine centrale de la rétine (OVCR) est aussi augmentée chez les patients présentant un syndrome exfoliatif, notamment par l’intermédiaire de l’hyperhomocystéinémie observée dans le syndrome exfoliatif qui pourrait être responsable de modifications vasculaires endothéliales et de modifications de la viscosité sanguine [79].



Figure 1


Figure 1. 

Matériel exfoliatif à la surface de la capsule antérieure du cristallin organisée en 3 zones.

Zoom



Figure 2


Figure 2. 

Matériel exfoliatif sur l’iris et le bord pupillaire.

Zoom

Glaucome exfoliatif

Dans le syndrome exfoliatif, il existe une véritable trabéculopathie par production active de matériel exfoliatif notamment par l’endothélium du canal de Schlemm et une accumulation progressive au niveau du réseau trabéculaire et en particulier dans la zone juxtacanaliculaire, ainsi que dans le réseau uvéal (Figure 3). L’architecture du canal de Schlemm est également modifiée par épaississement des parois et oblitération segmentaire liée à l’accumulation du matériel et des cellules endothéliales dégénératives. Ces phénomènes liés au matériel exfoliatif ainsi que l’accumulation de protéine par rupture de la barrière hématoaqueuse ou de pigment libéré de l’épithélium irien par fragilité cellulaire et contact avec le matériel exfoliatif, augmentent les résistances à l’écoulement de l’humeur aqueuse et sont en partie responsable de la physiopathologie du glaucome exfoliatif, l’importance des dépôts étant directement corrélés à l’élévation de PIO [80].



Figure 3


Figure 3. 

Gonioscopie de glaucome exfoliatif avec dépôts de pigment en mottes et visualisation de la ligne de Sampaolési.

Zoom

Cliniquement, on visualise une pigmentation irrégulière de l’angle iridocornéen en mottes principalement et de la ligne de Schwalbe appelée ligne de Sampaolési. Cet aspect n’est pas pathognomonique du syndrome exfoliatif puisqu’on peut le retrouver au cours du syndrome de dispersion pigmentaire ou des uvéites chroniques notamment. La densité de la pigmentation est directement corrélée au niveau de PIO, mais n’est pas toujours corrélée au degré de sévérité du glaucome exfoliatif [81].

Il s’agit d’un glaucome à angle ouvert, mais il existe une proportion plus importante d’angle étroit avec diminution du volume de chambre antérieur que dans les populations témoins, parfois de l’ordre de 9 à 18 % [82]. De plus, le degré de désinsertion zonulaire associé à une luxation cristallinienne relative peut être responsable de fermeture intermittente de l’angle dans certaines positions de la tête [83]. Cependant, on ne retrouve pas toujours de lien entre le degré d’ouverture de l’angle et la sévérité du glaucome.

Au cours du syndrome exfoliatif, la PIO de base est souvent plus élevée que chez les patients témoins et que dans l’œil le moins atteint lorsqu’il existe une asymétrie entre les 2 yeux d’un même patient [19]. De plus, les fluctuations pressionnelles au cours du cycle nycthéméral sont plus importantes que chez les patients témoins avec un pic matinal prononcé et une décroissance plus lente dans la journée [84, 85]. Ces variations diurnes sont retrouvées pour plus de la moitié des patients et sont parfois de l’ordre de 5 à 10mmHg [84]. Le risque de développer un glaucome exfoliatif est corrélé au niveau de PIO [15]. L’augmentation chronique de PIO est liée à une augmentation des résistances à l’écoulement de l’humeur aqueuse parfois de l’ordre de 20 % dans le glaucome exfoliatif.

Mécanismes d’évolution du syndrome exfoliatif au glaucome exfoliatif

Le glaucome exfoliatif est différent du glaucome primitif chronique à angle ouvert sur le plan clinique et histopathologique. Le principal mécanisme de dégradation du nerf optique est lié à une élévation chronique de la PIO associée à des fluctuations nycthémérales plus importantes que chez des patients témoins. L’accumulation de matériel exfoliatif est responsable d’altérations architecturales au niveau du trabéculum et du réseau uvéal avec augmentation des résistances à l’écoulement de l’humeur aqueuse. La dispersion pigmentaire issue des cellules épithéliales iriennes associée à un certain degré de rupture de barrière hématoaqueuse et augmentation des protéines dans l’humeur aqueuse jouent également un rôle dans l’écoulement de l’humeur aqueuse.

Le glaucome exfoliatif est la plupart du temps un glaucome chronique à angle ouvert, mais la proportion d’angle iridocornéens étroits et « fermables » associée à un certain degré de rigidité irienne ou de mouvements cristalliniens lors de ruptures zonulaires étendues peuvent être responsable d’un mécanisme par bloc pupillaire relatif intermittent responsable de pics pressionnels qui sont souvent sous-estimés [82, 83]. De plus, le syndrome exfoliatif peut être responsable de synéchies iriennes postérieures et plus rarement de bloc ciliaire relatif en particulier lors des luxations cristalliniennes importantes participant aussi au développement d’un glaucome.

Cependant, les altérations du nerf optique semblent plurifactorielles car, à contrôle pressionnel équivalent pour les 2 yeux d’un même patient présentant un syndrome exfoliatif unilatéral, on retrouve une progression du glaucome du coté atteint suggérant que le matériel exfoliatif soit un facteur d’évolution en soi [86]. Le dépôt de matériel exfoliatif dans les structures oculaires et périoculaires est responsable d’une diminution du flux sanguin oculaire associée à une hypoperfusion chronique de la tête du nerf optique et peut être un facteur de dégradation glaucomateuse supplémentaire. De plus, il pourrait exister des anomalies du tissu élastique de la lame criblée augmentant lui aussi le risque de dégradation du nerf optique [64, 65]. Enfin, il pourrait exister des gênes prédisposant au développement d’un glaucome car certains patients atteints de syndrome exfoliatif ne développent pas d’hypertonie oculaire ou de glaucome exfoliatif au cours du suivi longitudinal [3].

Maladie de système

Bien qu’il ait été montré que le syndrome exfoliatif était une maladie de système avec la présence d’un matériel exfoliatif de composition identique dans différents organes du corps humain avec une localisation prédominante au niveau des zones périvasculaires, les conséquences cliniques pour la population atteinte de syndrome exfoliatif restent encore controversées [67].

Le matériel exfoliatif pourrait notamment agir en modifiant la rigidité des parois vasculaires, en altérant les mécanismes parasympathiques d’autorégulation du système cardiovasculaire ainsi qu’en augmentant la viscosité sanguine notamment par le biais de l’homocystéine [87]. La Blue Mountain Eye Study avait notamment montré après ajustement aux principaux facteurs confondants que la présence du syndrome exfoliatif était associée à un risque significativement augmenté d’infarctus du myocarde, d’angine de poitrine ou d’hypertension artérielle [88]. D’autres études ont corroboré ces résultats en montrant également un lien avec l’anévrisme de l’aorte abdominale ou encore entre le syndrome exfoliatif et la présence d’un dysfonctionnement infraclinique du myocarde [68, 88]. En revanche, ces associations n’étaient pas retrouvées par d’autres grandes études de cohorte ou de population [89, 90]. Il est intéressant de noter également que Anastasopoulos et al. n’ont pas retrouvé d’association entre le polymorphisme nucléotidique de LOXL1 associé au syndrome exfoliatif et l’ensemble des maladies cardiovasculaires dans une population générale ce qui rajoute de la controverse sur les conséquences cliniques potentielles de ce syndrome [40].

Le lien entre maladies neurodégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer, et glaucome primitif a été décrite mais reste controversé à ce jour [91, 92]. Plus particulièrement, la composition des plaques amyloïdes de la maladie d’Alzheimer et la composition du matériel exfoliatif partagent des caractéristiques biochimiques communes [6]. Cependant, une étude de population réalisée en Suède, ou la prévalence du syndrome exfoliatif est importante, a montré que la présence de matériel exfoliatif n’était pas un facteur prédictif de développement de la maladie d’Alzheimer sur un suivi de 30 ans [71].

Enfin, de nombreuses études n’ont pas retrouvé de lien entre la présence d’un syndrome exfoliatif et d’une mortalité plus élevée y compris la mortalité cardiovasculaire [93, 94]. Svensson et Ekstrom ont notamment montré sur un suivi de 30 ans que le syndrome exfoliatif n’était pas associé à une mortalité accrue et Tarkkanen et Kivela ont montré que l’espérance de vie des sujets atteints de syndrome exfoliatif pouvait même être plus importante que chez les sujets atteints de glaucome primitif à angle ouvert [94, 95].

Bien que le syndrome exfoliatif soit une maladie de système, son lien avec l’incidence de maladies cardiovasculaires ou neurodégénératives reste controversé. Par ailleurs, étant donné que la mortalité n’est pas augmentée, aucun bilan général systématique n’est actuellement recommandé lorsqu’un patient est atteint de syndrome exfoliatif.

Traitement
Syndrome exfoliatif

La présence d’un syndrome exfoliatif requiert une surveillance ophtalmologique régulière à la recherche, notamment d’une évolution vers un glaucome. Étant donné que l’hypertonie oculaire associée au syndrome exfoliatif est responsable d’un taux important de conversion en glaucome, un traitement médical hypotonisant préventif est donc recommandé à ce stade [3, 20].

Glaucome exfoliatif

Le glaucome exfoliatif a la particularité d’être un glaucome qui a une vitesse de dégradation beaucoup plus marquée que le glaucome primitif à angle ouvert [20, 96, 97]. Heijl et al. ont notamment montré que le glaucome exfoliatif progressait 2 à 3 fois plus vite que le glaucome primitif à angle ouvert et que la proportion de patients présentant une progression très rapide du champ visuel était également plus importante pour ce groupe de patients [98]. En effet, la PIO initiale est souvent plus élevée avec de nombreuses fluctuations nycthémérales et des pics pressionnels surtout le matin sur un nerf optique plus sensible aux altérations glaucomateuses [85, 96]. Cependant, la plupart des études ont montré qu’une baisse pressionnelle et une stabilisation dans le temps amélioraient le pronostic du champ visuel des patients atteints de glaucome exfoliatif [99, 100].

La prise en charge thérapeutique du glaucome exfoliatif suit la stratégie thérapeutique préconisée par la société européenne du glaucome, mais elle est cependant caractérisée par une escalade thérapeutique beaucoup plus rapide avec un recours à la chirurgie beaucoup plus fréquent que pour le glaucome primitif à angle ouvert [101]. Le traitement médical reste le traitement de première intention pour maîtriser la PIO, la plupart des agents pharmacologiques disponibles étant actifs et efficaces sur la réduction pressionnelle et la stabilité du champ visuel [102]. Cependant, la tension cible est souvent plus basse que dans le glaucome primitif à angle ouvert et la PIO doit être contrôlée à différents moments de la journée pour s’assurer de la stabilité nycthémérale. Les prostaglandines en collyre présentent l’avantage d’abaisser plus efficacement la PIO avec une meilleure stabilisation nycthémérale que les β-bloquants notamment [103]. De plus, Konstas et al., a montré une normalisation de certains facteurs pathologiques dans l’humeur aqueuse ; telles que le TGFβ1, MMP2 ou TIMP2 qui sont impliqués dans le syndrome exfoliatif, chez des patients sous prostaglandines [104].

En ce qui concerne le traitement laser, l’iridotomie périphérique peut être indiquée lorsqu’il existe un angle iridocornéen étroit et permet ainsi de rééquilibrer les gradients de pression de part et d’autre de l’iris. La trabéculoplastie sélective au laser a montré son efficacité sur la baisse pressionnelle dans les glaucomes exfoliatifs [105, 106]. Cependant, il existe un épuisement de leur efficacité dans le temps, en particulier pour ce type de glaucome [107]. Elle est essentiellement indiquée lorsque le traitement médical s’avère insuffisant ou parfois en première intention notamment lorsqu’il existe un doute sur l’observance du traitement médical. Cependant, l’existence d’une rupture de la barrière hématoaqueuse dans le syndrome exfoliatif est à l’origine d’effets secondaires plus marqués lors de la réalisation d’un laser qui doivent conduire à une surveillance plus rapprochée. On assiste notamment à des pics pressionnels plus importants une heure après sa réalisation, à des réactions inflammatoires ou fibrineuses plus marquées ainsi qu’à la formation de synéchies[108].

La chirurgie est réservée au glaucome exfoliatif insuffisamment contrôlé ou échappant au traitement médical comme pour les autres types de glaucome cependant la sévérité du glaucome exfoliatif et sa rapidité d’évolution conduisent souvent à une prise en charge plus fréquente et plus rapide [109]. Les résultats de la chirurgie filtrante, sclérectomie profonde ou trabeculectomie selon les études, sont comparables à court terme entre le glaucome exfoliatif et le glaucome primitif à angle ouvert [110, 111]. La chirurgie filtrante permet un abaissement et une stabilisation de la PIO plus important que le traitement médical [112]. On ne retrouve pas de complications spécifiques au glaucome exfoliatif mais le taux de complications tels que les pics pressionnels, l’inflammation, l’hyphéma ou la cataracte sont cependant plus fréquents. Ce taux de complication est d’autant plus important que le glaucome exfoliatif est sévère et ancien [109]. Un traitement par corticostéroïdes collyres plus long est donc recommandé.

Bien que la chirurgie des glaucomes exfoliatifs donne des résultats comparables à la chirurgie du glaucome primitif à angle ouvert en terme de baisse de PIO, l’utilisation d’agents antifibrotiques comme la mitomycine C ou le 5-fluorouracyl en peropératoire sont recommandés pour améliorer le pronostic à long terme de la bulle de filtration et limiter le risque d’échec chirurgical [113]. Cependant, du fait des effets secondaires potentiels, leur dosage et temps d’utilisation ne font pas encore consensus. Enfin l’utilisation de valves de drainage peut également constituer une option thérapeutique [114].

De nombreuses voies de recherche sont en cours d’exploration afin de traiter plus spécifiquement le syndrome exfoliatif. L’une des approches possible est de cibler la production et l’accumulation du matériel exfoliatif en contrôlant notamment la production de TGFβ1 [115]. D’autres thérapies dirigées de type antioxydants, LOXL1 modifiés ou protéines chaperons sont à l’étude pour mieux réguler la production de matériel exfoliatif. Leur évaluation pourrait s’accélérer notamment grâce aux nouvelles voies d’administration des molécules développées pour l’œil de type implants intraoculaires ou nanoparticules encapsulant le principe actif et permettant ainsi une libération continue à faible dose et directement au niveau de la cible tissulaire [116].

Cas particulier de la chirurgie de la cataracte

Les patients atteints de syndrome exfoliatif présentent un risque plus important de développer une cataracte [73, 117] (Figure 4). En effet, le risque de développer une cataracte nucléaire et d’être opéré de la cataracte sur un suivi de 10 à 30 ans est 3 à 4 fois supérieur par rapport à une population non atteinte de syndrome exfoliatif [118, 119]. La coexistence d’une cataracte et d’un glaucome est donc assez fréquente et peut compliquer la prise en charge.



Figure 4


Figure 4. 

Désinsertion zonulaire plusieurs années après chirurgie de la cataracte (Govare et al.) [131]. On observe une zonulopathie importante avec une disparition des fibres zonulaires normales.

Zoom

La plupart des études retrouvent un risque de complications chirurgicales 5 à 10 fois plus élevés pour cette catégorie de patients [120, 121, 122], mais l’incidence des complications diminue avec l’expérience du chirurgien et lorsque la chirurgie est réalisée plus précocement [121, 123]. Les complications peropératoires sont essentiellement liées à la taille de la pupille dilatée et à l’instabilité zonulaire avec un taux plus important de traumatisme irien, d’hyphéma, de rupture capsulaire, de désinsertion du sac cristallinien, d’issue de vitré, de luxation postérieure de masses cristalliniennes ou du sac capsulaire [124]. Les complications postopératoires étant quant à elles plus en rapport avec la rupture de barrière hématoaqueuse avec un taux plus important de pic pressionnel [125], d’inflammation postopératoire avec réaction fibrineuse, synéchiante ou d’oedème maculaire cystoïde d’autant plus importants qu’il existe un glaucome associé [126]. Il existe un risque plus important de décompensation de l’endothélium cornéen [127]. Plus tardivement, le taux d’opacification secondaire de la capsule postérieure est plus élevé [128], ainsi que le taux de phimosis de la capsule antérieur qui peut être responsable de décentrement et de tilt tardif de l’implant [129]. Enfin, il existe un risque majoré de subluxation ou de luxation complète tardive de l’implant dans la cavité vitréenne notamment par désinsertion zonulaire progressive et phimosis associé du sac capsulaire [130, 131]. Cette complication survient en moyenne 8,5 ans après la chirurgie et quelque soit le type d’implant et requiert la plupart du temps une chirurgie de repositionnement ou une vitrectomie postérieure [130, 132]. Bien que l’estimation du risque de luxation tardive de l’implant dépende du suivi des patients dans les études publiées, une méta-analyse révélait que ce risque était plus de 6 fois supérieur chez les patients atteints de syndrome exfoliatif par rapport aux patients non atteints [133]. En l’absence de recommandations générales, l’implant pourra soit être recentré et suturé à l’iris ou à la sclère, soit être retiré et remplacé par un implant clippé à l’iris ou un implant à support angulaire en fonction de la situation clinique [134].

La prévention des complications repose sur une bonne évaluation préopératoire de la dilatation pupillaire et de la stabilité zonulaire. La chirurgie par phacoémulsification doit être préférée [135] et en cas de trop petites pupilles les rétracteurs ou anneaux de dilatation de l’iris sont utiles. L’utilisation de produits visqueux dispersifs permet une meilleure protection endothéliale [136]. Le capsulorhexis doit être bien centré sur le cristallin et de taille suffisante (5 à 5,5mm) afin d’éviter de trop solliciter la zonule lors des étapes suivantes de la chirurgie, de faciliter l’extraction du cristallin et de prévenir le risque de phimosis postopératoire. La technique de phacoémulsification du cristallin dépend de la densité de la cataracte mais la technique de « phaco-chop » présente l’avantage de moins mobiliser le sac capsulaire [137]. Lorsqu’il existe une désinsertion zonulaire inférieure à un quadrant horaire, les anneaux de tension implantés dans le sac capsulaire permettent de le recentrer et de diminuer le tilt de l’implant en postopératoire immédiat [138]. L’implant intraoculaire devra être mis dans le sac capsulaire, alors que l’implantation dans le sulcus n’est pas recommandée, car il existe un risque important de décentrement immédiat et tardif, de dispersion de pigment et de luxation postérieure [139]. Enfin, il est recommandé de privilégier un implant ayant un biomatériau et une architecture qui limite le risque de développer une cataracte secondaire et le risque de décentrement secondaire à un phimosis du sac capsulaire.

En postopératoire, les patients atteints de syndrome exfoliatif nécessitent une surveillance particulière de la PIO et du degré d’inflammation ; un traitement préventif associant des hypotonisants, des anti-inflammatoires stéroïdiens et non stéroïdiens ou encore une cycloplégie est recommandé. En cas de phimosis capsulaire antérieur, des incisions perpendiculaires au capsulorhexis initial pourront être réalisées chirurgicalement ou au laser (ND :YAG) afin de limiter les tensions capsulaires et de limiter le risque de décentrement ou de tilt tardif de l’implant [140].

La présence d’un syndrome exfoliatif est également associée à un risque majoré d’erreur réfractive postopératoire lié à la laxité zonulaire et à la contraction capsulaire associées au syndrome, ce qui rend l’estimation de la position effective de l’implant moins reproductible [141]. Enfin, des dépôts de matériel exfoliatif peuvent apparaître sur l’implant avec une disposition en cocarde plusieurs années après la chirurgie sans conséquences cliniques pour le patient [142].

La chirurgie de la cataracte chez les patients atteints de syndrome exfoliatif nécessite un bilan préopératoire particulier afin de prévenir au mieux les complications potentielles en ayant à disposition le matériel chirurgical adapté notamment. La présence d’un glaucome exfoliatif est souvent associée à un taux de complication plus élevé et devra être évalué et contrôlé avant toute décision chirurgicale. La chirurgie combinée cataracte et glaucome peut être une option et les études révèlent des résultats comparables entre le glaucome primitif à angle ouvert et le glaucome exfoliatif [143].

En conclusion, le syndrome exfoliatif est une pathologie fréquente de la personne âgée pourvoyeuse de la première cause de glaucome secondaire dans le monde avec un profil évolutif plus agressif que le glaucome primitif à angle ouvert, mais aussi d’un taux de cataracte plus important. Ce syndrome peut être à l’origine de complications responsable d’un pronostic visuel plus réservé que pour la population générale. Son dépistage précoce est nécessaire afin d’adapter le traitement glaucomateux à son profil évolutif particulier et de prendre en charge la chirurgie de la cataracte dans les meilleures conditions.

Une meilleure connaissance de sa physiopathologie est nécessaire afin de préciser le rôle du syndrome exfoliatif dans l’évolution des pathologies cardiovasculaires et cérébrovasculaires de la personne âgée, de mieux les prévenir et les prendre en charge. De plus, elle pourrait ouvrir la voie au développement de thérapies spécifiques ciblées sur la production du matériel exfoliatif.

Déclaration de liens d’intérêts

L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.


 Retrouvez cet article, plus complet, illustré et détaillé, avec des enrichissements électroniques, dans EMC – Ophtalmologie : Schweiter C. Syndrome pseudoexfoliatif et glaucome exfoliatif. EMC – Ophtalmologie 2017 [Article 21-250-A-40].

Références

Lindberg J. Kliniskaundersokningar over depigmentering av pupillarranden och genomlys barket av iris vid fall av alderstarr samit i normala ogon hos gamla personer [clinical studies of depigmentation of the pupillary margin and transillumination of the iris in cases of senile cataract and also in normal eyes in the aged]  : Helsingfors (1917). 
Turacli M.E., and al. Sensorineural hearing loss in pseudoexfoliation Can J Ophthalmol 2007 ;  42 : 56-59 [cross-ref]
Schlotzer-Schrehardt U., Naumann G.O. Ocular and systemic pseudoexfoliation syndrome Am J Ophthalmol 2006 ;  141 : 921-937
Irkec M. Exfoliation and carotid stiffness Br J Ophthalmol 2006 ;  90 : 529-530 [cross-ref]
Linner E., and al. The exfoliation syndrome in cognitive impairment of cerebrovascular or Alzheimer's type Acta Ophthalmol Scand 2001 ;  79 : 283-285 [cross-ref]
Janciauskiene S., Krakau T. Alzheimer's peptide : a possible link between glaucoma, exfoliation syndrome and Alzheimer's disease Acta Ophthalmol Scand 2001 ;  79 : 328-329 [cross-ref]
Bojic L., and al. Pseudoexfoliation syndrome and asymptomatic myocardial dysfunction Graefes Arch Clin Exp Ophthalmol 2005 ;  243 : 446-449 [cross-ref]
Ritch R. Exfoliation syndrome-the most common identifiable cause of open-angle glaucoma J Glaucoma 1994 ;  3 : 176-177 [cross-ref]
Ritch R., Schlotzer-Schrehardt U. Exfoliation syndrome Surv Ophthalmol 2001 ;  45 : 265-315 [cross-ref]
Colin J., and al. The prevalence of exfoliation syndrome in different areas of France Acta Ophthalmol Suppl 1988 ;  184 : 86-89 [cross-ref]
Rotchford A.P., and al. Exfoliation syndrome in black South Africans Arch Ophthalmol 2003 ;  121 : 863-870 [cross-ref]
McCarty C.A., Taylor H.R. Pseudoexfoliation syndrome in Australian adults Am J Ophthalmol 2000 ;  129 : 629-633 [cross-ref]
Forsman E., and al. Exfoliation syndrome: prevalence and inheritance in a subisolate of the Finnish population Acta Ophthalmol Scand 2007 ;  85 : 500-507 [cross-ref]
Puska P.M. Unilateral exfoliation syndrome: conversion to bilateral exfoliation and to glaucoma: a prospective 10-year follow-up study J Glaucoma 2002 ;  11 : 517-524 [cross-ref]
Topouzis F., and al. Increased likelihood of glaucoma at the same screening intraocular pressure in subjects with pseudoexfoliation: the Thessaloniki Eye Study Am J Ophthalmol 2009 ;  148 : 606-613[e1].
Thomas R., Nirmalan P.K., Krishnaiah S. Pseudoexfoliation in southern India: the Andhra Pradesh Eye Disease Study Invest Ophthalmol Vis Sci 2005 ;  46 : 1170-1176 [cross-ref]
Arnarsson A.M. Epidemiology of exfoliation syndrome in the Reykjavik Eye Study Acta Ophthalmol 2009 ;  87 : 1-17[Thesis 3].  [cross-ref]
Foster P.J., Seah S.K. The prevalence of pseudoexfoliation syndrome in Chinese people: the Tanjong Pagar Survey Br J Ophthalmol 2005 ;  89 : 239-240 [cross-ref]
Astrom S., Stenlund H., Linden C. Incidence and prevalence of pseudoexfoliations and open-angle glaucoma in northern Sweden: II. Results after 21years of follow-up Acta Ophthalmol Scand 2007 ;  85 : 832-837 [cross-ref]
Grodum K., Heijl A., Bengtsson B. Risk of glaucoma in ocular hypertension with and without pseudoexfoliation Ophthalmology 2005 ;  112 : 386-390 [cross-ref]
Olawoye O.O., Pasquale L.R., Ritch R. Exfoliation syndrome in sub-Saharan Africa Int Ophthalmol 2014 ;  34 : 1165-1173 [cross-ref]
Ekstrom C., Alm A. Pseudoexfoliation as a risk factor for prevalent open-angle glaucoma Acta Ophthalmol 2008 ;  86 : 741-746 [cross-ref]
Forsius H. Exfoliation syndrome in various ethnic populations Acta Ophthalmol Suppl 1988 ;  184 : 71-85 [cross-ref]
Allingham R.R., and al. Pseudoexfoliation syndrome in Icelandic families Br J Ophthalmol 2001 ;  85 : 702-707 [cross-ref]
Hammer T., Schlotzer-Schrehardt U., Naumann G.O. Unilateral or asymmetric pseudoexfoliation syndrome? An ultrastructural study Arch Ophthalmol 2001 ;  119 : 1023-1031 [cross-ref]
Klemetti A. Intraocular pressure in exfoliation syndrome Acta Ophthalmol Suppl 1988 ;  184 : 54-58
Henry J.C., and al. Long-term follow-up of pseudoexfoliation and the development of elevated intraocular pressure Ophthalmology 1987 ;  94 : 545-552 [cross-ref]
Slagsvold J.E. The follow-up in patients with pseudoexfoliation of the lens capsule with and without glaucoma. 2. The development of glaucoma in persons with pseudoexfoliation Acta Ophthalmol (Copenh) 1986 ;  64 : 241-245
Tarkkanen A., Kivela T. Cumulative incidence of converting from clinically unilateral to bilateral exfoliation syndrome J Glaucoma 2004 ;  13 : 181-184 [cross-ref]
Arnarsson A., Sasaki H., Jonasson F. Twelve-year incidence of exfoliation syndrome in the reykjavik eye study Acta Ophthalmol 2013 ;  91 : 157-162 [cross-ref]
Sveinsson K. The frequency of senile exfoliation in Iceland. Fibrillopathy or pseudoexfoliation Acta Ophthalmol (Copenh) 1974 ;  52 : 596-602
Kozart D.M., Yanoff M. Intraocular pressure status in 100 consecutive patients with exfoliation syndrome Ophthalmology 1982 ;  89 : 214-218 [cross-ref]
Kozobolis V.P., and al. Epidemiology of pseudoexfoliation in the island of Crete (Greece) Acta Ophthalmol Scand 1997 ;  75 : 726-729
Davanger M., Ringvold A., Blika S. Pseudo-exfoliation, IOP and glaucoma Acta Ophthalmol (Copenh) 1991 ;  69 : 569-573
Jeng S.M., and al. The risk of glaucoma in pseudoexfoliation syndrome J Glaucoma 2007 ;  16 : 117-121 [cross-ref]
Schlotzer-Schrehardt U. Molecular pathology of pseudoexfoliation syndrome/glaucoma – new insights from LOXL1 gene associations Exp Eye Res 2009 ;  88 : 776-785 [cross-ref]
Ovodenko B., and al. Proteomic analysis of exfoliation deposits Invest Ophthalmol Vis Sci 2007 ;  48 : 1447-1457 [cross-ref]
Thorleifsson G., and al. Common sequence variants in the LOXL1  gene confer susceptibility to exfoliation glaucoma Science 2007 ;  317 : 1397-1400 [cross-ref]
Mori K., and al. LOXL1 genetic polymorphisms are associated with exfoliation glaucoma in the Japanese population Mol Vis 2008 ;  14 : 1037-1040
Anastasopoulos E., and al. Association of LOXL1 polymorphisms with pseudoexfoliation, glaucoma, intraocular pressure, and systemic diseases in a Greek population. The Thessaloniki eye study Invest Ophthalmol Vis Sci 2014 ;  55 : 4238-4243 [cross-ref]
Liu Y., and al. Lack of association between LOXL1 variants and primary open-angle glaucoma in three different populations Invest Ophthalmol Vis Sci 2008 ;  49 : 3465-3468 [cross-ref]
Ji Q.S., and al. The association of LOXL1 polymorphisms with exfoliation syndrome/glaucoma: meta-analysis Int J Ophthalmol 2015 ;  8 : 148-156
Schlotzer-Schrehardt U., and al. Genotype-correlated expression of lysyl oxidase-like 1 in ocular tissues of patients with pseudoexfoliation syndrome/glaucoma and normal patients Am J Pathol 2008 ;  173 : 1724-1735 [cross-ref]
Liu X., and al. Elastic fiber homeostasis requires lysyl oxidase-like 1 protein Nat Genet 2004 ;  36 : 178-182 [cross-ref]
Aung T., and al. A common variant mapping to CACNA1A is associated with susceptibility to exfoliation syndrome Nat Genet 2015 ;  47 : 387-392 [cross-ref]
Reinhardt D.P., Ono R.N., Sakai L.Y. Calcium stabilizes fibrillin-1 against proteolytic degradation J Biol Chem 1997 ;  272 : 1231-1236 [cross-ref]
Hewitt A.W., and al. Ancestral LOXL1 variants are associated with pseudoexfoliation in Caucasian Australians but with markedly lower penetrance than in Nordic people Hum Mol Genet 2008 ;  17 : 710-716
Lemmela S., and al. Association of LOXL1 gene with Finnish exfoliation syndrome patients J Hum Genet 2009 ;  54 : 289-297 [cross-ref]
Kang J.H., and al. Demographic and geographic features of exfoliation glaucoma in 2 United States-based prospective cohorts Ophthalmology 2012 ;  119 (1) : 27-35 [cross-ref]
Stein J.D., and al. Geographic and climatic factors associated with exfoliation syndrome Arch Ophthalmol 2011 ;  129 : 1053-1060 [cross-ref]
Pasquale L.R., and al. Solar exposure and residential geographic history in relation to exfoliation syndrome in the United States and Israel JAMA Ophthalmol 2014 ;  132 : 1439-1445 [cross-ref]
Kang J.H., Wiggs J.L., Pasquale L.R. Relation between time spent outdoors and exfoliation glaucoma or exfoliation glaucoma suspect Am J Ophthalmol 2014 ;  158 : 605-614[e1].  [inter-ref]
Sasaki H., and al. UV-B exposure to the eye depending on solar altitude Eye Contact Lens 2011 ;  37 : 191-195 [cross-ref]
Pasquale L.R., and al. The Relationship between caffeine and coffee consumption and exfoliation glaucoma or glaucoma suspect: a prospective study in two cohorts Invest Ophthalmol Vis Sci 2012 ;  53 : 6427-6433 [cross-ref]
Kang J.H., and al. A prospective study of folate, vitamin B(6), and vitamin B(1)(2) intake in relation to exfoliation glaucoma or suspected exfoliation glaucoma JAMA Ophthalmol 2014 ;  132 : 549-559 [cross-ref]
Urgert R., and al. Heavy coffee consumption and plasma homocysteine: a randomized controlled trial in healthy volunteers Am J Clin Nutr 2000 ;  72 : 1107-1110
Xu F., Zhang L., Li M. Plasma homocysteine, serum folic acid, serum vitamin B12, serum vitamin B6, MTHFR and risk of pseudoexfoliation glaucoma: a meta-analysis Graefes Arch Clin Exp Ophthalmol 2012 ;  250 : 1067-1074 [cross-ref]
Agarwal P., Daher A.M., Agarwal R. Aqueous humor TGF-beta2 levels in patients with open-angle glaucoma: a meta-analysis Mol Vis 2015 ;  21 : 612-620
Zenkel M., and al. Impaired cytoprotective mechanisms in eyes with pseudoexfoliation syndrome/glaucoma Invest Ophthalmol Vis Sci 2007 ;  48 : 5558-5566 [cross-ref]
Gartaganis S.P., and al. Evidence for oxidative stress in lens epithelial cells in pseudoexfoliation syndrome Eye (Lond) 2007 ;  21 : 1406-1411 [cross-ref]
Koliakos G.G., and al. Endothelin-1 concentration is increased in the aqueous humour of patients with exfoliation syndrome Br J Ophthalmol 2004 ;  88 : 523-527 [cross-ref]
Bleich S., and al. Elevated homocysteine levels in aqueous humor of patients with pseudoexfoliation glaucoma Am J Ophthalmol 2004 ;  138 : 162-164 [inter-ref]
Johnson T.V., and al. Aqueous humor dynamics in exfoliation syndrome Arch Ophthalmol 2008 ;  126 : 914-920 [cross-ref]
Schlotzer-Schrehardt U., and al. LOXL1 deficiency in the lamina cribrosa as candidate susceptibility factor for a pseudoexfoliation-specific risk of glaucoma Ophthalmology 2012 ;  119 : 1832-1843 [cross-ref]
Braunsmann C., and al. Evaluation of lamina cribrosa and peripapillary sclera stiffness in pseudoexfoliation and normal eyes by atomic force microscopy Invest Ophthalmol Vis Sci 2012 ;  53 : 2960-2967 [cross-ref]
Burgoyne C.F. A biomechanical paradigm for axonal insult within the optic nerve head in aging and glaucoma Exp Eye Res 2011 ;  93 : 120-132 [cross-ref]
Streeten B.W., and al. Pseudoexfoliative fibrillopathy in visceral organs of a patient with pseudoexfoliation syndrome Arch Ophthalmol 1992 ;  110 : 1757-1762 [cross-ref]
Tarkkanen A. Is exfoliation syndrome a sign of systemic vascular disease? Acta Ophthalmol 2008 ;  86 : 832-836 [cross-ref]
Dayanir V., and al. Orbital blood flow parameters in unilateral pseudoexfoliation syndrome Int Ophthalmol 2009 ;  29 : 27-32 [cross-ref]
Andrikopoulos G.K., Alexopoulos D.K., Gartaganis S.P. Pseudoexfoliation syndrome and cardiovascular diseases World J Cardiol 2014 ;  6 : 847-854 [cross-ref]
Ekstrom C., Kilander L. Pseudoexfoliation and Alzheimer's disease: a population-based 30-year follow-up study Acta Ophthalmol 2014 ;  92 : 355-358 [cross-ref]
Schlotzer-Schrehardt U., Naumann G.O. A histopathologic study of zonular instability in pseudoexfoliation syndrome Am J Ophthalmol 1994 ;  118 : 730-743 [cross-ref]
Puska P., Tarkkanen A. Exfoliation syndrome as a risk factor for cataract development: five-year follow-up of lens opacities in exfoliation syndrome J Cataract Refract Surg 2001 ;  27 : 1992-1998 [cross-ref]
Ostern A.E., Sandvik G.F., Drolsum L. Positioning of the posterior intraocular lens in the longer term following cataract surgery in eyes with and without pseudoexfoliation syndrome Acta Ophthalmol 2014 ;  92 : 253-258 [cross-ref]
Parodi M.B., and al. The spectrum of iris angiography abnormalities in pseudoexfoliation syndrome Eye (Lond) 2008 ;  22 : 49-54 [cross-ref]
Greenfield D.S., Liebmann J.M., Ritch R. Hyphema associated with pupillary dilation in a patient with exfoliation glaucoma and warfarin therapy Am J Ophthalmol 1999 ;  128 : 98-100 [inter-ref]
Naumann G.O., Schlotzer-Schrehardt U. Keratopathy in pseudoexfoliation syndrome as a cause of corneal endothelial decompensation: a clinicopathologic study Ophthalmology 2000 ;  107 : 1111-1124 [cross-ref]
Miyake K., Matsuda M., Inaba M. Corneal endothelial changes in pseudoexfoliation syndrome Am J Ophthalmol 1989 ;  108 : 49-52 [cross-ref]
Prata TS, et al., Retinal vascular occlusions occur more frequently in the more affected eye in exfoliation syndrome. Eye (Lond). 2010 24: 658-662.
Schlotzer-Schrehardt U., Naumann G.O. Trabecular meshwork in pseudoexfoliation syndrome with and without open-angle glaucoma. A morphometric, ultrastructural study Invest Ophthalmol Vis Sci 1995 ;  36 : 1750-1764
Shuba L., Nicolela M.T., Rafuse P.E. Correlation of capsular pseudoexfoliation material and iridocorneal angle pigment with the severity of pseudoexfoliation glaucoma J Glaucoma 2007 ;  16 : 94-97 [cross-ref]
Gross F.J., Tingey D., Epstein D.L. Increased prevalence of occludable angles and angle-closure glaucoma in patients with pseudoexfoliation Am J Ophthalmol 1994 ;  117 : 333-336 [cross-ref]
Lanzl I.M., Merte R.L., Graham A.D. Does head positioning influence anterior chamber depth in pseudoexfoliation syndrome? J Glaucoma 2000 ;  9 : 214-218 [cross-ref]
Altintas O., and al. Diurnal intraocular pressure variation in pseudoexfoliation syndrome Eur J Ophthalmol 2004 ;  14 : 495-500
Gumus K., and al. Diurnal variation of intraocular pressure and its correlation with retinal nerve fiber analysis in Turkish patients with exfoliation syndrome Graefes Arch Clin Exp Ophthalmol 2006 ;  244 : 170-176 [cross-ref]
Puska P., and al. Optic disc changes in normotensive persons with unilateral exfoliation syndrome: a 3-year follow-up study Graefes Arch Clin Exp Ophthalmol 1999 ;  237 : 457-462 [cross-ref]
Altintas O., and al. Homocysteine and nitric oxide levels in plasma of patients with pseudoexfoliation syndrome, pseudoexfoliation glaucoma, and primary open-angle glaucoma Graefes Arch Clin Exp Ophthalmol 2005 ;  243 : 677-683 [cross-ref]
Mitchell P., Wang J.J., Smith W. Association of pseudoexfoliation syndrome with increased vascular risk Am J Ophthalmol 1997 ;  124 : 685-687 [inter-ref]
Schumacher S., and al. Pseudoexfoliation syndrome and aneurysms of the abdominal aorta Lancet 2001 ;  357 : 359-360 [cross-ref]
Speckauskas M., Tamosiunas A., Jasinskas V. Association of ocular pseudoexfoliation syndrome with ischaemic heart disease, arterial hypertension and diabetes mellitus Acta Ophthalmol 2012 ;  90 : e470-e475
Helmer C., and al. Is there a link between open-angle glaucoma and dementia? The Three-City-Alienor cohort Ann Neurol 2013 ;  74 : 171-179
Wostyn P., Audenaert K., De Deyn P.P. Alzheimer's disease and glaucoma: is there a causal relationship? Br J Ophthalmol 2009 ;  93 : 1557-1559 [cross-ref]
Ritland J.S., and al. Exfoliative glaucoma and primary open-angle glaucoma: associations with death causes and comorbidity Acta Ophthalmol Scand 2004 ;  82 : 401-404 [cross-ref]
Svensson R., Ekstrom C. Pseudoexfoliation and mortality: a population-based 30-year follow-up study Acta Ophthalmol 2015 ;  93 : 162-164 [cross-ref]
Tarkkanen A.H., Kivela T.T. Mortality in primary open-angle glaucoma and exfoliative glaucoma Eur J Ophthalmol 2014 ;  24 : 718-721 [cross-ref]
De Moraes C.G., and al. Visual field progression outcomes in glaucoma subtypes Acta Ophthalmol 2013 ;  91 : 288-293 [cross-ref]
Leske M.C., and al. Predictors of long-term progression in the early manifest glaucoma trial Ophthalmology 2007 ;  114 : 1965-1972 [cross-ref]
Heijl A., and al. Natural history of open-angle glaucoma Ophthalmology 2009 ;  116 : 2271-2276 [cross-ref]
Stewart W.C., and al. Long-term progression at individual mean intraocular pressure levels in primary open-angle and exfoliative glaucoma Eur J Ophthalmol 2008 ;  18 : 765-770
Konstas A.G., and al. Factors associated with long-term progression or stability in exfoliation glaucoma Arch Ophthalmol 2004 ;  122 : 29-33 [cross-ref]
Brooks A.M., Gillies W.E. The presentation and prognosis of glaucoma in pseudoexfoliation of the lens capsule Ophthalmology 1988 ;  95 : 271-276 [cross-ref]
Stewart W.C., and al. Meta-analysis of 24-hour intraocular pressure studies evaluating the efficacy of glaucoma medicines Ophthalmology 2008 ;  115 : 1117-1122[e1].
Konstas A.G., and al. Diurnal intraocular pressure reduction with latanoprost 0.005 % compared to timolol maleate 0.5 % as monotherapy in subjects with exfoliation glaucoma Eye (Lond) 2004 ;  18 : 893-899 [cross-ref]
Konstas A.G., and al. Latanoprost therapy reduces the levels of TGF beta 1 and gelatinases in the aqueous humour of patients with exfoliative glaucoma Exp Eye Res 2006 ;  82 : 319-322 [cross-ref]
Latina M.A. Selective laser trabeculoplasty-180-degree treatment J Glaucoma 2007 ;  16 : 274-275[author reply 275].  [cross-ref]
Damji K.F., and al. Selective laser trabeculoplasty versus argon laser trabeculoplasty: results from a 1-year randomised clinical trial Br J Ophthalmol 2006 ;  90 : 1490-1494 [cross-ref]
Hong B.K., and al. Repeat selective laser trabeculoplasty J Glaucoma 2009 ;  18 : 180-183 [cross-ref]
Harasymowycz P.J., and al. Selective laser trabeculoplasty (SLT) complicated by intraocular pressure elevation in eyes with heavily pigmented trabecular meshworks Am J Ophthalmol 2005 ;  139 : 1110-1113 [inter-ref]
Desai M.A., Lee R.K. The medical and surgical management of pseudoexfoliation glaucoma Int Ophthalmol Clin 2008 ;  48 : 95-113 [cross-ref]
Drolsum L. Longterm follow-up after deep sclerectomy in patients with pseudoexfoliative glaucoma Acta Ophthalmol Scand 2006 ;  84 : 502-506 [cross-ref]
Konstas A.G., and al. Prevalence, diagnostic features, and response to trabeculectomy in exfoliation glaucoma Ophthalmology 1993 ;  100 : 619-627 [cross-ref]
Konstas A.G., and al. 24-hour intraocular pressure control with maximum medical therapy compared with surgery in patients with advanced open-angle glaucoma Ophthalmology 2006 ;  113 : 761-765[e1].
Landers J., and al. A twenty-year follow-up study of trabeculectomy: risk factors and outcomes Ophthalmology 2012 ;  119 : 694-702 [cross-ref]
Gedde S.J., and al. Treatment outcomes in the Tube Versus Trabeculectomy (TVT) study after five years of follow-up Am J Ophthalmol 2012 ;  153 : 789-803[e2].  [inter-ref]
Oleggini R., Gastaldo N., Di Donato A. Regulation of elastin promoter by lysyl oxidase and growth factors: cross control of lysyl oxidase on TGF-beta1 effects Matrix Biol 2007 ;  26 : 494-505
Kulkarni S.S., Kompella U.B. Potential drug delivery approaches for XFS-associated and XFS-associated glaucoma J Glaucoma 2014 ;  23 : S77-S79
Yimaz A., and al. Serum oxidant/antioxidant balance in exfoliation syndrome Clin Experiment Ophthalmol 2005 ;  33 : 63-66
Ekstrom C., Botling Taube A. Pseudoexfoliation and cataract surgery: a population-based 30-year follow-up study Acta Ophthalmol 2015 ;  93 : 774-777 [cross-ref]
Kanthan G.L., and al. Pseudoexfoliation syndrome and the long-term incidence of cataract and cataract surgery: the blue mountains eye study Am J Ophthalmol 2013 ;  155 : 83-88[e1].  [inter-ref]
Scorolli L., and al. Pseudoexfoliation syndrome: a cohort study on intraoperative complications in cataract surgery Ophthalmologica 1998 ;  212 : 278-280 [cross-ref]
Hyams M., and al. Intraoperative complications of phacoemulsification in eyes with and without pseudoexfoliation J Cataract Refract Surg 2005 ;  31 : 1002-1005 [cross-ref]
Shingleton B.J., and al. Outcome of phacoemulsification and intraocular lens implantion in eyes with pseudoexfoliation and weak zonules Acta Ophthalmol 2016 ;  95 : 182-187
Nagashima R.J. Decreased incidence of capsule complications and vitreous loss during phacoemulsification in eyes with pseudoexfoliation syndrome J Cataract Refract Surg 2004 ;  30 : 127-131 [cross-ref]
Shingleton B.J., Heltzer J., O’Donoghue M.W. Outcomes of phacoemulsification in patients with and without pseudoexfoliation syndrome J Cataract Refract Surg 2003 ;  29 : 1080-1086 [cross-ref]
Levkovitch-Verbin H., and al. Intraocular pressure elevation within the first 24hours after cataract surgery in patients with glaucoma or exfoliation syndrome Ophthalmology 2008 ;  115 : 104-108 [cross-ref]
Yuksel N., and al. Foveal thickness after phacoemulsification in patients with pseudoexfoliation syndrome, pseudoexfoliation glaucoma, or primary open-angle glaucoma J Cataract Refract Surg 2008 ;  34 : 1953-1957 [cross-ref]
Kaljurand K., Teesalu P. Exfoliation syndrome as a risk factor for corneal endothelial cell loss in cataract surgery Ann Ophthalmol (Skokie) 2007 ;  39 : 327-333 [cross-ref]
Kuchle M., and al. Pseudoexfoliation syndrome secondary cataract Br J Ophthalmol 1997 ;  81 : 862-866 [cross-ref]
Venkatesh R., and al. Severe anterior capsular phimosis following acrylic intraocular lens implantation in a patient with pseudoexfoliation Ophthalmic Surg Lasers Imaging 2008 ;  39 : 228-229 [cross-ref]
Ostern A.E., Sandvik G.F., Drolsum L. Late in-the-bag intraocular lens dislocation in eyes with pseudoexfoliation syndrome Acta Ophthalmol 2014 ;  92 : 184-191 [cross-ref]
Govare M., and al. [Exfoliative zonulopathy leading to an inferior subluxation of the “caspular bag, caspular tension ring and intraocular lens” complex] J Fr Ophtalmol 2015 ;  38 : 782 [inter-ref]
Jehan F.S., Mamalis N., Crandall A.S. Spontaneous late dislocation of intraocular lens within the capsular bag in pseudoexfoliation patients Ophthalmology 2001 ;  108 : 1727-1731 [cross-ref]
Vazquez-Ferreiro P., and al. Intraocular lens dislocation in pseudoexfoliation: a systematic review and meta-analysis Acta Ophthalmol 2016 ;  95 : 164-169
Jakobsson G., and al. Surgical repositioning of intraocular lenses after late dislocation: complications, effect on intraocular pressure, and visual outcomes J Cataract Refract Surg 2013 ;  39 : 1879-1885 [cross-ref]
Drolsum L., Ringvold A., Nicolaissen B. Cataract and glaucoma surgery in pseudoexfoliation syndrome: a review Acta Ophthalmol Scand 2007 ;  85 : 810-821 [cross-ref]
Shingleton B.J., Crandall A.S., Ahmed I.I. Pseudoexfoliation and the cataract surgeon: preoperative, intraoperative, and postoperative issues related to intraocular pressure, cataract, and intraocular lenses J Cataract Refract Surg 2009 ;  35 : 1101-1120 [cross-ref]
Fine I.H., Hoffman R.S. Phacoemulsification in the presence of pseudoexfoliation: challenges and options J Cataract Refract Surg 1997 ;  23 : 160-165 [cross-ref]
Bayraktar S., and al. Capsular tension ring implantation after capsulorhexis in phacoemulsification of cataracts associated with pseudoexfoliation syndrome. Intraoperative complications and early postoperative findings J Cataract Refract Surg 2001 ;  27 : 1620-1628 [cross-ref]
Chang D.F., and al. Complications of sulcus placement of single-piece acrylic intraocular lenses: recommendations for backup IOL implantation following posterior capsule rupture J Cataract Refract Surg 2009 ;  35 : 1445-1458 [cross-ref]
Hayashi H., and al. Anterior capsule contraction and intraocular lens dislocation in eyes with pseudoexfoliation syndrome Br J Ophthalmol 1998 ;  82 : 1429-1432 [cross-ref]
Ishikawa N., and al. Errors in the prediction of postoperative refraction following intraocular lens implantation in eyes with pseudoexfoliation syndrome J Cataract Refract Surg 2013 ;  39 : 649-650 [cross-ref]
Park K.A., Kee C. Pseudoexfoliative material on the IOL surface and development of glaucoma after cataract surgery in patients with pseudoexfoliation syndrome J Cataract Refract Surg 2007 ;  33 : 1815-1818 [cross-ref]
Landa G., and al. Results of combined phacoemulsification and trabeculectomy with mitomycin C in pseudoexfoliation versus non-pseudoexfoliation glaucoma Graefes Arch Clin Exp Ophthalmol 2005 ;  243 : 1236-1240 [cross-ref]

Pour en savoir plus

Schweiter C. Syndrome pseudoexfoliatif et glaucome exfoliatif. EMC — Ophtalmologie 2017 [Article 21-250-A-40].



© 2017  Published by Elsevier Masson SAS.
EM-CONSULTE.COM is registrered at the CNIL, déclaration n° 1286925.
As per the Law relating to information storage and personal integrity, you have the right to oppose (art 26 of that law), access (art 34 of that law) and rectify (art 36 of that law) your personal data. You may thus request that your data, should it be inaccurate, incomplete, unclear, outdated, not be used or stored, be corrected, clarified, updated or deleted.
Personal information regarding our website's visitors, including their identity, is confidential.
The owners of this website hereby guarantee to respect the legal confidentiality conditions, applicable in France, and not to disclose this data to third parties.
Close
Article Outline