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Journal de radiologie
Vol 84, N° 7-8  - juillet 2003
pp. 799-800
Doi : JR-07-08-2003-84-7-8-C1-0221-0363-101019-ART13
Neuroradiologie
Neuroradiology
 

JF Bonneville
[1]  CHU Jean Minjoz - Besançon.

Le neuroradiologue qui se rend au RSNA ne s'attend pas à y entendre des communications scientifiques vraiment originales : il existe traditionnellement pour cela d'autres rendez-vous, par exemple la réunion annuelle de la Société Américaine de Neuroradiologie. Les principaux thèmes abordés au RSNA reflètent cependant tout à fait les préoccupations du moment ; l'analyse du programme des différentes sessions permet de pointer aisément les thèmes les plus présents et donc ceux qui seront notre préoccupation dans les années à venir. À l'opposé, la même analyse recense les thèmes stables ou en recul.

Pointent ainsi en tête

  • les accidents vasculaires cérébraux (stroke), comme d'habitude ;
  • l'épilepsie ;
  • la migraine ;
  • les thérapeutiques endovasculaires ;
  • et surtout les démences et autres psychoses, un thème assurément très large et dont on n'a pas fini de parler.

En fait le neuroradiologue européen se rend au RSNA à Chicago pour faire le tri entre les options technologiques qui lui sont ou lui seront bientôt proposées. On évoquera donc ici les points forts du pèlerinage neuroradiologique au RSNA 2002, c'est-à-dire

  • le scanner multicoupes ;
  • l'IRM 3.0 Tesla ;
  • l'IRM fonctionnelle ;
  • les PACS ;
  • et la neuroradiologie interventionnelle.

Le scanner : le retour

Confirmation, en effet, du grand retour du scanner 16 barrettes avec perfusion en neuroradiologie : dans les accidents vasculaires cérébraux aigus (confrontation au couple IRM de diffusion et de perfusion et à l'angiographie par résonance magnétique ; évaluation des résultats après thrombolyse) ; détection des anévrysmes intracrâniens rompus et non rompus ; évaluation du vasospasme ; quantification des sténoses carotidiennes... Au total, malgré les inconvénients du scanner, c'est-à-dire l'injection d'une quantité non négligeable de produit de contraste iodé mais aussi l'irradiation, on doit noter une forte poussée du scanner multicoupes dans des domaines où on ne l'attendait par forcément, par exemple dans les explorations vasculaires.

L'IRM 3.0 Tesla : wait and see ?

On est ici assez loin de l'explosion attendue : les communications sur ce thème sont relativement peu nombreuses et pas forcément très convaincantes : amélioration du rapport signal sur bruit mais distorsion de l'image inhérente aux techniques haut champ ; dans les accidents vasculaires aigus, pas d'information supplémentaire en 3.0 Tesla avec diffusion par rapport à ce qui était obtenu sur un 1.5 Tesla voire sur 0.2 T. Pas de différence d'information très significative dans le diagnostic de sclérose hippocampique. Interrogation sur les effets secondaires de l'imagerie à 3.0 Tesla ; nécessité de lister l'ensemble des implants (clips, prothèses, etc.) pour s'assurer de la sécurité de chaque machine ; contrôle de l'élévation de la température éventuelle des clips vasculaires ; fréquence des effets secondaires qui pourraient être plus importants à 3.0 Tesla (vertiges, secousses musculaires, effet de chaleur...)

L'IRM fonctionnelle : excitation

L'imagerie de diffusion et l'imagerie de perfusion sont aujourd'hui utilisées en routine dans l'évaluation des patients atteints d'une affection vasculaire cérébrale. L'autre grande application de ces outils est à présent l'évaluation des tumeurs cérébrales en particulier pour visualiser les processus d'angiogénèse. En ce qui concerne l'imagerie d'activation cérébrale proprement dite, l'application clinique habituelle demeure l'évaluation préchirurgicale des patients devant subir une chirurgie du cerveau : l'imagerie fonctionnelle permet ici une cartographie non seulement des aires cérébrales lésées mais également une cartographie précise des fonctions cérébrales essentielles en particulier du contrôle moteur et du langage.

Le domaine le plus excitant semble bien celui des démences et autres affections psychiatriques telles que schizophrénie, dépression, troubles compulsifs : dans la schizophrénie par exemple l'imagerie fonctionnelle peut constituer un outil intéressant pour permettre un diagnostic précoce, apporter des informations sur le pronostic et, le cas échéant, évaluer le bénéfice d'un traitement, par exemple sur la fluidité du langage.

L'imagerie fonctionnelle permet d'autre part aujourd'hui de démontrer que la migraine est plutôt d'origine neuronale que vasculaire.

Dans le domaine de l'imagerie fonctionnelle, de nouvelles technologies totalement innovantes apparaissent : l'imagerie optique, appelée encore tomographie optique, qui consiste à étudier un faisceau lumineux passant à travers le crâne et le cerveau ; cette technique est en cours d'évaluation chez les petits enfants. Une autre technique innovante et prometteuse est la magnétoencéphalographie qui, combinée à l'imagerie par résonance magnétique, permettrait de développer un nouveau champ de la cartographie cérébrale en réalisant une imagerie « temporo-spatiale ».

La neuroradiologie interventionnelle : confirmation

Dans le domaine du traitement des anévrysmes intracrâniens, la technique par embolisation à l'aide de coïls à détachement électrique s'affirme, que l'anévrysme soit rompu ou non. Le vasospasme demeure une complication redoutable de cette pathologie mais les innovations et la miniaturisation des outils intracrâniens en rendent le traitement un peu moins agressif. Si la question du diagnostic des accidents vasculaires cérébraux par l'imagerie semble réglée, que ce soit par l'IRM ou par le scanner multicoupes, les possibilités thérapeutiques semblent marquer le pas et il n'y a pas de grosses innovations dans le domaine de la thrombolyse, ni dans celui des techniques de reperméabilisation mécanique de l'artère lésée.

Enfin dans le domaine du traitement des sténoses carotidiennes, l'angioplastie avec stent semble prendre sa place malgré l'absence notable d'études sérieuses randomisées démontrant la supériorité de cette technique sur l'endartériectomie carotidienne. Certaines équipes mettent ici en doute l'efficacité des systèmes dits de protection cérébrale.

En conclusion, dans le domaine de la neuroradiologie, le RSNA 2002 apparaît comme une réunion de transition sans innovation exceptionnelle ; on retiendra essentiellement la percée un peu inattendue du scanner multibarrettes avec perfusion dans l'exploration des vaisseaux à destinée intracrânienne et du parenchyme cérébral lui même et l'extraordinaire champ d'investigations représenté par les affections psychiatriques.





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