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Journal de radiologie
Vol 84, N° 7-8  - juillet 2003
pp. 822-826
Doi : JR-07-08-2003-84-7-8-C1-0221-0363-101019-ART18
ÉCHOGRAPHIE
Sonography
 

I Bouhier [2], et MO Jaffre [1]
[1]  Hôpital Tenon, Paris.
[2]  CHI Castres Mazamet.

Introduction

L'échographie est une modalité aux avant-postes de l'imagerie, du fait de son innocuité, des développements technologiques majeurs de ces dernières années et de son prix peu élevé. Les échographes proposés par les fournisseurs explorent régulièrement de nouvelles niches de marché, avec une tendance à multiplier les indications, alors que parallèlement, les avancées technologiques accentuent cette tendance.

L'État du marché

Le marché de l'échographie reste en 2002 sur les mêmes taux de croissance qu'en 2001, à savoir 3 à 5 % pour l'Europe et 10 % pour l'Amérique du Nord. Les deux tiers du chiffre d'affaire mondial se réalisent sur ces deux continents. On considère aux États-Unis que les trois grandes firmes GEMS, PHILIPS et SIEMENS s'accaparent désormais 83 % du marché. Si, à la suite des rachats multiples en 2000 et 2001, la coexistence d'appareils équivalents rendait parfois certaines offres confuses pour ces trois fournisseurs, les gammes se sont clarifiées en 2002. De nouveaux produits ont fédéré des échographes hier concurrents. Sur le terrain, les forces de ventes disposent d'un panel cohérent d'échographes. Elles sont prêtes à investir un marché discret mais lucratif.

Le reste du marché est constitué d'échographes d'autres firmes challengers et bien présentes telles que ALOKA, EASOTE, HITACHI et TOSHIBA qui talonnent ces « 3 majors », notamment sur le secteur privé. Ensuite vient un ensemble de sociétés plus modestes qui misent, soit sur un prix attractif, soit sur l'exploitation de technologies liées à l'imagerie 3D ou à la diffusion des échographes portatifs (MEDISON, SHIMADZU, SONOSITE, TERASON).

Cette année est marquée par l'apparition de nombreux échographes moyenne gamme présageant une forte concurrence sur ce créneau avec certainement des choix difficiles pour les acheteurs. L'échographe de moyenne gamme est aujourd'hui pluridisciplinaire. Il intègre de nombreuses fonctionnalités avancées et bénéficie en outre d'un transfert régulier des technologies issues des échographes de haut de gamme. GEMS lance cette année le LOGIQ 5, tandis que PHILIPS sort l'ENVISOR et SIEMENS le G50 et le G60S. Même si les fournisseurs affirment que la radiologie sera toujours tournée vers les échographes de haut de gamme, leur rapidité à créer ces nouveaux modèles moyenne gamme montre que ce marché existe par ailleurs.

Les échographes portatifs demeurent également très présents et de petites sociétés spécialisées telles que SONOSITE et TERASON continuent d'explorer ce secteur. Les échographes portatifs sont souvent orientés vers des applications très spécifiques comme la cardiologie, la neurologie et la pédiatrie. Les performances peuvent ainsi être ciblées sur une application et donner des résultats honorables par rapport à une plate-forme classique.

Les grands restent pour l'instant en retrait, sauf GEMS avec le i-LOOK. Ils attendent des éléments objectifs sur l'intérêt médical d'une part, et sur l'opportunité de ce marché d'autre part. Quelques questions subsidiaires se posent en effet sur l'utilisation des échographes portatifs : s'agit-il d'un outil d'échographistes confirmés ou d'un produit pour les échographistes occasionnels ? Doit-on les utiliser pour des échographies de première intention (urgences, SAMU) ou pour une échographie complémentaire (mammographie, cardio-vasculaire).

Dans ce domaine, il faut citer une caractéristique particulière de la société TERASON qui propose des systèmes basés sur la possibilité de brancher les sondes sur n'importe quel PC avec le système d'exploitation Windows. Leurs sondes intègrent le Doppler couleur et pulsé et un logiciel d'installation sur PC inclut la possibilité de faire de la reconstruction 3D et des calculs. Leur formateur de faisceau possède 128 canaux et sa miniaturisation réduit encore le poids du boîtier électronique relié à la sonde.

Les avancées technologiques

Du côté des avancées technologiques, on note les efforts continus des constructeurs pour améliorer la qualité des images. Après l'imagerie harmonique et l'imagerie avec inversion de pulse liées à l'utilisation des produits de contraste, le codage du signal se sophistique. Ainsi, les échographes haut de gamme restent la vitrine des constructeurs. Leur architecture matérielle permet la gestion d'un nombre croissant de paramètres en temps réel. Ils intègrent de plus en plus de logiciels aux algorithmes complexes pour le traitement du signal ou le post-traitement des données. D'une année sur l'autre, le transfert technologique de la plate-forme haut de gamme vers les autres gammes s'observe chez de nombreux fournisseurs. Les techniques telles que le « compound imaging » (imagerie multi-faisceaux directionnels à l'émission), la focalisation dynamique sur les sondes et les traitements parallèles des données se généralisent y compris sur des échographes moyenne gamme. Cependant, le déchiffrage des noms commerciaux associés aux développements technologiques demeure toujours un vrai « casse-tête ».

La principale préoccupation technique des fournisseurs se situe toujours sur l'amélioration du rapport signal/bruit et du compromis pénétration/résolution. Pour atteindre ces objectifs, chacun développe et annonce de nouvelles stratégies. GEMS et SIEMENS travaillent sur le codage de pulse. Les tirs ultrasonores portent une signature codée qui autorise une meilleure distinction des échos en retour. ALOKA insiste sur l'échantillonnage du signal et fait appel à un convertisseur 12 bits. HITACHI et TOSHIBA comptent sur une meilleure sensibilité de leurs sondes avec des progrès sur les cristaux. Enfin, les formateurs de faisceaux, les architectures matérielles et la puissance des calculateurs forment la base d'un discours marketing souvent peu technique. Au-delà de la technologie, l'avis des échographistes reste indispensable quant à la qualité visuelle des images obtenues.

Apparaissent également cette année des sondes matricielles (Dynamic Microslice Technology chez Toshiba) qui permettraient la focalisation dans les 2 plans : les sondes matricielles sont de taille variable selon les constructeurs (8 X 128 pour GE ; 5 X 192 pour TOSHIBA) et ont pour but d'améliorer la qualité de l'image en réduisant la taille du pixel donnant davantage d'information.

Autre préoccupation : gagner en productivité. Il s'agit de faciliter la chaîne diagnostique pour l'opérateur, allant de l'aide au réglage des paramètres de l'examen à l'édition du compte-rendu. On voit ainsi naître de nombreux « boutons magiques » pour automatiser les réglages. PHILIPS propose iSCAN tandis que GEMS parle de OTA (Optimization Tissulaire Automatic). Ces fonctions établissent un réglage correct de l'image et du Doppler, quels que soient les paramètres de départ. Le but est un gain de productivité (examiner davantage de patients) sans diminuer la qualité du diagnostic.

D'autres sociétés, comme TOSHIBA et SIEMENS, misent sur la configuration personnalisée des différents types d'examens.

Les fournisseurs n'oublient pas l'ergonomie et le confort des opérateurs (hauteurs réglables et rotations de la plate-forme, claviers intuitifs…).

Dans le même objectif de productivité, surtout aux États-Unis, on observe aussi la création de consoles de post-traitement des images d'échographie, dédiées à une utilisation médicale. La revue d'un examen pratiqué par une tierce personne peut ainsi être effectuée, que ce soit pour la validation d'un diagnostic déjà établi, ou dans le cadre d'un diagnostic complet. GEMS dispose de la console LOGIQworks et SIEMENS traduit actuellement en langage SYNGO la console KinetDX issue du SEQUOIA.

De la console au stockage et échange des images d'échographie, il ne reste qu'un pas vers la gestion des images d'échographie. L'échographie était un peu à part face à ces préoccupations de compatibilité DICOM. La gestion de base de données image était moins urgente parce que l'examen est réalisé et analysé simultanément d'une part, et peu producteur d'images d'autre part. L'image échographique pourrait cependant bien trouver sa place sur les serveurs d'images et les banques de stockage. L'échographe se connecte désormais au système d'information radiologique pour obtenir la liste de travail journalier, récupérer des images d'archives, faire des comparaisons d'examens, etc. ALOKA parle de Date Management Subsystem (DMS) où l'enjeu est le stockage de l'image brute, alors que GEMS parle de stockage des « données brutes ». Ce concept permettrait de retravailler les images, de refaire des constructions spatiales, d'utiliser a posteriori des outils de mesure et de contourage.

Du côté des applications spécifiques, on trouve comme l'an passé les développements techniques liés à l'utilisation des produits de contraste, mais semble-t-il, avec un réel espoir lié à un nouveau produit. Il y a quelques années, l'apparition des produits de contraste avait généré de nombreuses innovations avec notamment la mise au point de l'imagerie harmonique. Les PCUS (Produits de Contraste pour Ultra Sons) proposés jusqu'alors ne possédaient pourtant pas de propriétés suffisamment intéressantes pour ouvrir un réel développement : durée de vie trop courte, diamètre de bulle mal adapté, compromis difficile entre effets mécaniques et intensité susceptible de donner une image exploitable, etc. Aujourd'hui, un produit, cité par tous les fournisseurs, pourrait enfin débloquer la situation : le SonoView fabriqué par la société BRACCO. Les applications semblent prometteuses, surtout dans le domaine de la cancérologie pour quantifier la vascularisation et la perfusion d'une tumeur. Les études sur les PCUS sont dans la ligne de mire de tous les constructeurs. Les publications scientifiques, assez rares pour le moment, devraient prendre de l'ampleur dans les années à venir à moins que l'imagerie 3D ne ravisse la place.

En effet, tous les regards sont tournés vers l'imagerie 3D et 4D et les sondes matricielles. Les évolutions sont spectaculaires. Les stratégies adoptées par les sociétés sont à la fois intéressantes et relativement différentes.

GEMS, avec le rachat de la société KRETZ en 2001, reste toujours leader sur le secteur de l'acquisition volumique 3D temps réel et montre des images inédites en cardiologie foetale. Le marché donne l'impression de reconnaître ce savoir-faire. Les sociétés concurrentes reprennent globalement la même technologie chez MEDISON (la même que KRETZ) pour, au moins, proposer à leur client une solution commerciale. Dans l'attente des sondes matricielles, l'imagerie 3D se base donc sur l'acquisition de coupes jointives soit par balayage mécanique (technologie KRETZ et MEDISON) soit par balayage manuel.

Cependant, la conception de sonde 4D grâce à un balayage mécanique ou manuel est rapidement limitée : chute de la cadence image, poids des sondes, lourdeur des traitements informatiques. L'avenir de l'imagerie 3D et 4D appartient plutôt aux sondes matricielles. Ainsi, la société PHILIPS montre des images 3D temps réel acquises à l'aide d'une sonde matricielle en cardiologie, qui annoncent un saut technologique certainement au cours de l'année 2003. Cette année confirme enfin la possibilité, avec les sondes matricielles, d'avoir une image volumique temps réel. Un repère spatial autorise tous les déplacements et l'exploration à travers le volume dans les trois plans.

En revanche, la visualisation de l'image volumique apporte peu d'informations supplémentaires et pour voir de belles images de nouveau-nés, l'imagerie 3D surfacique par reconstruction reste plus attractive de par sa qualité esthétique.

Plus anecdotique, mais fonctionnant très bien, il faut citer une technique d'acquisition des coupes échographiques avec une sonde classique couplée à un capteur de positionnement spatial apposé sur la sonde. La société IôDP lance ainsi la sonde virtuelle. Pour pouvoir effectuer l'acquisition du volume à construire, un capteur spatial est placé sur la sonde. Cet outil, basé sur une technologie électromagnétique, donne en temps réel la position et l'orientation relative à un élément fixe produisant un champ magnétique et placé en regard de la sonde. Afin de reconstruire un volume isotropique et cohérent, l'acquisition doit se faire sur un organe à analyser dans sa totalité. Les données sont transmises en temps réel avec l'information spatiale à une station de travail munie d'un logiciel de construction 3D.

La sonde virtuelle IôDP fonctionne avec 6 degrés de liberté (x, y, z + trois angles de rotation), avantage de la technologie basée sur l'utilisation d'un champ électro-magnétique par rapport à d'autres techniques (gyroscopique par exemple) parfois limitées dans leur liberté spatiale.

Ce système est intéressant car relativement simple à mettre en oeuvre sur des échographes existants. Nous n'avons pas observé de partenariat avec d'autres fournisseurs pour cette technologie.

Offre industrielle
ALOKA

Dans la continuité des années précédentes, ALOKA présente sa gamme PROSOUND avec en haut de gamme les plates-formes SSD 5 000 et 5 500 suivies en milieu de gamme, du 4 000 et du 3 500 et de l'entrée de gamme SSD 1 400 et 1 700. Le PROSOUND 4 000 est dédié à la cardiologie alors que le 3 500 est un échographe généraliste.

ALOKA annonce cette année des progrès en matière d'échantillonnage du signal reçu avec par exemple l'implémentation d'un convertisseur 12 bits en lieu et place du précédent caractérisé par un niveau de 8 bits à partir des plates-formes SSD 4 000. La conversion du signal électrique issu des cristaux piézoélectriques s'effectuerait de façon plus fine avec une amélioration de la dynamique en contraste. Les images présentées apparaissent effectivement de meilleure qualité. Dans tous les cas, il s'agit avant tout de traitement du signal lié à une augmentation de puissance de calcul.

ALOKA, comme d'autres fournisseurs désormais, réalise une focalisation dynamique appelée Pixel Focus ; elle permet de maintenir une bonne résolution axiale même chez les patients peu échogènes. ALOKA conserve également depuis quelques années sa technologie dite « des sondes hémisphériques » destinées à réduire les phénomènes de lobes latéraux. Cette technologie s'intègre uniquement sur les sondes des plates-formes haut de gamme SSD 5 000 et SSD 5 500. Les sondes disposent d'une gamme de cinq fréquences différentes.

Sur le plan de l'imagerie harmonique, ALOKA possède une technique dite PHD (Pure Harmonique Detection). Il s'agit d'obtenir une image harmonique pure par le biais d'opérations soustractives entre l'image fondamentale et l'image harmonique. Le but est de réduire les artéfacts et de mieux différencier les tissus.

En ce qui concerne les études sur les produits de contraste, ALOKA est en cours d'évaluation comme la plupart des autres sociétés.

Enfin, on peut rappeler qu'ALOKA fabrique toute une gamme de sondes dont certaines sont destinées au bloc opératoire.

ESAOTE

La société ESAOTE se trouve désormais sous le contrôle à 100 % de l'industriel pharmaceutique BRACCO. Cet événement, très récent puisque l'offre publique d'achat finale remonte seulement à octobre 2002, signifie un accroissement de la souplesse financière de ESAOTE. Ce rachat détermine la politique à venir, tournée toujours plus vers l'utilisation des produits de contraste en ultrasons (PCUS) et un intérêt fort pour toutes leurs applications thérapeutiques. Le logiciel CTEI (Contrast Tissue Enhancement Imaging) dédié aux applications des PCUS intègre les dernières fonctionnalités adaptées aux caractéristiques des différentes micro-bulles. Le logiciel se décline également en applications spécifiques pour l'utilisation des PCUS sur le foie et la caractérisation tissulaire notamment appliquée aux tumeurs.

Côté nouveautés, ESAOTE lance le TECHNOS MPX, annoncé en 2001. Il s'agit de la plate-forme la plus puissante du fournisseur. Le TECHNOS MPX présente un environnement simple et clair basé sur une architecture PC et un système d'exploitation WINDOWS NT. Cet environnement a pour but de faciliter l'intégration des périphériques et des protocoles d'échanges selon différents formats, DICOM compris. Les données peuvent être enregistrées sur le disque dur afin de réaliser des mesures en temps réel ou différé, et être exportées vers un serveur d'images pour être traitées sur un système délocalisé.

Pour toujours plus de confort, le MPX est réglable en hauteur avec rotation droite et gauche des commandes et dispose d'un grand écran.

Autre nouveauté, le PICUS désormais disponible dans sa version 3.0. Rien de changé en apparence, mais cette plate-forme reste malgré tout originale, sorte de « combi » capable de se transformer en portatif ou en mobile selon les besoins. ESAOTE insiste particulièrement sur son intérêt en gynéco-obstétrique et plus généralement sur une nouvelle appellation dite « women's imaging » aux USA. De façon plus générale, ESAOTE compte aussi contrer le marché de l'occasion en proposant une machine neuve très abordable associée à des performances honorables.

GEMS

GEMS complète sa gamme LOGIQ. Après le LOGIQ 9 et LOGIQ 7, voici le LOGIQ 5 et le LOGIQ Book.

Le LOGIQ 5 est un échographe moyenne gamme pluridisciplinaire. Il inclut toutes les fonctionnalités nécessaires à l'échographie de routine. GEMS mise sur cet échographe avec un prix moyen, un faible encombrement et une architecture conviviale proche de celle de ses aînés.

Le LOGIQ BOOK est un échographe portatif avec une bonne qualité d'image et un écran de 26 cm. Il est doté des fonctions de base : Bmode, doppler couleur, doppler énergie et harmonique. Côté logiciel, il peut intégrer un certain nombre de « packages » spécialisés : cardiologie, vasculaire, obstétrique, etc. Sa mémoire autorise un archivage de 4000 images. Pour les échanges éventuels, toutes les classes DICOM sont disponibles.

Même si le discours est moins insistant qu'en 2001, GEMS continue à louer l'architecture de ses nouveaux échographes dite « TrueScan », concept que l'on retrouve sur toute la gamme LOGIQ. Il s'agit du traitement numérique des données, de l'émission à la réception jusqu'au au post-traitement. Ce concept se divise en fait en 3 : le codeScan, qui concerne le codage du pulse, le smartScan et le confortScan relatifs à l'interface logiciel et à l'ergonomie de la plate-forme.

Au-delà de l'argumentaire marketing, le codeScan correspond à une avancée technique réelle. En effet, chaque tir ultrasonore est constitué d'une signature codée qui sera retrouvée à la réception et permettra de soustraire les autres signaux formant les artefacts. Cette technique augmente le rapport signal sur bruit, accentue les contours, et autorise une meilleure pénétration des signaux même à des fréquences élevées : 20 cm avec une sonde 8 MHz.

L'innovation cette année réside également dans la présentation du codage multi-niveaux où chaque application bénéficie d'un brevet spécifique (codage en amplitude et temps). Cette technologie est utilisée pour des modes classiques d'échographie tels que le B-flow, et l'imagerie d'harmonique codée présente sur le LOGIQ 9.

Du côté des PCUS, GEMS travaille avec la société BRACCO, notamment sur les temps de vascularisation par la mise au point de « Trigger » pour quantifier la vascularisation artérielle et veineuse d'une tumeur.

Enfin, en ce qui concerne l'imagerie 3D temps réel ou 4D, GEMS annonce cette année la possibilité de visualiser l'ensemble du cycle des images de coeur foetal selon le mode 4D. La visualisation se fait dans les trois plans en temps réel sur une même fenêtre avec l'image volumique, le tout en mouvement. Le rachat de la société KRETZ a permis d'acquérir cette technologie. Une cadence de 16 à 25 volumes par seconde est désormais disponible sur le VOLUSON 730 Pro.

HITACHI

HITACHI décline cette année 3 nouvelles machines à partir de la base ALPHA. Il s'agit du Victora@ version II, de l'Alph@ qui intègre l'inversion de pulse et enfin de Omeg@, la machine la plus puissante. L'échographe haut de gamme Omeg@ contient, en plus de l'inversion de pulse, toutes les technologies et notamment le « Hi-Compound » qui consiste à former une image (compound imaging) par combinaison de plusieurs images coplanaires obtenues à partir d'émissions et de réceptions sous plusieurs incidences.

La fonctionnalité dite « Hi-RESolution » réalise quant à elle un filtrage spatial sur l'image au préalable segmentée ce qui permet d'augmenter la résolution en contraste. Il s'agit donc d'un procédé de post-traitement qui reprend l'esprit du XRES chez PHILIPS.

En tant que fabricant de sondes, HITACHI insiste sur les avancées dans ce domaine. Par exemple, les électrodes de stimulation des cristaux piézoélectriques possèdent une découpe prédéfinie. L'insertion de micro-sacs de gaz entre les éléments améliorerait la sensibilité ainsi que la bande passante de la sonde.

HITACHI continue également ses recherches sur une nouvelle technique de gestion des images 3D et 4D. La société mise sur les sondes matricielles bi-convexes de 12 888 éléments soit 192 par 64. Le traitement d'une telle sonde se ferait par sélection annulaire de l'excitation des cristaux. Ainsi, la sonde serait divisée en 32 anneaux excités les uns après les autres formant autant de volumes comparables à ceux produits par une sonde annulaire seule. Cette technique permet une gestion de la sonde matricielle compatible avec les possibilités de connections et de traitement des signaux actuelles. D'autre part, la focalisation se fait dans les 2 plans ce qui permet de bénéficier d'une bonne résolution spatiale sans dégradation prématurée. Par contre, cette technique exige des temps de commutation très courts au niveau des multiplexeurs et du formateur de faisceaux. Une fois les 32 volumes acquis, l'échographe reconstruit le volume en temps réel.

Une spécificité de la société HITACHI est de s'intéresser à des techniques d'élastographie. Il s'agit d'une technique qui consiste à comprimer un tissu pour en déterminer la dureté (un tissu mou se comprime plus vite) à travers un algorithme utilisant le module de Young pour mesurer les contraintes. On obtient une image contrastée par les différentes contraintes mesurée sur les tissus. L'application principale est la détection des tumeurs du sein et la détermination de la malignité, le suivi thérapeutique et l'étude de l'artériosclérose.

Enfin, HITACHI dispose de plates-formes échographiques compatibles DICOM et sous environnement WINDOWS, ce qui permet aux données de s'intégrer dans un système global de PACS (Picture Archive and Communication System).

PHILIPS

PHILIPS renouvelle sa gamme d'échographe comme annoncé aux JFR cette année avec la combinaison de plusieurs machines : l'HDI 5000 échographe haut de gamme avec des évolutions technologiques importantes, le HDI 4000 sorti en juillet 2002, et l'ENVISOR, premier échographe moyenne gamme dissocié des gammes ATL/AGILENT et véritablement estampillé PHILIPS.

L'échographe HDI 5000 subit de grosses évolutions cette année. En effet, s'il porte le même nom, PHILIPS indique que l'ensemble de son architecture interne et ses processeurs ont été changés pour accroître ses performances. Sur le plan de l'ergonomie, l'échographe dispose d'une meilleure mobilité du moniteur et de la possibilité de régler la position de l'ensemble de l'échographe. Malgré tout, cette transformation a eu lieu au détriment du poids et du volume, puisque le nouvel HDI 5000 apparaît comme particulièrement encombrant. Il s'agit néanmoins d'une machine qui n'est pas destinée à être déplacée.

Au niveau des fonctionnalités, PHILIPS ajoute, comme chaque année désormais, une touche de plus à son panel de fonctions avancées. Après la technique SONOCT sortie en 2000 puis le procédé de post-traitement XRES lancé en 2001, voici pour 2002 la touche iSCAN. Sous ce nom se cache en fait une optimisation intelligente des paramètres. Quel que soit le réglage de départ, l'échographe retrouve seul les paramètres de réglage censés afficher une image de qualité. Cette fonction opère aussi bien en imagerie (gain, fréquence, focalisation) qu'en Doppler (Gain, PRF, angle). D'après PHILIPS, iSCAN pourrait augmenter nettement la productivité et le confort des utilisateurs ; les néophytes y trouveront aussi leur compte.

Concernant les fonctionnalités SonoCT et XRES, il est possible cette année d'activer ces deux techniques en même temps sur certaines sondes large bande HDI.

PHILIPS sort cette année l'ENVISOR, nouvel échographe performant, destiné à des applications standards et proposé pour un prix raisonnable. L'EnVisor se distingue par une ergonomie confortable et une grande mobilité de ses éléments. En urgence, son allumage en moins d'une minute intéressera les opérateurs tout comme ses capacités d'interfaces DICOM et ses périphériques : disquette, MOD, graveur. Outre les connecteurs à broches traditionnelles, PHILIPS intègre de nouveaux types de connecteurs dits « cartridge » ; plus légers et plus simples, ils garantissent un coût de sondes annoncé comme moindre. Selon les sondes disponibles, l'acheteur pourra choisir jusqu'à 2 connecteurs cartridges sur les 4 connecteurs actifs. On notera également le Fusion Signal Processing, nouveau petit icône triangulaire presque anodin mais qui permet à l'opérateur de choisir plusieurs fréquences à l'émission et de sélectionner chaque fréquence en réception. Enfin, l'EnVisor dispose de l'inversion de pulse, de la visualisation double vue du mode B et Doppler et du Doppler adaptatif (adaptation de la fréquence d'émission en fonction de la profondeur sélectionnée). En option, cet échographe peut recevoir un module cardiologique.

L'HDI 4000, lancé au congrès de Vienne mi-2002, est un échographe orienté obstétrique et gynécologie. Il reçoit une sonde 3D repris à la société MEDISON qui permet de faire du 4D avec une cadence de 9 volumes par seconde. Mais cette technologie apparaît comme une solution d'attente. La société dispose d'une sonde matricielle des plus performantes qui permet l'acquisition de 30 images par seconde. Formée de 3 000 éléments, la numérisation du signal s'effectue dans le corps de sonde. On obtient des images multi planaires en temps réel. PHILIPS réalise là une avancée majeure.

Enfin, PHILIPS dispose d'un échographe portatif appelé OptiGo dédié à la cardiologie. Mais pour l'instant, la société attend l'évolution du marché sur ce type de machine.

SIEMENS

On assiste cette année à la fin de l'intégration de la société ACUSON au sein de la société SIEMENS avec la clarification des lignes de produits :

  • Une gamme SONOLINE pour la radiologie ;
  • Une gamme ACUSON pour la cardiologie.

Ces 2 dernières années, SIEMENS a entièrement renouvelé sa gamme d'échographes : l'ADARA en 2000, l'ANTARES en 2001 et cette année, la venue du G50 et de G60S pour compléter la gamme. Quant au SEQUOIA, il se positionne au sommet de ces 2 gammes comme le fer de lance des produits ultrasons chez SIEMENS.

La plate-forme SEQUOIA reste cette année l'échographe haut de gamme avec l'imagerie compound fréquentielle et spatiale, la technologie du CHIRP (codage du signal multifréquentiel en une seule impulsion), ce qui confirme la qualité du formateur de faisceau. Cette année, la version 7 permet de gérer des signaux encore plus complexes et de gagner en profondeur à des fréquences élevées (8 cm pour une sonde 15 MHz) et sans dégradation d'image (cadence préservée).

Les échographes G50 et G60S sont équipés d'une interface et d'un design strictement identiques et se différencient avant tout par leur puissance de calcul et la possibilité pour le G60S de bénéficier de la technologie des sondes HANAFY (que l'on retrouve sur l'ANTARES et le SEQUOIA). Outre les nombreuses fonctionnalités de base (B, M, Doppler, Énergie), ils intègrent l'imagerie harmonique tissulaire (THI), le Doppler Énergie directionnel ainsi que des extensions de communication telles que le format DICOM. Le G50 se situerait plutôt dans des activités d'obstétrique et de gynécologie, d'urologie, de vasculaire superficiel, d'abdominal voire de cardiaque de premier niveau par l'intermédiaire d'une option. Le G60, plus puissant, reprend ces activités et les étend à une gamme d'utilisation plus large, avec une forte composante cardiologique lorsqu'il est équipé des logiciels spécifiques. Par ailleurs, le G60 intègre de base le DIMAQ, une station de travail interne qui facilite la manipulation, la gestion des images acquises, l'impression et l'édition de rapports.

L'ANTARES, présenté au RSNA 2001, propose dès cette année une évolution appelée Version II qui comprend des améliorations en imagerie abdominale et de nouvelles options telles que l'imagerie 4D (Real Time Imaging), l'imagerie composée (compound imaging : SieClear = MultiView Spatial Imaging), le panoramique sous mode doppler (SieScape sous Doppler). L'ANTARES reprend la fonction TEQ (Tissu Equalization), dévoilée en 2001 sur la version 6 du SEQUOIA, le TEQ permet un réglage de gain automatique adaptatif. Ce glissement de technologie annonce également la stratégie globale de développement pour la gamme ultrason qui consiste à décliner les avancées technologiques du SEQUOIA sur les autres plates-formes.

Enfin, la société SIEMENS dispose toujours d'un échographe portatif, le CYPRESS, dédié à la cardiologie avec en étude le développement d'une sonde trans-oesophagienne.

TOSHIBA

La société TOSHIBA reste sur sa lancée de 2001 avec deux échographes : la plate forme APLIO pour le haut de gamme et le NEMIO, un échographe moyenne gamme compact et polyvalent, décliné en version 10, 20 et 30 selon les applications intégrées. L'échographe Power Vision Performance reste au catalogue.

L'échographe APLIO dispose d'une architecture Teraprocessing qui optimise la vitesse de calcul avec notamment la présence à l'émission de 192 vrais canaux sans multiplexage. TOSHIBA, comme les autres fournisseurs, travaille sur des logiciels d'automatisation des différentes étapes de l'examen échographique permettant aux échographistes de s'affranchir des réglages consommateurs de temps (iASSIST chez TOSHIBA, l'équivalent de ConfortScan chez GEMS).

La technologie Compound est intégrée aux plates-formes NEMIO et APLIO avec, semble-t-il, l'ajout d'une variation des fréquences d'émission.…

TOSHIBA généralise également la technologie de Pulse soustraction permettant d'améliorer les techniques anciennes de second harmonique et d'inversion de pulse ce qui permet notamment d'éviter une baisse de la cadence image habituellement observée quand on passe sur ces modes.

MEDISON

MEDISON maintient ses efforts malgré les difficultés financières vécues au cours de l'année 2002. Elle est finalement tombée sous le coup d'une administration spéciale propre à la réglementation coréenne jusqu'au recouvrement de son équilibre. La société devrait pour autant rester dans la course ; un plan d'action s'est mis en place en mars 2002 avec notamment un recentrage sur le métier des ultrasons, des alliances stratégiques en recherche et développement, et un assainissement de l'unité financière.

MEDISON présente un nouveau produit, déjà annoncé l'année dernière et qui porte désormais le nom de ACCUVIX XQ. Disponible fin 2003, il s'agit d'une plate-forme haut de gamme dotée d'une technologie numérique et des derniers développements tels que l'imagerie « compound », l'auto optimisation des images, etc. On retrouve l'ensemble du savoir-faire MEDISON en terme d'échographie et dont on peut estimer finalement l'ampleur en regard du succès du VOLUSON 730 désormais sous la coupe de GEMS, et issu du partenariat KRETZ-MEDISON. Les possibilités de post traitement intégré semblent attractives avec une possibilité d'échange des images selon de nombreux formats (jpeg, .tiff, .bmp et DICOM), des facilités de connexion et de nombreux couplages de périphériques. Le système dispose du logiciel SONOVIEW II utilisé dans la manipulation des images 3D avec des modules d'analyse quantitative de type MPR et des mesures automatiques du volume.

Fort du succès du SONOACE, MEDISON travaille aussi sur le SONOACE PICO. De la taille d'un attaché-case, cet échographe couleur intègre un système d'exploitation LINUX et des ports de communication censés faciliter la connexion à un réseau local. Il dispose en outre du logiciel SONOVIEW LITE utilisé pour le tri et le management des images. Destinée à la médecine interne, la radiologie, la gynécologie, et la cardiologie, cette plate-forme sera également disponible fin 2003.

SONOSITE

La société SONOSITE apparaît comme une société particulièrement dynamique. Au cours de l'année 2002, de nombreuses informations étaient disponibles sur Internet pour permettre de suivre son succès commercial : augmentation du chiffre d'affaire, 5 000 e échographe de transport vendu fin 2001, etc. L'engouement des systèmes portatifs aux USA est réel.

En plus des échographes portatifs déjà commercialisés (SONOHEART PLUS et SONOHEART ELITE), SONOSITE présente cette année une gamme très spécialisée appelée I-LOOK. L'objectif est sans doute de renforcer le caractère portatif avec un poids avoisinant les 1,5 kg et un prix très attractif (autour de 15 000 $).

I-LOOK correspond en fait à 2 appareils portatifs, appelés I-LOOK 15 et I-LOOK 25, entièrement numériques et qui possèdent strictement le même design avec un écran LCD de 14 cm ?, une mémoire de 60 images, et les modes de base en imagerie et Doppler (selon la sonde). Le I-LOOK 15, est muni d'une sonde convexe de 15 mm (fréquence 4 à 2 M Hz). Cette configuration lui confère une utilisation en abdominal voire en cardiologie. Le I-LOOK 25, avec sa sonde linéaire 25 mm (fréquence 10-5 M Hz) est plutôt dédié à l'assistance lors de drainage, biopsies et explorations nécessitant un guidage d'appoint.

Enfin, SONOSITE a mis au point une sonde intra-opératoire destinée à la chirurgie vasculaire. Appelée Hockey Stick Transducer (HST), elle ressemble effectivement à une crosse de hockey. SONOSITE tente donc de se positionner pour toucher le marché intra-opératoire en espérant que certaines firmes viennent chercher cette sonde pour l'adapter à des échographes haut de gamme. Pour l'instant, l'HST fonctionne avec le SONOHEART PLUS et le SONOHEART ELITE.

Conclusion

Le congrès du RSNA 2002 montre qu'il s'agit d'une année de stabilisation et de structuration pour les sociétés, même si des fusions restent toujours possibles. Les nouveautés sur les produits et sur les technologies sont basées sur les concepts d'amélioration de l'image et d'utilisation facilitée des machines. De leur côté, les applications spécifiques comme les produits de contraste ou les sondes 3D continuent à évoluer.

L'échographie est certes une modalité silencieuse mais qui fait beaucoup de petits pas technologiques. C'est une modalité qui détient une place importante dans le budget hospitalier, même si pris isolément, les investissements semblent moins élevés. La vigilance est donc de mise et indispensable sur les outils utilisés, nécessaires et réels à mettre au service des échographistes.





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