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Journal de radiologie
Vol 84, N° 7-8  - juillet 2003
pp. 885-900
Doi : JR-07-08-2003-84-7-8-C2-0221-0363-101019-ART2
Radioanatomie des sinus de la face
 

P Champsaur, T Pascal, V Vidal, JY Gaubert, JM Bartoli, G Moulin
[1]  Service de Radiologie et Imagerie Médicale, Hôpital de la Timone, 254 rue Saint Pierre, 13385 Marseille Cedex 5.

Tirés à part : P Champsaur,

[2]  E-mail :

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La radio anatomie des sinus paranasaux ou sinus de la face est complexe. En effet, ces sinus se développent au sein des os de la face et de la base du crâne. Ils communiquent tous entre eux et avec la cavité nasale. La topographie des anomalies touchant les sinus est un élément déterminant dans l'identification de la pathologie en cause rendant la connaissance de la radioanatomie indispensable. Les principales variations anatomiques doivent être reconnues et identifiées car elles permettent de limiter les risques de la chirurgie endonasale. La technique de référence pour l'étude de la radioanatomie des sinus paranasaux reste la tomodensitométrie.

Les objectifs sont, d'une part de savoir décrire la radioanatomie en tomodensitométrie de la cavité nasale et des sinus paranasaux et, d'autre part de savoir identifier les principales variations anatomiques.

Abstract
Imaging anatomy of the paranasal sinuses

The imaging anatomy of the paranasal sinuses presents some complexity. The paranasal sinuses develop within facial and cranial bones. They communicate with one another and with the nasal cavity. Knowledge of normal anatomy is mandatory for accurate diagnosis of sinonasal pathology. The most frequent anatomical variants should be identified to decrease surgical risks. CT is the main imaging modality for the evaluation of sinonasal pathology.

Learning objectives: to review the normal sinonasal anatomy and its frequent anatomical variants at CT imaging.


Mots clés : Massif facial , Scanner , Sinus, anatomie

Keywords: Paranasal sinuses, anatomy , Paranasal sinuses, CT


Les sinus de la face ou sinus paranasaux sont un ensemble de cavités aériennes développées au sein du massif facial. Ces cavités présentent deux caractéristiques fondamentales : elles communiquent directement ou indirectement avec la cavité nasale et elles sont tapissées, par une même muqueuse de type respiratoire. Ces caractéristiques s'expliquent par l'embryologie. En effet, c'est la muqueuse de la cavité nasale primitive qui va « creuser » les différents sinus au sein des pièces osseuses adjacentes du massif facial pouvant pour une même cavité sinusienne être limitées par plusieurs os du crâne. De part et d'autre de la cavité nasale, il existe des sinus maxillaires, frontaux, sphénoïdaux et des labyrinthes ethmoïdaux. Chacune de ces cavités portent le nom de la pièce osseuse au sein de laquelle elle s'est principalement développée.

Après un très bref rappel embryologique, nous débuterons par l'étude analytique des pièces osseuses au niveau desquelles les cavités sinusiennes s'étendent en précisant les principales variations, puis nous étudierons la radioanatomie globale des cavités sinusiennes. L'imagerie en coupes tomodensitométriques est la technique de référence pour l'exploration radioanatomique des cavités sinusiennes. Nous l'avons choisie pour l'ensemble de nos coupes en imagerie tomodensitométrique en précisant que la radioanatomie IRM est strictement superposable.

Embryologie

Les gouttières olfactives apparaissent à la 5 e semaine chez l'embryon. Elles vont se creuser dans le massif facial pour donner la cavité nasale primitive vers la 9 e semaine. L'hypothèse la plus probable est que ce soit la muqueuse de cette cavité nasale primitive qui, par une activité « lytique », lyse les structures anatomiques adjacentes afin de « creuser » la cavité nasale puis les sinus paranasaux. C'est cette origine qui explique que l'ensemble des sinus paranasaux se draine dans la cavité nasale à partir de laquelle ils se sont développés. On peut remarquer, qu'il existe plusieurs bourgeons muqueux « lytiques » ayant des trajets différents. Pour une même cavité nasale droite ou gauche, il existe donc plusieurs sous-ensembles de cavités sinusiennes qui ont un même bourgeon comme origine et qui se drainent en un même méat au sein de la cavité nasale. Les deux sous-ensembles principaux sont

  • sinus maxillaire, ethmoïde antérieur, sinus frontal ;
  • ethmoïde postérieur, sinus sphénoïdal.

Il existe trois bourgeons principaux

  • * Le bourgeon inférieur, le plus bas situé va creuser le méat inférieur et la face inférieure du cornet inférieur.
  • * Le bourgeon intermédiaire va, d'une part creuser la face supérieure du cornet inférieur et la face inférieure du cornet moyen (c'est-à-dire le méat moyen), d'autre part se diviser en
    • un bourgeon ascendant : le recessus ethmoïdo-frontal qui creusera l'ethmoïde antérieur et le sinus frontal ;
    • un bourgeon descendant qui creusera le sinus maxillaire.

Le cul-de-sac entre ces deux bourgeons de division du bourgeon intermédiaire constitue l'infundibulum. Cet exemple du bourgeon intermédiaire permet de comprendre deux notions fondamentales

  • d'une part, l'unité de drainage du sinus maxillaire, de l'ethmoïde antérieur, et du sinus frontal ;
  • d'autre part, la signification d'une racine cloisonnante qui représente au sein de l'ethmoïde la limite entre des cellules ayant pour origine un bourgeon différent. Ces bourgeons, avant de creuser l'ethmoïde, ont isolé une structure (racine cloisonnante) au sein de la cavité nasale qui donne son nom à la limite entre les cellules ethmoïdales à l'origine et au drainage différents. La racine cloisonnante du cornet moyen limite les cellules ethmoïdales antérieures creusées par le bourgeon intermédiaire et les cellules ethmoïdales postérieures creusées par le bourgeon supéro-postérieur.

  • * Le bourgeon supéro-postérieur va creuser les cellules ethmoïdales postérieures, le sinus sphénoïdal et le méat supérieur (fig. 1a).

Étude analytique
Os maxillaire – Sinus maxillaire

L'os maxillaire limite en grande partie le sinus maxillaire. C'est un os pair et symétrique. Sa morphologie globale est celle d'une pyramide dont le sommet est latéral et la base médiale. Il présente un corps avec trois faces (jugale, orbitaire, infra-temporale) et quatre processus (frontal, palatin, zygomatique, alvéolaire) (fig. 1). Le corps pyramidal de l'os maxillaire présente une face antéro-latérale ou jugale en rapport direct avec la face profonde de la joue. Sa face supérieure est appelée orbitaire, elle constitue le plancher de l'orbite (fig. 2). La face postéro-latérale ou infra-temporale présente une convexité postérieure et médiale appelée tubérosité maxillaire ; elle est en rapport avec les espaces profonds de la face. Le processus frontal s'articule avec l'os frontal et présente une direction caudo-craniale. Il répond sur sa partie médiale à la cavité nasale s'articulant avec l'ethmoïde. Latéralement, il est directement en rapport avec le sac lacrymal. Le processus palatin constitue, avec son homologue controlatéral, la partie antérieure du palais dur. Le processus zygomatique s'articule avec l'os du même nom. Il semble prolonger le sommet de la pyramide et présente une direction relativement horizontale. Le quatrième processus du maxillaire ou processus alvéolaire, inférieur et arciforme, est creusé par des alvéoles dentaires au nombre de huit. L'alvéole canine est la plus profonde. Les racines dentaires présentent donc des rapports particulièrement intimes avec le plancher du sinus maxillaire, expliquant la fréquence des sinusites maxillaires d'origine dentaire (fig. 3). En cas de dent incluse, la racine dentaire peut se situer dans le sinus maxillaire. La cavité creusée au sein du corps du maxillaire est le sinus maxillaire (fig. 4). Ce sinus maxillaire est en rapport, à travers les différentes faces du corps maxillaire, avec la région jugale en avant et latéralement, avec l'orbite à travers sa face supérieure orbitaire et avec les espaces profonds de la face par sa face postérieure. Il est à noter que sur l'os sec, l'orifice du sinus maxillaire est particulièrement large. Cet aspect n'est pas celui du massif facial en place. La fermeture partielle de cet orifice est réalisée par le processus maxillaire du cornet inférieur (fig. 6), par le processus unciforme de l'ethmoïde et par l'os palatin dans sa portion sagittale. Il en résulte un orifice final réduit situé au-dessus du cornet inférieur dans le méat moyen.

Ethmoïde – Labyrinthe ethmoïdal
L'ethmoïde

L'ethmoïde est un os impair et médian, composé de deux labyrinthes ethmoïdaux appelés antérieurement masses latérales (fig. 5). Ils sont creusés par le labyrinthe ethmoïdal droit et gauche qui constituent le véritable carrefour des sinus paranasaux, clef de la compréhension de la radioanatomie et de la pathologie des sinus. Les labyrinthes ethmoïdaux sont deux petits parallélépipèdes reliés entre eux, à leur partie supérieure, par une lamelle osseuse horizontale nommée : lame criblée.

La lame criblée

La lame criblée est, en effet, percée de multiples orifices qui laisseront passage aux fibres olfactives de la première paire crânienne. La lame criblée sépare la cavité nasale de la cavité crânienne. Son caractère fin et criblé en fait une zone de communication potentielle entre les fosses nasales et les espaces extra-duraux (fig. 6). Lors des traumatismes, une fracture de cette lame criblée peut être responsable d'une rhinorrhée de liquide cérébrospinal avec un risque important de méningite. Cette lame criblée est également une voie privilégiée d'extension des tumeurs des fosses nasales vers l'endocrâne. À sa partie médiane, elle est divisée en deux par une lame osseuse sagittale qui est la lame perpendiculaire (fig. 7).

La lame perpendiculaire

La lame perpendiculaire participe au cloisonnement de la cavité nasale en une hémicavité droite et gauche. Elle n'est pas le seul élément constitutif de la segmentation des fosses nasales puisque en arrière et vers le bas, l'os vomer complète la lame perpendiculaire pour constituer la cloison nasale (fig. 8).

Les labyrinthes ethmoïdaux

Les labyrinthes ethmoïdaux anciennement appelés masses latérales, présentent une morphologie quadrilatère. Ils sont creusés de cavités, appelées anciennement cellules ethmoïdales, qui ne sont en fait pas des cellules isolées, mais communiquent entre elles à la manière d'un authentique labyrinthe osseux. Ce labyrinthe n'est pas unique et toutes les cavités d'un labyrinthe ethmoïdal d'un côté ne communiquent pas toutes entre elles. Il existe une organisation de chaque labyrinthe ethmoïdal que nous verrons ultérieurement.

Les faces des labyrinthes

  • Sur ses faces superficielles dorsales et craniales, le labyrinthe ethmoïdal présente une particularité anatomique importante : les cavités les plus superficielles ne sont que des hémicavités. Elles forment une cellule complète en se joignant avec une hémicavité sphénoïdale (cellules dorsales) ou une hémicavité frontale (cellules craniales) (fig. 9). Au niveau de l'os frontal, ces hémicavités se situent sur la partie dite nasale de part et d'autre de l'incisure ethmoïdale de l'os frontal, en dehors de la partie orbitaire. Ces hémicavités sont, en fait, des cellules ethmoïdales qui se sont développées au-delà de l'ethmoïde pour gagner l'os frontal. Les sinus frontaux ne sont qu'une forme hypertrophique de ces hémicavités. On peut donc mieux comprendre que les sinus frontaux ne soient considérés que comme des cellules antérieures de l'ethmoïde particulièrement développées. La topographie du drainage des sinus frontaux et le canal nasofrontal est parfaitement expliquée par cette conception. La face supérieure du labyrinthe ethmoïdal n'est pas directement en rapport avec la cavité crânienne, mais, l'est au travers de l'os frontal qui, à la manière d'un couvercle, vient fermer chacun des labyrinthes ethmoïdaux. Seule la lame criblée, qui se projette au niveau de l'incisure ethmoïdale de l'os frontal, se trouvera directement en rapport avec la cavité crânienne. Sur cette partie endocrânienne de la lame criblée apparaît un élément osseux saillant antérieur qui prolonge la lame perpendiculaire au niveau de l'endocrâne : l'apophyse crista galli (fig. 10).
  • La face latérale des labyrinthes ethmoïdaux

Elle est directement en rapport avec l'orbite dont elle constitue un élément important de la paroi médiale. Cette lame osseuse particulièrement fine s'appelle la lame orbitaire (fig. 11), appelée précédemment lame papyracée ou os planum. Son caractère fin explique le rapport anatomique très important entre le labyrinthe ethmoïdal et la cavité orbitaire. Cette finesse est importante à connaître dans les traumatismes de l'orbite où la fracture de cette lame est relativement fréquente. Cette fracture ne doit pas être confondue avec l'aplasie partielle de la lame orbitaire qui est une absence congénitale d'un petit segment de cette lame (fig. 12). La présence de cette variante anatomique doit être connue et signalée, car elle présente le risque, lors de la chirurgie endoscopique du labyrinthe ethmoïdal, de faire communiquer la cavité nasale et l'orbite sans qu'aucune limite osseuse n'indique au chirurgien son passage dans l'orbite.

  • La face médiale de chaque labyrinthe ethmoïdal est directement en rapport avec les fosses nasales (fig. 13).

Alors que la face orbitaire est lisse, la face médiale présente d'importants reliefs. Ces reliefs sont constitués par des lamelles osseuses recourbées sur elles-mêmes. Ces lamelles osseuses constituent successivement en crânio-caudal les cornets suprême, supérieur et moyen (fig. 14). Le cornet suprême est, donc le plus cranial, postérieur et court. Le cornet supérieur est un peu plus caudal et un peu plus large. Enfin, le plus volumineux est le cornet moyen. Les cornets suprême, supérieur et moyen ne sont donc que des émanations de la face nasale du labyrinthe ethmoïdal alors que le cornet inférieur constitue un os propre de la face. Chacun des cornets segmente une hémicavité nasale en « étages » incomplets appelés méats. Ils décomposent le flux aérien en augmentant la surface de contact entre l'air pénétrant dans les fosses nasales et la muqueuse de ces cavités. Ce contact permet le réchauffement et l'humidification de l'air inspiré par la muqueuse. Le cornet moyen semble se prolonger au sein du labyrinthe ethmoïdal et participer à son cloisonnement, par ce qu'on appelle la racine cloisonnante du cornet moyen. Elle représente un élément de segmentation fondamentale dans la systématisation de l'ethmoïde que nous verrons ultérieurement. Il en est de même pour les cornets suprême et supérieur mais avec une moindre importance.

  • Les variations morphologiques de l'ethmoïde

Elles sont importantes à connaître. Il s'agit de la dysharmonie du toit de l'ethmoïde, de la déhiscence du toit de l'ethmoïde et de la déhiscence de la lame criblée ou la lame orbitaire. La dysharmonie du toit de l'ethmoïde (fig. 15)est intra-ethmoïdale, dans 12 % des cas, et se situe entre l'ethmoïde et le sphénoïde dans le plan sagittal, dans 8 % des cas. La déhiscence du toit de l'ethmoïde (fig. 16)est d'une fréquence inférieure à 1 % des cas, comme la déhiscence de la lame criblée. Ces déhiscences sont responsables de méningocèles pouvant donner des images troublantes, en particulier dans le plan coronal. L'asymétrie de hauteur droite-gauche du toit de l'ethmoïde a une fréquence d'environ 10 % : la droite est inférieure à la gauche, dans 8,6 % des cas, de 2 à 7 mm et la gauche est inférieure à la droite dans 1,2 % des cas, avec une différence inférieure à 2 mm. L'asymétrie de hauteur droite-gauche est surtout antérieure. La déhiscence de la lame papyracée, toujours antérieure, a une fréquence située entre 1 et 5 %. L'élément sémiologique fondamental pour l'identifier est la présence de graisse orbitaire dans le labyrinthe ethmoïdal, en particulier dans la bulle de l'ethmoïde antérieur. Il n'existe pas de remaniement inflammatoire ou infiltratif à ce niveau. Les différents cornets limitent les méats. Chaque méat porte le nom du cornet qui le limite à sa partie supérieure ; le méat moyen est donc situé en dessous du cornet moyen. Il existe des variations de la pneumatisation des cornets. La plus connue est la concha bullosa (fig. 17). Il s'agit d'une pneumatisation du cornet moyen. Cette pneumatisation peut être très importante sans caractère pathologique. De la face médiale de l'ethmoïde se détache une petite lamelle osseuse orientée en crânio-caudal et, vers l'avant, appelée le processus unciné. Il va venir cloisonner partiellement l'ouverture du sinus maxillaire (fig. 18)et se terminer au contact de la face médiale du corps du maxillaire. Le processus unciné peut être l'objet de pneumatisation. Il peut aussi être collé à la paroi de l'orbite. Il existe parfois des inversions de sa courbure naturelle.

La systématisation du labyrinthe ethmoïdal (fig. 19)est importante à connaître

  • Elle est basée sur les communications et le drainage dans les cavités nasales du labyrinthe ethmoïdal. On peut ainsi définir un cloisonnement antéro-postérieur au sein du labyrinthe ethmoïdal divisé alors en ethmoïde antérieur et postérieur. Ce cloisonnement tient compte de l'étage du drainage des cavités dans les fosses nasales. En effet, l'ethmoïde antérieur se draine dans le méat moyen, alors que l'ethmoïde postérieur se draine dans le méat supérieur.
  • La séparation entre l'ethmoïde antérieur et postérieur est constituée par une lamelle osseuse qui présente une morphologie en « S » dont la partie la plus antérieure est située sur la face médiale du labyrinthe ethmoïdal. Cette lame en « S » dans le plan horizontal est la racine cloisonnante du cornet moyen précédemment citée. Mais, au-delà de cette segmentation de base, il existe aussi une systématisation de chaque partie (antérieure et postérieure) de l'ethmoïde.

  • L'ethmoïde antérieur

Il est divisé par la racine cloisonnante de la bulle en des cellules situées en avant, appelées système pré-bullaire, et des cellules situées en arrière, appelées groupe de la bulle. Ce groupe de la bulle est en réalité une seule et volumineuse cellule. La bulle ethmoïdale est une cellule unique pour chacun des labyrinthes ethmoïdaux. Elle est située en avant de la racine cloisonnante du cornet moyen et en arrière de la cloison coronale que constitue la racine cloisonnante de la bulle. En revanche, le groupe pré-bullaire est divisé par une cloison sagittale médiane, la racine cloisonnant du processus unciné, en cellules de l'unciné en dehors et cellules méatiques en dedans.

  • Il existe des variations de pneumatisation de la cellule unciformienne antérieure. Cette pneumatisation peut être très importante et appelée, dans ce cas, agger nasi. La cellule unciformienne inférieure peut être également très pneumatisée, venir quasiment dans le plancher de l'orbite et s'appeler la cellule de Haller.
  • Le processus unciné est une lame osseuse appendue au labyrinthe ethmoïdal dirigé en bas et en arrière. Il est, le plus souvent, caché par le cornet moyen. Il limite, avec la bulle, une gouttière appelée l'infundibulum ethmoïdal. Le sinus frontal par le canal nasofrontal, les cellules ethmoïdales antérieures et le sinus maxillaire viennent s'aboucher dans l'infundibulum. Le méat des cellules méatiques et de l'unciné s'ouvre à la partie inférieure de cette gouttière. Le sinus frontal n'est, comme nous l'avons vu, qu'une expansion au sein de l'os frontal d'une cellule de l'ethmoïde antérieur, communiquant par le canal nasofrontal avec l'infundibulum.

  • L'ethmoïde postérieur

Il est constitué de cellules postérieures divisées, dans le plan coronal, en cellules avancées les plus antérieures, centrales à la partie moyenne et reculées à la partie la plus postérieure. Les reculées portent également le nom d'Onodi. Le drainage de ces cellules postérieures se fait en arrière et en haut du cornet moyen dans le méat supérieur comme les sinus sphénoïdaux. Le développement de la pneumatisation est parfois très important avec expansion de cellules dans le sinus maxillaire.

Sphénoïde – Sinus sphénoïdal – Sinus frontal

Le sphénoïde est le siège des sinus sphénoïdaux, situés en arrière des labyrinthes ethmoïdaux et qui sont les sinus paranasaux les plus postérieurs. Le sphénoïde est un os qui participe, comme l'ethmoïde et le frontal, à la constitution de la base du crâne. Il est situé en arrière de l'ethmoïde. Seul le corps, partie centrale de cet os impair et médian, est intéressé par les sinus de la face. En effet, les petites ailes et les grandes ailes du sphénoïde participent à la constitution de la base du crâne et, partiellement, de la calvaria, mais n'entrent pas dans la constitution des sinus. Les processus ptérygoïdes qui sont appendus à la face inférieure du sphénoïde ne participent pas eux non plus à la constitution des cavités sinusiennes. Ils présentent, en revanche, un rapport antérieur à leur partie distale avec la face postérieure du corps du maxillaire droit et gauche en venant s'y accoler. L'espace limité entre la face postérieure du maxillaire et la face antérieure des processus ptérygoïdes avant qu'ils ne s'accolent correspond à la fosse ptérygopalatine. Cette fosse est le prolongement médial de la fosse infra temporale dont elle est séparée par la fissure ptérygomaxillaire.

Le corps du sphénoïde présente 6 faces. Il est marqué, à sa partie supérieure, par l'empreinte de la fosse hypophysaire dans laquelle se loge la glande hypophyse. Il est creusé d'une cavité sinusienne divisée, par le septum des sinus sphénoïdaux, en deux sinus droit et gauche (fig. 20).

  • La paroi antérieure de ce corps du sphénoïde présente, à droite et à gauche, des hémicellules qui ferment en arrière les labyrinthes ethmoïdaux. Dans ces hémicellules, se trouve la partie médiane de la face antérieure du corps du sphénoïde qui est marquée par une crête sur la ligne médiane prolongeant le septum des sinus sphénoïdaux vers l'avant. De part et d'autre de cette crête, on note la présence de l'orifice d'ouverture des sinus sphénoïdaux.
  • La face inférieure du corps du sphénoïde présente également une crête médiane. C'est sur cette crête médiane que vient se positionner le bord supérieur du vomer. Le vomer est un os de la face qui participe à la constitution de la cloison nasale. Cette face inférieure du sphénoïde est en rapport avec le toit de la partie postérieure des fosses nasales et, plus en arrière, avec le toit du nasopharynx. Cette partie orbitaire de la grande aile du sphénoïde vient limiter avec la petite aile la fissure orbitaire supérieure. Cette fissure orbitaire supérieure fait communiquer l'orbite avec l'endocrâne alors que la fissure orbitaire inférieure fait communiquer l'orbite avec les espaces profonds de la face.
  • Le corps du sphénoïde présente des rapports anatomiques particulièrement importants que sont, à sa partie postérieure, les carotides internes, à sa partie supérieure et latéralement les nerfs optiques, latéralement le sinus caverneux et à la partie supérieure, en regard de la fosse hypophysaire, la glande hypophyse. Ces rapports anatomiques sont importants car, d'une part ils représentent des zones d'extension d'une éventuelle tumeur sphénoïdale. D'autre part, ils présentent des variations anatomiques. Celles-ci sont importantes à connaître car, si elles existent, elles peuvent présenter un risque chirurgical, en particulier, dans la chirurgie endosinusienne des lésions sinusiennes et, en particulier, les polyposes nasosinusiÌennes.

  • * La première de ces variations est la procidence du nerf optique (fig. 21)et représente, par définition, le fait que plus de 50 % de la circonférence du nerf optique est saillant dans le sinus sphénoïdal. La procidence du nerf optique dans le sinus maxillaire est très souvent associée à une pneumatisation des clinoïdes antérieures. Sa fréquence est estimée à environ 8 % des cas.
  • * La procidence de la carotide interne (fig. 22)est retenue lorsque plus d'un tiers de la circonférence de la carotide interne est saillante dans le sinus sphénoïdal. Sa fréquence est d'environ 20 % des cas et atteint parfois la moitié de la circonférence de la carotide interne mais sa fréquence baisse à environ 10 %. Il est à noter que la corticale osseuse du sphénoïde est parfois absente lors de ces procidences de la carotide interne, aggravant le risque chirurgical lors des procédures endosinusiennes par l'absence de limite osseuse protégeant la carotide.
  • * La déhiscence du toit du sphénoïde peut entraîner une méningocèle sphénoïdale (fig. 23), à ne pas interpréter comme une lésion tumorale ou comme une atteinte muqueuse simple du sinus maxillaire.

Les méats

  • --> Le méat moyen est situé par définition sous le cornet moyen et limité par le processus postérieur de l'unciforme et par le relief de la bulle ethmoïdale. On y trouve l'infundibulum dans lequel vient s'aboucher le canal nasofrontal ainsi que l'abouchement des cellules antérieures et du sinus maxillaire.
  • --> Le méat supérieur est situé sous les cornets supérieurs. On y trouve le méat des cellules ethmoïdales postérieures et, en particulier, les cellules reculées. On voit également s'ouvrir les sinus sphénoïdaux.
  • --> Le méat inférieur est situé sous le cornet inférieur et on y voit s'ouvrir la voie lacrymale.
  • --> Le complexe ostio-méatal correspond au cornet moyen, au processus de l'unciné, à la bulle ethmoïdale, à l'infundibulum ainsi qu'au méat moyen.

L'os lacrymal

Il constitue une petite lamelle osseuse paire et symétrique située dans un plan vertical entre le processus frontal de l'os maxillaire en avant et le bord antérieur de l'os planum en arrière. C'est un os qui répond, à sa partie antérieure, par sa face médiale à la cavité nasale. À sa partie latérale, il participe à la formation de la paroi du canal lacrymonasal. Le bord supérieur est en contact avec l'os frontal et le bord inférieur avec le processus lacrymal issu du bord supérieur du cornet inférieur.

L'os nasal

L'os nasal est pair et symétrique. Il constitue, avec son homologue opposé, la pyramide nasale. Il répond en dehors au processus frontal de l'os maxillaire ainsi qu'au processus nasal de l'os frontal.

Le vomer et la cloison nasale

Le vomer est un os impair et médian qui participe à la constitution du septum nasal. Il constitue la partie inférieure et postérieure du septum nasal. Il est important de noter qu'il constitue la partie inférieure dans ses deux tiers postérieurs de cette cloison nasale. La segmentation de la cloison nasale n'est pas antéro-postérieure mais sagittale dirigée en crânio-caudal de l'arrière vers le bas, entre la lame perpendiculaire de l'ethmoïde et le vomer. En bas, son bord postérieur libre est en regard de la face antérieure du nasopharynx. Son bord inférieur répond à la crête nasale formée par la zone de contact entre les processus palatins de chacun des os maxillaires. Son bord supérieur est en contact avec la face inférieure du corps du sphénoïde comme décrit précédemment au niveau d'une crête osseuse se situant à la face inférieure du corps du sphénoïde. Le septum nasal peut être déformé ou déplacé. Les anomalies constitutionnelles de morphologie du septum nasal sont le plus souvent situées à la jonction entre la lame perpendiculaire et le vomer.

Anatomie en coupes des cavités sinusiennes (fig. 24)
Plan horizontal (fig. 24a)

Dans le plan horizontal, les coupes inférieures passent par le plancher du sinus maxillaire avec les apex dentaires des dents supérieures. Puis, les coupes passent par le sinus maxillaire mettant en évidence en avant la paroi antéro-latérale, la paroi postérieure du sinus maxillaire avec ses rapports avec la fosse zygomatomaxillaire et la fissure ptérygopalatine. L'os palatin vient limiter, en dedans, cette fissure ptérygopalatine, limitée en avant par le maxillaire et en arrière par les processus ptérygoïdes. On voit le cornet moyen qui vient fermer en dedans l'ostium du sinus maxillaire visible sur l'os sec. Sur la ligne médiane, on voit le septum nasal qui, dans le plan horizontal, est successivement : vomérien ; puis vomérien en arrière et lame perpendiculaire en avant ; puis lame perpendiculaire quasi complètement sur les coupes les plus hautes. Les coupes horizontales successives, en remontant en cranial, mettent en évidence au dessus du sinus maxillaire, le labyrinthe ethmoïdal. La coupe horizontale médiane met en évidence la racine cloisonnante du cornet moyen. Celle-ci permet de limiter en avant, l'ethmoïde antérieur et en arrière, l'ethmoïde postérieur comme précédemment décrit. La racine cloisonnante de la bulle limite en arrière, dans l'ethmoïde antérieur, la bulle et en avant, les cellules unciformiennes. En arrière de la racine cloisonnante du cornet moyen, on retrouve les cellules avancées, intermédiaires et reculées. Sur les coupes horizontales, en arrière de l'ethmoïde postérieur, est visualisé le sinus sphénoïdal. Puis, sur les coupes horizontales craniales, on voit apparaître au-dessus de l'ethmoïde antérieur, le sinus frontal.

Plan coronal (fig. 24b)

Les coupes coronales sont particulièrement intéressantes pour mettre en évidence les différents méats des fosses nasales avec les cornets suprême, supérieur, moyen et inférieur. Elles permettent de visualiser les rapports de la paroi médiane du sinus maxillaire avec les fosses nasales. Elles permettent de montrer les rapports entre le nerf optique et le sinus sphénoïdal. Les rapports entre la carotide et le sinus sphénoïdal sont mieux visibles sur les coupes horizontales.

Plan sagittal (fig. 24c)

Les coupes sagittales permettent de retrouver la systématisation du sphénoïde. Elles montrent les rapports du sphénoïde avec la fosse hypophysaire.

La reconnaissance des différentes structures anatomiques doit être réalisée au mieux, sur la lecture de l'ensemble des coupes, dans un plan de l'espace en confrontation avec les deux autres plans.

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