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Journal de radiologie
Vol 79, N° 2  - mars 1998
p. 147
Doi : JR-03-1998-79-2-0221-0363-101019-ART78
CHOLANGIO-IRM EN ÉCHO DE SPIN RAPIDE : ÉVALUATION PROSPECTIVE CHEZ 20 PATIENTS
 

Y Rondeau, Ph Soyer, B Meduri, L Spelle, M Gouhiri, A Aubert, A Scherrer et R Rymer
CHOLANGIO-IRM EN ÉCHO DE SPIN RAPIDE : ÉVALUATION PROSPECTIVECHEZ 20 PATIENTS

J Radiol 1998; 79 : 147-152

© Editions françaises de radiologie, Paris, 1998.

ARTICLE ORIGINAL

JR 481

Y Rondeau (1), Ph Soyer (2), B Meduri (3), L Spelle (1), M Gouhiri (1),

A Aubert (3), A Scherrer (1) et R Rymer (2)

ABSTRACT

MR cholangiography using a fast spin-echo technique : prospectiveevaluation in 20 patients

Purpose :

To evaluate a MR cholangiographic technique using anon breath-hold fast spin-echo technique in patients with suspected bileduct obstruction.

Material and Methods :

Twenty patients with suspected bile ductobstruction were prospectively investigated with MR cholangiography usinga T2-weighted non breath-hold fast spin-echo technique (TR = 8000-9000 mse,effective TE = 120-266 msec, ETL = 16-32, acquisition time = 1-3 min) witha body coil. Results of MR cholangiography were compared to those obtainedwith endoscopic retrograde cholangiography (n = 20 patients) and endoscopicsonography (n = 12 patients) that were considered as reference.

Results :

MR cholangiography provided high-quality images in 19out of 20 cases (95 %). MR cholangiography had 100 % sensitivity, 100 %specificity and 100 % accuracy in the diagnosis of bile duct dilatation.MR cholangiography had 73 % sensitivity, 75 % specificity and 73 % accuracyin the diagnosis of bile duct obstruction. MR cholangiography failed todepict small stones (< 3 mm) of the main bile duct in 4 cases in whichno bile duct dilatation was found.

Conclusion :

MR cholangiography using a non breath-hold fast spin-echotechnique depicts bile duct dilatation with a degree of accuracy comparableto that achieved with endoscopic examination. In the absence of bile ductdilatation, small stones of the main bile duct may be undetected with MRcholangiography.

Key words:

Biliary ducts. MR imaging, technique. MR Imaging, Fastspin-echo techniquee. MR Cholangiography.

"The

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in englishfree of charge

on the web http://www.e2med.com

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http://www.sfr-radiologie.asso.fr"

RÉSUMÉ

Objectifs :

Évaluer une technique de cholangio-IRM en échode spin rapide avec respiration libre dans l'exploration des obstructionsdes voies biliaires, en la comparant aux résultats des explorationsendoscopiques utilisés comme référence.

Matériels et méthodes :

Vingt patients suspectsd'obstruction des voies biliaires ont été étudiésprospectivement en cholangio-IRM en utilisant une technique d'échode spin rapide pondérée en T2 (TR = 8 000-9 000 ms, TE efficace= 120-266 ms, train d'échos = 16-32, temps d'acquisition = 1-3 min)avec une antenne corps. Les images ont été analyséespar deux lecteurs indépendants. Les résultats de la cholangio-IRMont été comparés à ceux de la cholangiographierétrograde endoscopique (n = 20) et de l'échoendoscopie (n= 12), qui ont servi de référence.

Résultats :

La cholangio-IRM a permis d'obtenir des imagesde bonne qualité de la vésicule et des voies biliaires dans19 des 20 cas (95 %). La cholangio-IRM a eu une sensibilité de 100%, une spécificité de 100 % et une exactitude de 100 % dansla détection d'une dilatation des voies biliaires. La cholangio-IRMa eu une sensibilité de 73 %, une spécificité de 75% et une exactitude de 73 % dans le diagnostic d'obstacle des voies biliaires.La cholangio-IRM a méconnu de petits calculs (<3 mm) de la voiebiliaire principale dans 4 cas où il n'a pas existé de dilatationdes voies biliaires.

Conclusion :

La cholangio-IRM en écho de spin rapideavec respiration libre, permet de détecter une dilatation des voiesbiliaires avec une sensibilité comparable à celle des explorationsendoscopiques. En l'absence de dilatation des voies biliaires, la cholangio-IRMméconnaît la présence de petits calculs de la voie biliaireprincipale qui ne sont détectés que par les examens endoscopiques.

Mots-clés :

Voies biliaires. Imagerie par résonancemagnétique. Écho de spin rapide. Cholangio-IRM.

INTRODUCTION

La cholangiographie par résonance magnétique ou cholangio-IRMest une technique récente d'exploration des voies biliaires et pancréatiques.Elle est fondée sur l'utilisation de séquences rapides fortementpondérées en T2 qui permettent d'obtenir un excellent contrastenaturel entre les liquides à circulation lente et les structuresenvironnantes (1). Ainsi, la bile et les sécrétions pancréatiquesapparaissent en hypersignal, alors que les structures abdominales apparaissenten hyposignal, permettant ainsi une représentation de la totalitéde l'arbre biliaire. Les principaux avantages de la cholangio-IRM par rapportaux techniques classiques d'exploration des voies biliaires sont la facilitéde réalisation, la reproductibilité, le caractère noninvasif et l'absence d'utilisation de produit de contraste (2-4).

Le but de notre étude a été d'évaluer prospectivementune technique de cholangio-IRM en écho de spin rapide avec respirationlibre dans l'exploration des obstructions des voies biliaires, en la comparantaux résultats des explorations endoscopiques utilisés commeréfé-

rence.

MATÉRIEL ET MÉTHODES

Patients

Au cours d'une période de trois mois allant de janvier àmars 1996, 20 patients consécutifs (8 hommes et 12 femmes), âgésde 21 à 92 ans (âge moyen, 64 ans) suspects d'obstruction desvoies biliaires et adressés pour une étude endoscopique desvoies biliaires ont été prospectivement inclus dans notreétude. Dans tous les cas, l'obstruction des voies biliaires a étésuspectée cliniquement en présence d'une douleur de l'hypochondredroit et d'un ictère, et biologiquement, en cas d'augmentation dela valeur de la bilirubine conjuguée sérique (Nle<12 mmol/l).Douze patients avaient des calculs (7 patients) ou des microcalculs (5 patients)de la voie biliaire principale, associés chez 4 d'entre eux àdes calculs vésiculaires. Un patient avait une tumeur ampullairemaligne, un patient un cholangiocarcinome cholédocien et un patientune tumeur de la tête du pancréas. Deux patients avaient unictère non obstructif par insuffisance hépato-cellulaire sansdilatation des voies biliaires intrahépatiques. Une patiente ayanteu une cholécystectomie deux ans auparavant, avait une dilatationisolée du cholédoque sans obstacle.

Techniques d'imagerie

Tous les patients ont eu une cholangio-IRM avec une machine opérantà 1,5 T (SIGNA 1.5, Version 5.4, General Electric-Medical Systems,Milwaukee, WI, USA) avec une antenne corps. Les cholangio-IRM ont étéeffectuées par le même radiologue (PS) qui n'a pas eu connaissancedes résultats de l'examen clinique, des résultats biologiques,ni des résultats des examens endoscopiques au moment de leur réalisation.Les séquences en écho de spin rapide ont étéeffectuées en respiration libre et une saturation sélectivede la graisse avec les paramètres suivants : temps de répétition= 8 000-9 000 ms, temps d'écho efficace = 120-266 ms, taille de matrice= 256 x 256, train d'échos = 16-32, nombre d'excitations = 2, champsde vue = 32-40 cm selon la morphologie des patients. Dans tous les cas,les coupes ont eu une épaisseur de 3 mm. Dans 17 cas, les coupesont été jointives et dans trois cas, espacées de 1mm. La durée d'acquisition a varié de 1 minute 5 secondesà 3 minutes. Le plan d'acquisition a été axial danstous les cas. Des reconstructions de l'arbre biliaire ont étéobtenues par le même opérateur en utilisant un algorithme deprojection d'intensité maximale (MIP) avec une console indépendante(Advantage Windows, Version 3.3).

Tous les patients ont eu une cholangiographie rétrograde endoscopique,effectuée par deux gastroentérologues différents quin'ont pas eu connaissance des résultats de la cholangio-IRM. Danstous les cas, il a été effectué une neurolept-analgésie.Les clichés ont été obtenus avec un tube à rayonsX ayant un foyer de 0,6 mm et un kilovoltage compris entre 80 et 90 kVp.L'opacification des voies biliaires a été faite avec un produitde contraste iodé ionique contenant entre 15 et 25 g d'iode pour100 ml. En aucun cas il n'a été obtenu de tomographie centréesur la voie biliaire principale. En l'absence de calcul visible dans lavoie biliaire principale, il a été effectué dans tousles cas une tentative d'extraction endoscopique de principe pour éliminerla présence de petits calculs non visibles.

Douze patients ont eu un examen échoendoscopique, effectuéen complément de la cholangiographie rétrograde endoscopiquedans la même séance que cette dernière et par les deuxmêmes opérateurs (BM, AA). Un appareillage EUM 3 (Olympus,Tokyo, Japon) opérant à une fréquence de 7,5 MHz aété utilisé.

Analyse des images

Les images de cholangio-IRM obtenues ont été analyséesséparément par deux radiologues. Dans tous les cas, les deuxradiologues (YR, PS) ont eu les images natives ainsi que les images reconstruitesen mode MIP. L'analyse des images a porté sur : a) la qualitédes images obtenues, b) la reconnaissance des différentes portionsdes voies biliaires intra et extrahépatiques et de la vésiculebiliaire, c) l'existence d'une dilatation des voies biliaires quand le diamètrede la voie biliaire principale était supérieur à 9mm et, d) la détermination du niveau de l'obstacle et son étiologie.Le diagnostic de calcul a été porté en présencede l'existence d'une image hypointense arrondie, intrabiliaire, entouréepar de la bile hyperintense (5). Le diagnostic de cholangiocarcinome hilairea été porté en cas de disparition de l'hypersignalbiliaire au niveau du hile hépatique ou d'une disparition de la confluencebiliaire, associée à une dilatation des voies biliaires intrahépatiquesavec une voie biliaire extrahépatique non dilatée. Le diagnosticde tumeur de la tête du pancréas a été suspectéen présence de l'existence d'une dilatation du canal de Wirsung etde la voie biliaire principale associée à un rétrécissementde la partie basse de cette dernière. Le diagnostic de tumeur dubas cholédoque, sans préjuger de l'étiologie exactea été porté en présence de l'existence d'unedilatation du canal de Wirsung et de la voie biliaire principale associéeà une masse hypointense intraluminale de la partie basse de la voiebiliaire principale. En cas de résultat discordant entre les deuxlecteurs, une étude consensuelle des images a été effectuée.

Analyse statistique

Pour chaque patient, les résultats de la cholangio-IRM ont étécomparés à ceux de la cholangiographie rétrograde endoscopiqueet de l'échoendoscopie qui ont servi de référence.Les vrais positifs ont été définis comme les cas dedilatations des voies biliaires et les cas d'obstacles correctement déterminés.Les faux négatifs ont été définis comme lescas de dilatations des voies biliaires et les cas d'obstacles non détectés.La comparaison entre les valeurs d'exactitude obtenues avec la cholangio-IRMet les examens endoscopiques a été effectuée avec letest du *

2

en utilisant la correction de Yates pour les petitséchantillons. Pour évaluer la variabilité interobservateurdans l'interprétation de la cholangio-IRM, le test du Kappa qui mesurele degré d'agrément entre différents lecteurs a étéutilisé. Une valeur de Kappa > 0,75 a été retenuepour indiquer une excellente corrélation entre deux lecteurs.

RÉSULTATS

Les examens endoscopiques ont permis de diagnostiquer la normalitédes voies biliaires intra et extrahépatiques dans 3 cas. Une dilatationdes voies biliaires a été confirmée par la cholangiographierétrograde dans 12 cas ; dans 11 cas, il a existé une dilatationde la voie biliaire principale et des voies biliaires intrahépatiqueset dans un cas de cholangiocarcinome, il a existé une dilatationdes voies biliaires intrahépatiques seules, sans dilatation de lavoie biliaire principale. Des petits calculs d'une taille inférieureà 3 mm ont été détectés par l'écho-endoscopiedans 4 cas, alors que la cholangiographie rétrograde n'a pas montréde dilatation des voies biliaires.

La cholangio-IRM a permis d'obtenir des images de bonne qualitédans 95 % des cas (19 patients sur 20). Dans un cas (5 %), la cholangio-IRMa été jugée ininterprétable par les deux lecteursen raison d'artefacts de mouvement chez un patient agité. Ce casa été exclu de l'étude. Dans tous les autres cas, lesvoies biliaires intrahépatiques gauches et droites, la voie biliaireprincipale ainsi que l'abouchement de la voie biliaire dans le duodénumont été visualisés par les deux lecteurs. La vésiculebiliaire a été visualisée dans tous les 19 cas (95%) où elle était présente. Le seul cas de non visualisationde la vésicule biliaire a correspondu à une patiente ayanteu une cholécystectomie deux ans auparavant.

Une dilatation des voies biliaires a été détectéepar la cholangio-IRM par les deux lecteurs dans les 12 cas où ellea été confirmée par la cholangiographie rétrograde(12 vrais positifs) (Kappa =1). Dans un cas de cholangiocarcinome hilaire,il existait une dilatation des voies biliaires intrahépatiques sansdilatation du cholédoque. Dans les 11 autres cas, il existait unedilatation des voies biliaires extra- et intrahépatiques. Parmi ces11 derniers cas, la dilatation de la voie biliaire principale étaitsecondaire à une cholécystectomie dans un cas et les examensendoscopiques ont confirmé l'absence d'obstacle. L'absence de dilatationdes voies biliaires intra- et extrahépatiques a étécorrectement déterminée par la cholangio-IRM par les deuxlecteurs dans les 7 cas où elle a été confirméepar la cholangiographie rétrograde (7 vrais négatifs). Lacholangio-IRM a eu une sensibilité de 100 %, une spécificitéde 100 % et une exactitude de 100 % dans la détection d'une dilatationdes voies biliaires. Il n'a existé aucune différence significativeentre l'exactitude de la cholangio-IRM et celle des examens endoscopiquesdans la détection d'une dilatation des voies biliaires (

p

< 0,0001).

Un obstacle sur les voies biliaires, présent dans 15 cas, a étédétecté par la cholangio-IRM dans 11 cas par les deux lecteurs(Kappa = 1). En cas de dilatation des voies biliaires, le niveau de l'obstructiona pu être localisé grâce à la cholangio-IRM dansles 11 cas où il a existé un obstacle (11 vrais positifs).L'étiologie de l'obstacle a été établie dans8 cas sur 11 (72 %). Il s'est agit de calculs de la voie biliaire principaledans 5 cas (

fig. 1 et 2

), d'une tumeur ampullaire (

fig. 3

),d'un cholangiocarcinome hilaire avec obstruction hilaire complèteet d'une tumeur de la tête du pancréas avec une sténoseirrégulière de la partie terminale de la voie biliaire principale.Dans un cas de dilatation des voies biliaires secondaire à une cholécystectomiepréalable, la cholangio-IRM a permis d'éliminer un obstacle.La cholangio-IRM a méconnu des calculs de la voie biliaire principaled'une taille inférieure à 3 mm dans 4 cas où il n'yavait pas de dilatation des voies biliaires (4 faux négatifs). Dansces 4 cas, les calculs non visibles au cours de la cholangiographie rétrogradeont été détectés par l'écho-endoscopieet confirmés par leur extraction endoscopique. Des sténosesétagées de la voie biliaire principale ont étédiagnostiquées à tort par la cholangio-IRM par les deux lecteursdans un cas (1 faux positif) (

fig. 4

). Dans ce cas, la cholangiographierétrograde endoscopique a montré un cholédoque normalet l'écho-endoscopie a éliminé toute anomalie du cholédoque.La cholangio-IRM a eu une sensibilité de 73 %, une spécificitéde 75 % et une exactitude de 73 % dans le diagnostic d'un obstacle des voiesbiliaires. Il n'a existé aucune différence significative entrel'exactitude de la cholangio-IRM et celle des examens endoscopiques dansla détection d'un obstacle des voies biliaires (*

2

corrigé= 2,1515 ; N S).

La cholangio-IRM a montré des calculs vésiculaires (

fig.5

) qui ont été confirmés par l'endoscopie dans4 cas et un sludge vésiculaire se manifestant par un niveau horizontalséparant deux phases de signal différent confirmé parl'endoscopie dans 2 cas. Un cas d'ectopie vésiculaire, en situationpréhépatique, a été détecté parla cholangio-IRM.

DISCUSSION

Notre étude confirme que la cholangio-IRM est une technique fiablepour confirmer ou éliminer une dilatation des voies biliaires. Lacholangio-IRM permet le plus souvent le diagnostic d'obstacle lorsqu'ilexiste une dilatation. En revanche, en l'absence d'obstacle complet, sansdilatation, la cholangio-IRM ne permet pas de détecter l'obstacled'autant plus qu'il est de petite taille. Nos résultats sont dansles limites des résultats déjà rapportés dansla littérature. Ainsi, Wallner et al. (6) ont obtenu une bonne qualitéd'image dans 85 % des cas et pu déterminer l'étiologie del'obstacle dans 61 % des cas, en utilisant une séquence en échode gradient avec acquisition bidimensionnelle. De même, Morimoto etal. (7) ont pu affirmer la présence d'une dilatation des voies biliaireset le niveau de l'obstruction dans 100 % des cas de leur série enutilisant une séquence en écho de gradient avec acquisitiontridimensionnelle.

Au cours de notre étude, nous avons utilisé une techniqued'écho de spin rapide en respiration libre. Ce type de séquenceest actuellement le plus utilisé pour effectuer une cholangio-IRM.Au cours d'une étude portant sur 29 cholangio-IRM pratiquéesen écho de spin rapide en respiration libre, Macaulay et al. (8)ont pu visualiser les voies biliaires intrahépatiques droites etgauches dans 28 des 29 cas (96 %), la confluence des voies biliaires intrahépatiquesdans 25 cas (86 %), le canal cystique dans 17 cas (59 %) et la confluencebilio-pancréatique dans 11 cas (38 %). Ces mêmes auteurs ontvisualisé la vésicule biliaire dans 14 des 18 cas oùelle était présente (78 %), la voie biliaire principale normaleou dilatée dans 26 cas (90 %). Dans les 3 cas où la voie biliaireprincipale n'a pas été visualisée, il s'est agit de3 patients avec une obstruction hilaire totale d'origine tumorale. Toutesles obstructions des voies biliaires ont été détectéeset le site de l'obstruction a été localisé dans 27cas (93 %).

Les avantages de la technique d'écho de spin rapide par rapportà l'écho de gradient sont l'augmentation du rapport signal/bruit,la minimisation de l'inhomogénéité du champ magnétiqueet la possibilité de respiration libre avec monitoring respiratoire(1, 3, 9). Les séquences en écho de gradient sont, en revanche,sensibles aux mouvements respiratoires, cardiaques et digestifs. Ainsi,en l'absence d'apnée, les images de cholangio-IRM obtenues en échode gradient sont artefactées. Enfin, les petites voies biliaireset les conduits pancréatiques non dilatés sont le plus souventmal visualisés (1, 9). De plus, il est possible d'utiliser une techniqued'échos de spin ultrarapide avec un train d'échos trèslong, très fortement pondérée en T2 (séquenceHASTE, Siemens) avec une apnée de 1 à 2 secondes (10-13).Cette séquence, peu sensible aux artefacts, peut donc êtreutilisée chez des patients âgés et/ou ayant des clipschirurgicaux. Ainsi, en utilisant la séquence HASTE, Miyazaki etal. et Regan et al. ont pu détecter une dilatation des voies biliairesdans tous les cas de leurs séries et déterminer le site del'obstruction dans 90 % des cas (10, 11). Ces auteurs ont égalementpu faire la différence entre une sténose de la voie biliaireprincipale et de petits calculs non complètement obstructifs.

L'avantage principal de l'apnée est l'élimination des artefactsrespiratoires (9). Cette apnée est obligatoire dans les séquencesen écho de gradient, sensibles à tous les mouvements, ce quirend ce type de séquence difficile à réaliser chezdes patients âgés, anxieux ou agités. En revanche, Reinholdet al. et Maccaulay et al. ont démontré la faisabilitéd'une séquence en écho de spin, avec respiration libre, dansla détection des voies biliaires en utilisant plus de 6 excitationspour compenser les artefacts respiratoires, permettant de détecterune dilatation des voies biliaires dans tous les cas et son niveau dans93 % des cas (1, 8, 9). La séquence HASTE permet égalementd'obtenir de très bons résultats avec une acquisition brèvede 1 à 2 secondes chez tous les patients et des reconstructions encoupes épaisses de 30 à 50 mm (10-13). Notre étude,effectuée avec une technique d'écho de spin sans apnée,confirme ces résultats antérieurs, puisque nous avons obtenudes examens non artefactés par les mouvements des patients dans 95% des cas.

Au cours de notre étude, nous avons utilisé une acquisitionavec transformée de Fourier bidimensionnelle (14). La limite principaledes acquisitions avec transformée de Fourier bidimensionnelle estl'utilisation d'une épaisseur de coupe au moins égale à3 mm (9). En revanche, l'utilisation d'une transformée de Fouriertridimensionnelle autorise une épaisseur de coupe d'un millimètre.Bien qu'au cours de notre étude nous n'ayons pas effectuéde comparaison entre les deux techniques, il semble que l'utilisation d'uneépaisseur de coupe de 1 mm et l'augmentation du signal possible grâceà l'utilisation d'une transformée de Fourier tridimensionnellepermette d'obtenir de meilleurs résultats (2, 7). La limite majeureactuelle de la transformée de Fourier tridimensionnelle, lorsqu'elleest utilisée avec une technique d'écho de spin rapide, estl'augmentation du temps d'examen (environ 15 minutes). L'utilisation d'unetechnique d'écho de gradient permet de diminuer notablement les tempsd'acquisition, mais nécessite une augmentation de l'épaisseurde coupe (15).

Au cours de notre étude, les images sources ont étéreconstruites en utilisant un algorithme de projection maximale (MIP).Les limites du MIP sont l'absence d'effet de profondeur sur les imagesreconstruites (16) et l'impossibilité de localiser spatialement lesvoies biliaires les unes par rapport aux autres. De plus, les reconstructionsen MIP peuvent masquer certaines structures comme des calculs des voiesbiliaires ; d'où l'importance d'analyser les images sources et lesreconstructions (17). Bien que dans notre étude, les images sourceset les images reconstruites en MIP n'aient pas été analyséesindépendamment, il est bien admis que l'analyse des images sourcesest la plus importante pour détecter la cause d'une obstruction desvoies biliaires.

La cholangio-IRM a plusieurs avantages par rapport aux techniques d'opacificationdirecte des voies biliaires. Il s'agit d'une technique non invasive, nenécessitant ni sédation ni injection de produit de contraste.Alors qu'aucune complication n'a, à notre connaissance, étérapportée au cours d'un examen par cholangio-IRM, le taux de mortalitéde la cholangiographie rétrograde par pancréatite aiguëest de 0,2 à 1 % et la morbidité de 1 à 7 %. La cholangio-IRMest actuellement considérée comme la technique non invasivela plus fiable pour détecter des calculs de la voie biliaire principalede moins de 4 mm, avec une sensibilité comprise entre 80 et 98 %(5, 18). De plus, en cas d'obstacle complet, les voies biliaires sont incomplètementopacifiées par cholangiographie rétrograde, alors qu'ellessont visualisées en amont et en aval de l'obstacle et dans tous lesplans de l'espace par la cholangio-IRM. Enfin, la cholangio-IRM permet devisualiser non seulement les voies biliaires mais également le foieet le pancréas lors du même examen en utilisant des séquencescomplémentaires. Il est également probable qu'elle permettede mieux estimer le calibre des voies biliaires, que la cholangiographierétrograde, puisqu'il n'existe pas de surpression des voies biliairesdue à l'opacification des voies biliaires lors de cet examen.

La cholangio-IRM a plusieurs limites. Cet examen ne permet pas de gestethérapeutique et a une faible résolution spatiale ce qui,comme le montre notre étude, limite la visualisation des calculsd'une taille inférieure à 3 mm et de certaines sténoses(18). La distinction entre les sténoses malignes et bénignespeut être difficile. De même, comme dans notre étude,de petits calculs peuvent parfois être invisibles sur les reconstructions(17). De plus, les artefacts dus à des clips chirurgicaux de l'hypochondredroit ou au péristaltisme duodénal peuvent gêner l'interprétationdes images. Une autre limite de la cholangio-IRM est la difficultéde déterminer l'étiologie des sténoses des voies biliaires.

Notre étude présente une limite importante due àla technique de cholangio-IRM. En effet, au cours de notre étude,les examens ont été réalisés avec une antennecorps. Actuellement, les cholangio-IRM sont réalisées le plussouvent avec une antenne de surface en réseau phasé placéesur la paroi abdominale antérieure, en regard de l'arbre biliaireet du pancréas (19). L'avantage principal des antennes de surfaceest d'augmenter le signal à l'intérieur du champ de vue. Ilen résulte, à matrice égale, une améliorationde la résolution spatiale (9, 17, 20). Enfin, nous avons utiliséune technique d'acquisition bidimensionnelle avec un espace intercoupe de3 mm qui correspond à la taille des calculs non visualisés.Il est possible que l'utilisation d'une épaisseur de coupe plus faible,associée à des coupes jointives aurait pu améliorerle seuil de détection des calculs au cours de notre étude.

En conclusion, les résultats de notre étude confirmentque la cholangio-IRM en écho de spin rapide avec respiration libreest une technique prometteuse, non opérateur dépendante, permettantde détecter une dilatation des voies biliaires avec des résultatscomparables à ceux de la cholangiographie rétrograde. Ellepermet le diagnostic d'obstacle des voies biliaires, lorsqu'il existe unedilatation. En l'absence de dilatation des voies biliaires, la cholangio-IRMméconnaît la présence de petits calculs (< 3 mm)de la voie biliaire principale qui ne sont détectés que parles examens endoscopiques. Dans l'avenir, une étude comparant lacholangio-IRM et l'écho-endoscopie dans l'étude des voiesbiliaires devra être effectuée.

(1) Radiologie, Hôpital Foch, 92151 Suresnes

(2) Radiologie viscérale, Hôpital Lariboisière, 75010Paris

(3) Endoscopie digestive, Hôpital Foch, 92151 Suresnes

Correspondance : Ph Soyer

Fig. 1 : Cholangio-IRM en écho de spin rapide (TR = 9 000 ms,TE efficace = 266 ms, train d'échos = 32) réaliséechez une femme de 50 ans ayant une douleur de l'hypochondre droit, de lafièvre et un ictère.

a : Les images sources montrent une image arrondie en hyposignal du cholédoqueassociée à une dilatation de la VBP en amont et correspondantà un calcul du bas cholédoque.

b : La cholangiographie rétrograde endoscopique confirme le calculet en permet l'extraction.

Fig. 1 : MR-cholangiography obtained with a fast spin-echo technique(TR = 9 000 ms, TE Eff = 266 ms, ETL = 32) in a 50-year-old woman with abdominalpain, fever and jaundice.

a : Original source image shows a distal intra-ductal area of lowsignal intensity with dilatation of the common bile duct that correspondsto a stone of the common bile duct.

b : Endoscopic retrograde cholangiography confirms biliary stone andallows subsequent removal.

Fig. 2 : Cholangio-IRM en écho de spin rapide (TR = 9 000 ms,TE efficace = 266 ms, train d'échos = 32) réaliséechez un patient âgé de 62 ans ayant une angiocholite.

a : Les images sources montrent une petite image en hyposignal du bascholédoque correspondant à un calcul.

b : Le calcul visualisé sur les images sources n'est pas visiblesur les images reconstruites avec un algorithme de projection d'intensitémaximale.

Fig. 2 : MR-cholangiography obtained with a fast spin-echo technique(TR = 9 000 ms, TE Eff = 266 ms, ETL = 32) in a 62-year-old man with angiocholitis.

a : Source image shows a distal area of low signal intensity in themain bile duct that corresponds to a stone.

b : The stone is not depicted on the maximum intensity projectionreformatted image.

Fig. 3 :

Cholangio-IRM en écho de spin rapide (TR = 8 000 ms, TE efficace= 120 ms, train d'échos = 16) réalisée chez une patienteâgée de 55 ans ayant un ictère.

Il existe une interruptionnette et légèrement concave du bas cholédoque avecune dilatation de la voie biliaire principale en amont de l'obstacle correspondantà une tumeur ampullaire maligne.

Fig. 3 :

MR-cholangiography obtained with a fast spin-echo technique (TR= 8 000 ms, TE Eff =120 ms, ETL = 16) in a 62-year-old woman with jaundice.

Dilatation of the main bile duct is well depicted as well ascompression of the distal common bile duct. Malignant ampullary neoplasmwas confirmed at surgery.

Fig. 4 :

Cholangio-IRM en écho de spin rapide (TR = 8 000 ms, TE efficace= 120 ms, train d'échos = 16) réalisée chez une patientede 58 ans ayant un ictère.

Les images reconstruites avec un algorithmede projection d'intensité maximale ainsi que les images sources (nonreproduites), montrent des sténoses étagées de la voiebiliaire principale alors que la cholangiographie rétrograde endoscopiquea montré une voie biliaire principale normale. Il s'agit d'un fauxpositif de la cholangio-IRM.

Fig. 4 :

MR-cholangiography obtained with a fast spin-echo technique (TR= 8 000 ms, TE Eff =120 ms, ETL = 16) in a 58-year-old woman with jaundice.

MIP reformatted MR-cholangiographic image shows strictures of the commonbile duct. ERCP showed normal common bile duct and excluded stenosis.

Fig. 5 :

Cholangio-IRM en écho de spin rapide (TR = 9 000 ms, TE efficace= 266 ms, train d'échos = 32) réalisée chez une patientede 65 ans ayant des douleurs de l'hypochondre droit.

Il existe des imagesarrondies en hyposignal dans la vésicule correspondant à descalculs vésiculaires.

Fig. 5 :

MR-cholangiography obtained with a fast spin-echo technique (TR= 9 000 ms, TE Eff = 266 ms, ETL = 32) in a 65-year-old woman presentingwith abdominal pain.

MR-cholangiographic image shows multipleareas of low signal intensity in the gallbladder that were found to representstones.

Références

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