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Sociologie du travail
Volume 48, n° 4
pages 474-486 (octobre-décembre 2006)
Doi : 10.1016/j.soctra.2006.08.002
Comment confronter mobilité « subjective » et mobilité « objective » ?
How to compare “subjective” and “objective” mobility?
 

Dominique Merllié
Centre de sociologie européenne, université de Paris-VIII, 54, boulevard Raspail, 75270 Paris cedex 06, France 

Résumé

Cet article revient sur les méthodes permettant de saisir la mobilité sociale objective et la mobilité perçue par les individus, en engageant une discussion avec les travaux qui ont confronté ces deux mesures, à partir de l'enquête « Trois générations » de la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse ou de l'enquête « Formation qualification professionnelle » de l'INSEE. Notant d'abord que la mobilité subjective est formalisée de manière assez différente d'une enquête à l'autre, il montre qu'il en va de même pour la mobilité objective, qui, pour les besoins de la comparaison avec les évaluations subjectives des enquêtés, est mise en forme selon des procédures spécifiques. Il propose alors une méthode de confrontation des deux formes de mobilité basée sur les tableaux de mobilité traditionnels : il s'agit de construire des tableaux croisant trois variables : les origines, les destinées, et un score moyen de mobilité subjective. Cette méthode montre que la sociologie spontanée qui se dégage collectivement des jugements individuels des enquêtés est loin de s'opposer à la sociologie savante des catégories sociales et des sociologues. Ayant établi que la mobilité subjective varie de manière cohérente avec la mobilité objective, l'article propose finalement une hypothèse supplémentaire pour rendre compte d'une partie des décalages.

The full text of this article is available in PDF format.
Abstract

The methods for analyzing objective social mobility and subjective mobility as perceived by individuals are reviewed in the case of two surveys: Trois générations by the French Old-Age Fund (CNAV, Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse) and Formation qualification professionnelle by the French National Institute of Statistics and Economic Studies (INSEE). These two surveys have formulated subjective mobility in quite different ways, but this observation also holds for objective mobility, which, for the purpose of comparison with respondents' subjective evaluations, is defined using specific procedures. A method is proposed for contrasting these two sorts of mobility based on classical mobility tables. When the latter are designed so as to cross three variables (social origins, destinations and average scores of subjective mobility), the spontaneous sociology that can be collectively detected in the assessments made by respondents turns out to be not very different from the scholarly sociology of social categories produced by sociologists. After showing that subjective and objective mobility vary coherently in relation to each other, an additional hypothesis is advanced to account for some discrepancies.

The full text of this article is available in PDF format.

Mots clés : Tableaux de mobilité, Mobilité objective, Mobilité subjective, Origines, Destinées, France

Keywords : Mobility tables, Objective mobility, Subjective mobility, Social origins, Social destinations, France


1  La présente note de recherche a été suscitée par la lecture de cet article : je remercie ses auteures de me l'avoir communiqué, notamment à l'occasion d'une présentation de leur travail, en mars 2006, dans le cadre d'un atelier du programme « Pratiques de la sociologie » organisé par Jean-Claude Combessie à l'IRESCO. Je remercie aussi cordialement Olivier Monso pour son aide dans la construction des tableaux et pour ses remarques sur une première version de cette note.
2  C'est bien ainsi qu'on peut traduire des expressions comme « la mesure usuelle de la mobilité sociale » (Attias-Donfut, 2001, p. 920), « les mesures ‘classiques' de la mobilité objective » ou « la façon habituelle de traiter les questions de mobilité sociale » (Duru-Bellat, 2006, dans ce numéro (10.1016/j.soctra.2006.08.001)).
3  Il faut souligner qu'il n'est pas habituel d'introduire des questions d'opinion dans les dispositifs d'enquête de l'INSEE, en dehors du cas des appréciations de la conjoncture économique, routinisées dans les enquêtes auprès des entrepreneurs mais aussi des ménages.
4  Et, pourrait-on souligner, a fortiori que celui des journalistes, chez qui l'expression « panne de l'ascenseur social » est devenue un véritable tic de langage.
5  L'enquête de la CNAV a l'originalité de porter sur trois populations liées entre elles : une génération « pivot », constituée d'enquêtés de 49 et 53 ans en 1992, à partir desquels ont aussi été interrogés des membres des générations précédente (leurs parents alors en vie, qui ont généralement entre 70 et 90 ans) et suivante (leurs enfants, généralement de 20 à 30 ans) (Attias-Donfut, 2001, p. 923 et n. 3).
6  Dans le premier cas, en outre, ce ne sont pas des « niveaux » qui sont à comparer (pour en estimer la mobilité de l'enquêté), mais des « réussites » : l'enquêté semble invité à comparer deux parcours de mobilité sociale (le sien et celui de ses parents).
7  Lorsqu'ils n'ont pas d'idée préalablement arrêtée sur une question d'opinion posée sous forme d'échelle, les enquêtés évitent habituellement les réponses « extrêmes » : une graduation plus fine des réponses offertes est donc de nature à limiter le nombre de ceux qui se réfugient dans la réponse minimisant la prise de parti.
8  Il serait de 0,04 % (Duru-Bellat, 2006, Tableau 1). En fait, dans une enquête de l'INSEE, il n'y a pas, à proprement parler, de question sans réponse (parmi la sous-population à laquelle elle s'applique) : refuser de répondre à une question a normalement pour effet d'interrompre l'enquête. Cette question figurait tout à la fin du « module » du questionnaire consacré à l'origine sociale (l'avant-dernier de l'ensemble) et n'était posée qu'aux enquêtés exerçant ou ayant exercé une activité professionnelle, dont le père était connu et avait lui-même exercé une activité professionnelle.
9  L'article de Population précise seulement que cette mesure « s'efforce de comparer père et fils au même âge et notamment vers 45-50 ans » (Attias-Donfut, 2001, p. 929).
10  Ces choix semblent avoir été opérés de manière indépendante, car j'ai cru comprendre que les rédactrices du deuxième article n'ont pris connaissance du premier qu'une fois leur travail engagé.
11  Soit : 1. Agriculteurs exploitants ; 2. Artisans, commerçants et chefs d'entreprise ; 3. Cadres et professions intellectuelles supérieures ; 4. Professions intermédiaires ; 5. Employés ; 6. Ouvriers.
12  « La pertinence de l'approche subjective et de l'indicateur utilisé pour l'évaluer s'en trouve de fait validée », conclut le premier article (Attias-Donfut, 2001, p. 955) ; les « approches externes de la mobilité sociale [...] sont loin d'épuiser une analyse sociologique de ce phénomène » conclut le second (Duru-Bellat, 2006, dans ce numéro (10.1016/j.soctra.2006.08.001)).
13  D'autres solutions sont techniquement envisageables. Si l'on se refuse à donner des valeurs numériques aux réponses graduées, on peut calculer un autre indice synthétique, présenté en annexe. Mais on peut également choisir d'observer la distribution de la mobilité « objective » en fonction de la mobilité « subjective » plutôt que l'inverse, et construire les cinq tableaux de mobilité sociale correspondant à chacune des réponses à la question subjective, de manière à comparer origines et destinées « objectives » des sous-populations que permet de distinguer cette question d'opinion.
14  L'idée que la mobilité (géographique et sociale), propice à la redéfinition des identités, peut conduire à des situations de « réversibilité biographique », avec des réinterprétations radicales de la biographie des individus, mais aussi, plus généralement, que l'expérience de changements sociaux est favorable à des rapports au monde social plus relativistes, et par là plus en affinité avec la démarche sociologique comme rupture avec les évidences sociales, a notamment été développée par Peter L. Berger, 1963, chapitres 2 et 3).


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