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Sociologie du travail
Volume 48, n° 4
pages 509-524 (octobre-décembre 2006)
Doi : 10.1016/j.soctra.2006.08.006
Généalogie et évolution de la catégorie de « cadre » en Italie
The genealogy and evolution of the category “cadre ” in Italy
 

Ferruccio Ricciardi
Centre Maurice Halbwachs (CMH-CNRS), 48, boulevard Jourdain, 75014 Paris, France 

Résumé

Les représentations du monde social dans les pays industrialisés utilisent des catégorisations dont les modes de formalisation renvoient à l'histoire « nationale ». En ce sens, la notion de « cadre » (à la fois groupe social concret et catégorie statistico-cognitive) se révèle être une invention française. A partir d'une perspective sociétale, l'auteur se demande pourquoi n'y a-t'il pas de cadres en Italie. Ce qui revient à s'interroger sur les causes de l'absence de cette espèce de catégorie fourre-tout, expression des couches moyennes salariées. Si la notion de cadre cristallisée par l'expérience française ne convient pas à la situation italienne, elle peut être questionnée à partir de l'histoire particulière de deux catégories socioprofessionnelles proches mais distinctes : les quadri et les dirigenti . En adoptant une démarche constructiviste, l'auteur examine plusieurs aspects concernant l'essor des cadres dans la société italienne : la place des institutions les défendant et les objectivant en tant que catégorie socioprofessionnelle ; l'influence des attentes et des aspirations les mobilisant ; le rôle des tournants historiques et symboliques dans l'agencement de la profession ; et le jeu des sociologues s'efforçant de les analyser à partir de présupposés théoriques et idéologiques souvent contrastés.

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Abstract

Conceptions of the social world in industrialized countries use categories worked out in the course of a nation's history. In this respect, the notion of cadre for referring to both a concrete social group and a statistical, cognitive category turns out to be a French invention. From a societal perspective, why are there no cadres in Italy? Why is this sort of catchall category for referring to persons in the middle range of employees missing there? Although the notion crystallized through the French experience does not fit the Italian situation, we can inquire into it by examining the history of two close but distinct socioeconomic categories: quadri and dirigenti . A constructivist approach is taken to examining several aspects of the emergence of these categories in Italian society: the place of the institutions that defend and objectify them as a socioeconomic category; the expectations and aspirations that motivate them; the impact of historical and symbolical events in making these categories; and the role of sociologists who persist in analyzing Italian cadres by using quite different theoretical and ideological presuppositions.

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Mots clés : Catégories socioprofessionnelles, Cadres, Approche sociétale, Couches moyennes salariées, Italie

Keywords : Socioeconomic statuses, Managers/executives, Societal approach, Middle class employees, Italy


1  Cette étude est tirée d'une thèse en cours de réalisation conjointement à l'Ecole des hautes études en sciences sociales et à l'Université de Milan, et qui porte sur l'« américanisation » du monde managérial italien de l'après-guerre (1945-1960).
2  Le mot quadro n'étant pas utilisé dans la langue courante, à l'exception des acteurs et des experts de relations professionnelles opérant au sein des syndicats et des entreprises.
3  L'UNIONQUADRI a été remplacée depuis 2002 par la CIU (Confederazione Italiana Unionquadri ), qui depuis vise à rassembler « tous les travailleurs relevant d'une professionnalité de moyen et de haut niveau ». Par conséquent, en font partie aussi bien les cadres des entreprises privées que les dirigeants de l'administration publique, les professionnels comme les représentants des professions intellectuelles, etc. Voir storia_uq.htm.
4  Pour effet de la loi n° 190 du 13 mai 1985.
5  Notamment suite à la volonté de principales confédérations syndicales des travailleurs (CGIL, CISL et UIL) de représenter et organiser les quadri italiens à travers leurs propres organisations, respectivement AGENQUADRI-CGIL, APQ-CISL et CIQ-UIL, créées dans les années 1990.
6  Mais le législateur avait déjà regroupé en une seule catégorie les salariés ayant des responsabilités de direction technique ou administrative, en les assujettissant à une discipline différente, notamment pour ce qui concernait l'horaire de travail.
7  À cet égard, il faut rappeler qu'en Italie les entreprises d'Etat ont toujours eu la forme juridique de sociétés anonymes, et par conséquent elles ont été soumises aux normes du droit privé, notamment dans les modes de recrutement et de gestion du personnel.
8  La CIDA n'est pas la seule organisation des cadres italiens, mais elle est sans doute la plus importante en termes d'adhésions (en 1960 elle compte plus de 24.000 adhérents, dont 88% sont actifs, alors que juste quelques années plus tard, en 1969, elle va presque doubler ses effectifs) et la plus représentative sur le plan national.
9  De même, les études en sociologie économique ont été largement consacrées à la question du travail à l'intérieur comme à l'extérieur de l'entreprise (Mutti, 2002).
10  Du fait que la plupart des sociologues ayant introduit en Italie cette sous-discipline ont été formés aux Etats-Unis, dont par exemple Federico Butera, aujourd'hui directeur de la revue Studi organizzativi . Voir, parmi ses travaux, celui qui est consacré à une analyse comparée du rôle des cadres et des techniciens dans l'Europe occidentale (Butera et al., 1998).
11  Gallino, soucieux de définir les travailleurs tout d'abord par leurs fonctions, ne fait pas mention de la catégorie des quadri , à laquelle les tecnici sont normalement rattachés.
12  Durant les années 1950, il fait partie du Service d'études sociologiques de la société Olivetti, véritable pôle de promotion et de diffusion des sciences sociales en Italie, notamment de la sociologie du travail et de la sociologie des organisations (Gemelli, 2003).
13  Il vaudrait sans doute mieux parler de la bourgeoisie industrielle du secteur privé, largement représentée dans le nord du pays.
14  Il s'agit, en gros, d'une nationalisation forcée entamée après la crise économique des 1930, et qui s'est prolongée jusqu'à la première partie des années 1990.


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