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Annales de Dermatologie et de Vénéréologie
Vol 131, N° 12  - décembre 2004
p. 1117
Doi : AD-12-2004-131-12-0151-9638-101019-ART21
Document iconographique

Bilharziose vulvaire
Schistosomiasis of the vulva
 

O. Faye [1], S. Keita [1], H.-T. N'Diaye [1], H.-D. Konare [1], A. MahÉ [2]
[1] Service Dermatologie CNAM (Ex Institut Marchoux), BP 251, Bamako, Mali
[2] Institut d'Hygiène Sociale, Dakar, Sénégal.

Tirés à part : O. FAYE, à l'adresse ci-dessus. faye_o@yahoo.fr

Une fille de 13 ans, originaire de Djéné (ville baignée par le Niger) consultait pour une tumeur vulvaire évoluant depuis un an. L'histoire avait commencé par un prurit vulvaire et des douleurs abdominales basses associées à une lésion papuleuse de la vulve. L'interrogatoire retrouvait des bains fréquents dans le fleuve. À l'examen, il existait un nodule de 3 × 3 cm de diamètre de la lèvre génitale gauche associé à un petit nodule satellite (fig. 1). L'histologie d'un nodule montrait un granulome épithélioïde, riche en éosinophiles, centré par des œufs à éperon terminal et à paroi non colorée par le Ziehl caractéristiques de Schistosoma haematobium (S haematobium) (fig. 2). L'examen du culot urinaire retrouvait également de nombreux œufs de S haematobium. Un traitement par dose unique de 40 mg/kg de praziquantel était prescrit, suivi d'une exérèse chirurgicale du nodule deux mois plus tard avec guérison totale.

Commentaires

Il s'agit d'une observation typique de bilharziose cutanée ectopique de la vulve à S haematobium suspectée devant les arguments épidémiologique et clinique, et confirmée par les examens parasitologique et histologique.

Au cours de l'infection à S haematobium, nous pouvons observer trois types d'atteinte cutanée : 1) la « dermatite bilharzienne ou cercarienne » due à la pénétration transcutanée de cercaires, 2) le syndrome de Katayama ou « fièvre des safaris » apparaissant lors de la phase d'invasion tissulaire 3) le « prurigo régional en éclaboussure ». C'est l'atteinte la plus fréquente et la plus caractéristique. Elle est due à la migration anormale des oeufs, pour des raisons inconnues, du système porte (plexus vésical pour S haematobium), lieu de ponte habituel, à certaines veinules terminales du système cave (mammaire interne, sous cutanée abdominale) [1]. Le siège habituel des lésions est para ombilical mais peut être aussi anal et génital [2] faisant ainsi évoquer un condylome viral, une syphilide érosive, voire un carcinome épidermoïde. Le praziquantel à la dose de 40 mg/kg poids en cure unique entraîne la guérison. La prévention consiste à proscrire les bains en eau douce stagnante.

Références

[1]
Grossetête G, Diabaté I, Pichard E, Keita S, Vignon MD, Meyran M. Manifestations cutanées de bilharzioses : à propos de 24 observations au Mali. Bull Soc Path Ex 1989 ; 82 : 225-32.
[2]
Fraysse-Consigny S, Chosidow O, Becherel PA, Datry A, Frances C. Vulvar lesion in a 45-year-old woman. Arch Dermatol 2002 ; 138 : 1245-50.

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dermatologie tropicale





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