Article

PDF @@113110@@
Service d'aide à la décision clinique
Advertising


Free Article !

Annales de Dermatologie et de Vénéréologie
Vol 132, N° SUP10  - octobre 2005
pp. 28-33
Doi : AD-10-2005-132-S10-0151-9638-101019-200516089
Item no 84 : Infections à herpès virus de l'enfant et de l'adulte immunocompétents :varicelle et zona
 

Varicelle et zona sont dus au virus zona-varicelle (VZV), virus à ADN appartenant au groupe des Herpes viridae de contamination strictement interhumaine. La varicelle correspond à la primo-infection et le zona à une récurrence localisée.

ÉPIDÉMIOLOGIE

La varicelle est la plus contagieuse des maladies éruptives. La majorité des cas (90 p. 100) survient entre 1 et 14 ans, avec un maximum entre 5 et 9 ans. La varicelle chez l'enfant immunocompétent est habituellement bénigne.

Chez l'adulte, même immunocompétent, la varicelle comporte un risque de mortalité, lié essentiellement à la pneumopathie varicelleuse, plus important après 50 ans. On constate actuellement une élévation de l'âge moyen de la varicelle (par augmentation des cas chez l'adulte) avec majoration des formes graves et de la mortalité.

Les varicelles par contamination intrafamiliale et en collectivité sont plus sévères (contamination plus massive ?). Les varicelles des immunodéprimés sont graves et plus fréquentes du fait des progrès des thérapeutiques immunosuppressives et des greffes d'organes. L'infection par le VIH ne semble pas aggraver le pronostic de la varicelle mais elle est associée à des formes d'évolution prolongée. L'incidence du zona augmente après 50 ans pour atteindre son maximum audelà de 75 ans (1,4/100 personnes/année, 20 p. 100 de la population étant touchés). Le zona est rare dans l'enfance. Chez l'adulte jeune, il doit faire rechercher une infection par le VIH.

PHYSIOPATHOLOGIE

Après contamination respiratoire, puis dissémination hématogène, le VZV atteint la peau et les muqueuses qui constituent les organes cibles. Il se réplique dans les kératinocytes, dont il provoque la ballonnisation. Cet effet cytopathique caractéristique des Herpes viridae est responsable de la formation des vésicules intraépidermiques, typiques de l'éruption. Les anticorps apparaissent au 5e jour et sont à leur maximum au 20e jour. Ce sont cependant la réponse immune cellulaire et la production d'interféron qui limitent l'infection. En cas de déficit du système immunitaire, le VZV peut être responsable de formes graves atteignant poumons, foie et système nerveux central.

La varicelle est immunisante, mais, malgré la persistance des anticorps pendant plusieurs années, le VZV reste à l'état latent dans les ganglions sensitifs des nerfs crâniens et rachidiens.

Le zona est une récurrence localisée par rupture de l'état de latence virale due à des modifications de la pathogénicité du virus et/ou de l'immunité cellulaire. Le « vieillissement » du système immunitaire explique la plus grande fréquence du zona chez les sujets âgés. Le faible pouvoir immunisant des varicelles survenant in utero ou chez le petit nourrisson encore protégé par les anticorps maternels explique la survenue de zona chez l'enfant. En général, le zona ne survient qu'une fois dans la vie. Un zona peut être contaminant et donner une varicelle chez un sujet contact non immunisé. Une varicelle ne donne pas de zona chez un sujet contact.

DIAGNOSTIC ET ÉVOLUTION

Le diagnostic positif est avant tout clinique.

La lésion dermatologique élémentaire de la varicelle et du zona est une vésicule. Elle n'est pas toujours évidente et doit être recherchée avec soin.

Varicelle
Forme typique bénigne

Les arguments du diagnostic sont

  • l'âge de survenue : enfant d'âge scolaire, n'ayant pas déjà eu la varicelle et non vacciné ;
  • les signes d'accompagnement : fébricule (38-38,5°C) et malaise général, inconstants et modérés ;
  • l'aspect de l'éruption : elle se présente au début sous forme de macules rosées, en nombre variable, vite surmontées d'une vésicule en « goutte de rosée » très évocatrice (fig. 1). Dès le lendemain, le liquide se trouble, la vésicule s'ombilique (ce qui est également très typique), et dans les 3 jours, elle se dessèche, formant une croûte qui tombe en 1 semaine, laissant une tache hypopigmentée transitoire, parfois une cicatrice atrophique. Le rôle favorisant du grattage sur les cicatrices est controversé. Sur les muqueuses buccale et génitale, la varicelle se présente sous forme d'érosions arrondies, de quelques millimètres de diamètre, bien séparées les unes des autres (fig. 2) ;
  • plusieurs poussées de vésicules se succèdent : l'éruption comporte donc des éléments d'âge différent (fig. 3) ;
  • la topographie de l'éruption : elle atteint d'abord le cuir chevelu, en particulier la région de la nuque, puis le tronc et les muqueuses, puis s'étend aux membres avec respect des régions palmo-plantaires, et enfin au visage ;
  • la notion de contage : une quinzaine de jours auparavant.

L'évolution de cette forme bénigne est rapidement favorable sans complications.

Formes compliquées et/ou graves
Surinfections

Elles se voient essentiellement chez l'enfant.

L'impétiginisation par le staphylocoque doré ou le streptocoque est possible. Des placards croûteux, mélicériques, se superposent à l'éruption dont ils masquent les caractéristiques faisant croire à tort à un impétigo primitif.

Les surinfections plus graves sont exceptionnelles

  • syndrome SSSS (staphylococcal scalded skin syndrome), ou épidermolyse staphylococcique, éruption scarlatiniforme puis desquamative par sécrétion d'une toxine staphylococcique exfoliante ;
  • dermo-hypodermite et fasciite nécrosante streptococcique, très graves, nécessitant une prise en charge médico-chirurgicale urgente ;
  • dissémination bactérienne (septicémie, arthrites).

Pneumopathie varicelleuse

Elle est essentiellement observée chez l'adulte.

Elle survient 1 à 6 jours après l'éruption. Elle se manifeste par une toux avec dyspnée, fièvre, hémoptysies et parfois détresse respiratoire aiguë. La radiographie pulmonaire montre des opacités micro- et macronodulaires multiples. Le tabagisme constitue un facteur de risque et de gravité. La pneumopathie varicelleuse est responsable de 30 p. 100 des décès enregistrés au cours de la varicelle de l'adulte. On la rencontre aussi au cours de la varicelle néonatale et chez le petit nourrisson (principale cause de décès avant 6 mois).

Manifestations neurologiques

On distingue

  • les convulsions liées à l'hyperthermie chez le petit enfant ;
  • les complications spécifiques (ataxie cérébelleuse régressive sans séquelles, rarement encéphalite de pronostic défavorable, méningite lymphocytaire, myélite, polyradiculonévrite). Les formes les plus graves concernent plus particulièrement les immunodéprimés, mais peuvent se rencontrer aussi chez les immunocompétents surtout adulte et nouveau-né, ainsi que chez l'enfant ;
  • le syndrome de Reye, associant une encéphalopathie, mortelle dans 80 p. 100 des cas, et une stéatose hépatique et même polyviscérale, peut survenir de façon exceptionnelle au cours de la varicelle de l'enfant : il est lié à la prise d'aspirine, formellement contre-indiquée.

Formes profuses et graves

L'éruption peut être profuse, ulcéro-nécrotique, hémorragique (fig. 4), accompagnée de signes généraux graves. Peuvent survenir : purpura fulminans avec choc et coagulation intravasculaire disséminée, thrombopénie, hépatite, myocardite, glomérulonéphrite...

Sujets risquant de présenter une varicelle grave

Exceptionnelle chez l'enfant, la varicelle grave est essentiellement liée au terrain.

Immunocompétents

L'adulte présente, plus que l'enfant, des complications pulmonaires. Elles sont rares (5 p. 100 environ).

Immunodéprimés

Qu'il s'agisse de déficits immunitaires congénitaux ou acquis, ces sujets présentent des formes graves, ulcéro-hémorragiques, profuses, plus souvent compliquées. Les sujets à risque sont surtout les patients subissant des traitements immunosuppresseurs, en particulier en cas de lymphoprolifération maligne, les greffés de moelle ou d'organe solide. Le risque de forme grave existe aussi chez les sujets recevant une corticothérapie générale. L'infection par le VIH ne semble pas aggraver le pronostic mais prolonger l'évolution (formes chroniques et atypiques).

Femme enceinte

Chez la femme enceinte, outre le risque de pneumopathie comme chez tout adulte, il existe un risque de transmission à l'enfant. Cinq pour cent de femmes enceintes ne sont pas immunisées contre le VZV mais la survenue d'une varicelle pendant leur grossesse est rare (prévalence : 5 à 7/10 000 gros-sesses).

Si la varicelle survient avant la 20e semaine de gestation, le risque est une fœtopathie varicelleuse. La fœtopathie varicelleuse survient surtout entre la 13e et la 20e semaine. Elle est spécifique mais rare (2 p. 100 d'enfants contaminés). Les lésions cutanées chez le nouveau-né sont souvent unilatérales, et se présentent comme des cicatrices en « zig-zag », hypo- ou hyperpigmentées. Ce sont les atteintes neurologiques, les lésions ophtalmologiques, musculo-squelettiques qui font toute la gravité de cette fœtopathie. Après la 20e semaine, le danger est moindre, mais si l'enfant est contaminé, il est susceptible de présenter un zona dans les premières semaines ou premiers mois de sa vie. En cas de varicelle avant la 20e semaine, une surveillance en centre de diagnostic anténatal est recommandée.

Si la varicelle survient dans les 5 jours qui précèdent ou les 2 jours qui suivent l'accouchement, le risque est une varicelle néonatale.

Varicelle néonatale

La varicelle néonatale est grave. Les complications pulmonaires et neurologiques sont fréquentes. L'évolution peut être grave avec décès dans 30 p. 100 des cas.

Zona
Forme habituelle
Lésions vésiculeuses

L'apparition de placards érythémateux précède les vésicules, à liquide clair, groupées en bouquets sur fond érythémateux, confluant parfois en bulles polycycliques. Après 2 ou 3 jours, les vésicules se flétrissent puis se dessèchent et deviennent croûteuses ou érosives, parfois nécrotiques. Les croûtes tombent une dizaine de jours plus tard. Il peut persister des cicatrices atrophiques et hypochromiques

Unilatéralité et caractère métamérique des lésions

La topographie radiculaire, unilatérale, est très évocatrice. Elle peut apporter un argument décisif au diagnostic lorsque les lésions vésiculeuses sont discrètes, absentes ou éphémères, dans les formes érythémateuses pures, ou dans celles qui ne sont observées qu'au stade croûteux.

Douleurs radiculaires

Unilatérales, à type de brûlure, parfois plus vives en « coup de poignard ».

Elles peuvent précéder de 3 ou 4 jours l'éruption et sont alors particulièrement trompeuses.

Elles accompagnent l'éruption et disparaissent à sa guérison.

Certaines peuvent persister bien au-delà ou apparaître plus tardivement : algies postzostériennes. Elles sont souvent intenses, voire lancinantes et surtout très prolongées. Elles sont principalement observées chez le sujet âgé.

Topographie

La réactivation du VZV a lieu le plus souvent dans les ganglions nerveux rachidiens. Le zona intercostal, ou dorsolombaire (éruption en demi-ceinture) est le plus fréquent (50 p. 100 des cas) mais il peut être aussi cervico-occipital, cervico-sus-claviculaire, cervico-brachial, lombo-abdominal (fig. 5, 6), lombo-fémoral, sacré, lombo-sciatique...

La localisation aux ganglions nerveux crâniens est moins fréquente, avec surtout l'atteinte du ganglion de Gasser responsable d'une éruption dans les divers territoires du trijumeau (fig. 7).

Dans le zona ophtalmique, c'est le nerf ophtalmique de Willis qui est intéressé (V1). Il y a risque d'atteinte oculaire s'il existe une éruption narinaire et de la cloison témoignant de l'atteinte du rameau nasal interne.

S'il s'agit du ganglion géniculé, c'est le nerf de Wrisberg, branche sensitive du facial dont le territoire cutané se réduit à la zone de Ramsay-Hunt (conduit auditif externe et conque de l'oreille) qui est intéressé. À l'éruption discrète dans ce territoire s'associent une vive otalgie, une adénopathie prétragienne, une anesthésie des deux tiers antérieurs de l'hémilangue et parfois une paralysie faciale et des troubles cochléo-vestibulaires.

Autres signes d'accompagnement

Il existe un syndrome infectieux discret (38-38,5°C), une adénopathie dans le territoire de l'éruption.

Formes graves et/ou compliquées

Elles se rencontrent surtout sur certains terrains.

Chez les immunodéprimés

– L'éruption prend un aspect ulcéro-hémorragique (fig. 8), nécrotique.

– Exceptionnellement, le zona est bilatéral ou touche de façon étagée plusieurs métamères.

– Le zona généralisé (appelé parfois improprement zona-varicelle) est caractérisé par une éruption zoniforme dans un métamère, suivie de l'apparition de vésicules varicelliformes, bien séparées les unes des autres et disséminées sur tout le corps en dehors du dermatome initialement atteint.

– Dans ces formes graves surviennent parfois des complications viscérales, pulmonaires, hépatiques, encéphaliques.

Chez le sujet âgé

Il faut redouter

  • les complications oculaires du zona ophtalmique, beaucoup plus fréquentes après 50 ans. L'atteinte cornéenne et l'uvéite antérieure sont les plus fréquentes. Les kératites précoces sont superficielles et régressives alors que les kératites stromales et les kératites neurotrophiques, liées à l'anesthésie cornéenne, sont durables. L'uvéite est lentement régressive. Les paupières, la conjonctive, la sclère, l'épisclère et la rétine peuvent aussi être intéressées. Qu'elles soient aiguës ou chroniques, précoces ou tardives, ces atteintes oculaires nécessitent une prise en charge spécialisée. Elles peuvent, dans les cas les plus graves, aboutir à la perte fonctionnelle de l'œil ;
  • les algies postzostériennes, souvent associées à une hypoesthésie du territoire atteint, sont des douleurs neuropathiques de désafférentation, distinctes des douleurs de la phase initiale. Leur incidence augmente avec l'âge : 50 p. 100 des cas à 50 ans, 70 p. 100 des cas au-delà de 70 ans. Ces douleurs lancinantes, à type de brûlures, qui peuvent durer des années, retentissent sévèrement sur la qualité de vie.

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL

Le diagnostic est clinique. La varicelle peut être confondue au début avec un prurigo vésiculo-bulleux et en cas de surinfection avec un impétigo primitif.

Un zona peu étendu pourrait prêter à discussion avec un herpès simplex (notion de récidives au même site) ou avec un eczéma dans les formes peu vésiculeuses. Au cuir chevelu, il faut écarter la nécrose du scalp de l'artérite de Horton.

DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

Le diagnostic biologique n'est habituellement pas nécessaire car le diagnostic clinique est facile.

En cas de doute, on peut réaliser un prélèvement du liquide de vésicule pour rechercher le VZV par immunofluorescence ou par culture. La PCR est une méthode rapide, spécifique et très sensible permettant de détecter de très faibles quantités d'ADN viral dans le liquide de vésicule et dans les cellules mononuclées du sang périphérique en période de virémie. Toutes ces techniques sont réservées à des laboratoires spécialisés, en général hospitaliers.

Ces examens sont essentiellement réservés aux formes atypiques lorsque le terrain nécessite un diagnostic de certitude (patients immunodéprimés, femmes enceintes). Le cytodiagnostic de Tzanck et la biopsie qui pourraient mettre en évidence l'effet cytopathique de VZV sur les cellules épithéliales, et la conversion sérologique, trop tardive, n'ont pas d'intérêt pratique.

TRAITEMENT

Il a été transformé, pour les formes graves, par l'apparition d'antiviraux, d'abord l'aciclovir puis d'autres molécules apparentées, inhibant l'ADN-polymérase viral, enzyme assurant la réplication de l'ADN. Ce sont des virostatiques qui n'agissent que sur des populations virales en réplication active. Une conférence de consensus (1998) en a précisé les indications qui débordent actuellement celles de l'autorisation de mise sur le marché (AMM).

Varicelle
Forme bénigne de l'enfant

Sur le plan local, il faut se contenter d'une ou deux douches quotidiennes, pas trop chaudes, avec un savon dermatologique non détergent. Des badigeons de chlorhexidine sont utilisés pour prévenir la surinfection. L'utilisation de pommades, crèmes, gel, talc doit être évitée (risque de macération et de surinfection).

Des ongles courts et propres limitent les lésions de grattage et la surinfection.

En cas de fièvre, il ne faut jamais utiliser d'aspirine (risque de syndrome de Reye), ni d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (risque de fasciite nécrosante), mais du paracétamol.

En cas de prurit, on peut proposer des antihistaminiques de classe anti-H1 sédatifs (Atarax, Polaramine...).

En cas de surinfection cutanée, une antibiothérapie antistaphylococcique et antistreptococcique (type macrolides) doit être prescrite par voie orale. Il n'y a pas lieu de prescrire des antiviraux. L'éviction des collectivités jusqu'à guérison clinique est réglementaire. Cependant, la contagiosité par voie aérienne étant à son maximum dans les jours qui encadrent la survenue de l'éruption, le retour à l'école ou à la crèche peut se faire dès qu'il n'y a plus de nouvelles vésicules et que les croûtes sont formées.

Formes graves ou compliquées

La conférence de consensus a recommandé l'utilisation d'aciclovir (Zovirax) par voie veineuse dans les indications suivantes

  • femme enceinte dont la varicelle survient dans les 8 à 10 jours avant l'accouchement (hors AMM).
  • varicelle du nouveau-né (hors AMM) ;
  • nouveau-né avant toute éruption si la mère a débuté une varicelle 5 jours avant ou 2 jours après l'accouchement (hors AMM) ;
  • forme grave de l'enfant de moins de 1 an (hors AMM) ;
  • varicelle compliquée, en particulier pneumopathie varicelleuse (hors AMM) ;
  • immunodéprimés quelle qu'en soit la cause (AMM).

L'efficacité préventive des antiviraux sur la fœtopathie varicelleuse n'est pas prouvée. En effet, il est probable que l'enfant soit contaminé par virémie (donc avant l'apparition de l'éruption maternelle). Le traitement antiviral est alors trop tardif pour être efficace.

Vaccination

Deux vaccins à virus vivant atténué sont disponibles :Varivax et Varilrix (une seule injection avant l'âge de 12 ans, deux injections espacées de 1 à 2 mois d'intervalle au-delà). Son efficacité varie de 65 à 100 p. 100. Elle dure plusieurs années, mais n'est pas définitive.

Cette vaccination doit être utilisée selon les recommandations officielles (Conseil supérieur d'hygiène publique de France). En France, la généralisation de la vaccination à tous les enfants n'a pas été recommandée en raison de la bénignité de la varicelle de l'enfant et du risque, faute d'une couverture vaccinale suffisante, de déplacer la varicelle vers l'âge adulte donc vers des formes plus graves.

La vaccination est actuellement recommandée

  • dans les 3 jours qui suivent l'exposition à un patient avec éruption chez les adultes immunocompétents sans antécédents de varicelle (ou dont l'histoire est douteuse), le contrôle de la négativité de la sérologie est facultatif ;
  • pour les professionnels de santé sans antécédents de varicelle (ou dont l'histoire est douteuse) et dont la sérologie est négative :
  •  étudiants à l'entrée en première année des études médicales et paramédicales ;
  •  ensemble du personnel de santé en priorité dans les services accueillant des sujets à risque de varicelle grave (immunodéprimés, gynéco-obstétrique, néonatologie, pédiatrie, maladies infectieuses) ;
  •  tout professionnel en contact avec la petite enfance (crèches, collectivités d'enfants) sans antécédents de varicelle (ou dont l'histoire est douteuse) et dont la sérologie est négative, indication non remboursée ;
  •  pour toute personne sans antécédents de varicelle (ou dont l'histoire est douteuse) et dont la sérologie est négative, en contact étroit avec des personnes immuno déprimées ;
  • dans les 6 mois précédant une greffe d'organe solide chez les enfants candidats receveurs sans antécédents de varicelle (ou dont l'histoire est douteuse) et dont la sérologie est négative, avec deux doses à 1 mois d'intervalle, et en pratiquant une surveillance du taux d'anticorps après la greffe.

La vaccination est contre-indiquée chez la femme enceinte et en cas de déficit immunitaire important. Toute vaccination contre la varicelle chez une jeune femme en âge de procréer doit être précédée d'un test négatif de grossesse.

Zona
Traitement local

Le traitement local est le même que celui de la varicelle.

Traitement général antiviral

Pour les sujets immunocompétents de moins de 50 ans atteints d'un zona non ophtalmique d'intensité modérée, il est inutile de prescrire un antiviral.

L'éviction des collectivités n'est pas nécessaire.

Le traitement doit être mis en route avant la 72e h de la phase éruptive.

Chez le sujet immunocompétent

– Devant un zona ophtalmique, quel que soit l'âge, en prévention des complications oculaires : valaciclovir per os (Zelitrex) 3 × 1 g/j pendant 7 jours (AMM).

– Quelle que soit la localisation, chez les plus de 50 ans en prévention des algies postzostériennes, traitement per os valaciclovir 3 × 1 g/j pendant 7 jours (AMM). Le famciclovir (Oravir) a l'AMM, mais n'est pas commercialisé en France.

Chez l'immunodéprimé

Aciclovir par voie veineuse à la dose de 10 mg/kg toutes les 8 h chez l'adulte et de 500 mg/m2 toutes les 8 h chez l'enfant, pendant une durée minimale de 7 à 10 jours (AMM). le traitement immunosuppresseur, y compris la corticothérapie, ne doit pas être modifié.

Traitements spécifiques du zona ophtalmique

En dehors du traitement antiviral oral toujours nécessaire, on peut ajouter, après avis spécialisé, une pommade ophtalmologique à l'aciclovir, des corticoïdes locaux seulement pour les kératites immunologiques et les uvéites antérieures. La corticothérapie générale est réservée aux rares nécroses rétiniennes aiguës ou aux neuropathies optiques ischémiques.

Traitement des douleurs associées

En phase aiguë, pour les douleurs modérées : antalgiques de classe II (paracétamol-codéine, paracétamol-dextropropoxyphène) répartis sur le nycthémère. Si cela ne suffit pas, il faut utiliser la morphine sous forme de sulfate chez l'adulte et de chlorhydrate chez le sujet très âgé en débutant par de faibles doses. La corticothérapie générale n'est pas recommandée pour le traitement de ces douleurs.

Pour les algies postzostériennes l'amitriptyline (Laroxyl), à la dose de 75 mg/j chez l'adulte, a fait la preuve de son efficacité (AMM). La carbamazépine (Tegretol, 400 à 1 200 mg/j) ou la gabapentine (Neurontin : 1 800 à 3 600 mg/j) pourraient aider à contrôler les paroxysmes hyperalgiques (hors AMM pour Tegretol, AMM pour Neurontin). Les anesthésiques locaux n'ont pas fait la preuve de leur efficacité.

Objectifs pédagogiques

Varicelle :

– diagnostiquer et traiter une varicelle et en connaître les complications ;

– préciser les complications chez la femme enceinte, le nouveau-né.

Zona :

– diagnostiquer et traiter un zona dans ses différentes localisations ;

– préciser les complications chez la femme enceinte, le nouveau-né.

Points clés

1. Varicelle et zona sont dus au même virus VZV. La varicelle correspond à la primo-infection et le zona à une récurrence localisée.

2. La varicelle est une maladie très contagieuse, très fréquente et habituellement bénigne dans l'enfance. Elle ne nécessite dans ce cas que des soins locaux antiseptiques et pas de traitement antiviral systémique.

3. Les varicelles de l'adulte, surtout après 50 ans, peuvent se compliquer de pneumopathie varicelleuse sévère, pour laquelle le tabagisme constitue un facteur de risque.

4. La survenue d'une varicelle chez les femmes enceintes comporte pour l'enfant avant la 20e semaine un risque de fœtopathie varicelleuse sévère et dans les jours qui précèdent ou suivent l'accouchement un risque de varicelle néonatale très grave.

5. La varicelle est grave chez les immunodéprimés et nécessite un traitement antiviral systématique.

6. Le zona est plus fréquent et plus grave chez les sujets âgés. Les algies postzostériennes sévères sont très fréquentes après 50 ans et altèrent la qualité de vie. Le zona ophtalmique avec complications oculaires graves se rencontre plus souvent à cet âge.

7. Le zona du sujet de plus de 50 ans et le zona ophtalmique quel que soit l'âge du patient nécessitent un traitement antiviral précoce pour prévenir les algies postzostériennes.

8. Les douleurs aiguës associées au zona sont fréquentes et nécessitent un traitement allant des antalgiques de classe II à la morphine. Au stade de douleurs postzostériennes, on utilise des antidépresseurs type amitriptyline et/ou de la carbamazépine ou la gabapentine.

9. La survenue d'un zona chez un adulte jeune doit faire proposer une sérologie VIH.





© 2005 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
EM-CONSULTE.COM is registrered at the CNIL, déclaration n° 1286925.
As per the Law relating to information storage and personal integrity, you have the right to oppose (art 26 of that law), access (art 34 of that law) and rectify (art 36 of that law) your personal data. You may thus request that your data, should it be inaccurate, incomplete, unclear, outdated, not be used or stored, be corrected, clarified, updated or deleted.
Personal information regarding our website's visitors, including their identity, is confidential.
The owners of this website hereby guarantee to respect the legal confidentiality conditions, applicable in France, and not to disclose this data to third parties.
Close
Article Outline