Article

PDF
Access to the PDF text
Service d'aide à la décision clinique
Advertising


Free Article !

Journal Français d'Ophtalmologie
Vol 31, N° 8  - octobre 2008
pp. 781-785
Doi : JFO-10-2008-31-8-0181-5512-101019-200805537
Received : 25 janvier 2008 ;  accepted : 16 mai 2008
Anesthésie péribulbaire : efficacité d’une seule injection et d’un volume d’anesthésiques locaux limité
 

H. Clausel [1], L. Touffet [1], M. Havaux [1], M. Lamard [2], J. Savean [2], B. Cochener [3], C. Arvieux [1], G. Gueret [1]
[1] Pôle Anesthésie Réanimation SAMU, CHU, Brest.
[2] Laboratoire de traitement de l’information médicale LaTIM, INSERM U650, CHU, Brest.
[3] Service d’ophtalmologie, CHU, Brest.

Tirés à part : G. Gueret,

[4] Pole Anesthésie Réanimation SAMU, Centre Hospitalier Universitaire, 29609 Brest, France.

Travail présenté au congrès 2006 de la SFAR et au congrès 113e congrès de la SFO en mai 2007.


@@#100979@@
Anesthésie péribulbaire : efficacité d’une seule injection et d’un volume d’anesthésiques locaux limité

Introduction : La chirurgie de la cataracte peut se réaliser sous anesthésie péribulbaire. La technique classique comprend deux injections d’anesthésiques locaux. Le but de notre étude est d’évaluer l’anesthésie péribulbaire avec une seule injection et un volume limité d’anesthésiques locaux.

Matériel et méthode : Après accord du comité d’éthique local et consentement oral, des patients devant bénéficier d’une chirurgie de la cataracte sous anesthésie péribulbaire ont été prospectivement inclus. La ponction temporale inférieure a été réalisée avec une aiguille à anesthésie péribulbaire sous sédation par propofol. Le mélange d’anesthésiques locaux a été administré sous contrôle tactile de la pression sus-orbitaire. La ponction était suivie d’une compression du globe oculaire de 10 minutes. L’akinésie, l’analgésie, les complications et les conditions opératoires ont été notées.

Résultats : Cent un patients consécutifs ont été inclus. 1,2 mg/kg de propofol ont été administrés. Le volume d’anesthésiques locaux administrés était de 5,0 ± 0,9 ml. Une akinésie complète a été obtenue à 10 minutes chez 90 % des patients et un chémosis chez 6,7 %. Aucune complication liée à la ponction n’est survenue. En fin d’intervention, la douleur notée par les patients était de 0,4 ± 2,1 sur 100 (0 à 10). Les conditions opératoires notées par le chirurgien étaient excellentes pour tous les patients.

Discussion : Une anesthésie péribulbaire réalisée avec une seule injection et un volume d’anesthésiques locaux limité permet la réalisation de la chirurgie de la cataracte dans de bonnes conditions pour le chirurgien avec une très bonne analgésie pour le patient.

Abstract
Peribulbar anesthesia: efficacy of a single injection with a limited local anesthetic volume

Introduction: Cataract surgery can be performed with peribulbar anesthesia. The classical technique consists of two injections of local anesthetics. The purpose of our study was to assess peribulbar anesthesia with a single injection and a limited volume of local anesthetics.

Material and method: After local ethics committee agreement and oral consent, patients scheduled for cataract surgery using peribulbar anesthesia were prospectively included. The lower temporal puncture was performed with a peribulbar needle with propofol sedation. The mixture of local anesthetics was administered with tactile control of orbital pressure. The puncture was followed by a 10-min compression of the ocular globe. Akinesia, analgesia, complications, and surgical conditions were noted.

Results: A total of 101 successive patients were included. We administered 1.2 mg/kg of propofol. The volume of local anesthetics administered was 5.0 ± 0.9 ml. Ninety patients had akinesia at 10 min and 6.7% moderate chemosis. No puncture complication occurred. At the end of surgery, the pain noted by the patients was 0.4 ± 2.1 out of 100 (range, 0-10). Surgical conditions were good for all patients.

Conclusion: Peribulbar anesthesia performed with a single injection and a limited volume of local anesthetics allows cataract surgery in good conditions for the surgeon with very good analgesia for the patient.


Mots clés : Anesthésie péribulbaire , cataracte , sédation , ropivacaïne , mepivacaïne

Keywords: Peribulbar anesthesia , cataract , sedation , ropivacaine , mepivacaine


INTRODUCTION

La chirurgie de la cataracte est une intervention qui peut se réaliser sous anesthésie locorégionale. L’anesthésie péribulbaire (APB) est une des techniques possibles qui nécessite classiquement deux injections et l’administration d’un volume d’anesthésiques locaux important selon la technique initialement décrite par Davis et Mandel en 1986. Le risque de complications liées à cette technique est faible [1], [2]. Celles-ci peuvent être générales (bradycardie, arrêt cardio-respiratoire, convulsions secondaires à une administration sous-arachnoïdienne des anesthésiques locaux) et locales (perforation du globe oculaire [3], diplopie secondaire à la myotoxicité des anesthésiques locaux et/ou à l’injection intramusculaire de la solution anesthésique [4], [5]). Les perforations du globe oculaire semblent plus fréquentes après ponction temporale supérieure que temporale inférieure [6], et peuvent survenir lors de la seconde ponction [7].

Le but de cette étude est d’évaluer, pour la chirurgie de la cataracte, l’efficacité clinique de l’APB réalisée avec une seule injection temporale inférieure et un faible volume d’anesthésiques locaux.

MATÉRIEL ET MÉTHODE

Il s’agissait d’une étude prospective, descriptive, ne modifiant pas les pratiques habituelles du service, menée après accord du comité d’éthique local. Les patients inclus dans cette étude devaient subir une chirurgie de la cataracte programmée par phaco-émulsification et ne présenter aucun critère d’exclusion (refus du patient, contre-indication à l’APB). Au bloc opératoire, le patient bénéficiait du monitorage standard d’une anesthésie locorégionale. Les ponctions ont été réalisées par le même anesthésiste réanimateur expérimenté afin de limiter les biais liés à la technique. La ponction percutanée temporale inférieure a été effectuée sous sédation par propofol avec une aiguille pour anesthésie péribulbaire (diamètre 27 gauge, longueur 25 mm, type Moria®, laboratoire Steriseal). La solution anesthésique se composait d’un mélange de ropivacaïne 0,75 % (Naropeine®, laboratoire Astra Zénéca) et de demépivacaïne 2 % (Carbocaine®, laboratoire Astra Zénéca), proportion 60 %/40 %. L’injection de la solution anesthésique était poursuivie jusqu’à l’obtention d’une plénitude de la cavité orbitaire appréciée par la palpation du globe oculaire, d’une fermeture de la paupière supérieure et de l’apparition d’une protusion du globe. La ponction était suivie d’une compression extrinsèque du globe oculaire pendant 10 minutes. Pour 28 patients, la pression intraoculaire a été mesurée après injection de l’anesthésique local et après 10 minutes de compression oculaire. L’akinésie à 5 et à 10 minutes après l’injection, les conditions opératoires (œil fixe, central, existence ou non d’un chemosis), la satisfaction du chirurgien ainsi que les complications liées à l’APB étaient notées. L’analgésie peropératoire a été évaluée par échelle visuelle analogique (EVA) auprès du patient en salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI).

Les variables continues ont été comparées par un test t de Student pour données non appariées. Les données qualitatives ont été comparées par un test de Chi2 et un test exact de Fisher (Statview 5.0 pour MacIntosh).

RÉSULTATS

Cent un patients ont été inclus. Les données démographiques sont présentées dans le tableau I.

L’APB était réalisée sous sédation par propofol. Les quantités de propofol administrées en moyenne ainsi que les complications liées à la sédation sont indiquées dans le tableau II. La valeur la plus basse de la saturation pulsée en oxygène constatée après l’injection de propofol était de 85 %. Les épisodes de désaturation sont survenus principalement au début de l’étude, entraînant une modification de la technique de pré-oxygénation.

Le volume d’anesthésiques locaux injecté était en moyenne de 5,4 ± 0,9 ml, avec un volume minimal de 3,5 ml et maximal de 8 ml. Une akinésie a été obtenue chez 92 % des patients à la 5e minute et chez 94 % des patients à la 10e minute. L’œil était fixe chez 96 % des patients, et central chez 96 % patients. Un bloc moteur du muscle releveur de la paupière était constaté dans 88 % des cas. Un chémosis modéré était noté chez 7 % des patients. Aucune complication liée à la ponction n’a été observée. Les conditions opératoires étaient notées bonnes par les chirurgiens pour tous les patients. L’EVA notée à la fin de l’intervention était de 0,4 ± 2,1 sur 100.

La pression intraoculaire était comparable immédiatement après l’injection et après dix minutes de compression oculaire (tableau II).

Les paramètres d’efficacité de l’anesthésie péribulbaire sont donnés dans le tableau III.

DISCUSSION

Le principal résultat de cette étude est qu’une APB réalisée avec une seule ponction et un volume d’anesthésiques locaux limité permet la réalisation de la chirurgie de la cataracte dans de très bonnes conditions pour les chirurgiens et les patients.

Même si en France le nombre d’APB ne cesse de diminuer, une majorité de la chirurgie de la cataracte est réalisée avec cette technique dans notre centre. En effet, pour la chirurgie de la cataracte, l’anesthésie locorégionale permet un meilleur confort pour le patient et le chirurgien, et s’accompagne de moins de lésions capsulaires postérieures que l’anesthésie topique [8]. Boezaart et al. [9] ont montré que, pour la chirurgie de la cataracte, 71 % des patients préféraient l’APD contre seulement 10 % l’anesthésie topique. Dans leur étude, 4 patients ayant eu une APB lors d’une précédente intervention ont refusé la poursuite de l’intervention sous anesthésie topique, et ont nécessité la réalisation secondaire d’une APB. La douleur notée sur 10 (1,63 ± 2,52 vs. 0,06 ± 0,32, p = 0,0001) et la difficulté chirurgicale notée sur 5 (1,06 ± 0,97 vs. 0,47 ± 0,68, p = 0,0004) étaient également plus importantes dans le groupe anesthésie topique. Le score de douleur dans le groupe APD était comparable à celui de notre étude.

Le volume moyen injecté était de 5,4 ± 0,9 ml, avec un volume maximal de 8 ml. Le volume moyen injecté est donc plus faible que celui retrouvé dans d’autres études [10]. En effet, dans certains travaux, on a pu constater l’injection d’un volume initial de 12 ml pouvant être complétée par une réinjection de 6 à 8 ml, portant ainsi la quantité totale injectée à 20 ml [10]. Dans notre étude, une akinésie a été obtenue chez 92 % des patients à la 5e minute et chez 94 % des patients à la 10e minute. Dans l’étude rétrospective de Hendrick et al. [11] incluant 1 074 patients, l’efficacité d’une seule injection réalisée en inféro-latéral, avec un volume fixe de 6,65 ml était de 74 % ; ce chiffre augmentait à 96 % lorsqu’une injection supplémentaire en péribulbaire de 3 ml était réalisée au même site de ponction (total volume injecté : 9,65 ml). La différence avec notre étude peut provenir du volume administré qui était adapté à chaque patient dans notre étude et fixe dans celle de Hendrick et al. [11], à l’anesthésique local administré (ropivacaïne/mépivacaïne vs. lidocaïne/bupivacaïne) et au caractère rétrospectif de l’étude de Hendrick et al. [11].

L’intérêt d’utiliser un volume limité est multiple. L’injection d’un faible volume de produit dans la cavité orbitaire permet de limiter l’augmentation de la pression intraoculaire. Dans notre étude, nous avons montré que la pression intraoculaire restait normale après la réalisation de l’anesthésie péribulbaire. En revanche, dans l’étude de Gillart et al. [10], une injection de 12 ml entraînait une augmentation significative de la pression intraoculaire, mesurée tout de suite après l’injection, pouvant atteindre 30 mmHg. D’autres auteurs ont rapporté une augmentation plus importante de la pression intraoculaire après anesthésie péribulbaire par rapport à une anesthésie rétrobulbaire qui nécessitait un volume moindre de solution [12]. La diminution du volume injecté permet d’avoir un moindre retentissement sur les paramètres de perfusion oculaire. La stabilité de la pression de perfusion intraoculaire est indispensable chez les personnes atteintes d’une artériopathie ou d’une hypertension artérielle, non rares chez les patients opérés de la cataracte. En effet, toute diminution de la pression de l’artère centrale de la rétine peut entraîner une ischémie oculaire chez ces patients. Dans l’étude de Lung et al. [13], l’injection de 2 ml entraînait une diminution moindre des paramètres de perfusion oculaire qu’une injection de 5 ml (2 ml : vélocité systolique – 10,6 %, vélocité diastolique – 8,4 % ; 5 ml : vélocité systolique – 19,5 %, vélocité diastolique – 16,5 %). Ce même phénomène a été retrouvé après injection d’un volume de 10 ml [14].

Ensuite, l’utilisation de faible volume permettrait de limiter la toxicité musculaire des anesthésiques locaux. L’injection d’anesthésique local en périphérie d’un nerf s’accompagne d’une diffusion de cet agent dans les masses musculaires voisines. La myotoxicité des anesthésiques locaux sur la musculature de l’œil peut entraîner l’apparition temporaire en postopératoire d’un ptôsis [15] et/ou d’une diplopie pouvant persister plusieurs mois [5]. Gomez-Arnau et al. [16] ont mené une étude rétrospective incluant 3 587 interventions sur la cataracte. Vingt-six cas de diplopies persistantes ont été comptabilisés dont 9 imputables à l’anesthésie péri- ou rétrobulbaire (aucun cas n’a été décrit après anesthésie générale ou topique). Dans cette étude, les auteurs suggéraient plusieurs mécanismes pour expliquer la diplopie : un traumatisme direct du muscle par l’aiguille entraînant une hémorragie intramusculaire, ou une injection intramusculaire de la solution anesthésique causant une myotoxicité directe ou une élévation de la pression dans les tissus à l’origine d’une ischémie musculaire. Les résultats de leur étude sont en faveur d’un traumatisme direct du muscle par l’aiguille ou la solution anesthésique. Taylor et al. [4] ont exploré de façon précoce par IRM, 5 cas de diplopie apparue après chirurgie de la cataracte sous anesthésie péribulbaire. Cette étude radiologique a montré que dans 4 cas, il existait une large plage inflammatoire au niveau du muscle concerné par la paralysie. Il s’agissait probablement d’une injection intramusculaire accidentelle d’un anesthésique local myotoxique causant une nécrose des myocytes, une inflammation du muscle, et par conséquence un dysfonctionnement du muscle atteint. Cette atteinte musculaire a été confirmée par les mêmes auteurs [5].

Aucune complication liée à la ponction ou à l’utilisation des anesthésiques locaux n’a été constatée dans notre étude. Dans la littérature, plusieurs types de complications ont été décrits. Une fistule artério-veineuse au niveau des vaisseaux supra-orbitaires secondaire à une ponction traumatique d’un vaisseau située en supéro-nasal a été rapportée lors de la réalisation de l’anesthésie péribulbaire [17]. Ce point de ponction supéro-nasal décrit initialement par Davis et Mandel, expose également au risque de lésion de la poulie du muscle oblique supérieur, et probablement à un risque de perforation du globe plus élevé : l’espace entre le globe et le toit de l’orbite est étroit à cet endroit, et l’œil est ascensionné par l’anesthésique local administré lors de la ponction inférieure. Dans notre travail, nous avons privilégié un point de ponction où l’espace entre l’orbite et le globe oculaire est large et dépourvu d’éléments vasculaires. Ce point de ponction est situé en inféro-temporal, à proximité de l’angle entre le plancher de l’orbite et sa paroi latérale.

L’anesthésie péribulbaire peut se compliquer d’une anesthésie du tronc cérébral [18]. Un mauvais positionnement intraconique de l’aiguille après une anesthésie péribulbaire peut conduire à une anesthésie rétrobulbaire involontaire, avec une possible ponction du manchon du nerf optique. Différents tableaux cliniques d’anesthésie du tronc cérébral ont été décrits : aphasie associée à une paralysie faciale [19], rachianesthésie totale avec convulsions, apnée, voire arrêt cardiaque [20]. La perforation du globe oculaire est également une complication décrite dans la littérature. L’incidence d’une perforation du globe oculaire au cours d’une anesthésie locorégionale, toute technique confondue, est estimée à moins de 0,1 % pour l’anesthésie péribulbaire [21]. Il existe différents facteurs prédisposant à cette ponction accidentelle au cours de l’anesthésie locorégionale : l’énophtalmie, les ponctions répétées, une faute technique, un patient non coopérant, l’utilisation d’une aiguille de longueur inadaptée, une myopie avec longueur axiale supérieure à 27 ml ayant une forte probabilité d’avoir un staphylome myopique. C’est pour cette raison que les patients inclus dans notre étude devaient avoir une longueur axiale inférieure à 27 ml. Des injections accidentelles intraoculaires ont également été décrites dans la littérature. Cette injection peut avoir de graves conséquences telles une occlusion vasculaire rétinienne, un décollement de rétine, une toxicité maculaire, et dans les cas extrêmes, une rupture ou une « explosion » du globe oculaire engageant le pronostic visuel [22].

L’anesthésie péribulbaire est grevée d’une morbidité dont l’incidence est faible, mais dont les conséquences peuvent être dramatiques. Malgré cela, l’anesthésie péribulbaire reste une technique sûre lorsqu’elle est réalisée par des anesthésistes expérimentés ayant un connaissance de l’anatomie de la cavité orbitaire, utilisant un matériel adapté (aiguille courte), réalisant l’anesthésie par un point de ponction se situant à distance des structures pouvant être lésées (muscles, vaisseaux) et en évitant les ponctions multiples.

Notre protocole d’anesthésie locorégionale comprenait la réalisation d’une sédation pratiquée avant la ponction à l’aiguille. En effet, l’absence de coopération du patient lors de la réalisation de l’anesthésie locorégionale peut augmenter le risque de perforation [6]. Cette sédation est souvent associée à la ponction pour assurer le confort du patient lors de l’injection et assurer l’amnésie d’un geste peu douloureux, mais fortement anxiogène [23]. Idéalement, cette sédation doit faciliter la coopération du patient lors de l’anesthésie locorégionale, avoir un effet rapidement réversible, et un minimum d’effets secondaires. Le propofol, grâce à sa diffusion cérébrale rapide et une demi-vie d’élimination courte, agit rapidement et permet un réveil rapide. La dose moyenne de propofol administrée au patient est de 1,3 ± 0,5 mg/kg. La dose administrée est plus élevée que dans d’autres études, à savoir 0,2 à 0,5 mg/kg [24]. À faibles doses, le propofol entraîne peu d’effets secondaires à type de d’hypoventilation, d’hypoxie, et d’hypotension artérielle, assure une amnésie antérograde mais peut entraîner une agitation et des mouvements spontané. Nous avons privilégié la réalisation d’une sédation plus importante pour plusieurs raisons. Tout d’abord, cette sédation entraîne un relâchement plus intense des muscles oculaires du patient facilitant l’injection du produit d’anesthésie locorégionale dans la cavité orbitaire. Le fait de rencontrer moins de résistance lors de l’injection permet de limiter le volume injecté. Ensuite, l’utilisation de doses plus élevées permet d’éviter l’apparition d’une agitation du patient lors de la ponction à l’aiguille. Cette agitation pourrait alors avoir de graves conséquences comme une perforation du globe oculaire. Schaack et al. [24] ont décrit une perforation du globe oculaire lors de la réalisation d’une anesthésie péribulbaire après sédation par propofol à la posologie de 0,5 mg/kg. Un délai trop court entre l’administration du propofol et la ponction pourrait expliquer l’agitation du patient à l’origine de cette complication. Dans notre étude, aucun patient n’a présenté de mouvements lors de la ponction (18,5 % de mouvements de la tête après 0,5 mg/kg [25]) ni de mémorisation du bloc (15 % après 0,5 mg/kg [25]). Un pourcent des patients a présenté une hypotension artérielle réversible, et 18 % une désaturation (valeur minimale de SpO2 85 %). Les désaturations ont été essentiellement constatées au début de l’étude. Le protocole de préoxygénation a été modifié après analyse intermédiaire des résultats.

CONCLUSION

Une anesthésie péribulbaire réalisée avec une seule injection et un volume d’anesthésiques locaux limité permet la réalisation de la chirurgie de la cataracte dans de bonnes conditions pour le chirurgien, avec une très bonne analgésie pour le patient et une absence de complication liée à l’anesthésie.

Références

[1]
Davis DB 2nd, Mandel MR. Efficacy and complication rate of 16,224 consecutive peribulbar blocks. A prospective multicenter study. J Cataract Refract Surg, 1994;20:327-37.
[2]
Eke T, Thompson JR. Serious complications of local anaesthesia for cataract surgery: A 1 year national survey in the united kingdom. Br J Ophthalmol, 2007;91:470-5.
[3]
Schaack E, Diallo B, Devys JM. Perforation du globe oculaire lors d’une anesthésie péribulbaire sous sédation par propofol. Ann Fr Anesth Reanim, 2006;25:43-5.
[4]
Taylor G, Devys JM, Heran F, Plaud B. Early exploration of diplopia with magnetic resonance imaging after peribulbar anaesthesia. Br J Anaesth, 2004;92:899-901.
[5]
Dupont M, Taylor G, Devys JM. Diplopie après anesthésie péribulbaire pour chirurgie de la cataracte : évaluation d’une nouvelle stratégie diagnostique incluant l’IRM précoce. Ann Fr Anesth Reanim, 2007;26:927-30
[6]
Hay A, Flynn HW, Jr., Hoffman JI, Rivera AH. Needle penetration of the globe during retrobulbar and peribulbar injections. Ophthalmology, 1991;98:1017-24.
[7]
Ball JL, Woon WH, Smith S. Globe perforation by the second peribulbar injection. Eye, 2002;16:663-5.
[8]
Davison M, Padroni S, Bunce C, Rüschen H. Sub-tenon’s anaesthesia versus topical anaesthesia for cataract surgery. Cochrane database of systematic reviews, 2007;18:CD006291.
[9]
Boezaart A, Berry R, Nell M. Topical anesthesia versus retrobulbar block for cataract surgery: The patients’ perspective. J Clin Anesth, 2000;12:58-60.
Gillart T, Bazin JE, Montetagaud M, Bevillard F, Amara S, Schoeffler P. The effects of volume and speed of injection in peribulbar anaesthesia. Anaesthesia, 1998;53:486-91.
Hendrick SW, Rosenberg MK, Lebenbom-Mansour MH. Efficacy and safety of single injection peribulbar block performed by anesthesiologists prior to cataract surgery. J Clin Anesth, 1997;9:285-8.
Morgan JE, Chandna A. Intraocular pressure after peribulbar anaesthesia: Is the honan balloon necessary? Br J Ophthalmol, 1995;79:46-9.
Lung S, Luksch A, Weigert G, Georgopoulos M, Menapace R, Polska E, Garhofer G, Findl O, Schmetterer L. Influence of infusion volume on the ocular hemodynamic effects of peribulbar anesthesia. J Cataract Refract Surg, 2006;32:1509-12.
Watkins R, Beigi B, Yates M, Chang B, Linardos E. Intraocular pressure and pulsatile ocular blood flow after retrobulbar and peribulbar anaesthesia. Br J Ophthalmol, 2001;85:796-8.
Procot-Vidal I, Ousmane L. Ptosis complet après une anesthésie péribulbaire pour chirurgie de la cataracte. Ann Fr Anesth Reanim, 2004;23:546-7.
Gomez-Arnau JI, Yanguela J, Gonzalez A. Anaesthesia-related diplopia after cataract surgery. Br J Anaesth, 2003;90:189-93.
To EW, Chan DT. Arteriovenous fistula induced by a peribulbar nerve block. J Cataract Refract Surg, 2000;26:1253-5.
Boret H, Petit D, Ledantec P, Benefice S. Anesthésie du tronc cérébral après anesthésie péribulbaire. Ann Fr Anesth Reanim, 2002;21:725-7.
Hamdani M, Khemiri N, Cheour M, Jaoua H, Ben FK. Aphasie et paralysie faciale après anesthesie péribulbaire. Ann Fr Anesth Reanim, 2006;25:786-7.
Rouxel JM, Zahwa A, Obstler C, Haberer JP. Complications de l’anesthésie rétrobulbaire et péribulbaire. Cah Anesthesiol, 1997;45:193-205.
Wong DH. Regional anaesthesia for intraocular surgery. Can J Anaesth, 1993;40:635-57.
Bullock JD, Warwar RE, Green WR. Ocular explosion during cataract surgery: A clinical, histopathological, experimental, and biophysical study. Trans Am Ophthalmol Soc, 1998;96:243-76.
Boezaart A, Boezaart L, Berry R. Limiting movement during retrobulbar block. Anesth Analg, 1996;83:202-3.
Schaack E, Diallo B, Devys JM. Perforation du globe oculaire lors d’une anesthésie péribulbaire sous sédation par propofol. Ann Fr Anesth Reanim, 2005;2865:1-3.
Boezaart AP, Berry RA, Nell ML, van Dyk AL. A comparison of propofol and remifentanil for sedation and limitation of movement during periretrobulbar block. J Clin Anesth, 2001;13:422-6.




© 2008 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
EM-CONSULTE.COM is registrered at the CNIL, déclaration n° 1286925.
As per the Law relating to information storage and personal integrity, you have the right to oppose (art 26 of that law), access (art 34 of that law) and rectify (art 36 of that law) your personal data. You may thus request that your data, should it be inaccurate, incomplete, unclear, outdated, not be used or stored, be corrected, clarified, updated or deleted.
Personal information regarding our website's visitors, including their identity, is confidential.
The owners of this website hereby guarantee to respect the legal confidentiality conditions, applicable in France, and not to disclose this data to third parties.
Close
Article Outline