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Journal Français d'Ophtalmologie
Volume 32, n° 7
pages 459-463 (septembre 2009)
Doi : 10.1016/j.jfo.2009.06.005
Received : 9 July 2008 ;  accepted : 15 June 2009
Intoxication saturnine provoquée par l’usage prolongé de khôl, une cause sous-estimée dans les pays francophones
Lead poisoning caused by prolonged use of kohl, an underestimated cause in French-speaking countries
 

J.-P. De Caluwé
Service de biologie clinique, Département d’hématologie, Hôpitaux IRIS Sud (HIS), Bruxelles, Belgique 

Service de Biologie Clinique, département d’Hématologie, Hôpitaux IRIS Sud (HIS), rue Jean Paquot, 63, B-1050 Bruxelles, Belgique.
Résumé

Le saturnisme induit par un usage prolongé de khôl est un problème de santé publique, largement méconnu dans les pays francophones et pourtant bien réel. La plupart des khôls contiennent de hautes teneurs en plomb et sont largement utilisés parmi de nombreuses populations, allant de l’Inde et du Pakistan aux pays du Maghreb en passant par le Proche-Orient et Moyen-Orient. Cette pratique a aujourd’hui largement diffusé dans les pays européens ainsi qu’en Amérique du Nord. Cet usage relève d’une pratique culturelle ancestrale, vieille de plusieurs millénaires, déjà en vigueur dans l’Egypte de l’Ancien Empire. Nous rapportons un cas de saturnisme chez une jeune femme marocaine lié exclusivement à l’utilisation prolongée d’un cosmétique oculaire à base de sulfure de plomb (appelé khôl dans le monde arabe, surma en Inde et au Pakistan). Les mesures d’interdiction - importation et vente de cosmétiques oculaires de type khôl - se sont révélées peu efficaces. Des campagnes ciblées d’information, d’éducation, de sensibilisation, se révéleront plus efficaces à long terme.

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Summary

Use of kohl (called surma in India and Pakistan) as an eye cosmetic is very common, especially among women, children, and babies, not only in North Africa (Morocco, Algeria, Egypt), but also in the Near East and the Middle East, as well in India and Pakistan. This practice has now become widespread in European countries and North America. The cultural custom is very old and has been in use in Egypt since the Ancient Empire. In a great number of kohls available on the free market, lead sulfide is the main component and the very high lead concentration is a risk, particularly for women and children. We report the observation of a case of lead poisoning in a young Moroccan woman caused by prolonged use of a kohl and provide a review of the published literature. This case study should draw the attention of ophthalmologists in French-speaking areas to a public health problem, largely ignored, although real, considering the high lead concentrations found in the majority of kohls. Actions such as prohibition (importation and sale of eye cosmetics made of lead sulfide) have proved to be inadequate. Appropriate educational campaigns directed toward populations using eye cosmetics will be more effective over the long term.

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Mots clés : Saturnisme, Cosmétique oculaire, Galène, Sulfure de plomb, khôl, Surma

Keywords : Lead poisoning, Eye cosmetic, Galena, Lead sulfide, Kohl, Surma


Introduction

Une revue exhaustive des effets secondaires et complications oculaires liées à l’usage des produits cosmétiques donne des informations inexactes quant à la nature des substances entrant dans la composition des khôls 1  : ceux-ci seraient faits d’un mélange d’antimoine et de noir animal (os brûlés ou défenses d’éléphant carbonisées) [1]. De manière étonnante, la galène (PbS, sulfure de plomb), susceptible d’être résorbée et d’avoir des répercussions oculaires et surtout, un impact grave sur la santé, n’est pas mentionnée. La littérature médicale anglo-saxonne [2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29] fait état, depuis une trentaine d’années de cas d’intoxication saturnine liée à l’application régulière, au niveau de la paupière et de la conjonctive, de khôl à base de PbS. Il ne s’agit pas seulement de cas isolés, mais d’un réel problème de santé publique rencontré en Grande-Bretagne, aux États-Unis, en Inde, au Pakistan (où le khôl est désigné par le terme surma ), en Jordanie, en Arabie Saoudite, dans les pays du Golfe, les pays du Maghreb, mais dont la fréquence est actuellement sous-estimée dans les pays francophones.

L’observation d’un cas grave de saturnisme lié à l’usage prolongé d’un cosmétique oculaire par une femme marocaine nous a incités à attirer l’attention des ophtalmologues des pays francophones.

Observation

Une jeune femme, âgée de 22 ans, d’origine marocaine, en Belgique depuis un an, fut admise en urgence en milieu hospitalier pour des céphalées, des vomissements et des douleurs abdominales à type de crampes apparues depuis une semaine.

L’examen clinique montrait la présence d’un liseré gingival de Burton de couleur brunâtre, évocateur d’une intoxication saturnine. Les examens biologiques confirmèrent le diagnostic, avec une plombémie initiale s’élevant à 490μg/dL (226,7μmol/L), alors que le taux admis chez les sujets non exposés professionnellement est ≤ 11μg/dL (5,31μmol/L). Les plaintes oculaires étaient absentes et l’examen de l’œil était normal.

La patiente appliquait chaque jour autant sur ses paupières qu’au niveau des conjonctives, du khôl acheté au Maroc, dont l’analyse démontra une importante teneur en plomb (73 %), témoignant de l’origine de l’intoxication.

Le traitement chélateur consista en du DMPS (Unithiol, dimercaptopropane sulfonate de sodium) par voie intraveineuse pendant 5 jours, relayé par du DMSA (Succimer, acide dimercaptosuccinique) par voie orale pendant 15 jours. Après 6 semaines de traitement chélateur, la plombémie s’élevait encore à 49μg/dL (22,7μmol/L).

Discussion

Les sources de contamination par le plomb sont liées à des activités humaines extrêmement variées : peintures à base de plomb (si leur usage par les professionnels est interdit par la législation, elles demeurent cependant toujours présentes dans les logements vétustes), anciennes canalisations en plomb (encore présentes dans des logements anciens) responsables de saturnisme hydrique, utilisation d’ustensiles de cuisine (théières), métallurgie du plomb et du zinc (fabrication de batteries, récupération de métaux, soudures, décapage de vieilles peintures).

Depuis une trentaine d’années, il a été démontré que l’usage prolongé de produits cosmétiques oculaires (appelés différemment selon les cultures : khôl en pays arabes, surma parmi les populations d’origine indo-pakistanaise) peut être responsable d’intoxications saturnines. Leur teneur en plomb est souvent élevée [3, 10, 11, 30, 31, 32, 33, 34]. À Bruxelles, une enquête menée en 2000 par le laboratoire intercommunal de chimie et bactériologie a révélé la haute teneur en plomb d’une proportion importante de khôls [35] (Tableau 1). Le khôl est largement utilisé par la femme, principalement en Asie (Inde, Pakistan, Maroc, Arabie saoudite, pays du Golfe, Jordanie, Israël) comme symbole de beauté et de féminité (cosmétique oculaire). On lui confère également des vertus médicinales. Ces cosmétiques se présentent généralement sous la forme d’une poudre grise ou noire constituée principalement de galène. Le khôl est également appliqué par la mère chez l’enfant au niveau de la conjonctive et chez le nouveau-né. Il est également utilisé comme agent pharmacologique supposé accélérer la chute du moignon ombilical [22]. Il appartient aussi à la pharmacopée traditionnelle utilisée dans diverses affections oculaires. Le khôl est également utilisé à titre thérapeutique (pour arrêter des saignements) ou prophylactique (par exemple, son application est justifiée comme mesure d’hygiène après circoncision) [32]. L’intoxication saturnine peut prendre chez le tout jeune enfant une tournure dramatique avec encéphalopathie, qui peut être mortelle. La description princeps d’un cas d’encéphalopathie due à un abus de khôl a été faite en Angleterre et remonte à 1968 : l’encéphalopathie suivie d’un coma, survenue chez un enfant de trois ans d’origine indienne, avait été provoquée par l’application au niveau de la paupière et de la conjonctive d’une poudre dont l’analyse a révélé de hautes teneurs en plomb [2]. En 1973, Snodgrass et al . [3] ont rapporté 12 cas d’intoxication saturnine pédiatrique d’origine cosmétique. Pour la première fois, apparaît dans la littérature médicale le terme de surma . Des observations analogues ont été rapportées chez des enfants d’origine indienne, la même année [4] et les années suivantes [5, 6], dans différents hôpitaux anglais. Dans toutes ces observations, l’utilisation de surma était particulièrement répandue parmi des patients originaires du Penjab. Alertées, les autorités sanitaires du Royaume-Uni commencent à percevoir qu’il s’agit d’un réel problème de santé publique, jusqu’alors méconnu, compte tenu du nombre d’immigrants d’origine indienne et pakistanaise (population estimée à 323 000 en 1970).

Relation entre l’utilisation de khôl et la plombémie

De nombreuses observations et études ont établi une corrélation entre l’utilisation de cosmétiques oculaires et des plombémies anormalement élevées [2, 6, 8, 10, 12]. Une seule étude a été réalisée en Israël et de hautes teneurs en plomb (de 17 à 80 %) ont été mesurées parmi les habitants de certains villages druzes d’Israël [23]. Ces taux élevés étaient observés parmi les utilisateurs réguliers de khôl . Il serait intéressant de connaître les pratiques en vigueur parmi les populations druzes vivant au Liban. L’intoxication générale se réalise par la voie gastro-intestinale (via le frottement des yeux, puis les doigts portés à la bouche). La gravité du saturnisme chez l’enfant résulte de ce que son cerveau est particulièrement vulnérable et que 50 % du plomb ingéré est résorbé contre seulement 8 à 10 % chez l’adulte [31]. L’étiquetage du flacon et/ou la notice l’accompagnant est souvent incorrect et trompeur : le khôl « makes eyes beautiful and protects eye sight  » ou « use to prevent eye disease and vision defects  » [17] ou « This is the purest form of surma scientifically ground in different extracts. As there is no addition of any other medications, it does not make the eye water and may be used for children below the age of 8 years  » [33].

Il n’y a pas de formule fixe pour définir le contenu de la préparation et la teneur en plomb présente des variations considérables. Selon Mojdehi et Gurtner [27] et Al-Hazzaa et al. [25] la majorité des khôls achetés en Inde (respectivement 80 % et 100 %) contiennent une forte proportion de plomb. Hardy et al. [31, 33, 34] tempèrent toutefois ces résultats, avec des chiffres de l’ordre de 40 % dans les Emirats [31], 33 % en Egypte [33], 32 % au Qatar et 50 % au Yémen [34]. En Belgique, suite aux enquêtes réalisées à Bruxelles, il apparaît que la plupart des khôls (en vente libre) contiennent, dans la majorité des cas, des proportions considérables de galène [35].

Pays fournisseurs et modalités d’introduction du surma/khôl dans les pays occidentaux

L’Inde et le Pakistan sont deux pays gros fournisseurs de khôl. Les revendeurs occidentaux se fournissent dans les grandes villes (Bombay, Dehli, Karachi, Lahore, Rawalpindi) [5, 21, 31, 36]. Une autre source majeure d’importation se fait au retour du pèlerinage annuel à La Mecque et à Médine [8]. Le Bangladesh et l’Indonésie sont également cités comme pays d’approvisionnement (au moins pour l’Arabie Saoudite), une information qui ne transparaît pas dans les études antérieures à l’année 2004, mais qui ne doit guère étonner [32].

L’entrée du khôl dans les pays occidentaux se fait dans la grande majorité des cas via des proches, des amis, des parents [8]. Il se présente sous forme de flacons contenant le produit prêt à l’emploi, soit sous forme de poudre de galène à l’état brut, qui servira au retour à une préparation du cosmétique faite maison et en dehors de tout contrôle. Les habitués ont à présent la faculté de se procurer sans la moindre difficulté du khôl via Internet et les offres y foisonnent.

Il est également tout à fait illusoire et impossible de dresser une liste des préparations concernées ; elles sont nombreuses et leur désignation variable [32].

Ancienneté de la pratique et étymologie

Si khôl est un terme d’origine arabe, surma est un terme de la langue urdu2 signifiant antimoine. « Par le passé », le sulfure d’antimoine (Sb2 O3 ) aurait été le constituant majeur, mais le PbS lui a été substitué « récemment » pour des raisons de facilités d’approvisionnement. [6]. Ce point de vue purement conjectural est contredit par les acquisitions récentes relatives à l’Egypte ancienne. La découverte de nombreux pots et étuis à fards qui accompagnaient les défunts dans les tombes a permis d’étudier leur composition chimique. Dès l’Ancien Empire, la galène naturelle broyée intervenait comme ingrédient principal dans la majorité des maquillages noirs [37]. Cette pratique culturelle a continué à persister dans l’Egypte copte.

D’après différentes études récentes, l’antimoine est totalement absent des khôls analysés [21, 31, 32, 33, 34]. Seuls Al-Hazzaa et al. [25] ont retrouvé de l’antimoine, en faible proportion (7,8 %), dans un seul échantillon de khôl sur les 21 analysés.

Arsenal législatif et politique de prévention

Non seulement, l’usage du khôl/surma résulte d’une pratique culturelle très ancienne, profondément ancrée parmi de nombreuses populations d’Inde, du Pakistan, du Proche-Orient, mais en outre, la tradition est forte et la pression familiale pour la continuer reste solide. Cette pratique s’est depuis plusieurs décennies exportée vers les pays d’Europe occidentale et les États-Unis, parmi les communautés d’immigrés. La question qui se pose est celle de la reconnaissance et de la prévention d’un problème de santé publique. Cette source de saturnisme est aujourd’hui reconnue dans les pays anglo-saxons. En revanche, les dangers pour la santé liés à un usage continu de khôl sont largement méconnus en pays francophones. Kassir et al. [1] omettent ce facteur de risque.

En dépit des réglementations officielles, l’importation de khôls se poursuit. Les mesures législatives se sont avérées inefficaces : l’interdiction de la vente et de l’importation de khôls n’a empêché ni l’une, ni l’autre. La directive 76/768/CEE de la Commission Européenne [38] interdit l’importation des produits cosmétiques contenant des substances toxiques et notamment du plomb. La législation européenne s’est montrée peu efficace : le khôl continue à être introduit dans différents pays d’Europe occidentale, malgré les interdictions. En Belgique, des dispositions légales visent à interdire la vente de produits de maquillage contenant du khôl [39], mais n’ont pas empêché la survenue d’intoxications saturnines liées à un usage prolongé de cosmétiques oculaires. Une approche plus efficace doit être de nature éducationnelle et ciblée : attirer l’attention et du personnel de santé et de la population à risque sur les dangers des cosmétiques oculaires à hautes teneurs en plomb. C’est le moyen le plus approprié en vue de changer des habitudes comportementales dommageables, surtout pour le jeune enfant [6, 15, 17, 18]. L’attitude idéale serait de rédiger des programmes d’information dans la langue véhiculaire. Les autorités sanitaires de l’état de Californie [26] et du district de Nottingham [17] prônent des campagnes d’information sous formes de vidéos, de brochures distribuées dans les centres de santé. Ces campagnes attirent l’attention surtout des jeunes femmes, sur les risques pour la santé, pour elles-mêmes et leurs enfants, de l’usage de khôls à base de plomb et visent à leur substituer des formulations non toxiques. Ces alternatives non toxiques existent. En Californie, est disponible un cosmétique oculaire dépourvu de plomb [26]. Enfin, une pression doit également être exercée sur les autorités sanitaires des pays grands producteurs : Inde, Pakistan, Arabie Saoudite. Elles doivent être informées des dangers potentiels liés à une utilisation prolongée de khôl , aviser la population de l’existence de formulations dépourvues de plomb et prendre l’initiative d’encourager leur utilisation [32].

À côté de l’intoxication saturnine provoquée par un usage prolongé de khôl à base de PbS, l’ophtalmologiste peut être confronté à deux autres complications : réactions allergiques et infections oculaires. Ces points ont été amplement développés par Kassir [1]. Ces derniers auteurs, comme d’autres, rappellent que des khôls disponibles sur le marché peuvent être contaminés par des diverses souches bactériennes [40]. L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS) recommande d’ailleurs instamment aux professionnels de santé de notifier les effets indésirables rencontrés à la suite de l’utilisation d’un produit cosmétique (formulaire de déclaration téléchargeable à l’adresse suivante : cosmeto.pdf).

Conclusions

Cette observation souligne les dangers potentiels pour la santé de l’utilisation de khôl/surma comme cosmétique oculaire. Les khôls les plus couramment utilisés sont à base de PbS (jamais à base d’antimoine) et doivent être ajoutés à la liste déjà longue des substances cosmétiques potentiellement dangereuses. Leur utilisation prolongée peut être à l’origine de complications, parfois létales. Le saturnisme induit par les khôls demeure encore largement méconnu dans les pays francophones. Sa fréquence reste largement sous-estimée. En dépit d’une législation qui interdit l’importation et/ou la vente, de nouveaux cas d’intoxication saturnine provoquée par l’application de khôl au niveau oculaire sont rapportés. En Egypte, cette pratique culturelle remonte au moins à l’époque de l’Ancien Empire, est donc vieille de cinq millénaires. Il est donc illusoire d’interdire une pratique culturelle potentiellement dommageable pour la santé. Des mesures préventives d’information et de sensibilisation à l’attention de populations ciblées (patients et personnels de santé) se révéleront plus efficaces à long terme. La substitution au PbS de composés non nocifs doit également être encouragée.

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1  Terme d’origine arabe, aujourd’hui intégré à la langue française. Il existe de multiples variants orthographiques : khol, kohol, khôl, cohol, kohol, khôl (Grand dictionnaire terminologique de l’office de la langue française, 1999). Dans cet article, nous avons adopté la graphie khôl.
2  Langue officielle du Pakistan, à côté de l’anglais. Est aussi l’une des langues officielles de l’Inde.


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