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Journal Français d'Ophtalmologie
Volume 32, n° 10
pages 727-734 (décembre 2009)
Doi : 10.1016/j.jfo.2009.10.014
Received : 14 May 2009 ;  accepted : 16 October 2009
Tomographie par cohérence optique en domaine spectral du segment antérieur : la 3e dimension
Spectral-domain optical coherence tomography in anterior segment imaging: The 3rd dimension
 

F. Matonti a, b, , L. Hoffart a, b, G. Alessi a, C. Baeteman a, E. Trichet a, J. Madar a, B. Tourame a, H. Proust a, B. Ridings a, b, J. Conrath a, b
a Service d’ophtalmologie, Hôpital de la Timone, Marseille, France 
b Équipe DyVA, Institut de Neurosciences Cognitives de la Méditerranée, UMR6193 CNRS - Aix-Marseille Université, Marseille, France 

Auteur correspondant. Service d’ophtalmologie, Hôpital de la Timone, 264, rue Saint Pierre, 13385 Marseille cedex 05.
Résumé
Introduction

L’imagerie par cohérence optique est une technologie employée depuis de nombreuses années dans le domaine de l’imagerie du segment antérieur. Jusqu’à présent, il s’agissait d’une technologie « Time Domain » qui permettait d’atteindre une définition des structures oculaires proche de celle de l’histologie. Actuellement, avec l’apparition d’une nouvelle génération d’appareil utilisant le domaine spectral, il est possible de réaliser des images en très haute définition dont la précision est inégalée.

Matériel et méthode

Nous avons utilisé un 3D OCT-1000® (Topcon, Tokyo, Japon) paramétré afin d’obtenir des images en haute définition et en trois dimensions des structures irido-cornéennes.

Résultats

Nous présentons un recueil d’images pouvant être obtenues par cette technique.

Discussion

À partir d’un outil initialement exclusivement dédié à l’imagerie rétinienne et du glaucome, il est possible d’obtenir une analyse du segment antérieur d’excellente qualité aussi bien en haute définition qu’en trois dimensions, ceci augmentant par là même l’intérêt d’acquérir un tel appareil du fait de sa grande polyvalence.

Conclusion

L’intérêt du 3D OCT-1000® pour l’analyse du segment antérieur ne doit pas être négligé par les utilisateurs de cet appareil qui a déjà fait ses preuves pour l’analyse du segment postérieur et qui, grâce à quelques paramétrages, permet de réaliser des images de qualité et en trois dimensions du segment antérieur, et ce en une seule acquisition.

The full text of this article is available in PDF format.
Summary
Purpose

Anterior segment imaging using optical coherence tomography (OCT) time domain technology has been used for many years. When it appeared, it was a promising technique in the analysis of the anterior segment, making it possible to reach a definition of the ocular structures comparable with histology. Now with new-generation OCT, it is possible to perform high-definition and three-dimensional imaging.

Material and method

A 3D OCT-1000® (Topcon, Tokyo, Japan) parameterized to obtain high-definition and 3D imaging of the iridocorneal structures.

Results

We present a collection of images obtained using this technique.

Discussion

Based on a very sophisticated tool for retinal and glaucoma imagery, it is now possible to obtain very-high-quality imaging of the anterior segment, which, with its great versatility, increases the value of acquiring this type of device.

Conclusions

The potential of 3D OCT-1000®, already a very good exam for the posterior segment, and the only one to perform anterior segment three-dimensional imaging in a single acquisition, should not be neglected.

The full text of this article is available in PDF format.

Mots clés : Tomographie en cohérence optique, Domaine spectral, Segment antérieur, Cornée, Angle irido-cornéen, Imagerie

Keywords : Optical coherence tomography, Spectral domain, Anterior segment, Cornea, Iridocorneal angle, Imagery


Introduction

Les progrès techniques de ces dernières années dans le domaine de l’imagerie ophtalmologique ont rendu possible l’analyse des structures oculaires avec une définition de plus en plus fine. Ainsi, la tomographie par cohérence optique (OCT), technique éprouvée depuis de nombreuses années [1] notamment dans le domaine de l’imagerie rétinienne [2, 3], s’avère être tout aussi prometteuse dans l’analyse du segment antérieur [4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13].

L’imagerie par OCT consiste en un système tomographique utilisant un faisceau lumineux d’une longueur d’onde située dans le proche infrarouge et générant une image en coupe des tissus traversés.

Jusqu’à récemment, la technologie employée par ces appareils pour l’analyse des données reposait sur la mesure du temps de trajet du rayon lumineux entre son émission et sa réflexion (OCT time domain) ; il s’agit actuellement avec la dernière génération de ces appareils d’une analyse des spectres des fréquences des rayonnements lumineux réfléchis employant pour ce faire le modèle des transformées de Fourier (OCT spectral domain ou Fourier domain). Cette avancée technologique a permis non seulement une amélioration de la définition de l’image, mais aussi une réduction considérable du temps d’acquisition des examens, rendant ainsi possible des reconstructions d’images en trois dimensions grâce à l’augmentation importante du volume d’informations obtenu lors d’une seule séquence de mesure (20 000 scans/s contre 400 scans/s pour un OCT time domain).

Seules quelques machines offrent actuellement la possibilité de réaliser des acquisitions du segment antérieur en routine, une seule pour l’imagerie en trois dimensions de cette même région, et aucune pour l’imagerie en trois dimensions en une seule acquisition.

Le 3D OCT-1000® (Topcon, Tokyo, Japon), uniquement dédié à l’analyse du segment, postérieur, permet toutefois grâce à quelques réglages simples d’obtenir non seulement une analyse satisfaisante du segment antérieur, et notamment de la cornée et de l’angle iridocornéen en haute définition, mais aussi des images en trois dimensions de ces mêmes structures en une seule acquisition (Figure 1).



Figure 1


Figure 1. 

Vue latérale gauche du 3D OCT-1000® avec visualisation de la molette de réglage dioptrique (*) et de centrage du signal (**).

Zoom

Nous présentons dans cet article des résultats obtenus par cette méthode illustrant l’intérêt cette technique.

Matériel et méthode
Principe de l’OCT

Le fonctionnement des OCT en domaine spectral repose sur l’émission par une diode d’un faisceau lumineux d’une longueur d’onde située dans le proche infrarouge (840nm). Le système fonctionne de la manière suivante : un faisceau laser est projeté sur un miroir semi-réfléchissant orienté à 45 degrés, qui va séparer le faisceau en deux. Une partie va se projeter sur une surface de référence tandis que l’autre partie est orientée vers la structure à analyser (la rétine habituellement). C’est le principe de l’interférométrie.

Les deux faisceaux réfléchis sont ensuite redirigés sur la fente d’entrée du spectroscope, entraînant la création d’interférences qui seront enregistrées et traitées mathématiquement (Transformées de Fourier) aboutissant après traitement du signal à la formation d’images de haute résolution.

Ainsi, de l’étude des temps de trajet de l’OCT time domain, on est passé à l’analyse des fréquences des rayons réfractés pour l’OCT spectral domain.

Cette technologie permet ainsi pour cet appareil d’atteindre une résolution horizontale inférieure à 20μm et une résolution axiale de 5μm.

Procédure d’acquisition pour le segment antérieur avec le 3D OCT-1000®

Il existe trois modes d’acquisition utilisables dans cette indication : les modes « line », « Raster », et « 3D ». Chacun de ces scans pouvant être finement paramétré au niveau de sa longueur ou de sa résolution (linéaire ou volumétrique) ; par ailleurs, il est possible de réaliser une sommation des images (« Averaging ») afin d’améliorer le rapport signal sur bruit et d’ainsi améliorer le rendu final. Il est nécessaire de choisir aussi le paramétrage de « Reference Position » qui sera sélectionné en mode « Choroidal » pour des acquisitions irido-angulaires et en mode « Vitreous » pour des acquisitions cornéennes.

L’étape suivante consiste à déplacer l’appareil avec le levier directionnel de manière à positionner l’objectif de l’OCT face à l’œil examiné, ceci de façon similaire à un examen rétinien. L’objectif de l’appareil est alors approché progressivement de l’œil jusqu’à l’apparition d’un signal dans la fenêtre d’acquisition d’examens. Au besoin, la target de compensation de puissance dioptrique sera positionnée en mode « + » (fort hypermétrope) permettant une addition dioptrique supplémentaire adaptable de + 10 D à + 40 D au final, afin de focaliser en avant le rayon émis par la diode superluminescente.

Par ailleurs, les coupes doivent être réalisées le plus perpendiculairement possible aux structures étudiées afin d’obtenir la meilleure qualité de signal et donc le maximum de rétrodiffusion de la lumière sur les différents tissus.

Enfin, afin d’optimiser encore le signal, il peut être nécessaire d’effectuer une optimisation de la polarisation du signal. Le but est d’obtenir un signal au moins égal à 20 sur l’échelle de qualité du signal « Image Quality ».

Ces paramétrages permettent, en améliorant le signal et en défocalisant le rayon lumineux incident sur les structures irido-cornéennes par l’adjonction d’une puissance dioptrique supplémentaire, d’utiliser cette machine pour l’analyse du segment antérieur.

Analyse des données

Une fois les examens sauvegardés, il est possible de traiter les images de diverses manières, soit sous forme brute c’est-à-dire en échelle de fausses couleurs, soit le plus souvent après conversion en échelle de gris de l’image, ce qui permet une meilleure définition anatomique de la cornée et du complexe irido-cornéen [14]. Le réglage fin des seuils de luminosité et de contraste grâce à la barre de réglage prévue à cet effet permet également d’optimiser la qualité de l’image d’examen (améliorer le contraste sans pour autant perdre en définition).

Par ailleurs, outre cette analyse purement qualitative des images, une analyse quantitative peut être effectuée grâce à l’utilisation du « Caliper » qui permet de réaliser des mesures micrométriques extrêmement précises (dans les différents plans de l’espace grâce aux acquisitions en trois dimensions) sur les images obtenues, en particulier pour la mesure de la pachymétrie cornéenne afin de préciser l’épaisseur d’un capot cornéen ou d’un mur postérieur après une procédure de chirurgie réfractive « LASIK », d’évaluer la profondeur et les dimensions d’une opacité stromale, etc. Pour ce faire, il faut cocher la case « Caliper » et positionner les calipers de manière à ce que leurs centres correspondent aux berges des structures mesurées ; il est ainsi possible de répéter l’opération dans le différent plan, permettant ainsi d’obtenir des mesures dans les trois axes (x, y et z).

Résultats

Nous présentons quelques exemples représentatifs de l’utilisation du 3D OCT-1000® pour l’analyse du segment antérieur.

Analyse morphologique fine de la structure cornéenne

La Figure 2 est une coupe en haute définition d’une cornée normale. On visualise clairement l’épithélium légèrement hyporéflectif, le stroma qui est un peu plus hyperréflectif que l’épithélium, et enfin l’endothélio-descemet qui à son tour est encore plus hyperréflectif. À noter que la zone centrale de la cornée présente un artéfact de réflectivité (hyperréflectivité) dû au fait que le rayon laser incident est parfaitement perpendiculaire à la surface cornéenne.



Figure 2


Figure 2. 

Cornée normale en haute résolution.

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La Figure 3 correspond à une taie cornéenne. Elle se matérialise par une hyperréflectivité des deux tiers antérieurs du stroma cornéen. Notez l’hypertrophie épithéliale (*) compensatrice en regard de la zone d’amincissement cornéen.



Figure 3


Figure 3. 

Taie cornéenne post abcès.

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La Figure 4 montre deux anneaux intracornéens (INTACS®) implantés dans le cadre d’un kératocône. Il est possible d’analyser aisément leur position (profondeur et mur postérieur résiduel) ainsi que d’éventuelles modifications cornéennes réactionnelles en regard. On remarque ainsi une hyperréflectivité au contact des inlays correspondant à une densification stromale de contact par dépôts lipidiques et de collagène [15, 16].



Figure 4


Figure 4. 

Anneaux intracornéens (INTACS®).

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La Figure 5 montre la migration intracornéenne d’une haptique d’implant de chambre antérieure à support angulaire générant une forte réaction stromale de contact nécessitant son ablation rapide.



Figure 5


Figure 5. 

Migration intracornéenne d’une haptique d’un implant à support angulaire.

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La Figure 6 représente un capot cornéen de femto-LASIK dont on peut parfaitement mesurer la profondeur (cf. ci-après) grâce aux calipers, observer la parfaite régularité de la découpe et l’aspect non ménisqué, et analyser le mur postérieur.



Figure 6


Figure 6. 

Capot cornéen de Femto-LASIK.

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La Figure 7 illustre un haze suite à une photokératectomie réfractive pour myopie se manifestant par une forte hyperréflectivité sous un épithélium relativement aminci (dystrophique).



Figure 7


Figure 7. 

Haze stade 4 post-PKR myopique.

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Étude de l’angle irido-cornéen et de sa dynamique

Le 3D OCT-1000® permet d’évaluer le degré d’ouverture ou de fermeture d’un angle dans différentes conditions (ambiance scotopique ou photopique, test pharmacologique…), et de mettre en évidence des éléments d’orientation étiologique en faveur d’un angle étroit.

Ainsi, la Figure 8 est l’image d’un angle irido-cornéen normal dont on peut apprécier la parfaite ouverture, l’absence d’anomalie structurelle et au niveau duquel le trabéculum est identifiable (*) sous la forme d’une structure hyperréflective fusiforme.



Figure 8


Figure 8. 

Angle irido-cornéen normal (trabéculum *).

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La Figure 9 montre la relative réouverture d’un angle étroit (Figure 9a) en semi-mydriase lorsque celui-ci est en ambiance photopique (Figure 9b). On observe la composante phacomorphique de cette étroitesse par la convexité antérieure de l’iris suivant la courbure antérieure de ce volumineux cristallin.



Figure 9


Figure 9. 

(a) Angle irido-cornéen étroit en semi mydriase (composante phacomorphique). (b) Angle irido-cornéen étroit se rouvrant en myosis.

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La Figure 10 est l’examen d’un angle présentant une configuration d’iris plateau pour lequel on peut remarquer l’insertion antérieure de l’iris (au niveau de l’éperon scléral). Le trabéculum (*) y est totalement masqué par la base de l’iris dont l’orientation est très verticale. L’iris prend ensuite une direction beaucoup plus horizontale, donnant ainsi une chambre antérieure profonde dans ce contexte d’angle étroit caractéristique de cette configuration. Il faut cependant noter que les corps ciliaires ne sont pas visualisables en OCT ; ils sont masqués par le mur optique que représentent l’iris et son épithélium pigmentaire.



Figure 10


Figure 10. 

Angle irido-cornéen présentant une configuration d’iris plateau.

Zoom

Les Figure 11, Figure 12 montrent l’intérêt de l’OCT pour visualiser les iridotomies périphériques et déterminer leur caractère transfixiant (Figure 12) ou non (Figure 11). Il est intéressant de noter que l’on peut observer les corps ciliaires (*) à travers l’iridotomie sous la forme d’une structure hyperréflective rétro-irienne.



Figure 11


Figure 11. 

Iridotomie périphérique non transfixiante.

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Figure 12


Figure 12. 

Iridotomie périphérique transfixiante (corps ciliaire *).

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Analyse en trois dimensions des structures iriennes et cornéennes

La Figure 13 présente un abcès de cornée en trois dimensions vu par les faces épithéliale et endothéliale. Il se présente sur la face épithéliale comme une zone arrondie hyporéflective bordée par un liseré hyperréflectif. Sur la face endothéliale, on peut visualiser des plis endothélio-descemétique donnant un aspect peigné hyperréflectif à l’endothélium.



Figure 13


Figure 13. 

Visualisation en trois dimensions d’un abcès de cornée : (a) face épithéliale et (b) face endothéliale.

Zoom

La Figure 14 montre un greffon expérimental ayant servi à des tirs tests de laser femtoseconde sous épithéliaux visualisables sur l’image en slicing sous la forme d’une ligne hyperréflective parallèle à la surface cornéenne.



Figure 14


Figure 14. 

(a) et (b) Cornée en trois dimensions et en coupe (impact laser femtoseconde intrastromaux).

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La Figure 15 est l’image d’un iris en trois dimensions dans sa quasi-totalité, ceci démontrant le grand potentiel d’acquisition volumétrique de cet appareil.



Figure 15


Figure 15. 

Image d’un iris en trois dimensions.

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La Figure 16 illustre encore une fois ce potentiel d’acquisition en trois dimensions et son intérêt en pratique clinique puisqu’il va permettre de rechercher dans un vaste volume donné une zone d’intérêt précise. Ici, les dimensions d’une iridotomie périphérique sont évaluées dans les différents plans de l’espace.



Figure 16


Figure 16. 

(a) Image en trois dimensions d’un iris présentant une iridotomie périphérique. (b) Coupe issue de l’acquisition en trois dimensions, zoom passant par l’iridotomie périphérique.

Zoom

Évaluation précise des dimensions de lésions cornéennes et iriennes

Le 3D OCT-1000® permet une évaluation précise des dimensions des lésions et des structures cornéennes et iriennes aussi bien dans un plan antéro-postérieur, que transversal ou oblique, et ceci avec une précision inégalée du fait d’une définition axiale de l’ordre de 5μm. Cependant, ces mesures ne sont fiables que si elles sont réalisées sur des structures sur lesquelles le rayon incident est quasi perpendiculaire à la zone explorée. En effet, lorsque le faisceau lumineux est réfléchi avec plus d’obliquité, il survient une anamorphose de l’image, en d’autres termes une déformation optique de l’image obtenue rendant ainsi toute mesure non fiable. Malgré cela, les mesures restant reproductibles, il est possible de réaliser des comparaisons dans le temps qui permettront de savoir s’il existe un épaississement ou un amincissement de la structure analysée de façon relative et non absolue.

Sur les Figure 17, Figure 18 sont mesurés l’épaisseur d’un greffon de DSAEK en son centre et sur ses bords et l’épaisseur d’une taie cornéenne post-abcès, ainsi que le mur postérieur résiduel de cornée saine. De même que précédemment, ces figures montrent bien que cet examen est utilisable aussi bien dans le cadre du bilan initial d’une pathologie (ulcère creusant, taie cornéenne…), que lors de son suivi évolutif ou de son évaluation postopératoire.



Figure 17


Figure 17. 

Épaisseurs centrale (107μm) et périphériques (130 et 124μm) du greffon au 3e mois d’une DSAEK.

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Figure 18


Figure 18. 

Abcès de cornée : épaisseur de la taie (317μm) et mur postérieur (105μm).

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Discussion

Le 3D OCT-1000® permet grâce à un paramétrage reproductible d’obtenir une analyse satisfaisante du segment antérieur et en particulier de la cornée et de l’angle irido-cornéen. Cet examen est suffisamment fiable, reproductible et précis pour permettre un complément d’exploration du segment antérieur, ceci au même titre que l’OCT Stratus® (Carl Zeiss Meditec, États-Unis) qui peut également être utilisé de façon détournée pour l’examen du segment antérieur [14, 17, 18, 19] avec de très bons résultats. Il est vrai que des appareils utilisant la technologie OCT uniquement dédiés à l’étude du segment antérieur ont été développés dans le time domaine (Visante® - Carl Zeiss Inc, Etats-Unis - ou Slit-Lamp-OCT® - Heidelberg, Allemagne -) et plus récemment dans le domaine spectral (RTVue-100®, Optovue Inc, États-Unis) [20] donnant des images dont l’acquisition est plus aisée, minimisant les artéfacts dus aux mouvements oculaires et pouvant réaliser une image complète du segment antérieur. Cependant, la qualité des images obtenues par le 3D OCT-1000® se révèle très souvent d’aussi bonne qualité aussi bien d’un point de vue diagnostique qu’iconographique. En outre, il s’agit du seul appareil permettant à l’heure actuelle des acquisitions en trois dimensions du segment antérieur. Ainsi, il est possible à partir d’un outil très performant d’imagerie rétinienne de réaliser une imagerie du segment antérieur en haute définition, mais aussi en trois dimensions ceci augmentant considérablement l’intérêt d’un tel OCT en raison de la polyvalence de cet appareil.

Conclusion

Le 3D OCT-1000® permet grâce à des réglages relativement simples et reproductibles une très bonne analyse du segment antérieur aussi bien morphologique que dimensionnelle, en haute définition et en trois dimensions. Il semble donc intéressant qu’une telle utilisation ne soit pas négligée par les utilisateurs de cet appareil qui a déjà montré son intérêt pour le segment postérieur et qui dans le domaine des OCT spectraux se distingue par sa grande polyvalence.

Conflit d’intérêt

Les auteurs n’ont aucun intérêt financier direct ou indirect avec le matériel exposé dans ce manuscrit.

Références

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