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Journal Français d'Ophtalmologie
Volume 33, n° 1
pages e1-e2 (janvier 2010)
Doi : 10.1016/j.jfo.2009.11.019
Revue de presse

Iatrogénie : le rôle des ophtalmologistes
 

M. Labetoulle a, b,
a Service d’ophtalmologie, CHU Bicêtre, Kremlin-Bicêtre, France 
b Laboratoire de virologie moléculaire et structurale CNRS, Gif sur Yvette, France 

Service d’ophtalmologie, CHU Bicêtre, 78, rue du Général Leclerc, 94275 Le Kremlin-Bicêtre Cedex, France.

Deux études récentes soulignent le rôle potentiel des ophtalmologistes dans la prise en charge d’événements d’origine iatrogène.

Une étude anglaise issue de trois équipes londoniennes dont celle du Moorfield a rapporté les résultats d’un suivi des kérato-conjonctivites adénovirales sur une dizaine d’années, en analysant l’origine de la contamination [1]. Sur la période 1998-1999, environ 48 % des patients ayant consulté pour une kérato-conjonctvite adénovirale avaient été probablement contaminés de façon nosocomiale, c’est-à-dire lors d’un examen par un ophtalmologiste, a priori par le biais d’instruments et/ou d’objets contaminés, présents dans la salle d’attente et/ou dans le box de consultation.

À la suite de cette période d’observation, des règles de conduite ont été proposées aux ophtalmologistes, comme l’utilisation de tonomètres jetables ou d’unidoses pour les collyres nécessaires à l’examen, le lavage des mains après chaque patient, la désinfection des surfaces avec de l’alcool à 70 % et la mise en place de circuits spéciaux pour les patients suspects d’infection contagieuse (réduction du temps passé dans la salle d’attente et/ou dans le box de consultation). Cette première campagne a permis de réduire le taux d’infections nosocomiales à 22 % sur l’ensemble des kératoconjonctivites adénovirales, ce qui représentait déjà une amélioration majeure. Par la suite, la réalisation d’audits tous les 4 mois pendant plusieurs années a finalement permis d’obtenir un taux d’infection nosocomiale représentant moins de 4 % de l’ensemble des kératoconjonctivites adénovirales. Cette étude apporte plusieurs informations. La première est l’efficacité très importante de mesures d’hygiène simples (mais légèrement contraignantes…). La seconde est qu’une seule campagne de sensibilisation ne permet qu’un résultat partiel, et seuls des processus répétés, surveillés par des audits, permettent de faire rentrer les bonnes habitudes dans la vie normale du service, permettant ainsi de réduire presque totalement la possibilité de contaminer des patients initialement sains à la suite d’une consultation ophtalmologique.

L’étude de Fraunfelder [2] fait le point sur un effet indésirable encore peu connu des ophtalmologistes : la survenue d’une diplopie lors d’un traitement oral ou intraveineux par fluoroquinolones. On sait depuis longtemps que ces antibiotiques peuvent entraîner des tendinites notamment chez les patients âgés, pouvant même aboutir à des ruptures tendineuses dans 0,1 à 0,4 % des cas, y compris chez des patients sans facteur de risque. Cette publication reprend 171 cas de diplopies déclarées dans les centres de pharmacovigilance américains chez des patients traités par des fluoroquinolones. L’âge moyen des patients concernés était de 51 ans avec un sex-ratio d’environ 1. Les doses quotidiennes de quinolones étaient dans la plupart des cas conformes aux indications habituelles. Le délai moyen entre le début de la thérapie et l’apparition de la diplopie était d’environ 10 jours, et environ 10 % des patients avaient une tendinite concomitante. La diplopie a régressé rapidement après l’arrêt des fluoroquinolones dans environ un tiers des cas, et 5 patients ont récidivé leurs diplopies à la réintroduction de cette dernière.

Tous ces arguments sont donc en faveur d’une relation potentielle entre la prise des fluoroquinolones et la diplopie. Le mécanisme pathogénique est incomplètement connu, mais il est probablement commun avec celui des tendinites, des études histologiques ayant montré des anomalies des ténocytes et de la matrice extracellulaire, ainsi que des anomalies cellulaires dans les tendons après exposition aux fluoroquinolones. Même si ces cas sont encore relativement rares compte tenu du volume important de prescription de ces antibiotiques dans la population générale, les ophtalmologistes doivent désormais considérer cette étiologie lors de l’enquête sur l’apparition récente d’une diplopie.

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Références

Dart J.K.G., El-Amir A.N., Maddison T., Desai P., Verma S., Hughes A., MacMahon E. Identification and control of nosocomial adenovirus keratoconjunctivitis in an ophthalmic department Br J Ophthalmol 2009 ;  93 : 18-20 [cross-ref]
Fraunfelder F.W., Fraunfelder F.T. Diplopia and fluoroquinolones Ophthalmology 2009 ;  116 : 1814-1817


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