Article

Access to the text (HTML) Access to the text (HTML)
PDF Access to the PDF text
Advertising


Access to the full text of this article requires a subscription.
  • If you are a subscriber, please sign in 'My Account' at the top right of the screen.

  • If you want to subscribe to this journal, see our rates

  • You can purchase this item in Pay Per ViewPay per View - FAQ : 30,00 € Taxes included to order
    Pages Iconography Videos Other
    8 0 0 0


Ethique & Santé
Volume 8, n° 2
pages 69-76 (juin 2011)
Doi : 10.1016/j.etiqe.2011.03.004
L’acceptation de la maladie grave, entre désir et illusion. Le rapport du désir à l’hallucinatoire
The acceptance of the grave disease, between desire and illusion. Desire may skew reality
 

B. Levy a, , b
a 85, rue des Pyrénées, 75020 Paris, France 
b Unité de médecine pour adolescents, département de pédiatrie, CHU Amiens, 80054 Amiens, France 

Auteur correspondant.
Résumé

Pour qu’un patient accepte une maladie grave, il doit être en mesure de se représenter intellectuellement sa maladie, mais il doit également être en position de croire en une guérison possible. L’objet des croyances en la guérison d’une maladie grave se rapproche de l’objet de la psychanalyse, en considérant l’empreinte des désirs du patient sur sa perception du réel, en considérant ses illusions. Tous les patients ne sont pas égaux dans leur aptitude à entendre, recevoir et comprendre le message scientifique. En s’intéressant à l’organisation psychique, l’étude psychopathologique a une place fondamentale comme préalable aux transactions médicales avec un patient atteint de maladie grave. Le respect et l’épanouissement de ces croyances relèvent d’une position thérapeutique qui peut entrer en conflit avec le devoir déontologique d’information du patient (Loi de 2002), mais tente de prévenir la brutale révélation par le soignant, d’une information scientifique trop rapidement désillusionnante. L’espace d’écoute du patient et de sa famille permet d’entendre les qualités des croyances partagées. Ces croyances nourrissent des illusions au sein d’un espace intersubjectif, entre le patient et sa famille. Cette aire d’illusion joue le rôle d’espace intermédiaire entre ses désirs et la réalité, en qualité d’espace transitionnel à l’acceptation de la maladie.

The full text of this article is available in PDF format.
Summary

So that a patient accepts a grave disease, he must be able to represent his disease intellectually, but he must also be in position to believe in a possible cure. The object of the beliefs in the cure of a grave disease approaches the object of the psychoanalysis, by considering the print of the wishes of the patient on his perception of reality, by considering its illusions. All the patients are not equal in their aptitude to hear, receive and understand the scientific message. While being interested in the psychic organization, the psychopathological study has a fundamental place like precondition to the medical transactions with a patient suffering from of grave disease. The respect and the blooming of these beliefs imply a therapeutic position which can return in conflict with the ethical duty of information of the patient (Law 2002), but try to prevent the brutal revelation by care-giver, of scientific information becoming disillusioned. The space of listening of the patient and his family, makes it possible to hear qualities of the shared beliefs. These beliefs nourish illusions within an inter-subjective space, between the patient and his family, spaces intermediate between his wishes and reality, spaces transitional with the acceptance of the disease.

The full text of this article is available in PDF format.

Mots clés : Maladie grave, Croyances, Illusions, Désirs, Espace transitionnel, Acceptation de la maladie grave

Keywords : Grave disease, Beliefs, Illusions, Wishes, Transitional space, Acceptance of the grave disease


1  Dans son Introduction à la lecture d’Hegel (p. 14), Alexandre Kojeve affirme que le désir humain est désir du désir de l’autre, comme reconnaissance de son désir par l’autre. Pour Kojeve, si le désir animal se satisfait par un objet réel (besoin), le désir humain se nourrit du désir de l’autre.
2  Aspect dynamique du conflit intrapsychique, où s’oppose le principe de plaisir-déplaisir au principe de réalité.
3  Dans l’Hallucination négative , Green soutient que la représentation inconsciente (le désir) est différente de l’hallucination, en ce qu’elle ne peut être perçue ni de l’intérieur, ni de l’extérieur [de la psyché], mais peut être figurée par l’élaboration (du patient) ou l’interprétation (du psychothérapeute).
4  Dans L’interprétation du rêve , Sigmund Freud révèle les affinités électives unissant le désir à l’illusion perceptive propre au rêve, par la médiation du langage. Si le cadre analytique contribua à la compréhension d’un désir dissimulé à la conscience, il ne favorisa pas l’examen de scotomisations, c’est-à-dire de mises hors-jeu, de champ entier de la perception, les hallucinations négatives (non-perceptions avec objet présent), plus facilement observables dans la vie quotidienne.
5  Probablement, le rêve est le modèle primitif comme préalable à la construction de toute activité représentative écrite, orale, picturale ou musicale, comme préalable à toute illusion tenant lieue de substitut primaire à l’objet du désir de l’être en devenir. Dans cet ouvrage, Freud précise bien qu’il n’existe pas de symbolisme universel à la manière d’un livre de symbole. La symbolique portée par le rêve est propre à la vie affective diurne particulière au rêveur.
6  Winnicott imagina le concept d’espace d’illusion, aire transitionnelle, comme espace intersubjectif au sein duquel peut s’édifier la pensée rationnelle du sujet, l’objectivité, sur les fondations de la subjectivité d’un autre (la mère ou son substitut). Au sein de cet espace intersubjectif, le sujet peut prendre ses désirs pour des réalités ou ignorer les éléments de la réalité, qui contrarient son désir.
7  Le concept d’hallucinatoire consiste à décrire la perception d’une chose qui n’existe pas dans la réalité extérieure au psychisme. L’hallucinatoire rend compte de l’empreinte du désir sur la perception.
8  L’étude psychopathologique s’intéresse à l’organisation psychique du patient (névrose, psychose, état limite). L’organisation psychique du patient établit son lien avec le réel, son aptitude à l’objectivité


© 2011  Elsevier Masson SAS. All Rights Reserved.
EM-CONSULTE.COM is registrered at the CNIL, déclaration n° 1286925.
As per the Law relating to information storage and personal integrity, you have the right to oppose (art 26 of that law), access (art 34 of that law) and rectify (art 36 of that law) your personal data. You may thus request that your data, should it be inaccurate, incomplete, unclear, outdated, not be used or stored, be corrected, clarified, updated or deleted.
Personal information regarding our website's visitors, including their identity, is confidential.
The owners of this website hereby guarantee to respect the legal confidentiality conditions, applicable in France, and not to disclose this data to third parties.
Close
Article Outline