Article

PDF
Access to the PDF text
Advertising


Free Article !

Annales de chirurgie
Volume 125, n° 4
pages 317-324 (mai 2000)
Received : 1 July 1999 ;  accepted : 28 December 1999
Les complications à moyen et long terme de la splénectomie
Late complications after splenectomy.

S.  Benoist
Service de chirurgie viscérale et digestive, hôpital Lariboisière, 2, rue Ambroise-Paré, 75475 Paris cedex 10, France 

@@#100979@@

La splénectomie était une des interventions les plus réalisées en chirurgie abdominale. Depuis 20 ans, des techniques chirurgicales de préservation splénique se sont développées en raison du nombre croissant de complications survenant à plus ou moins long terme après la splénectomie. Les deux complications principales sont les complications infectieuses et thromboemboliques. Les complications infectieuses sont bien documentées. Leur incidence varie avec l'indication de la splénectomie, et n'est que de 1 % chez l'adulte non immunodéprimé. Elles se caractérisent par leur extrême gravité avec un taux de mortalité proche de 50 %. Elles surviennent dans la majorité des cas, dans les deux premières années qui suivent la splénectomie. Leur traitement est avant tout préventif et repose sur la vaccination et l'éducation des malades. Les complications thromboemboliques postsplénectomie sont peu fréquentes, peu étudiées et ne font pas l'objet de mesures préventives particulières.

Mots clés  : infection ; mortalité ; prévention ; splénectomie ; thromboembolie ; vaccination.

Abstract

Splenectomy was one of the most common operations in abdominal surgery. During the past decade, an increased rate of late complications, especially septic and thromboembolic complications occurring after splenectomy, have been reported. The septic complications are well documented. The risk is related to the indication of splenectomy, and is less than 1 % in adults without immunodeficiency. However, these overwhelming postsplenectomy infections are associated with a high mortality rate, about 50 %. The best treatment of these infections is preventive measures which are based on vaccination and education of asplenic patients. The thromboembolic complications are rare, little studied, and specific preventive procedures have not been implemented.

Mots clés  : mortality ; prevention ; septic complication ; splenectomy ; thromboembolic complication ; vaccination.

La splénectomie est une des interventions les plus fréquemment réalisées en chirurgie digestive [1-3]. Depuis deux décennies, les hémopathies, qu'elles soient bénignes ou malignes, constituent plus de la moitié des indications [2][4][5]. En 1952, King et al. ont rapporté pour la première fois cinq cas de complications survenant plus de deux mois après la splénectomie [6]. Depuis cette date, plus de 600 cas de complications survenant à plus ou moins long terme après la splénectomie ont été rapportés, les plus fréquentes étant les complications infectieuses et thromboemboliques [7]. Différentes techniques chirurgicales de préservation splénique se sont donc récemment développées en traumatologie [8-10] ou en chirurgie réglée [11] afin de limiter la survenue de ces complications. Cependant, la majorité des complications postsplénectomie ont été rapportées sous forme de cas cliniques et il n'existe pas de large série [7] permettant d'affirmer que la fréquence ou la gravité de ces complications justifie tous les efforts entrepris pour conserver tout ou partie de la rate en chirurgie traumatologique d'urgence ou en chirurgie réglée [11]. Le but de cette mise au point est de préciser l'incidence, les facteurs de risque, la gravité, le traitement et les modalités de prévention des complications à long terme de la splénectomie.


Les complications thromboemboliques

Les complications thromboemboliques après splénectomie varient de 3 à 10 % selon les séries [5][12-14]. Ce risque élevé de complications thromboemboliques reste l'objet de controverses. En effet, pour certains, le risque thromboembolique est multiplié par quatre après splénectomie par rapport à une autre intervention chirurgicale [13][15][16]. En revanche, pour d'autres, la splénectomie ne constitue pas en elle-même un facteur de risque de complications thromboemboliques [17-20]. Cette différence s'explique essentiellement par l'hétérogénéité des indications dans les différentes séries. Après une splénectomie, une thrombocytose définie par un taux de plaquettes supérieur à 400 000 est observée dans plus de 70 % cas [17][20-25]. Le taux de plaquettes augmente généralement à partir du cinquième jour postopératoire pour atteindre un pic entre la deuxième et la troisième semaine postopératoire et revient à la normale dans la majorité des cas, un mois après la réalisation de la splénectomie [17][26]. Cependant le taux de plaquettes peut rester élevé pendant plusieurs mois [15][26]. La corrélation entre la thrombocytose et le risque de survenue d'une complication thromboembolique n'est actuellement pas démontrée [18][22] et il semble que ce risque soit surtout corrélé aux anomalies de la fonction plaquettaire [20-22][24] qui sont essentiellement observées chez les patients splénectomisés pour un syndrome myéloprolifératif. C'est pourquoi, plus que la splénectomie elle-même, c'est surtout le syndrome myéloprolifératif qui constitue le facteur de risque principal des complications thromboemboliques postopératoires [21][23-25].

La manifestation clinique la plus fréquente est l'embolie pulmonaire, dont la gravité et le traitement ne diffèrent pas de celles survenant après tout autre acte chirurgical [13][15]. Dans plus de 95 % des cas, ces complications thromboemboliques surviennent dans les deux mois qui suivent la splénectomie mais quelques rares cas ont été rapportés chez des patients splénectomisés ayant une thrombocytose persistante plus de deux ans après l'intervention [15].

L'intérêt d'un traitement préventif est encore controversé et aucune étude n'a réellement évalué son efficacité. C'est pourquoi ce traitement est mal codifié et actuellement aucun protocole précis n'a été rapporté. Le traitement préventif repose essentiellement sur l'administration d'anti-agrégants plaquettaires et d'héparine de bas poids moléculaire [16][22]. Il est actuellement démontré que l'effet anti-agrégant peut être obtenu avec une faible dose d'aspirine variant de 75 mg à 100 mg par jour [27][28]. La durée optimale de ce traitement préventif n'est pas clairement déterminée et des durées variant de un à deux mois sont rapportées dans la littérature [5][22]. En pratique, il paraît licite, en l'absence de contre-indications, d'administrer de l'aspirine à faible dose chez les patients splénectomisés pour un syndrome myéloprolifératif [20-22]. Chez les autres patients, la surveillance et la réalisation d'un examen doppler ou d'une scintigraphie pulmonaire au moindre symptôme pouvant faire évoquer une complication thromboembolique sont les mesures préventives les plus efficaces pour permettre un diagnostic et un traitement précoces, et limiter ainsi la gravité de ces complications [17].

La thrombose plus ou au moins étendue de la veine porte ou de la veine mésentérique supérieure est une complication rare de la splénectomie qui survient dans moins de 8 % des cas [29-31]. Elle est asymptomatique dans la majorité des cas et survient précocement durant la première semaine postopératoire [29][32][33]. Les facteurs de risque reconnus de cette complication sont l'existence d'un syndrome myéloprolifératif, l'existence d'une volumineuse splénomégalie (> 800 g), une thrombocytose, et un long moignon veineux splénique [29][32][33]. Chez ces patients à haut risque, certains auteurs préconisent un dépistage systématique par une échographie-doppler abdominale durant la première semaine post-traumatique [29]. Le traitement recommandé, y compris en cas de thrombose portale asymptomatique est l'administration à dose hypocoagulante d'héparine de bas poids moléculaire jusqu'à la disparition de la thrombose évaluée par échographie-doppler abdominale [29][32]. Certains auteurs ont même rapporté en cas de diagnostic très précoce, l'intérêt d'un traitement fibrinolytique par voie générale [34].


Les complications infectieuses

Incidence

Parmi les complications à long terme susceptibles de survenir après une splénectomie, les complications infectieuses sont les plus fréquentes et ont fait l'objet de nombreux travaux. Plus de 500 cas d'infections postsplénectomie ont été rapportés. Cependant, l'incidence exacte de ces complications infectieuses est encore mal connue et extrêmement variable dans la littérature, pouvant atteindre jusqu'à 25 % dans certaines séries [35-37]. Cette disparité est due, à l'hétérogénéité des patients et des indications de la splénectomie, et à la longueur du suivi postsplénectomie. Le tableau I montre que dans les séries incluant plus de 500 malades non sélectionnés et ayant un suivi de plus de cinq ans, l'incidence globale des infections postsplénectomie varie de 2 à 5 %. Le risque de développer une infection persiste tout au long de la vie et des cas ont été rapportés 40 ans après la splénectomie [42-45]. Cependant, hormis dans une étude [39] où 45 % des infections survenaient plus de cinq ans après la splénectomie, la majorité des auteurs rapporte que, chez l'adulte, 50 à 70 % de ces complications infectieuses sont observées au cours des deux premières années qui suivent la splénectomie [7][45-48]. Chez l'enfant, 80 % des infections postsplénectomie surviennent au cours des 20 premiers mois postopératoires [49-51].

Parmi tous les facteurs susceptibles d'augmenter le risque de survenue d'une complication infectieuse, l'âge et l'indication de la splénectomie semblent les plus importants. En effet, une méta-analyse [7] rapportait un taux d'infection significativement plus élevé chez les patients de moins de 16 ans (4,4 %) que chez les patients de plus de 16 ans (0,9 %). Cela était confirmé par une seconde étude [39] qui rapportait un taux de 1,2 % et 6 % respectivement chez les patients âgés de plus et moins de 15 ans. Enfin, dans les séries pédiatriques, le taux d'infection post-splénectomie est de l'ordre de 10 % chez les enfants dont l'âge est compris entre cinq et dix ans et de 15 % chez les enfants de moins de cinq ans, ce qui est supérieur aux taux habituellement rapportés chez l'adulte [35][36][49][50].

L'indication de la splénectomie semble avoir encore plus d'influence que l'âge. En cas de splénectomie pour traumatisme, pour tumeur maligne de la rate ou du pancréas, et pour lésion iatrogénique peropératoire, le taux d'infection postsplénectomie varie entre 1 et 2 % [7][11][47][52][53]. De plus, en cas de splénectomie pour traumatisme, Malangoni et al. [53] ont montré, par une étude multivariée, qu'une lésion associée du côlon ou du pancréas, et une fracture des extrémités étaient des facteurs de risque indépendants de survenue d'infection postsplénectomie, et qu'en leur absence, ce taux d'infection était inférieur à 1 %. En revanche, lorsque la splénectomie est réalisée pour une hémopathie, le taux d'infection postsplénectomie varie entre 7 et 15 %. Ce taux reste bas pour la sphérocytose, le purpura thrombopénique idiopathique, de l'ordre de 3 à 5 % [7][38][54] ; il est beaucoup plus élevé (15-20 %) pour la thalassémie et les hémopathies malignes comme la maladie de Hodgkin et les lymphomes [7][52][55], en raison probablement des désordres immunitaires fréquemment observés [47][55][56]. Enfin, le taux d'infection est également plus élevé, de l'ordre de 5 %, lorsque la splénectomie est réalisée pour hypertension portale chez des patients atteints de cirrhose [7].

En l'absence d'étude prospective comparant l'incidence des infections dans la population générale et chez des patients splénectomisés, il est difficile de préciser avec certitude si la réalisation d'une splénectomie favorise la survenue d'une infection. Chez un patient adulte non immunodéprimé, le taux d'infection postsplénectomie, de l'ordre de 1 %, semble comparable à celui observé dans une population non splénectomisée [7][52][57][58].

Gravité des complications infectieuses

Les complications infectieuses sont en revanche d'une extrême gravité avec un taux de mortalité variant de 25 à 50 % (tableau I). Par rapport à une population non splénectomisée, et pour une infection à un même germe, le taux de mortalité est 10 à 15 fois supérieur chez les patients splénectomisés [15][39][52]. La gravité de ces infections est multifactorielle, mais le développement rapide de septicémie favorisé par l'immunodépression humorale et cellulaire induite par la splénectomie, et le retard au diagnostic souvent observé, y contribuent largement [47][59-61]. Comme pour leur incidence, l'âge inférieur à 16 ans et la splénectomie pour hémopathie sont des facteurs de risque de mortalité des infections postsplénectomie [7][35][36][39].

Agents infectieux responsables des infections graves postsplénectomie

Du fait de la diminution de synthèse des immunoglobulines induite par la splénectomie, les patients splénectomisés ont une plus grande vulnérabilité pour les bactéries encapsulées normalement reconnues, par le système immunitaire, par leurs antigènes de membrane [62][63]. Streptococcus pneumoniae est l'agent pathogène le plus incriminé dans les infections postsplénectomie avec une fréquence variant de 50 à 60 % selon les séries [7][45][46][52][64]. Le deuxième germe le plus fréquent est l'Haemophilus influenzae qui est responsable de 20 à 30 % des infections postsplénectomie [7][47][65][66]. Enfin, Neisseria meningitidis est responsable de 10 à 20 % des infections postsplénectomie [47][52]. Des infections dues à d'autres bactéries comme E. coli, S. aureus, Streptococcus du groupe B, Pseudomonas aeruginosa et Capnocytophaga canimorsus ont été rapportées [38][47][67]. Par ailleurs, les patients splénectomisés sembleraient plus exposés aux infections graves dues à des protozoaires intra-érythrocytaires comme le Plasmodium falciparum et le Babesia microti [68][69].

Chez l'adulte, l'infection à Streptococcus pneumoniae est de loin la plus fréquente. La manifestation clinique habituelle est une septicémie à point de départ pulmonaire évoluant rapidement vers un état de choc irréversible [7]. Chez l'enfant, l'infection la plus fréquente est une méningite assez rapidement compliquée d'une septicémie. Contrairement à l'adulte, il n'existe pas chez l'enfant de prépondérance du Streptococcus pneumoniae, et les méningites à Haemophilus influenzae et à Neisseria meningitidis sont aussi fréquentes [7][47][65].

Traitement des infections graves postsplénectomie

La survenue d'un épisode fébrile chez un patient splénectomisé doit être considérée comme une urgence thérapeutique. En effet, seul un diagnostic rapide et la mise en route immédiate d'un traitement antibiotique intraveineux sans attente des résultats des prélèvements à visée bactériologique, peuvent permettre de diminuer le taux de mortalité [47][70][71]. Le traitement antibiotique empirique doit inclure dans son spectre les trois germes les plus fréquemment incriminés, c'est-à-dire Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae et Neisseria meningitidis. Devant l'augmentation croissante de la résistance du Streptococcus pneumoniae aux pénicillines, il est de plus en plus recommandé d'utiliser en première intention des céphalosporines de troisième génération [60][64][70]. Le tableau II résume les schémas thérapeutiques actuellement recommandés chez l'enfant et chez l'adulte en cas de suspicion d'infection postsplénectomie. Les infections parasitaires sont généralement traitées par une association entre la quinine et la clindamycine [72]. Dans les formes graves, il a été proposé, à la phase aiguë, d'associer un traitement anticoagulant au traitement antibiotique [73]. Un traitement corticoïde à haute dose a été proposé mais n'a jamais fait la preuve de son efficacité.

Traitements préventifs des infections graves postsplénectomie

Le traitement préventif est certainement le traitement le plus efficace pour diminuer la mortalité des infections postsplénectomie [74][75]. Il repose essentiellement sur l'éducation des patients et des médecins, la vaccination, et l'antibioprophylaxie.

L'éducation des patients et des médecins

Tous les patients ayant été opérés d'une splénectomie doivent être prévenus du risque de développer au cours de leur vie une infection potentiellement grave. De même, les patients doivent être informés de la nécessité de consulter en urgence lors de la survenue de tout épisode fébrile afin de ne pas laisser évoluer une infection dont le retard diagnostique contribue à en augmenter la gravité [47][70][71]. Bien que cette éducation des patients splénectomisés soit fondamentale, elle est souvent négligée. Une enquête postopératoire réalisée chez plus de 200 patients splénectomisés, a ainsi montré qu'un peu moins de la moitié des patients avaient réellement assimilé le risque et la gravité des infections [74].

Devant tout épisode fébrile chez un patient splénectomisé, doivent être systématiquement réalisés une radio de poumon, une numération formule sanguine, un ionogramme sanguin, des hémocultures, un examen cytobactériologique des urines et des crachats [46][47]. Chez l'enfant, étant donnée la fréquence des méningites, une ponction lombaire doit être réalisée au moindre doute. Si l'un des ces examens d'urgence montre un signe en faveur d'un syndrome infectieux, un traitement antibiotique intraveineux doit être débuté avant l'identification, par les prélèvements bactériologiques, du germe en cause.

La vaccination

Il existe des vaccins contre les trois germes le plus souvent responsables des infections graves postsplénectomie : Streptococcus pneumoniae (les 23 sérotypes les plus fréquents), Haemophilus influenzae (type B) et Neisseria meningitidis (groupe A, C, Y, W135). L'immunisation postvaccinale chez les patients splénectomisés est excellente pour Haemophilus influenzae et Neisseria meningitidis, quelle que soit l'indication de la splénectomie [76-78]. En revanche, pour Streptococcus pneumoniae, si une bonne immunisation postvaccinale est observée chez quasiment tous les patients ayant une splénectomie pour traumatisme, elle est observée chez seulement 70 % des patients ayant eu une splénectomie pour hémopathie maligne [79-81]. Aucun essai contrôlé n'a démontré l'efficacité de la vaccination dans la prévention des infections postsplénectomie. Cependant, plusieurs auteurs ont montré, dans des études rétrospectives incluant plus de 100 malades avec un suivi de plus de trois ans qu'après vaccination, le risque de développer une infection postsplénectomie était compris entre 0 et 0,5 % [81][82]. La vaccination diminue l'incidence des infections mais une infection grave peut cependant survenir chez un patient correctement vacciné [83] si bien qu'elle n'est en fait qu'une fausse sécurité. La plupart des auteurs recommandent dans la mesure du possible de réaliser la vaccination en préopératoire [46][47] dans le but d'obtenir une meilleure immunisation. Cette notion classique n'est pas démontrée et Barron, et al. [59], dans une étude expérimentale, ont montré, en réalisant des dosages d'anticorps anti-Streptococcus pneumoniae, que pour obtenir une bonne réponse immunitaire secondaire, la vaccination devait être réalisée plus de 40 jours avant la splénectomie. En pratique clinique, la vaccination doit être faite au moins un mois et demi avant une splénectomie réalisée de façon élective. Lorsque la splénectomie est réalisée en urgence, il est conseillé de faire la vaccination au moins un mois après la splénectomie afin de permettre la dissipation de l'immunodépression postopératoire [46][47][59]. Chez l'adulte, seul le vaccin pneumococcique est recommandé. En revanche, chez l'enfant, les trois vaccins doivent être réalisés systématiquement. Un dosage des anticorps à l'âge adulte est également recommandé pour juger de la nécessité de revacciner [81]. Bien que la vaccination soit l'un des traitements préventifs les plus efficaces, plusieurs études ont montré qu'elle n'était effectivement réalisée que chez 60 à 70 % des patients splénectomisés [75][84]. En effet, tous les patients ayant une hémopathie sont vaccinés ; en revanche, en cas de splénectomie pour traumatisme ou au cours d'une autre intervention, la vaccination n'est réalisée respectivement que dans 75 et 10 % des cas [75]. Ces dernières constatations montrent bien l'étendue des progrès à faire dans la prise en charge postopératoire des patients splénectomisés [60].

L'antibioprophylaxie

Comme la majorité des infections graves postsplénectomie surviennent au cours des deux premières années postopératoires, certains auteurs [39][43][81][85] ont recommandé une antibioprophylaxie des infections à Streptococcus pneumoniae, durant cette période. L'antibioprophylaxie repose sur une prise quotidienne d'un gramme d'amoxicilline mais avec l'émergence de résistances à la pénicilline, l'acide clavulanique ou le triméthoprime/sulfaméthoxazole sont de plus en plus utilisés [83][86]. L'efficacité de l'antibioprophylaxie a été démontrée par un essai contrôlé réalisé chez 215 enfants où le taux d'infection postsplénectomie à trois ans était significativement plus bas dans le groupe traité par pénicilline V que dans le groupe placebo [87]. Cependant l'antibioprophylaxie est très astreignante pour les patients et plusieurs études ont montré que la compliance au traitement n'était que de l'ordre de 50 % [42][45][87][88]. C'est pourquoi, l'antibioprophylaxie ne peut être proposée de manière systématique mais plutôt réservée aux patients à haut risque de développer une infection postsplénectomie comme les enfants et les patients ayant une hémopathie maligne [85][88]. Chez l'adulte non immunodéprimé, la recherche dans le sang circulant de corps de Howell-Joly témoignant d'un hyposplénisme fonctionnel pourrait être proposée afin de dépister les patients à haut risque d'infection, chez qui l'antibioprophylaxie serait alors indiquée [60][89].


Conclusion

La splénectomie a, outre sa morbidité opératoire, des conséquences à long terme qui méritent d'être prises en considération lors de son indication. Les complications thromboemboliques sont peu fréquentes et aucun traitement préventif n'a clairement démontré son utilité. Les complications infectieuses, bien que peu fréquentes chez l'adulte non immunodéprimé, justifient par leur extrême gravité de préserver tout ou partie de la rate chaque fois que possible.

@@#101529@@

[1] Tiret L., Rotman N., Hatton F., Fagniez P.L. La chirurgie digestive en France. Une enquête épidémiologique nationale 1978-1982 Gastroentérol Clin Biol 1988 ; 12 : 354-360
[2] Glass J.M., Gilbert J.M. Splenectomy in general hospital. J R Soc M 1996 ; 89 : 199-201
[3] Danforth D.N., Thorbjarnarson B. Incidental splenectomy: a review of the literature and the New York Hospital experience. Ann Surg 1976 ; 183 : 124-129
[4] Horowitz J., Smith J.L., Weber T.K., Rodriguez-Bigas M.A., Petrelli N.J. Postoperative complications after splenectomy for hematologic malignancies. Ann Surg 1996 ; 223 : 290-296
[5] Traetow W.D., Fabri P.J., Carey L.C. Changing indications for splenectomy. 30 years'experience Arch Surg 1980 ; 115 : 447-451
[6] King H., Shumacker H.B. Suceptibility to infection after splenectomy performed in infancy. Ann Surg 1952 ; 136 : 239-242
[7] Holdsworth R.J., Irving A.D., Cuschieri A. Postsplenectomy sepsis and its mortality rate: actual versus perceived risks. Br J Surg 1991 ; 78 : 1301-1308
[8] Saudemont A., Chambon J.P., Wurtz A., Quandalle P. Traitement conservateur des traumatismes de la rate chez l'adulte. Ann Chir 1992 ; 46 : 324-329
[9] Pradère B., Julio C.H., Rimailho J., Bloom E., Comy M., Concina D. , and al. Prancréatectomies gauches avec conservation de la rate sans son pédicule. À propos de treize cas Ann Chir 1992 ; 46 : 620-624
[10] Warshaw A.L. Conservation of the spleen with distal pancreatectomy. Arch Surg 1988 ; 123 : 550-553
[11] Benoist S., Dugué L., Sauvanet A., Valverde A., Mauvais F., Paye F. , and al. Is there a role of preservation of spleen during distal pancreatectomy?   1999 J Am Coll Surg  
[12] Klaue P., Eckert P., Kern E. Incidental splenectomy: early and late postoperative results. Am J Surg 1979 ; 138 : 296-300
[13] Ziemski J.M., Rudowski W.J., Jaskowiak W., Rusiniak L., Scharf R. Evaluation of early postsplenectomy complications. Surg Gynecol Obstet 1987 ; 165 : 507-514
[14] Coltheart G., Little J.M. Splenectomy: a review of morbidity. Aust N Z J Surg 1976 ; 46 : 32-36
[15] Pimpl W., Dapunt O., Kaindl H., Thalhamer J. Incidence of septic and thromboembolic-related deaths after splenectomy in adults. Br J Surg 1989 ; 76 : 517-521
[16] Robertson D.A., Simson F.G., Losowsky M.S. Blood viscosity after splenectomy. Br J M 1981 ; 283 : 573-575
[17] Boxer M.A., Braun J., Ellman L. Thromboembolic risk of postsplenectomy thrombocytosis. Arch Surg 1978 ; 113 : 808-809
[18] Dawson A.A., Bennett B., Jones P.F., Munro A. Thrombotic risks of staging laparotomy with splenectomy in Hodgkin's disease. Br J Surg 1981 ; 68 : 842-845
[19] Robinette C.D., Fraumeni J.F. Splenectomy and subsequent mortality in veterans after the 1939-1945 world war. Lancet 1977 ; ii : 127-130
[20] Visudhiphan S., Ketsa-Ard K., Piankijagum A., Tumliang S. Blood coagulation and platelet profiles in persistant post-splenectomy thrombocytosis. The relationship to thromboembolism Biomed Pharmacother 1985 ; 39 : 264-271
[21] Randi M.L., Fabris F., Dona S., Girolami A. Evaluation of platelet function in postsplenectomy thrombocytosis. Folia Haematol Int Mag Klin Morphol Blutforsh 1987 ; 114 : 252-256
[22] Naguase N., Inokuchi K., Kobayashi M., Kanashima R. Platelet aggregability after splenectomy in patients with normosplenism and hypersplenism. Am J Surg 1978 ; 136 : 260-264
[23] Arnoletti J.P., Karam J., Brodsky J. Early postoperative complications of splenectomy for hematologic disease. Am J Clin Oncol 1999 ; 22 : 114-118 [crossref]
[24] Aviram M., Carter A., Tatarsky I., Levy Y., Brook J.G. Increased platelet aggregation following splenectomy in patients with myeloproliferative disease. Isr J Med Sci 1985 ; 21 : 415-417
[25] Wehmeier A., Scharf R.E., Schneider W. Influence of splenectomy on platelet morphometry and function. Klin Wochenschr 1990 ; 68 : 847-852 [crossref]
[26] Wintrobe M.M. Clinical hematolgy.   7thLea and Febiger, 1974 
[27] Jha S., Chandra M., Kumar A., Kumar A. Effect of variable doses of aspirin on platelet functions. J Assoc Physicians India 1989 ; 37 : 269-270
[28] Willoughby S., Pearson T.C. The use of aspirin in polycythaemia vera and primary thrombocythaemia. Blood Rev 1998 ; 12 : 12-22 [crossref]
[29] Chaffanjon P.C., Brichon P.Y., Ranchoup Y., Gressin R., Sotto J.J. Portal vein thrombosis following splenectomy for hematologic disease: prospective study with Doppler color flow imaging. World J Surg 1998 ; 22 : 1082-1086 [crossref]
[30] Charleux H., Julien M., Bousquet R., Ribardiere J.L., Marmuse J.P., Hakim J. Les splénectomie pour affections hématologiques : indications, techniques, et résultats précoces. Chirurgie 1989 ; 115 : 494-500
[31] Fotiadis C., Kontzoglou C., Dousaitou P., Sehas M., Skalkeas G.R. Indications et résultats précoces des splénectomies pour affections hématologiques. Chirurgie 1992 ; 118 : 309-318
[32] Kowal-Vern A., Radhakrishnan J., Goldman J., Hutchins W., Blank J. Mesenteric and portal vein thrombosis after splenectomy for autoimmune hemolytic anemia. J Clin Gastroenterol 1988 ; 10 : 108-110
[33] Broe P.J., Conley C.L., Cameron J.L. Thrombosis of the portal vein following splenectomy for myeloid metaplasia. Surg Gynecol Obstet 1981 ; 152 : 488-492
[34] Suzuki S., Nakamura S., Baba S., Sakaguchi S., Ohnuky Y., Yokoi Y. , and al. Portal vein thrombosis after splenectomy successfully treated by an enormous dosage of fibrinolytic agent in a short period: report of two cases. Surg Today 1992 ; 22 : 464-469 [crossref]
[35] Broberger O., Gyulai F., Hirschfeldt J. Splenectomy in chilhood: a clinical and immunological of forty two children splenectomised in the years 1951-1958. Acta Paediatr Scand 1960 ; 49 : 679-689 [crossref]
[36] Erickson W.D., Burgert E.O., Lynn H.B. The hazard of infection following splenectomy in children. Am J Dis Child 1968 ; 116 : 1-8
[37] Francke E.L., Neu H.C. Postsplenectomy infection. Surg Clin North Am 1981 ; 61 : 134-148
[38] Schwartz P.E., Sterioff S., Mucha P., Melton M.J., Offord M.S. Postsplenectomy sepsis and mortality in adults. JAMA 1982 ; 248 : 2279-2283
[39] Cullingford G.L., Watkins D.N., Watts A.D., Mallon D.F. Severe late postsplenectomy infection. Br J Surg 1991 ; 78 : 716-721 [crossref]
[40] Dickerman J.D. Bacterial infection and the asplenic host: a review. J Trauma 1976 ; 16 : 662-667
[41] Walker W. Splenectomy in childhood: a review of cases in England and Wales 1960-1964. Br J Surg 1976 ; 63 : 36-43 [crossref]
[42] Cole J.T., Flaum M.A. Postsplenectomy infections. South Med J 1992 ; 85 : 1220-1228
[43] Di Catalo A., Puelo S., Li Destri G., Racalbuto A., Trombatore G., Latteri F. , and al. Splenic trauma and overwhelming postsplenectomy infections. Br J Surg 1987 ; 74 : 343-345
[44] Näslund E., Jansson O., Askergreen J. Pneumococcal infection several years after trauma. Eur J Surg 1993 ; 159 : 309-317
[45] Styrt B. Infections associated with asplenia: risk, mechanisms, and prevention. Am J M 1990 ; 88 : 5-33
[46] Ellison E.C., Fabri P.J. Complications of splenectomy. Surg Clin North Am 1983 ; 63 : 1313-1331
[47] Lynch A.M., Kapila R. Overwhelming postsplenectomy infection. Infect Dis Clin North Am 1996 ; 10 : 695-707
[48] Likhite V.V. Immunological impairment and susceptibility to infection after splenectomy. JAMA 1976 ; 236 : 1376-1381
[49] Posey D.L., Marks C. Overwhelming postsplenectomy sepsis in childhood. Am J Surg 1983 ; 145 : 318-321
[50] Wahlby L., Domellof L. Splenectomy after blunt trauma: a retrospective study of 413 children. Acta Chir Scand 1981 ; 147 : 131-135
[51] Sorrells D.L., Morrissey T.B., Brown M.F. Septic complications after splenectomy for sickle cell sequestration crisis. Pediatr Surg Int 1998 ; 13 : 100-103 [crossref]
[52] Singer D.B. Postsplenectomy sepsis. In: H.S Rosenberg, R.P Bolander (Ed.) Pediatric pathology Chicago Year Book Medical Publisher: 1973; 285-305.
[53] Malangoni M.A., Dillon L.D., Klamer T.W., Condon R.E. Factors influencing the risk of early and late serious infection in adults after splenectomy for trauma. Surgery 1984 ; 96 : 775-782
[54] Reis T.C., Clark C., Burris O., O'Rouke S., Cowan V., Daniels L. Postsplenectomy sepsis. N Engl J M 1983 ; 309 : 926
[55] Chilcote R.R., Baehmer R.L., Hammond D. Septicemia and meningitidis in children splenectomized for Hodgkin's disease. N Engl J M 1976 ; 295 : 798-800
[56] Koren A., Haasz R., Tiatler A., Katzuni E. Serum immunoglobulin levels in children after a splenectomy. A prospective study Am J Dis Child 1984 ; 138 : 53-55
[57] Colman G., Hallas G. Systemic disease caused by pneumococci. J Infect 1983 ; 7 : 248-255
[58] Grandsen W.R., Eykyn S.J., Phillips I. Pneumococcal bacteriema: 325 episodes diagnosed at St. Thomas's Hospital Br J M 1985 ; 290 : 505-508
[59] Barron P.T., Richter M. Immunodeficienty following splenectomy in the early postimmunization period. Br J Surg 1990 ; 77 : 316-319
[60] Bridgen M.L., Pattullo A.L. Prevention and management of overwhelming postsplenectomy infection: an update. Crit Care M 1999 ; 27 : 836-842
[61] Billar T.R., West M.A., Hyland B.J., Simmons R.L. Splenectomy alters Kuppfer cells response to endotoxin. Arch Surg 1988 ; 123 : 327-332
[62] Claret I., Morales L., Montoner A. Immunological studies in the post splenectomy syndrome. J Pediatr Surg 1975 ; 10 : 59-65
[63] Constentapoulas A., Najjay V.A., Wish J.B., Necheles T.H., Stolbach L.L. Defective phagocytose due to tufsin deficiency in splenectomized subjects. Am J Dis Child 1973 : 564-567
[64] Machesky K.K., Cushing R.D. Overwhelming postsplenectomy infection in a patient with penicillin-resistant Streptoccocus pneumoniaeArch Fam M 1998 ; 7 : 178-180 [crossref]
[65] Eykyn S.J., Thomas R.D., Phillips I. Haemophilus influenzae meningitis in adults. Br Med J 1974 ; ii : 463-465 [crossref]
[66] Kyong K., Reines H.D. Haemophilus influenzae sepsis in a splenectomized child. N Engl J M 1979 ; 301 : 271
[67] Sawmiller C.J., Dudrick S.J., Hamzi M. Postsplenectomy Capnocytophaga canimorsus sepsis presenting as an acute abomen. Arch Surg 1998 ; 133 : 1362-1365 [crossref]
[68] Looareesuwan S., Suntharasamai P., Webster H.K., Ho M. Malaria in splenectomized patients: report of four cases and review. Clin Infect Dis 1993 ; 16 : 361-365
[69] Rosner F., Zarrabi M., Benach J.L., Habicht G.S. Babesiosis in splenectomized adults. Review of 22 reported cases Am J M 1984 ; 76 : 696-699
[70] McMullin M., Johnston G. Long term management of patients after splenectomy. Br Med J 1993 ; 307 : 1372-1380
[71] Read R.C., Finch R.G. Prophylaxis after splenectomy. J Antimicrob Chemother 1994 ; 33 : 4-10
[72] Centers for Disease Control Clindamycin and quinine treatment for Babesia microti infection. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 1983 ; 32 : 65
[73] Torrez J., Bisno A.L. Hyposplenism and pneumococcia. Am J M 1973 ; 55 : 851
[74] Deoddhar H.A., Marshall R.J., Barnes J.N. Increased risk of sepsis after splenectomy. BMJ 1993 ; 307 : 1408
[75] Siddins M., Downie J., Wise K., O'Reilly M. Prophylaxis against postsplenectomy pneumoccocal infections. Aust N Z J Surg 1990 ; 60 : 183-188
[76] Ambrosino D.M., Lee M.Y.C., Chen D., Shamberger R.C. Response to Haemophilus influenzae type B vaccine in children undergoing splenectomy. J Pediatr Surg 1992 ; 27 : 1045-1048 [crossref]
[77] Kristensen K. Antibody response to Haemophilus influenzae type b polysaccharide tetanus toxoid conjugate vaccine in splenectomized children and adolescents. Scand J Infect Dis 1992 ; 24 : 629-632 [crossref]
[78] Ruben F.L., Hankins W.A., Ziegler Z., Norden C.W., Harrison A., Winkelstein A. , and al. Antibody response to meningococcal polysaccharide vaccine in adults wihout a spleen. Am J M 1984 ; 76 : 115-120
[79] Addiego J.E., Ammann A.J., Schiffman G., Bakhner R., Higgins G., Hammond D. Response to pneumococcal polysaccharide vaccine in patient with untreated Hodgkin's disease. Lancet 1980 ; 2 : 450-451
[80] Ammann A.J., Addiego J., Warra D.W., Lubin B., Smith W.B., Mentzer W.C. Polyvalent pneumococcus-polysaccharide immunization of patients with sickle cell anemia and patients with splenectomy. N Engl J M 1977 ; 297 : 897-900
[81] Konradsen H.B., Henrichsen J.R. Pneumococcal infections in splenectomized children are preventable. Acta Paediatr 1991 ; 80 : 423-427 [crossref]
[82] White K.S., Covington D., Churchill P., Maxwell J.C., Norman K.S., Clancy T.V. Patient awareness of health precautions after splenectomy. Am J Infect Control 1991 ; 19 : 36-40
[83] Shetty N., Aurora P., Ridgway G.L. Failure of anti-pneumococcal vaccine and prophylactic penicillin in a splenectomized patient. J Infect 1998 ; 37 : 87-88 [crossref]
[84] Kind E.A., Craft C., Fowles J.B., McCoy C.E. Pneumococcal vaccine administration associated with splenectomy: missed opportunities. Am J Infect Control 1998 ; 26 : 418-422 [crossref]
[85] Gaston M.H., Verter J.I., Woods G., Pegelow C., Kelleher J., Presbury G. , and al. Prophylaxis with oral penicillin in children with sickle cell anemia. N Engl J M 1986 ; 314 : 1986-1987
[86] Zarrabi M.H., Rosner F. Rarity of failure of penicillin prophylaxis to prevent postsplenectomy sepsis. Arch Intern M 1986 ; 146 : 1207-1213
[87] Buchanan G.R., Siegal J.D., Smith S.J., Depasse B.M. Oral prophylaxis in children with impaired splenic function. A study of compliance Pediatrics 1982 ; 70 : 926-932
[88] Keenan R.D., Boswell T., Milligan D.W. Does post-splenectomy patients take prophylactic penicillin? Br J Haematol 1999 ; 105 : 509-510 [crossref]
[89] Bridgen M.L. Postsplenectomy sepsis syndrome. How to identify and manage patients at risk Postgrad M 1985 ; 77 : 215-218



© 2000  Éditions médicales et scientifiques Elsevier SAS. All Rights Reserved.

EM-CONSULTE.COM is registrered at the CNIL, déclaration n° 1286925.
As per the Law relating to information storage and personal integrity, you have the right to oppose (art 26 of that law), access (art 34 of that law) and rectify (art 36 of that law) your personal data. You may thus request that your data, should it be inaccurate, incomplete, unclear, outdated, not be used or stored, be corrected, clarified, updated or deleted.
Personal information regarding our website's visitors, including their identity, is confidential.
The owners of this website hereby guarantee to respect the legal confidentiality conditions, applicable in France, and not to disclose this data to third parties.
Close
Article Outline