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Gynécologie Obstétrique & Fertilité
Volume 34, n° 9
pages 860-872 (septembre 2006)
Doi : 10.1016/j.gyobfe.2006.07.015
Received : 18 July 2006 ;  accepted : 21 July 2006
Aspects sociologiques de la paternité tardive
Sociological aspects of late fatherhood
 

M. Bessin
CNRS, centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS), école des hautes études en sciences sociales (EHESS), 54, boulevard Raspail, 75006 Paris, France 

Résumé

À partir d'une recherche sociologique sur la parenté — ou parentalité — tardive, l'article expose quelques enseignements quantitatifs et qualitatifs du phénomène, notamment du côté des pères. La parenté tardive a décliné au XXe siècle, pour progresser de nouveau depuis 1980. L'exploitation secondaire de l'enquête EHF 99 permet de montrer les logiques à l'oeuvre et les caractéristiques sociodémographiques de la paternité tardive, sur trois générations. C'est un phénomène qui est fortement lié aux descendances nombreuses et aux recompositions familiales. On observe également dans ces configurations d'importants écarts d'âge entre conjoints et des entrées tardives dans la vie de couple. La bipolarisation sociale du phénomène, particulièrement nette pour les maternités tardives, l'est beaucoup moins pour la paternité, qui présente une part de plus en plus importante d'ouvriers et de non diplômés. Cette différence est due au poids très important des immigrés dans le phénomène. Une enquête qualitative par entretiens biographiques a permis de mettre en lumière des logiques sexuées du faire famille sur le tard, non seulement du fait des inégalités des calendriers biologiques de fertilité, mais surtout à cause d'une différenciation des calendriers et des investissements sociaux qui résulte de la division sociale du travail entre hommes et femmes. Les récits permettant d'analyser les processus biographiques de la parenté tardive s'organisent selon des logiques d'ajournement ou de recommencement, sous forme de refondation ou de répétition. Ils renvoient en tout cas à des négociations avec soi-même et à l'intérieur du couple.

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Abstract

Starting from a sociological research on late parenthood, the article shows quantitative and qualitative lessons on the subject - in particular concerning the fathers' perspective. Late parenthood has declined over the 20th Century, to increase again since 1980. The further exploitation of the survey EHF 99 shows the processes and the socio-demographic of late fatherhood, over three generations. This phenomenon is tightly related to the multiple descents and family recombinings. We also observe in these configurations major age differences between spouses and late relationship. The social bipolarity of this phenomenon appears clearly as far as late motherhood is concerned, but is less clear concerning fatherhood, since more blue collars and non qualified men are concerned. This difference is due to the important role played by migrants in this phenomenon. A qualitative survey conducted on the basis of biographic interviews has underlined the gendered logics of late family founding. These logics are linked to the discrepancies due to man/woman differences regarding their respective calendar of fertility and to their attitude towards work. The interviews which provide an analysis of the biographical processes of late parenthood are organised according to postponement or renewal logics, in the form of refoundation or repetition. They are linked to self-introspection and to the negotiations at work within a couple.

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Mots clés : Sociologie, Paternité, Âges, Famille, Calendriers, Parenté tardive, Genre

Keywords : Sociology, Fatherhood, Ages, Family, Calendars, Late parenthood, Gender


1  La recherche a été menée avec H. Levilain, sociologue (Université de Metz). A. Régnier-Loillier (INED, Paris) a également fortement contribué au travail statistique. Pour un aperçu de l'ensemble : [5].
2  La question était la suivante : « À votre avis, à partir de quel âge est-il souhaitable qu'une femme/qu'un homme n'ait plus d'enfant ? ».
3  Ces bornes sont restrictives, principalement du côté masculin dans la mesure où les hommes peuvent avoir des enfants au-delà de 55 ans. Néanmoins, il s'agit de cas marginaux puisque moins de 0,6 % des hommes nés en 1944 ou avant (donc ayant 55 ans ou plus au moment de l'enquête) ont déclaré avoir eu un enfant à 55 ans ou après.
4  EHF ne permet pas de distinguer les adoptions simples des adoptions plénières. Aussi l'âge parfois élevé des enfants (souvent les beaux-enfants) au moment de leur adoption simple explique-t-il en partie la part importante des parents tardifs adoptant selon cette procédure. Dès lors, les adoptions simples peuvent contribuer de manière significative à cette proportion. Cependant, J. Halifax qui a tenté d'exclure les adoptions simples de son étude sur les familles adoptives, retrouve 24,5 % de parents tardifs parmi les adoptants (Halifax, 2004).
5  Dans la mesure où l'on observe, par ailleurs, une augmentation de l'âge à la naissance de leur premier enfant des 5 % de mères les plus âgées. Ainsi, alors qu'en 1980, les enfants de rang 1, dont la mère était parmi les 5 % des mères les plus âgées à leur naissance, avaient une mère d'au moins 31,8 ans, cet âge atteint 36 ans en 1999.
6  Plus le nombre d'enfants est élevé et plus les chances d'être parent tardif augmentent, quelle que soit la génération retenue. Toutefois, une évolution apparaît pour les femmes des générations les plus récentes (1940-1949) puisque le fait de n'avoir qu'un seul enfant augmente les chances d'être mère tardive (Odds ratio de 1,8) par rapport au fait d'en avoir deux (modalité de référence), « toutes autres choses prises en compte dans le modèle égales par ailleurs ». Cela peut tenir à différentes contraintes (difficultés à devenir enceinte, délais d'accès à la procréation médicalement assistée) et/ou choix de vie (souhait de se consacrer d'abord à sa carrière professionnelle puis, sur le tard, désir de connaître la maternité mais trop tardivement pour avoir un second enfant).
7  Dans l'enquête, il y a recomposition si les enfants d'ego sont issus de différentes unions, décrites par ego . Pour le calcul des proportions de parents ayant eu leurs enfants dans le cadre de différentes unions, on ne prend comme population que les parents d'au moins deux enfants (un parent n'ayant eu qu'un enfant ne pouvant l'avoir eu dans le cadre de différentes unions).
8  Il s'agit en fait des pères tardifs n'ayant eu qu'une seule union, car pour calculer les écarts d'âge entre conjoints à la naissance du premier enfant, il fallait observer les personnes dont le conjoint est aussi parent du premier enfant. L'enquête EHF 1999 ne donne, en effet, que l'âge du dernier conjoint, lorsque les enfants sont issus de différentes unions, lequel n'est pas le père du premier enfant.
9  Pour une analyse fouillée du sens des différences d'âge entre conjoints : [7].
10  Trois ans et demi en moyenne de vie couple sans enfant pour les pères tardifs nés entre 1935 et 1944 ; durée qui atteint quatre ans pour les mères tardives nées entre 1940 et 1949.
11  À noter que pour certaines femmes enquêtées, d'une autre génération, le célibat prolongé est suivi d'une accélération de la programmation d'une union et d'une conception (trouver le bon conjoint pour avoir un enfant) ce qui montre la plus faible marge de manoeuvre des femmes du fait de l'asymétrie des calendriers.
12  Les ouvriers atteignent 41,8 % des tardifs de la dernière génération née entre 1935 et 1944, contre 30,2 % parmi les non-tardifs.
13  14,1 % des cadres parmi les tardifs nés entre 1935 et 1944, contre 16,5 % pour les non-tardifs.
14  Chez les hommes ingénieurs, la présence d'enfants est associée à la réussite dans la carrière professionnelle [9].
15  Par immigrés, EHF 99 entend les personnes « nées de nationalité étrangère et à l'étranger ».
16  Les Algériens représentent 35 % de l'ensemble des parents tardifs immigrés toutes générations confondues, alors qu'ils ne sont que 15 % de l'ensemble des parents non-tardifs immigrés.
17  Dans une enquête quantitative, Abelhafid Hammouche [10] parle de mariages les plus traditionnels pour ceux dont les écarts d'âge excèdent 11 ans. Dans l'enquête, l'écart d'âge entre les deux parents de l'enfant est en moyenne de 11,3 ans pour les pères tardifs immigrés contre 8,9 ans pour les pères tardifs non immigrés, il est de 3,7 ans pour les pères non-tardifs immigrés contre 2,8 ans pour les pères non-tardifs et non immigrés.
18  En particulier, les années 1970 n'ont pas joué de la même manière pour les hommes déjà fortement engagés dans la vie d'adulte (sur le plan familial et professionnel) que pour les autres.


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