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Journal Français d'Ophtalmologie
Volume 35, n° 4
pages 292-307 (avril 2012)
Doi : 10.1016/j.jfo.2011.10.002
Received : 4 September 2011 ;  accepted : 5 October 2011
Aspects actuels du traitement des kératites herpétiques
Current concepts in the treatment of herpetic keratitis
 

M. Labetoulle a, , b , J. Colin c
a Service d’ophtalmologie, université Paris-Sud, hôpital Bicêtre, AP–HP, 78, rue Général-Leclerc, 94275 Le Kremlin-Bicêtre, France 
b UMR 3296, CNRS Gif-sur-Yvette, laboratoire de virologie moléculaire et structurale, bâtiment 14B, 1, avenue de la Terrasse, 91198 Gif-sur-Yvette cedex, France 
c Service d’ophtalmologie, CHU Pellegrin, place Amélie-Raba-Léon, 33000 Bordeaux, France 

Auteur correspondant.
Résumé

Les kératites herpétiques sont une cause fréquente de consultation dans les cabinets d’ophtalmologie. Elles sont classées en formes épithéliales, stromales, endothéliales et neurotrophiques. La prise en charge dépend du degré respectif de ces différentes composantes, certains patients présentant d’ailleurs des formes complexes. Dans la phase aiguë de la kératite herpétique, la stratégie thérapeutique repose avant tout sur les antiviraux qui peuvent être donnés par voie topique ou générale en fonction du niveau d’atteinte (superficielle ou profonde), de sa gravité, et aussi des contraintes pratiques liées à la vie du patient. D‘autres mesures peuvent être associées, qui varient aussi en fonction du type de kératite (débridement et atropiniques dans les formes épithéliales, corticoïdes dans les formes stromales et endothéliales). À plus long terme, la prise en charge consiste à limiter la fréquence des récidives chez les patients touchés par une forme récidivante et/ou soumis à un stimulus de réactivation du virus herpès simplex. Le traitement préventif repose, lui aussi, sur les antiviraux, toujours donnés par voie orale, mais à des doses qui peuvent varier en fonction de l’histoire du patient. D’autres traitements peuvent aussi participer à la réduction de la fréquence des récidives, en particulier la cyclosporine topique, mais de plus amples études sont nécessaires pour mieux en cerner les indications.

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Summary

Herpes simplex virus is a frequent cause of keratitis. Clinical forms are usually classified as epithelial, stromal, endothelial, or neurotrophic. Management depends on the respective degrees of these various components, with some patients presenting with compound forms. In the acute phase of the disease, the therapeutic strategy is based primarily on antiviral drugs, which can be given topically or systemically, according to the level of corneal involvement (superficial or deep), its severity, and practical constraints with respect to the patient’s lifestyle. Other measures may be utilized according to the type of keratitis (debridement and mydriatic eye drops in epithelial keratitis, steroids in stromal and endothelial diseases). On a longer term basis, management aims to limit the frequency of recurrences, especially if the patient is subjected to a triggering factor for viral reactivation. Preventive treatment is also based on antiviral drugs, mostly oral, with dosage that must be adapted to the patient’s individual history. Other treatments may also help to reduce the frequency of recurrences, in particular topical cyclosporine, but further studies are required to better delineate such indications.

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Mots clés : Herpès, Kératites, Antiviraux, Prévention, Revue

Keywords : Herpes, Keratitis, Antiviral drugs, Prevention, Review


Introduction

Les kératites herpétiques (KH) et leur prise en charge représentent souvent pour le praticien une situation délicate car, du choix des traitements dépendent en partie l’évolution et le pronostic. La meilleure connaissance des phénomènes pathogéniques mis en jeu, ainsi que la diversité des solutions thérapeutiques potentielles ont permis, au cours des 30 dernières années, d’améliorer considérablement la prise en charge de ces kératites. Il est désormais classique de bien différencier les formes cliniques pour le choix du traitement optimal lors de la phase aiguë, et d’analyser précisément l’histoire de la maladie pour guider l’attitude préventive.

Nous proposons une revue des données publiées et des pratiques adoptées par la plupart des équipes spécialisées dans ce type de pathologie. Afin de faciliter la mise en pratique quotidienne de ces informations, nous avons choisi de rappeler les données pathogéniques et épidémiologiques essentielles à prendre en compte au quotidien, puis de rappeler les caractéristiques des outils à la disposition du praticien, avant de conclure sur les stratégies thérapeutiques en fonction des principaux tableaux cliniques.

Notions épidémiologiques importantes pour la prise en charge des kératites
Primo-infection, latence et réactivation de HSV1 : quelles sont les données utiles en pratique ?

Parmi les deux types de virus herpès simplex, le type 1 est très largement prédominant dans les infections oculaires, a fortiori celles de la cornée, comme d’ailleurs dans les autres infections dites « au dessus de la ceinture ».

La primo-infection par HSV1 survient essentiellement dans l’enfance ou le début de la vie adulte, surtout par contact direct ou indirect avec de la salive contaminée. Avec l’amélioration des conditions socio-économiques, l’âge du contage a tendance à augmenter [1]. Les primo-infections herpétique s’accompagnent exceptionnellement de kératite (KH), car elles sont presque toujours situées dans la sphère oropharyngée, et sont même asymptomatiques dans plus de 90 % des cas [2, 3]. Lorsqu’elles sont observées, les KH liées à une primo-infection sont très proches des formes récidivantes de l’enfant, qui touchent volontiers plusieurs types de tissus oculaires, associant kératite, conjonctivite et blépharite [4].

Au décours immédiat de la primo-infection, le virus HSV1 infecte le système nerveux pour y entrer en latence, c’est-à-dire y demeurer à l’état quiescent sans production de particules virales. Des études par PCR sur des prélèvements postmortem ont montré que 18 % des sujets de 20ans et près de la totalité des sujets de 60ans testés hébergeaient le virus à l’état latent dans le ganglion trigéminé, relais de l’innervation sensitive de la face [5, 6]. Ces chiffres sont d’ailleurs concordants avec le taux de séropositivité de 70 % à 90 % dans la population de plus de 50ans et la proportion de 15 % à 45 % de la population générale touchée par des épisodes récurrents d’herpès labial (« bouton de fièvre ») [1, 7]. On sait aussi qu’une certaine quantité de virus peut être retrouvée dans les larmes en dehors de toute période d’infection cliniquement visible chez 10 à 80 % des sujets porteurs d’anticorps anti-HSV1 dans le sang [1, 8, 9]. La charge virale en période asymptomatique est toutefois nettement plus faible qu’en période symptomatique, estimée à 700 copies d’ADN par prélèvement contre 600 000copies en période aiguë de kératite [9, 10]. De même, 3 % à 5 % des cornées prélevées pour un don contiennent du génome de HSV1 [11, 12], ce qui d’ailleurs pose la question de son origine : synthèse à bas bruit depuis le système nerveux, même en période asymptomatique, ou présence de virus latent directement dans la cornée [13, 14]. En revanche, la présence de génome de HSV2 dans des cornées considérées comme non cliniquement atteintes par l’herpès est beaucoup plus rare [11, 12, 15].

La réactivation au sens clinique du terme correspond à une reprise du cycle viral (ou une augmentation brutale de taux de réplication basal) dans un des neurones infectés de façon latente, en pratique ceux du ganglion trigéminé pour les kératites. Des études chez l’animal ont pu estimer, par hybridation in situ, qu’environ 10 % des neurones trigéminés hébergent du virus en latence [16]. Il est fort probable qu’un certain nombre de réactivations virales de faible amplitude sont rapidement contrées par le système immunitaire, et que finalement seul un faible pourcentage des évènements de réactivation parvient à déclencher une infection du tissu périphérique connecté au neurone siège de la reprise du cycle viral. Il en résulte alors une prolifération virale au sein de ces tissus périphériques, parmi lesquels la cornée semble être particulièrement sensible. Son exposition aux facteurs agressifs extérieurs (froids, ultraviolets, microtraumatismes) pourrait d’ailleurs expliquer cette relative fréquence de la kératite puisqu’il est connu que toute agression neuronale, même très périphérique dans les axones ou les dendrites, résulte en la synthèse de facteurs transcriptionnels promoteurs de la réactivation de HSV1 [17].

Fréquence des kératites herpétiques : quelle est l’ampleur du problème ?

Une étude de cohorte réalisée sur 30ans de suivi d’une population du Massachussetts (États-Unis) a estimé qu’environ 150 habitants sur 100 000 habitants ont au moins une fois dans leur vie dû faire face à un herpès oculaire, le plus souvent une kératite [2]. La poursuite de cette étude sur 20 années de plus a permis d’estimer le risque global d’herpès oculaire à 0,23 % sur 30ans, 0,49 % sur 50ans, 0,94 % sur 80ans [18]. En outre, ces deux publications sur le même suivi de population ont retrouvé une incidence variant de 12 à 18,2 cas de kératite herpétique par an pour 100 000 habitants nord-américains. L’étude française, basée sur une méthodologie d’échantillonnage, avait retrouvé en 2003 une incidence de 31,5 cas par an pour 100 000habitants [2, 18, 19]. Au total, ces chiffres soutiennent une estimation de 90 000 français touchés au moins par l’herpès oculaire en France et à 18 000 épisodes de kératite herpétique par an sur le territoire français.

Sensibilité à l’herpès et risque de réactivation : quelle est l’histoire naturelle de la maladie ?

Jusqu’à présent, aucune enquête épidémiologique n’a retrouvé de facteur de risque environnemental ou ethnique pour l’herpès oculaire, mais certains gènes ont récemment été associés à une sensibilité aux encéphalites hépatiques et aux boutons de fièvre [20, 21]. On sait d’ailleurs, grâce aux études expérimentales, que les facteurs génétiques d’un animal hôte, comme les facteurs génétiques de la souche virale, sont déterminants pour qu’une maladie se développe ou non (revues dans [22, 23]). Chez l’homme, une étude a montré que certaines souches virales donnent plus volontiers des atteintes stromales qu’épithéliales alors que l’inverse est observé avec d’autres souches [24].

Après un premier épisode de kératite herpétique, le risque spontané de présenter au moins une récidive est d’environ 10 % à un an, 20 à 30 % à deux ans, 40 % à cinq ans et 60 à 70 % à 20ans [25, 26, 27, 28, 29]. Sur les 20 années qui suivent une première manifestation de kératite herpétique, le risque de présenter entre deux et cinq récidives est de 12,8 %, et de 3,7 % pour six récidives ou plus [30, 31]. Concernant les cinq premiers épisodes, le risque de récidive augmente avec le nombre des poussées antérieures [18]. Après deux poussées en moins d’un an, le risque d’un troisième épisode est de 32 %, et même de 44 % s’il y avait eu quatre épisodes en moins d’un an [32]. Toutes ces données épidémiologiques concordent avec l’impression clinique que la maladie herpétique cornéenne évolue comme une maladie à la fois récurrente mais limitée dans le temps. Cette notion est importante à prendre en compte pour la gestion des traitements préventifs. Elle permet par ailleurs au patient de garder un certain espoir sur la possibilité un jour de pouvoir se passer de traitement préventif sans s’exposer à une fréquence trop importante de récurrences herpétiques.

Facteurs de risque des kératites herpétiques : quels patients surveiller en priorité ?

On peut distinguer deux grandes classes de facteurs de risque de réactivation du virus HSV : ceux qui réduisent la réponse immunitaire à l’infection virale (favorisant donc l’émergence d’une récurrence clinique à la suite d’une réactivation virale même initialement de faible amplitude) et ceux qui stimulent directement la réplication virale.

Les facteurs limitant la réponse antivirale

On retrouve dans cette catégorie toutes les causes d’immunodépression modérée (fièvre, fatigue, anesthésie générale, périodes menstruelles, infection intercurrente, maladie cancéreuse) ou plus marquée (tous les traitements immunodépresseurs, dont les corticoïdes). Cependant, tous ces facteurs classiques de la réactivation herpétique, au sens général du terme, n’ont pas clairement été isolés dans les études dédiées à l’atteinte oculaire [33], alors que d’autres, comme l’atopie, semblent maintenant bien identifiés [34, 35]. De même, les patients diabétiques semblent être en sur-risque d’herpès oculaire [36], a fortiori s’ils sont exposés à des injections intraoculaires de corticoïdes retard [37, 38, 39]. Les enfants sont aussi maintenant clairement identifiés comme des sujets à risque pour l’herpès oculaire car ils développent des formes volontiers plus sévères (géographiques ou stromales) et plus récidivantes que l’adulte [40, 41, 42, 43, 44, 45] À l’inverse, les patients fortement immunodéprimés ne sont pas particulièrement à risque d’herpès oculaire, si ce n’est leur sensibilité à des souches habituellement peu virulentes mais potentiellement résistantes aux traitements [46], et de rare cas d’atteinte bilatérale ou très récidivante [147, 47]. Enfin, citons la notion émergente du rôle des récepteurs aux apoliprotéines E (génétiquement déterminés) dans la virulence de HSV1, et donc sa propagation dans l’organisme.

Les facteurs favorisant directement la réactivation herpétique

La seconde classe des facteurs de risque est représentée par les stimulants chimiques de la réactivation de HSV1 (au premier rang desquels on peut placer les corticoïdes, à nouveau, et les prostaglandines ou leurs dérivés) et les stimulants mécaniques, en pratique toutes les agressions des nerfs cornéens ou scléraux. La grande majorité des gestes chirurgicaux oculaires combinent ces facteurs à la fois par l’incision cornéenne ou sclérale, l’inflammation qui en résulte (source de prostaglandines endogènes) et par l’utilisation fréquente des corticoïdes topiques en période postopératoire.

La chirurgie la plus à risque de déclencher une réactivation herpétique est la greffe de cornée. C’est bien entendu le cas lorsque l’indication de la greffe de cornée est l’herpès lui-même, soit environ 10 % des indications de kératoplasties [48, 49, 50], mais c’est aussi le cas lorsque le geste est réalisé chez un patient sans antécédents herpétiques [51, 52, 53]. En effet, la fréquence d’une atteinte herpétique dans les suites d’une kératoplastie transfixiante, quelle que soit son indication, est quatre à six fois plus importante que dans la population normale [54]. Dans la grande majorité des cas, cette réactivation virale est endogène, c’est-à-dire à partir des sites de latence virale du patient receveur (revue dans [23]). Même si quelques cas de transmission par le greffon ont été clairement documentés [55, 56, 57, 58], la transmission du virus à un hôte initialement sain par le biais de la chirurgie semble rester un évènement rare [59], même en cas de présence avérée de génome de HSV1 dans le greffon [60].

Toutes les chirurgies oculaires de la cornée mettant en jeu une irradiation ultraviolette (celles utilisant le laser Excimer 193nm ou les UVA comme pour le cross-linking ) sont aussi des sources potentielles de réactivation herpétique, mais les délais publiés entre le geste et la récidive herpétique sont variables et parfois même très longs [61, 62, 63, 64]. La fréquence est finalement faible, de l’ordre de une pour 1000 procédures [65]. D’autres gestes opératoires ont été associés à des récurrences herpétiques cornéennes, telles que l’iridotomie périphérique [66, 67], la trabéculoplastie [68] et la chirurgie de la cataracte [69, 70].

Enfin, les analogues de prostaglandines (utilisés comme anti-glaucomateux) ont été associés dans plusieurs publications à un risque de réactivation herpétique. Si les premières données expérimentales étaient initialement contradictoires (revue dans [23]), les synthèses récemment publiées reconnaissent ce risque sans toutefois les contre-indiquer chez les patients sans risque identifié, notamment dans le cadre des uvéites hypertoniques non herpétiques [71, 72, 73, 74].

Pronostic des kératites herpétiques : y a t-il des raisons d’être inquiet ?

L’herpès cornéen doit être considéré comme une maladie potentiellement grave. À part dans le cas d’une prescription inappropriée de corticoïdes par un confrère non ophtalmologiste, une simple kératite dendritique, soit 50 % des herpès cornéens [19], n’expose pas dans l’immédiat au risque d’une perte définitive d’une bonne acuité visuelle. Le patient peut donc être rassuré dans de pareils cas. Cependant, toute kératite épithéliale peut récidiver sous forme de kératite stromale, qui engage potentiellement le pronostic visuel.

À terme, toutes formes confondues, le risque d’acuité visuelle inférieure à 1/10 est de 5 % à cinq ans [2 %–7 %], 7 % à dix ans [3 %–11 %] et 11 % à 20ans [5 %–16 %] [18]. Dans le cas particulier des kératites stromales, le risque d’acuité visuelle inférieure à 5/10 est de 30 % à cinq ans, et même 58 % en cas d’endothélite [75]. La qualité de la prise en charge médicale est probablement un facteur pronostique important puisque l’étude de cohorte américaine a montré que 85 % des patients avec complications oculaire sévères (moins de 1/10) ne prenaient pas de traitement prophylactique au moment de la dernière poussée avant l’évènement grave, et 65 % n’en avaient jamais reçu [18].

Les moyens thérapeutiques pour la prise en charge des kératites herpétiques
Les traitements symptomatiques
Le débridement

Le débridement est le geste mécanique de référence dans la prise en charge des KH épithéliales. Il permet de réduire la charge virale présente dans la cornée, ce qui permet d’accélérer la guérison en synergie des traitements antiviraux [76]. En pratique, la technique consiste à instiller un collyre anesthésique, puis à décoller les bords de l’ulcère et l’épithélium alentour, d’ailleurs très instable, avec un instrument mousse et stérile (type éponge de microchirurgie). On peut profiter de ce geste pour adresser les fragments épithéliaux prélevés en service de virologie pour vérifier la nature de l’infection, en prenant garde toutefois de ne pas instiller trop de collyres car les anesthésiques locaux et la plupart des colorants, comme la fluorescéine, peuvent réduire l’efficacité de la PCR au laboratoire [77, 78].

Les mydriatiques atropiniques

Les mydriatiques atropiniques sont utiles pour réduire la douleur ciliaire au cours des formes épithéliales et/ou endothéliales des KH. On peut aussi les prescrire dans les formes stromales, notamment dans les premiers jours, si l’inflammation est très importante. Ils sont bien entendu recommandés dans les formes avec uvéite antérieure.

Les larmes artificielles

Les larmes artificielles et toutes autres solutions de lavage oculaire sont utiles à deux étapes de la maladie oculaire herpétique : pendant la phase aiguë des atteintes épithéliales pour réduire la charge virale sur la cornée, et donc l’inflammation qui en résulte, et pendant les périodes de quiescence des formes récidivantes, quelle que soit la localisation. En effet, plusieurs études ont suggéré que les récidives d’herpès cornéen finissent par entraîner une sécheresse oculaire et qu’à l’inverse, le traitement de cette sécheresse pourrait participer à la réduction de la fréquence des récidives [79, 80, 81, 82].

Les antiseptiques ou antibiotiques

Les antiseptiques ou antibiotiques sont parfois utilisés en période aiguë des KH épithéliales dans la crainte d’une surinfection bactérienne. Cette éventualité est très rare en pratique, et ces molécules peuvent contribuer à retarder la repousse épithéliale après l’action des antiviraux topiques. Leur prescription sur une période trop longue ou à trop forte dose peut même induire une kératite toxique et/ou participer à la mise en place d’une kératite neurotrophique en raison de l’effet inhibiteur sur la croissance des cellules de l’épithélium cornéen [83].

Le pansement oculaire

Le pansement oculaire est souvent utile dans les premiers jours pour participer à la réduction de la douleur, avec les atropiniques.

Les antiviraux topiques

Tous les antiherpétiques qui ont fait l’objet d’une mise sur le marché agissent finalement sur la réplication du virus en bloquant l’enzyme clef pour cette étape, à savoir l’ADN polymerase. On distingue deux générations d’anti-herpétiques, ceux qui sont directement actifs et ceux qui requièrent la présence d’une enzyme codée par le virus HSV (ou VZV), nommée thymidine kinase, pour devenir actifs [84]. L’avantage de cette seconde génération est une meilleure sélectivité des cellules infectées (moindre toxicité sur les cellules épithéliales saines) mais en revanche une plus grande sensibilité aux éventuelles mutations sélectionnées pour échapper à la pression antivirale.

Les premiers antiviraux (actuellement disparus du marché)

Les premiers antiviraux topiques sont apparus aux alentours de 1960. La première molécule disponible en collyre, l’idoxuridine (Iduviran®), était déjà plus efficace qu’un placebo pour faciliter la cicatrisation épithéliale [76]. Sa toxicité était cependant importante, et elle a rapidement été remplacée par les antiviraux plus modernes. La pommade à la vidarabine (Vira-A®) et les collyres et pommade à l’iododéoxycitidine (Cébévir®) ont aussi disparus de la pharmacopée française dans les années 1990 en raison d’une très faible utilisation par rapport aux molécules concurrentes, justifiée par un moindre rapport efficacité/toxicité (revue dans [85]).

Les antiviraux actuellement disponibles

Nous disposons actuellement en France de trois antiviraux en application topique : un collyre à la trifluridine, une pommade à l’acyclovir et un gel au ganciclovir. La plus ancienne sur le marché, la trifluridine, est plus efficace que les molécules qui l’ont précédée, comme l’idoxuridine et la vidarabine [86, 87]. En revanche, il n’y a pour l’instant aucune preuve scientifiquement forte de la supériorité d’une des trois spécialités pharmaceutiques actuelles en termes de cicatrisation cornéenne dans les formes dendritiques ou géographiques [76]. On peut cependant choisir l’une ou l’autre en fonction de différents critères (Tableau 1). Pour l’aspect pratique, le collyre à la trifluridine ne gène pas ou très peu la vue après l’instillation mais il requiert sept applications par jour contre cinq pour le gel ou la pommade. Cela reflète d’ailleurs la moindre pénétration intracornéenne, notamment lorsque l’épithélium est peu lésé [88]. Pour la pommade à l’aciclovir, la vision est diminuée après application, mais elle bénéficie d’une très bonne tolérance car l’acyclovir est une pro-drogue dépendante de l’activation par une thymidine kinase virale (cf ci-dessus). En d’autres termes, seules les cellules infectées sont traitées, ce qui explique la faible épithéliotoxicité de l’aciclovir [89, 90, 91, 92, 93]. Le ganciclovir est aussi une pro-drogue qui nécessite l’action de cette enzyme (ou d’une autre enzyme équivalente dans les infections à CMV) mais elle peut aussi, à bas bruit, être activée par certaines kinases cellulaires. Cela pourrait expliquer quelques cas de toxicité épithéliale. En revanche, aucune toxicité systémique, en particulier hématologique ou rénale, n’a été rapportée dans les séries publiées [94, 95, 96, 97]. Son avantage par rapport aux autres antiviraux est sa très bonne pénétration intracellulaire et intracornéenne, comme en témoigne la faible concentration en ganciclovir du gel [98]. Cette bonne concentration intracellulaire permet aussi de réduire le risque de perte d’efficacité en cas de mutation dans le gène de la thymidine kinase virale, cause possible de résistance à l’aciclovir. À l’inverse, la trifluridine ne requiert aucune enzyme virale pour être active, ce qui est un avantage en cas de développement de mutations dans la souche virale, mais cela explique aussi la plus forte épithéliotoxicité de ce collyre par rapport à la pommade à l’aciclovir ou au gel de ganciclovir.

Les autres antiviraux potentiellement efficaces

D’autres antiviraux ont été sur le marché de façon transitoire dans quelques pays européens (mais pas la France) ou ont fait l’objet de plans de développement sans commercialisation. Ainsi, des présentations topiques de penciclovir (métabolite actif du famciclovir, disponible sous forme orale pour le traitement du zona) et de brivudine ont montré une efficacité au moins équivalente à celle du collyre de trifluridine, avec potentiellement un intérêt dans le traitement des souches virales peu sensibles aux antiviraux habituels [99, 100, 101]. De même, le cidofovir serait dans certaines conditions plus efficace qu’une pommade d’aciclovir ou un collyre de trifluridine [102] mais au prix d’une toxicité épithéliale importante. À l’inverse, une concentration plus faible est non toxique mais beaucoup moins efficace [99], ce qui reflète son mode d’action particulier, totalement indépendant de la présence d’une enzyme virale. Les interférons ont aussi été testés dans cette indication. Leur intérêt repose dans leur mode d’action particulier, puisque ces antiviraux naturels ne jouent pas sur les mêmes cibles métaboliques que les molécules précédemment citées. Plusieurs études ont d’ailleurs montré leur action synergique avec les antiviraux conventionnels, voire leur efficacité dans le cas de certaines souches multirésistantes [86, 103, 104, 105].

Les antiviraux systémiques

Les antiviraux systémiques ont complètement bouleversé la prise en charge de la maladie herpétique. Ceux bénéficiant actuellement d’une AMM en France sont l’aciclovir (Zovirax ™) par voie orale et intraveineuse et le valaciclovir (Zelitrex™) oral. Ce dernier est en fait une prodrogue de l’aciclovir, transformée en ce dernier par les estérases du système digestif. C’est donc de l’aciclovir qui passe finalement dans le sang et les tissus, avant d’être lui-même activé par la thymidine kinase virale dans les cellules infectées. L’avantage du valaciclovir est une meilleure biodisponibilité et une meilleure prévisibilité des concentrations sanguines, notamment grâce à une moindre influence de l’horaire des prises orales par rapport aux repas. Au final, le valaciclovir peut être pris à des doses et une fréquence moindres que l’aciclovir oral tout en permettant une meilleure couverture du nycthémère [84, 106, 107, 108, 109]. Sur la base de la bioéquivalence, les doses orales de l’AMM pour l’herpès oculaire en attaque pour l’aciclovir et le valaciclovir sont respectivement de 2g en cinq prises contre 1g en deux prises. À cette dose de 2g/j, l’aciclovir oral permet d’obtenir une concentration antivirale dite efficace dans les larmes, c’est-à-dire supérieure à celle inhibant la réplication de 50 % des particules virales [110]. En couverture préventive, les doses de l’AMM pour l’aciclovir et le valaciclovir sont respectivement de 800mg en deux prises contre 500mg en une prise. Le choix de cette posologie d’aciclovir en préventif repose sur les résultats de l’étude pivot de l’HEDS [32, 111].

Dans les formes sévères, il est parfois utile d’utiliser des doses supérieures à celles de l’AMM dans l’herpès mais qui correspondent à celles du zona ophtalmique, à savoir 4g d’aciclovir en cinq prises ou 3g de valaciclovir en trois prises. Il est aussi possible dans certains cas très agressifs (kératite stromale nécrotique ou endothélite linéaire) d’utiliser de l’aciclovir par voie intraveineuse à la dose de 10mg/kg toutes les huit heures, voire du foscarnet en cas de doute sur la sensibilité de la souche [46, 112]. Citons aussi l’intérêt du famciclovir (Oravir™), prodrogue du penciclovir, dont la pénétration intraoculaire est très bonne, et qui a d’ailleurs fait la preuve de sa grande efficacité dans le zona ophtalmique. Il ne bénéficie cependant d’aucune AMM dans l’herpès oculaire [113, 114].

Les traitements adjuvants
Les corticostéroïdes

Les corticostéroïdes ne doivent pas être utilisés dans les kératites épithéliales pures (type dendritique), sous peine de favoriser l’apparition d’une forme géographique. Ils ne doivent donc pas non plus être utilisés en cas de kératite avec atteinte épithéliale dont l’étiologie pourrait être d’origine herpétique (jusqu’à preuve du contraire). L’autre contre-indication formelle est la forme nécrotique des kératites stromales, où le risque est d’accélérer la fonte cornéenne.

Les corticostéroïdes peuvent en revanche être utiles dans les formes épithéliales avec participation stromale, dans les formes stromales non nécrotiques et dans les formes endothéliales. Dans ces cas, il est habituel de les utiliser lorsque le traitement antiviral a fait la preuve clinique de son efficacité (amélioration partielle des signes, ou au moins arrêt de l’aggravation), et en poursuivant ce dernier pendant au mois toute la durée de la corticothérapie. Selon le degré d’urgence, ils peuvent être utilisés en instillation (collyres et pommade), en injection sous-conjonctivale (en évitant les formes retard) ou même en perfusion intraveineuse. La surveillance doit être rigoureuse après la mise en route du traitement (vérifier l’absence d’aggravation) et le sevrage doit être progressif pour éviter un effet rebond.

La cyclosporine

La cyclosporine A en application topiques est utile dans la gestion des formes corticodépendantes et/ou très récidivantes de kératite stromale. Elle combine en effet des propriétés anti-inflammatoire sans pour autant favoriser la réplication virale, à la différence des stéroïdes [115, 116]. En raison du délai d’action, elle ne remplace pas les stéroïdes dans la gestion des formes aiguës mais elle est à l’inverse utile pour en faciliter le sevrage lors des traitements au long cours [117, 118].

Les thérapies anti-angiogéniques

Elles trouvent leur indication théorique dans la gestion des néovaisseaux qui apparaissent volontiers dans les formes sévères de kératite stromale et d’endothélite. Les premières approches reposaient sur la photothérapie dynamique [119]. Compte tenu du rôle central du VEGF (facteur de croissance endothélial) dans cette complication [120, 121, 122, 123, 124], des essais de blocage par des anticorps ou des siRNA ont été concluants chez l’animal [125, 126] puis chez l’homme, dans de petites séries non contrôlées, avec le bevacizumab à la dose de 5mg ou 2,5mg en injections sous-conjonctivales [127]. Un collyre d’ARN anti-sens est aussi en cours d’évaluation dans cette indication [128].

Le sérum autologue

Le sérum autologue est une thérapie parfois précieuse dans les troubles sévères de la réépithélialisation cornéenne [129, 130, 131, 132, 133]. Le principe est de réaliser une prise de sang du patient, d’en extraire le sérum, de le diluer en conditions stériles (salle blanche en pharmacie hospitalière) puis de l’instillation dans l’œil atteint à raison de trois à cinq fois par jour pendant deux à trois mois. Aux dilutions de 20 à 50 %, le sérum autologue mime une partie de la composition des larmes et apporte les facteurs de croissance nécessaires au processus de réparation épithéliale. Il faut cependant respecter des règles d’hygiène stricte, notamment la chaine du froid pour éviter la surinfection de l’ulcère cornéen.

Le greffe de membrane amniotique (GMA)

Les GMA sont utiles pour recouvrir et faciliter la cicatrisation des ulcérations cornéennes sévères et persistantes [134, 135]. Elles permettent à la fois de réduire la douleur, de combler le déficit cornéen, d’apporter les facteurs de croissance nécessaires au processus de réparation cornéenne, et en outre de jouer un rôle de réservoir permettant une rémanence des collyres appliqués sur l’œil [136]. Elles ont montré leur efficacité dans les formes sévères d’herpès cornéen, notamment les formes stromales nécrotiques [137, 138] et les kératites neurotrophiques, séquelles tardives mais très délétères des infections herpétiques récidivantes [139, 140, 141].

Autres techniques chirurgicales

L’amélioration de la gestion des thérapeutiques antivirales et l’avènement du sérum autologue et des greffes de membrane amniotique dans l’arsenal thérapeutique a permis de réduire la fréquence de gestes à la fois plus invasifs et moins efficaces comme les greffes de cornée à chaud dans les kératites stromales nécrotiques au stade perforant ou pré-perforatif, et les techniques de recouvrement cornéen (abaissement conjonctival, tarsorraphies) dans les kératites neurotrophiques rebelles.

Les stratégies thérapeutiques curatives en fonction des formes cliniques
Schémas thérapeutiques dans les kératites épithéliales

Les deux piliers indispensables de la prise en charge des kératites épithéliales repose sur l’association de mesures symptomatiques (débridement initial, cycloplégie à visée antalgique, collyres mouillants, voire antiseptiques) et sur le traitement antiviral, qui peut être topique ou oral. L’absence de traitement antiviral conduirait en revanche à un retard de cicatrisation, et probablement à une plus grande fréquence de formes compliquées, comme démontrées par les méta-analyses [76]. Il n’y pas en revanche d’intérêt à associer les antiviraux par voie orale et topique. Il n’y a pas non plus d’effet additif entre les antiviraux actuellement disponibles, leur association ne peut que faciliter la toxicité épithéliale [76].

Le traitement par voie topique nécessite de faire le choix entre les trois molécules actuellement disponibles (trifluridine, acyclovir ou ganciclovir) en fonction des éléments discutés ci-dessus. Les avantages de la voie topique sont la bonne tolérance, l’efficacité satisfaisante, et la très faible incidence d’effets indésirables extraoculaires. La durée du traitement est habituellement de sept à 15jours.

Le traitement par voie orale est l’alternative au traitement topique des kératites épithéliales. Les deux molécules ayant une AMM dans cette indication sont l’aciclovir et le valaciclovir, aux doses respectives de 2g/j en cinq prises et 1g/j en deux prises. À ces doses, le traitement oral est aussi efficace qu’un traitement topique mais, à nouveau, il n’y pas de raison objective d’associer traitement oral et local [76]. Chez l’enfant, la même posologie est appliquée, mais avec la présentation en sirop de l’aciclovir.

L’avantage majeur de ce type de traitement est qu’il évite au patient les instillations répétées de traitements topiques antiviraux, ce qui est particulièrement appréciable chez les enfants, les patients très âgés ou dépendants, et chez toutes les personnes dont les obligations professionnelles sont difficilement compatibles avec l’instillation fréquente et à heures fixe d’antiviraux topiques [45, 142]. Le traitement oral peut aussi être utilisé en cas d’intolérance cornéenne (toxicité) aux antiviraux topiques. Cependant, la prise d’un traitement par voie générale expose le patient aux effets indésirables systémiques, à l’inverse des antiviraux topiques. L’Annexe 1 propose deux types d’ordonnances typiques selon le choix entre voie orale et applications topiques.

Kératites stromales

Le traitement des kératites stromales varie beaucoup en fonction du type d’atteinte. On distingue en effet les formes nécrosantes, dans lesquelles la réplication virale est très importante, des formes non nécrosantes, pour lesquelles les processus immunitaires sont au premier plan [4].

Les formes nécrosantes

Les formes nécrosantes sont généralement rapidement évolutives, et doivent être considérées comme une urgence thérapeutique en raison du risque de perforation cornéenne, surtout si des corticoïdes sont prescrits sans couverture antivirale adaptée [85, 143]. L’attitude la plus sécuritaire est probablement de proposer une hospitalisation pour mise en place rapide d’un traitement antiviral intraveineux (aciclovir à la dose de 5 à 10mg/kg toutes les huit heures) [4]. Une surveillance quotidienne est requise. Un traitement symptomatique à base de collyre cycloplégique (atropine) et collyres mouillants peut améliorer le confort. Les atteintes les plus sévères peuvent requérir la mise en place d’une greffe de membrane amniotique dont le but est à la fois antalgique et anti-inflammatoire [136]. La kératoplastie « à chaud », à visée architectonique peut s’avérer utile en cas de perforation ou d’état préperforatif avancé [4]. Lorsque l’atteinte stromale d’une forme nécrosante tend à s’améliorer, il est possible d’envisager le passage à la voie orale pour les antiviraux, et même l’adjonction d’un traitement topique par corticostéroïdes, en se méfiant toutefois d’une reprise de la réplication virale (à prévenir par un maintien des antiviraux à dose efficace). Certaines équipes proposent d’emblée un traitement oral (type valaciclovir à 3g/j en trois prises) dans les formes nécrotiques non encore extensives.

Les formes non nécrosantes

Les formes non nécrosantes font intervenir des parts variables de réplication virale et de réponse immunitaire antivirale. La preuve scientifique de l’intérêt d’une association entre antiviraux et corticostéroïdes remonte à 1994 [144], ce qui a conduit pendant de nombreuses années à proposer un protocole associant un antiviral local (cinq fois par jour) et de la dexaméthasone topique, à raison de cinq applications par jour jusqu’à éclaircissement de la cornée, puis réduction progressive. Ce protocole uniquement local expose au risque de reprise de l’inflammation cornéenne dans 20 % des cas après le sevrage en corticoïdes [142], suggérant que la réplication virale initiatrice de la kératite stromale n’est pas maîtrisée avec ce type de traitement [85, 143]. On sait maintenant que le traitement antiviral systémique est plus efficace que la voie topique dans les kératites stromales non nécrotiques [145].

De nombreuses équipes préfèrent donc traiter les kératites stromales non nécrosantes par un traitement antiviral par voie générale (de 2g/j à 4g/j d’aciclovir ou de 1 à 3g/j de valaciclovir) pendant au moins 24 à 48heures avant de commencer le traitement corticoïde topique. Sous réserve que la kératite ne s’aggrave pas pendant cette période, la dexaméthasone topique peut alors être introduite, d’abord à doses importantes (de l’ordre de six gouttes par jour) puis réduites progressivement (par palier de trois à sept jours), toujours sous couverture antivirale (au moins aux doses dites préventives, soit 800mg/j d’aciclovir ou 500mg/j de valaciclovir). La surveillance clinique doit être rapprochée, surtout pour vérifier l’absence de transformation en forme nécrotique sous l’effet des corticoïdes [85]. Les Annexe 2, Annexe 3 proposent des exemples de prescription pour une kératite stromale et des modalités de surveillance.

Les principales complications des kératites stromales non nécrosantes sont la récidive, la corticodépendance, la néovascularisation, toutes concourant au risque d’opacification de la cornée à long terme. Les formes récidivantes nécessitent la mise en place d’un traitement antiviral préventif à la dose nécessaire et suffisante pour bloquer au mieux la maladie herpétique. Les formes corticodépendantes peuvent être améliorées par l’utilisation de la cyclosporine en collyre à 2 %. Ses propriétés anti-inflammatoires permettent souvent d’obtenir un sevrage en corticoïdes topiques sans pour autant favoriser la récidive herpétique, alors que les corticoïdes ont le double désavantage de potentiellement entretenir un certain niveau de réplication virale et d’exposer le patient au risque de cataracte et de glaucome si le traitement doit se prolonger [117, 118, 146]. En revanche, les anti-inflammatoires non-stéroïdiens n’ont pas d’intérêt dans cette indication [147]. Quant à la néovascularisation cornéenne, elle au mieux prévenue et/ou traitée en réduisant l’inflammation cornéenne chronique par le biais des antiviraux et des anti-inflammatoires, dont la cyclosporine. Lorsque les vaisseaux sont résistants à ces traitements, on peut tenter un traitement topique par des inhibiteurs de l’action du VEGF [120, 126, 127, 148], notamment pour préparer l’œil à une éventuelle greffe de cornée [149]. On doit cependant se méfier dans cette indication de l’aggravation de l’hyposensibilité cornéenne en raison de l’action anti-neurotrophique des anti-VEGF.

Endothélites

Le traitement des endothélites repose sur la mêmes base que celui des kératites stromales. Parmi les trois formes d’endothélites, on sait que la forme linéaire est la plus agressive en termes de réplication virale, suivie de la forme diffuse. En revanche, les endothélites disciformes sont essentiellement à composante inflammatoire. On peut donc les traiter comme les kératites stromales non nécrotiques, à savoir antiviraux per os (en pratique aciclovir 2 à 4g/j ou valaciclovir 1 à 2g/j) et corticothérapie topique, à doses initialement fortes puis dégressives (Annexe 2, Annexe 3). Les endothélites linéaires en revanche méritent souvent la mise en place d’un traitement antiviral par voie intraveineuse car le risque d’atteinte endothéliale irréversible est réel. Le traitement est donc calqué sur celui des kératites stromales nécrotiques. Les endothélites diffuses sont souvent traitées de façon intermédiaire, en pratique par de l’aciclovir oral à 4g/j ou du valaciclovir à 3g/j puis corticothérapie topique à fortes doses (collyres et injections sous-conjonctivales). La surveillance clinique de toutes ces formes doit être rapprochée.

Kératites neurotrophiques

Le traitement des kératites neurotrophiques répond à la pathogénie en cause, c’est-à-dire aux troubles de la réparation épithéliale par altération profonde de l’innervation cornéenne à la suite de l’effet délétère des réactivations virales sur les fibres nerveuses entre le ganglion trigéminé (site de la latence du virus HSV1) et la cornée. Le traitement doit aussi être adapté dans son ampleur au niveau de gravité de l’atteinte, selon la classification de Mackie (stade 1 : altération de la surface épithéliale sans atteinte stromale ; stade 2 : atteinte stromale et inflammation réactionnelle en chambre antérieure ; stade 3 : lyse stromale importante avec risque de perforation) [83, 150].

La première mesure thérapeutique, quel que soit le stade, est d’arrêter tous les collyres avec conservateurs, et si possible tous les collyres épithéliotoxiques. À l’inverse, des collyres mouillants non-conservés permettent de rincer les effecteurs inflammatoires présents sur la cornée, et donc de favoriser la réparation tissulaire. Il est aussi nécessaire de corriger les facteurs de risque associés, par exemple en traitant une blépharite associée avec les mesures d’hygiène palpébrale et éventuellement des cyclines orales (effet antiprotéase). Si l’inflammation de surface semble trop importante pour permettre la cicatrisation, il est possible de discuter une corticothérapie topique sous surveillance très rapprochée (risque de favoriser une lyse stromale) et sous couverture antivirale. Si l’anesthésie cornéenne est profonde, une tarsorraphie partielle (2/3 externes) permet de limiter le risque d’aggravation des lésions [83].

Dans les formes plus avancées, les greffes de membrane amniotique et l’application de sérum autologue à 20 % rendent de grands services en apportant les facteurs de croissance manquants (voir ci-dessus). Combinés ou non à une tarsorraphie, ces outils thérapeutiques permettent dans un grand nombre de cas de stabiliser puis d’améliorer la situation au bout de plusieurs semaines d’un suivi assidu. Certaines équipes ont aussi utilisé des facteurs de croissance neuronaux (NGF) car leur déficit est impliqué dans la kératite neurotrophique et son application dans des conditions expérimentales ou chez l’homme permet de corriger les troubles persistants de la réparation épithéliale [151, 152, 153, 154, 155]. On note cependant que les procédés d’isolement du NGF ont longtemps été incompatibles avec la fabrication à grande échelle, et sur le plan théorique, le NGF est connu pour stimuler la réactivation de HSV1 chez l’animal [156]. Le facteur de croissance épithélial (EGF) a aussi été utilisé avec succès dans de petites séries de patients [157, 158], mais sans commercialisation par la suite.

Dans les cas de perforation avérée ou très menaçante, la pose d’un point de colle de cyanoacrylate ou de colle biologique permet souvent, en combinaison éventuelle avec une greffe de membrane amniotique, d’éviter de recourir à la kératoplastie à chaud, solution ultime mais au pronostic très incertain sur ce terrain [83, 136, 159, 160].

Les stratégies thérapeutiques préventives
Les objectifs réels de la prévention

L’objectif ultime de la prévention des infections herpétiques est de limiter le risque de complications par récidives trop fréquentes. Il est cependant illusoire d’imaginer bloquer tous les épisodes de réactivation du virus, sauf au prix de posologies antivirales qui seraient fortement toxiques avec les médicaments actuellement disponibles. En effet, on sait aujourd’hui qu’il existe souvent des épisodes de réplication virale dans les ganglions trigéminés (site principal de la latence herpétique) avec passage asymptomatique de HSV1 dans les larmes et la salive [9]. Cependant, les doses de valaciclovir couramment utilisées ne sont pas suffisantes pour éliminer cette réplication virale à bas bruit, et les modélisations chez l’animal suggèrent que seules des doses dix à 20 fois plus fortes pourraient le faire, c’est-à-dire à des posologies probablement mal supportées par l’homme [9, 161].

La prévention dans la maladie herpétique oculaire consiste donc, en l’état actuel des connaissances et des outils à disposition, à limiter le nombre de récurrences cliniques à un taux acceptable pour le pronostic visuel du patient. Ainsi, si on fait abstraction de la gêne transitoire au moment de l’épisode aigu, la fréquence acceptable des récurrences strictement épithéliales (dendritique) est probablement beaucoup plus importante que celle des kératites stromales nécrotiques ou des endothélites linéaires en raison du pronostic visuel des ces différents types d’atteinte.

Quels antiviraux préventifs, à quelle doses et pendant combien de temps ?

À l’heure actuelle, l’essentiel de la prévention des récidives herpétiques passe par la prise orale au long cours d’antiviraux. Cette idée a germé dès le début des années 1980 pour l’herpès génital et oral [85], puis dans les années 1990 pour l’herpès oculaire [162, 163, 164, 165]. C’est l’étude pivot du groupe HEDS (Herpetic Eye Disease Study Group) qui a définitivement montré l’intérêt de cette stratégie antivirale orale pour 703 patients inclus de façon prospective, randomisée en contrôlée [32, 111]. À la dose de 800mg/j en deux prises, l’aciclovir réduisait d’un facteur 2 la fréquence des récurrences de KH chez des patients sélectionnés sur le caractère particulièrement récurrent de leur atteinte oculaire. Lorsque le traitement était arrêté (au bout de 12 mois), le taux de récurrences herpétiques revenait à sa valeur initiale, c’est-à-dire sans effet rebond, et sans sélection de souches virales plus virulentes. D’autres études ont depuis montré que la sensibilité des souches de HSV1 dans la population ne perd pas en sensibilité malgré l’utilisation croissante d’antiviraux dans diverses indications [23, 143, 166].

Grâce à l’étude HEDS, l’aciclovir a obtenu en 2000 une AMM de l’Afssaps pour la prévention des récidives herpétiques à partir du troisième épisode de kératite épithéliale ou du deuxième épisode de kératite stromale en mois de 12 mois, ou encore en cas d’exposition à un facteur de risque connu. Sur la base de la bioéquivalence entre l’aciclovir et sa prodrogue, le valaciclovir [107], ce dernier a aussi obtenu en 2001 une AMM pour la même indication, mais à la dose de 500mg/j en une prise.

Les doses proposées par l’AMM française ne sont cependant pas toujours adaptées à toutes les situations cliniques rencontrées. Certains patients pourraient nécessiter des doses inférieures [167] compte tenu de la relation entre posologie et effet préventif [163]. À l’inverse, de nombreux patients continuent de présenter des kératites de façon trop récurrente malgré les doses antivirales correspondant à l’AMM, alors que le passage à des doubles, voire des triples doses quotidiennes permet de revenir à une fréquence de récidives compatible avec le maintien de la transparence cornéenne. Ce point est actuellement à l’étude avec les autorités sanitaires pour permettre officiellement le doublement de doses préventives chez les patients non-répondeurs aux doses classiques. Il est à ce propos important de noter que si l’étude HEDS a montré l’intérêt de l’aciclovir, elle a aussi montré les limites du traitement étudié puisque aux doses proposées (800mg/j), la fréquence des récidives n’était finalement réduit que d’un facteur 2, ce qui est probablement insuffisant lorsque les séquelles herpétiques sont déjà partiellement invalidantes.

La question de la durée optimale du traitement antiviral préventif est une autre question récurrente. L’étude HEDS n’a étudié l’effet préventif de l’aciclovir que sur une période de 12 mois, ce qui correspond d’ailleurs à l’AMM en France. Chez certains patients, cette durée peut suffire et le traitement antiviral peut être arrêté sans récidive rapide. Chez d’autres patients en revanche, la rechute est précoce après une première tentative de sevrage, suggérant que l’activité de réplication du virus reste importante. Il est alors licite de poursuivre le traitement antiviral préventif pendant parfois plusieurs années, surtout si le type d’atteinte est sévère (degré d’atteinte stromale ou endothéliale, localisation par rapport à l’axe visuel, …). Une étude non randomisée a d’ailleurs suggéré les bienfaits de la poursuite du traitement préventif [168], mais aucune étude n’a actuellement permis de déterminer la durée optimale et/ou les critères de jugement pour poursuivre ou arrêter la prévention antivirale. On sait en revanche, par expérience, que la maladie herpétique finit souvent par réduire en intensité et en fréquence, permettant ainsi de finalement sevrer la plupart des patients.

Des récentes données collectées dans une large étude de cohorte sur une population américaine ont montré que le risque relatif de récidive herpétique chez les patients non-traités de façon préventive est environ dix fois supérieur à celui des patients traités [18]. Le traitement antiviral préventif apparaît donc plus efficace encore « dans la vraie vie » que dans l’étude historique de l’HEDS. La cohorte américaine montrait d’ailleurs aussi que 85 % des patients présentant à terme une acuité visuelle très faible (<1/10) n’avaient pas pris de traitement prophylactique au moment de la dernière poussée avant l’évènement grave, et n’en avaient même jamais bénéficié dans 65 % des cas. Un exemple de prescription à titre préventif est donné dans l’Annexe 4.

À qui proposer un traitement antiviral préventif ?

Les indications indiscutables sont celles clairement exposées dans l’AMM, à savoir les patients présentant trois épisodes de kératite épithéliale ou deux poussées de kératite stromale en mois de 12 mois. Cette position peut néanmoins être modulée en fonction de la gravité de l’atteinte. À titre d’exemple, il serait licite de proposer un traitement préventif à un patient soufrant pour la seconde fois en 15 mois d’une kératite stromale non-nécrosante mais centrale, de même qu’il apparaît licite de ne pas stopper tout traitement antiviral quelques jours après la résolution d’une kératite stromale nécrotique ou d’une endothélite linéaire, même si c’est le premier épisode.

L’autre argument en faveur du traitement préventif est l’exposition du patient à un facteur déclenchant de la réactivation herpétique. Le plus typique est la chirurgie oculaire, en particulier la greffe de cornée. Dans cette indication, plusieurs études randomisées ou non ont montré l’efficacité du traitement oral préventif en termes de nombre d’évènement herpétiques et même de transparence du greffon. [169, 170, 171]. De façon similaire, le traitement est proposé en cas de chirurgie réfractive [172, 173, 174]. La prévention antivirale lors d’une greffe de cornée pour complication d’un herpès est donc indispensable, au moins pendant toute la durée de la corticothérapie. La question peut aussi se poser pour la chirurgie par laser sur l’iris ou la chirurgie de la cataracte chez des patients à risque [66, 67, 69, 175]. Enfin, certains patients connaissent le risque de récidive d’herpès oculaire en cas d’exposition au froid ou aux ultraviolets (montagne). Il est alors logique de leur proposer une prévention pendant toute la durée de l’exposition. C’est d’ailleurs aussi le cas dans le cadre des chirurgies oculaires pour lesquelles le traitement préventif est maintenu pendant la phase de cicatrisation puis la période de corticothérapie postopératoire.

Quelle surveillance pour les patients prenant un traitement préventif ?

Le choix entre l’aciclovir et le valaciclovir dans le traitement préventif de HSV1 repose essentiellement sur des critères pratiques (nombre de prises, biodisponibilité) puisque c’est finalement de l’aciclovir qui est présent dans le sang. Chez l’enfant de moins de 12ans, l’aciclovir est préféré compte tenu de l’absence de données de tolérance sur le valaciclovir sur ce terrain. Pour les deux molécules, la dose de l’AMM doit éventuellement être revue à la baisse chez les insuffisants rénaux, en fonction du taux de clearance de la créatinine. Il est aussi logique de surveiller les enzymes hépatiques (SGOT et SGPT) et la bilirubine, qui peuvent être augmentées à deux fois, voire trois fois la normale, sans pour autant contre-indiquer la poursuite du traitement. Quelques cas de thrombopénie ont aussi été décrits, notamment chez des patients présentant déjà des anomalies de la formule sanguine. Enfin, il convient de prévenir le patient de la possibilité de nausées ou de fatigue à l’induction du traitement (Annexe 3).

Quelles autres stratégies préventives ?

L’idée d’une prévention antivirale par voie topique, c’est-à-dire par instillations répétées d’antiviraux topiques n’est pas logique car la réactivation virale a lieu dans le système nerveux, les symptômes oculaires n’étant que la partie visible du processus de réplication virale. D’ailleurs, la comparaison entre les deux présentations d’aciclovir a clairement montré la très forte infériorité préventive du traitement topique d’aciclovir par rapport au traitement par voie générale [176].

Il existe cependant une place pour le traitement topique dans la prévention contre l’herpès oculaire, mais elle concerne la prise en compte des facteurs associés. En effet, les kératites récidivantes entraînent à terme une inflammation de la surface oculaire, une hyposensibilité cornéenne et finalement des anomalies de la qualité des larmes [79, 81, 82]. Sachant que plusieurs médiateurs inflammatoires, en particulier les prostaglandines, sont susceptibles de favoriser la réplication virale, il est logique de penser que le traitement de l’inflammation et de la sécheresse oculaire peut participer à la réduction de la fréquence des réactivations herpétiques. Une seule et même étude a d’ailleurs montré que l’occlusion des méats lacrymaux et l’application quotidienne d’un collyre à 2 % de cyclosporine réduit d’un facteur 2 le nombre de récurrences herpétiques [80].

L’avenir nous réserve probablement de nouvelles stratégies antivirales, qui permettront de bloquer les réactivations herpétiques dès les étapes les plus précoces, et non pas uniquement lorsque le processus de réactivation est déjà bien avancé comme c’est le cas avec les molécules actuellement disponibles. Ainsi, il sera peut être possible de réduire la charge virale dans certains tissus comme la cornée grâce à des enzymes spécifiques du génome viral qu’elles pourraient détruire de façon spécifique [177], ou encore améliorer les principes de la vaccination anti-herpétique, actuellement encore en cours de développement [178, 179, 180].

Conclusion

Au cours des dix dernières années, la prise en charge des kératites virales a gagné en diversité et en logique, grâce à des travaux de synthèse et des études complémentaires à celles ayant posé les bases du traitement curatif et préventif. Les pratiques thérapeutiques reposent désormais sur une analyse sémiologique précise et surtout une meilleure compréhension des mécanismes pathogéniques en jeu afin d’adapter au mieux le traitement au cas présenté. Même si l’herpès cornéen reste aujourd’hui encore la principale cause infectieuse de malvoyance acquise dans le monde occidental, il est fort probable que la meilleure observance des conduites préventives et le développement de nouvelles stratégies visant à bloquer la réplication virale au stade le plus initial permettra dans l’avenir d’améliorer le pronostic global de la maladie oculaire herpétique.

Déclaration d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec cet article.


Annexe 1. Ordonnance typique pour une kératite épithéliale (sous réserve d’une surveillance adéquate et d’une adaptation éventuelle des doses).

Dans tous les cas :

larmes artificielles sans conservateurs : 1 goutte× 3/j pendant 15 jours ;
homatropine : 1 goutte × 3/j pendant 48heures :
(passer à l’atropine 0,5 % voire 0,3 % chez l’enfant).

ET SOIT traitement antiviral local :
aciclovir (Zovirax®), pommade à 3 % :
1 application (taille d’un grain de riz) ×5/j à poursuivre 3jours après la réépithélialisation ;
OU ganciclovir (Virgan®), gel à 0,15 % :
1 goutte ×5 fois/jour jusqu’à réépithélialisation puis 3 fois par jour pendant 7jours ;
OU triflurine (Virophta®), collyre à 1 % :
1 goutte/2h jusqu’à réépithélialisation (max 9 gouttes/j) puis 5 fois par jour pendant 7jours (durée totale < 21 jours).



SOIT traitement oral :
aciclovir (Zovirax®) :
Cp à 200 mg : 2 comprimés ×5/j pendant 7 à 14 jours :
-
adapter la durée du traitement à la cicatrisation de l’épithélium ;
chez l’enfant, même posologie avec la suspension à 200 mg/5 mL : 10 mL/5/j) pendant 7 à 14 jours ;


OU valaciclovir (Zelitrex®) :
Cp à 500 mg : 1 comprimé ×2/j pendant 7 à 14 jours :
-
adapter la durée de traitement à la cicatrisation de l’épithélium ;


discuter la mise en route d’une prévention antivirale au long cours selon la fréquence des épisodes.


Annexe 2. Ordonnance typique pour une kératite stromale non nécrotique ou une endothélite disciforme (sous réserve d’une surveillance adéquate et d’une adaptation éventuelle des doses).

Ordonnance initiale :

aciclovir (Zovirax®) :
Cp à 200 mg : 2 comprimés×5 j pendant 7 à 14 jours :
-
voire 800 mg×5 j dans les formes sévères (hors AMM) ;
OU valaciclovir (Zelitrex®) :
Cp à 500 mg : 1 comprimé×2/j pendant 7 à 14 jours :
-
voire 2 comprimés×3j dans les formes sévères (hors AMM).




APRÈS 48 heures et la preuve clinique de l’efficacité des antiviraux :

dexaméthasone ou rimexolone en collyre :
1 goutte×6 à×8/j pendant 4 à 6 jours :
-
puis réduction progressive (par paliers de 3 à 6 jours) en fonction de l’efficacité ;
tout en poursuivant les antiviraux oraux pendant toute la durée de la corticothérapie :
aciclovir (Zovirax®) Cp à 200 mg : 2 comprimés×5/j pendant 5 à 12 jours, puis 2 comprimés×2/j,
OU valaciclovir (Zelitrex®) : Cp à 500 mg : 1 comprimé×2/j pendant 5 à 12 jours, puis 1 comprimé/j ;
discuter la mise en route d’une prévention antivirale au long cours selon la fréquence et la gravité des épisodes.




Annexe 3. Surveillance d’une prescription d’antiviraux oraux (aciclovir ou valaciclovir).

Surveillance clinique (en consultation) :

nausées, troubles digestifs ;
fatigue ;
céphalées, sensation d’ébriété, hallucinations (très rares).

Surveillance biologique (en début de traitement, à 1 mois puis tous les 2 à 3 mois) :

créatininémie et calcul de la clairance à la créatinine ;
adapter les doses si insuffisance rénale,

bilirubine, enzymes hépatiques ;
numération formule sanguine, dont les plaquettes.


Annexe 4. Ordonnance typique pour la prévention des récidives de kératite herpétique (sous réserve d’une surveillance adéquate et d’une adaptation éventuelle des doses).

Ordonnance initiale :

valaciclovir (Zelitrex®) :
Cp à 500 mg : 1 comprimé /j pendant 6 à 12 mois ;
OU aciclovir (Zovirax®) :
CP à 200 mg : 2 comprimés×2/j pendant 6 à 12 mois ;
associer :
collyres mouillants sans conservateurs :
-
3 à 5 instillations/j,
éventuellement cyclosporine en collyre à 2 %,
-
1 à 2 instillations par jour,
-
en fonction de la part inflammatoire dans les récidives cornéennes.





En cas de récidives fréquentes :

doubler les doses initiales (hors AMM) ;
rapprocher la surveillance clinique et biologique du traitement.

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