Article

PDF
Access to the PDF text
Service d'aide à la décision clinique
Advertising


Free Article !

Journal des Maladies Vasculaires
Volume 37, n° 4
pages 222-223 (juillet 2012)
Doi : 10.1016/j.jmv.2012.05.008
Claude Frileux 1920–2011
 

J. Natali
17, rue Lamennais, 75008 Paris, France 

Claude Frileux, qui a été un des fondateurs du Collège français de pathologie vasculaire, fait partie de la petite cohorte des chirurgiens des hôpitaux de Paris qui se sont intéressés très tôt à la chirurgie vasculaire.

Il eut une carrière particulièrement brillante : interne des hôpitaux de Paris à 24ans, chirurgien des hôpitaux à 35ans, chef de service à 45ans à l’hôpital Bicêtre.

Il s’était engagé en 1944 au premier régiment de parachutistes et sa conduite pendant la guerre en Alsace lui valut la croix de guerre avec citation à l’Ordre de l’armée.

Dès le début de son internat, il s’est intéressé à la maladie thromboembolique et à sa thérapeutique et plus tard il va démontrer dans sa thèse en 1948 que le repos et l’immobilité étaient plus dangereux que le lever précoce, aux anticoagulants, quand ils apparurent.

Dès qu’il en eut le pouvoir, il levait lui-même ses opérés malgré la réprobation, fréquente à l’époque, du personnel soignant.

C’est ainsi que tout naturellement, il en vint à s’intéresser à l’étude du système veineux et aux phlébographies. Les varices retinrent rapidement son attention avec leur traitement chirurgical quand il y avait une véritable insuffisance valvulaire des veines saphènes. Le traitement des artériopathies fit également rapidement partie de ses préoccupations avec le rétablissement direct de la circulation artérielle par greffe et désobstruction.

Mais Claude Frileux se méfiait d’une spécialisation exclusive tout particulièrement dans un grand service comme était le sien à Bicêtre et les sujets importants de chirurgie digestive faisaient partie de ses préoccupations : traitement des ulcères gastro-duodénaux par vagotomie ou chirurgie ; pronostic des résections étendues du grêle ; résection des tumeurs coliques en un temps sans dérivation.

Cependant, la chirurgie vasculaire lui tenait particulièrement à cœur et c’est ainsi que j’ai participé avec lui à un certain nombre de congrès internationaux sur ce thème : en 1971 à Moscou, en 1979 à San Francisco, en 1982 à Kunming en Chine où j’ai pu apprécier l’homme particulièrement chaleureux aux exposés clairs et précis. Son épouse Dominique le secondait et faisait que l’on éprouvait toujours une grande joie à les retrouver tous les deux. Cette vie bien équilibrée fut brutalement atteinte par un accident mortel survenu en 1971 à leur fils aîné et le courage dont ils firent preuve fut admiré par tous.

Claude Frileux avait passé une partie de son enfance et pratiquement toutes ses vacances dans un petit village de l’Aube, Plancy où il était né et où son grand-père était médecin. Il en conservait l’amour de la vie à la campagne et de la chasse, d’abord limitée à la métropole, mais qu’il étendit ensuite aux grandes chasses africaines.

Claude Houdard, dans le remarquable éloge qu’il fit de lui à l’Académie de chirurgie, rappelle que la chasse en Afrique au grand gibier n’est pas toujours de tout repos : « un lion, blessé par l’un des chasseurs, attaque le guide de chasse et lui ouvre le flanc droit. Claude Frileux, après un pansement sommaire transporte le blessé en 4×4 vers un centre chirurgical lointain. Il se rend rapidement compte que le chirurgien local a beaucoup de bonne volonté, mais malheureusement que le traitement des lésions particulièrement étendues le dépasse totalement. Fort de son autorité, il pratique lui-même la chirurgie nécessaire : résection et réparation du côlon droit déchiqueté par les griffes du lion, chirurgie et ablation d’un segment de l’os iliaque brisé en même temps. Après une réanimation sommaire, il s’occupe d’un rapatriement par avion jusque dans son service à Bicêtre. Le blessé a guéri ».

À la fin de sa vie, Claude Frileux ne fréquenta plus guère le milieu chirurgical, mais il eut la grande satisfaction de voir son fils Pascal devenir chirurgien des hôpitaux (hôpital Foch à Suresnes), sa fille Frédérique ophtalmologiste et une petite fille Solenne entreprendre des études médicales brillantes. Entouré par son épouse, toujours passionné par le dressage des chiens de chasse, il bénéficia jusqu’à la fin d’une activité intellectuelle remarquable.

Il laisse parmi ses collègues, ses élèves et ses amis le souvenir d’un homme de cœur, enthousiaste dans tout ce qu’il entreprenait avec des qualités chirurgicales remarquables.



© 2012  Published by Elsevier Masson SAS@@#104157@@
EM-CONSULTE.COM is registrered at the CNIL, déclaration n° 1286925.
As per the Law relating to information storage and personal integrity, you have the right to oppose (art 26 of that law), access (art 34 of that law) and rectify (art 36 of that law) your personal data. You may thus request that your data, should it be inaccurate, incomplete, unclear, outdated, not be used or stored, be corrected, clarified, updated or deleted.
Personal information regarding our website's visitors, including their identity, is confidential.
The owners of this website hereby guarantee to respect the legal confidentiality conditions, applicable in France, and not to disclose this data to third parties.
Close
Article Outline
You can move this window by clicking on the headline
@@#110903@@