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Annales d'Endocrinologie
Vol 66, N° 2-C1  - avril 2005
pp. 149-150
Doi : AE-04-2005-66-2-C1-0003-4266-101019-200500063
EFFETS MÉTABOLIQUES DE L’ACTIVITÉ PHYSIQUE CHEZ LE DIABÉTIQUE DE TYPE 2
 

M. Duval
[1] Service de Diabétologie, Hôpital Lariboisière, Paris.

D’après la conférence de J-F. Gautier (Paris), au cours des Journées de Diabétologie de l’Hôtel-Dieu. Paris, 13-15 mai 2004.


INTRODUCTION

Dès les années vingt, les scientifiques rapportent l’intérêt de l’effort musculaire pour potentialiser les effets hypoglycémiants de l’insuline. Aujourd’hui, l’activité physique est notoirement connue pour abaisser la morbi-mortalité cardiovasculaire et l’incidence du diabète de type 2.

Quelle est la physiologie de l’exercice physique en ce qui concerne l’utilisation du glucose ? Et quelles en sont les conséquences métaboliques ?

PHYSIOLOGIE DE L’EXERCICE MUSCULAIRE
Les substrats énergétiques
Le glycogène musculaire et hépatique

Réserve énergétique d’environ 1 800 kcal. C’est une réserve faible qui ne suffit pas à un exercice physique prolongé au-delà de quelques minutes. Au début de l’effort physique, il est consommé en anaérobiose et libère de l’acide lactique.

L’entraînement augmente les réserves de glycogène musculaire.

Le glucose plasmatique

Petite réserve d’environ 300 kcal. Du fait de l’augmentation du débit sanguin musculaire lors de l’effort, il prend le relais de l’utilisation du glycogène. La néoglucogenèse et la glycogènolyse sont stimulées par la décroissance de la production d’insuline lors de l’effort physique.

Les acides gras libres plasmatiques et les triglycérides intramusculaires

Ils proviennent de la lipolyse, activée par le système sympathique lors de l’effort.

Ils sont oxydés au repos et lorsque l’effort physique se prolonge au-delà de quelques minutes, en aérobiose, via le cycle de Krebs. Plus l’exercice est prolongé, plus grande est leur participation dans la synthèse d’énergie par rapport aux substrats glucidiques. En revanche, lors d’un exercice très intense, ils n’y contribuent plus que pour 30 %. Il est donc assez logique d’absorber des glucides rapides lors d’un effort physique intense pour retarder la fatigue, et ils sont d’autant mieux utilisés que le sujet est entraîné.

La lipolyse est plus importante chez un sportif entraîné.

Mécanismes du transport de glucose

À l’état basal, le transport de glucose musculaire dépend essentiellement de GLUT1, qui ne se modifie pas lors de l’activité physique. Lors de l’effort aigu, il y a translocation des transporteurs de glucose GLUT4 qui migrent du cytoplasme vers la membrane plasmique. Ce transporteur est dépendant de l’insuline, tout comme le GLUT4 exprimé par l’adipocyte et le myocarde en période post-prandiale. L’insuline, via une cascade de phosphorylations, conduit à la translocation de vésicules de GLUT4 (notamment grâce à la phosphoinositide 3-kinase, PI 3-kinase). En revanche, l’activité physique, via la contraction musculaire, induit aussi, indépendamment de l’insuline et de PI 3-kinase, la translocation de vésicules de GLUT 4 qui sont plus actives que celles recrutées par l’insuline. Le mécanisme employé serait l’activation de l’AMP-activated protein kinase (AMPK), activant elle-même la endothelial nitric oxid synthase (eNOS), puis la guanylate cyclase, d’où une exocytose (transport membranaire) de vésicules de GLUT4.

L’exercice physique régulier augmenterait la quantité globale (dont la concentration cytoplasmique) de GLUT4 musculaire de 40 % à 80 %.

Il est à noter que la fonction des GLUT4 musculaires est préservée chez les diabétiques de type 2 (contrairement à ce qui a été observé concernant les GLUT4 du tissu adipeux).

EFFETS MÉTABOLIQUES DE L’ACTIVITÉ PHYSIQUE CHEZ LE DIABÉTIQUE DE TYPE 2
Effets sur la composition corporelle

Les effets de l’activité physique sont modestes en ce qui concerne la réduction pondérale. En revanche, elle permet de stabiliser une perte de poids, de réduire la perte de masse maigre lors d’un régime, et peut-être de diminuer l’adiposité viscérale.

Effets hypoglycémiants en aigu

L’effort physique diminue la glycémie en aigu (à jeun et en période post-prandiale), les diabétiques de type 2 étant plus sensibles à ce phénomène.

En revanche, l’exercice physique intense à jeun, active le système adrénergique et entraîne l’augmentation de la glycogènolyse hépatique. Ceci a pour conséquence de faire monter transitoirement la glycémie lorsque l’activité survient à jeun. En revanche, en période post-prandiale, la glycémie diminue d’emblée (l’insuline empêcherait la glycogènolyse). La baisse de la glycémie dépendrait de la dépense énergétique musculaire engendrée par l’activité, et non de l’intensité de l’effort.

Effets sur le contrôle glycémique

L’activité physique permettrait une baisse de 0,6 % de l’hémoglobine glyquée. Un entraînement combinant endurance et efforts physiques sub-maximaux permettrait une baisse de l’hémoglobine glyquée de 1,4 %.

Effets sur les autres facteurs de risque vasculaires

Le profil lipidique se modifie favorablement chez le diabétique de type 2 qui pratique une activité physique régulière. L’effort physique a également un effet anti-thrombotique.

Enfin, chez le non diabétique, il diminue la pression artérielle de 5 %.

CONCLUSION

Il est intéressant de souligner que certes l’activité physique potentialise les effets hypoglycémiants de l’insuline, ce qui est intéressant chez le diabétique de type 2, mais qu’elle agit aussi par elle-même pour favoriser le transport intracellulaire de glucose et baisser la glycémie. Elle a également un rôle non négligeable dans le contrôle des facteurs de risque vasculaire associés au diabète et fait donc partie intégrante de la prise en charge globale du patient diabétique, et cela quel que soit son niveau d’hémoglobine glyquée.

7e ENTRETIENS DE NUTRITION DE L’INSTITUT PASTEUR DE LILLE

qui auront lieu à Lille les 16 et 17 juin 2005 sur les thèmes :

  • Les aliments fonctionnels : le 16 juin
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Organisation :

  • Docteur Jean-Michel Lecerf

Coût : 160 eHT/1 jour – 280 eHT/2 jours

Contact :

  • Marie-Françoise TAHON
  • Tél. : 03.20.87.71.88
  • Fax : 03.20.87.72.96

E-mail : Marie-Francoise.Tahon@pasteur-lille.fr





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