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Annales de Dermatologie et de Vénéréologie
Volume 139, n° 10
pages 695-696 (octobre 2012)
Doi : 10.1016/j.annder.2012.05.019
Pseudolymphome cutané avec deux anti-TNF⍺ : effet de classe ?
Cutaneous pseudolymphoma with two types of anti-TNF⍺: A class effect?
 

J.-L. Schmutz a, , P. Trechot b
a Service de dermatologie, hôpital Brabois, bâtiment P.-Canton, rue du Morvan, 54511 Vandœuvre-lès-Nancy cedex, France 
b Centre de pharmacovigilance, hôpital central, 29, avenue du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, 54035 Nancy cedex, France 

Auteur correspondant.

Les anti-TNF⍺ ont une action immunomodulatrice avec, comme effets indésirables possibles, des problèmes infectieux liés à leur effet dépresseur sur les lymphocytes Th17, ainsi que des modifications immunitaires pouvant être responsables de « réactions paradoxales » comme une induction ou une exacerbation de psoriasis.

La cascade induite par le blocage du TNF⍺ entraîne un déséquilibre de la balance des cytokines, favorisant la production d’interféron ⍺ par les cellules dendritiques plasmocytoïdes chez des sujets prédisposés génétiquement.

Imafuku et al. [1] rapportent le cas d’une femme de 37ans atteinte d’un psoriasis compliqué d’un rhumatisme évoluant depuis 15ans, ayant déjà reçu comme traitements : ciclosporine, étrétinate, corticoïde par voie générale et sulfasalazine. Un nouveau traitement par adalimumab (Humira®) était instauré et permettait une régression rapide des lésions de psoriasis. Cependant, quatre semaines après le début du traitement, on notait l’apparition de multiples papules rouges, prurigineuses au niveau du dos et des bras, associées à des douleurs des doigts, des poignets, des épaules et des genoux. Le bilan effectué éliminait une polyarthrite rhumatoïde, alors que la biopsie cutanée permettait de poser le diagnostic de pseudolymphome avec, sur un plan histologique, la présence d’un infiltrat cellulaire mixte CD4+et CD8+avec quelques cellules CD20+. À l’arrêt de l’adalimumab (soit après deux injections), les lésions régressaient complètement en six semaines, tandis que le psoriasis réapparaissait, associé à des douleurs rhumatismales. Un traitement par infliximab est alors débuté avec succès mais, deux semaines après la seconde perfusion (800mg au total), les lésions cutanées réapparaissaient, identiques à celles de la première éruption tant sur le plan clinique qu’histologique. L’infliximab était arrêté, entraînant la disparition de l’éruption en six semaines.

Les lésions de pseudolymphome s’étant localisées préférentiellement sur les sites atteints antérieurement par le psoriasis, les auteurs suggèrent que les lésions de psoriasis et de pseudolymphome sont médiées par des mécanismes immunologiques communs et que dans leur cas, il existe un phénomène de classe évident.

Les pseudolymphomes cutanés induits par les médicaments sont connus. Ils apparaissent généralement entre trois et 24 semaines après le début du traitement. Les médicaments les plus souvent imputés sont : les anticonvulsivants (phénytoïne, carbamazépine, phénobarbital, lamotrigine) et les inhibiteurs de l’enzyme de conversion.

Dans la littérature, un seul cas de pseudolymphome induit par anti-TNF⍺ avait été rapporté en 2008 [2]. Il s’agissait d’une femme de 55ans traitée depuis un an par étanercept pour une polyarthrite rhumatoïde. L’éruption disparaissait à l’arrêt de l’étanercept mais, contrairement au cas de Imafuku et al. [1], il n’y avait pas de réinduction de l’effet indésirable lors de l’introduction d’adalimumab. Les auteurs expliquaient cet évènement par le fait que l’étanercept et l’adalimumab ne visent pas les mêmes cibles moléculaires.

Déclaration d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec cet article.

Références

Imafuku S., Ito K., Nakayama J. Cutaneous pseudolymphoma induced by adalimumab and reproduced by infliximab in a patient with arthropathic psoriasis Br J Dermatol 2012 ;  166 : 675-678 [cross-ref]
Guis S., Schiano de Colella J.M., Bonnet N., and al. Cutaneous pseudo-lymphoma associated with a TNF-alpha inhibitor treatment: etanercept Eur J Dermatol 2008 ;  18 : 474-476



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