Article

PDF
Access to the PDF text
Service d'aide à la décision clinique
Advertising


Free Article !

Journal Français d'Ophtalmologie
Volume 36, n° 4
pages 310-315 (avril 2013)
Doi : 10.1016/j.jfo.2012.05.012
Received : 3 October 2011 ;  accepted : 10 May 2012
Analyse de l’indice NFI du GDx VCC dans le glaucome au Liban
GDx-VCC NFI analysis in Lebanese glaucoma patients
 

N. Waked a, , Z. Daou b, A. Fadlallah a, J. Antoun a
a Service ophtalmologie, hôpital Hôtel-Dieu, université St-Joseph, boulevard A.-Naccache-Achrafieh, Beyrouth, Liban 
b Hôpital Notre-Dame-du-Rosaire, Gemmayzeh, Tabaris, Beyrouth, Liban 

Auteur correspondant.
Résumé
But

Décrire les scores de l’indicateur des fibres nerveuses (Nerve Fiber Index ; NFI) et leur évolution chez les patients libanais avec glaucome confirmé ou suspect.

Plan de l’étude

Étude observationnelle, rétrospective.

Patients et méthodes

Revue des examens GDx VCC effectués entre janvier 2003 et décembre 2008, dans un centre d’explorations ophtalmologiques, chez un ensemble de 1063 patients référés par leurs ophtalmologistes pour subir cet examen. Cet ensemble est formé de glaucomateux confirmés et de suspects de glaucome. L’examen par GDx VCC a été répété une ou plusieurs fois, à un an d’intervalle, chez 136 patients seulement. N’ayant accès qu’à leurs examens GDx VCC, nous ignorons les différents effectifs dans chaque catégorie avant l’examen. Après l’examen de GDx VCC, nous les avons classés dans trois catégories, selon le score du NFI. Les sujets étaient considérés comme normaux quand le score du NFI était inférieur à 30, suspects de glaucome quand le score était compris entre 30 et 40, et ayant un glaucome confirmé quand le score était supérieur à 40.

Résultats

Parmi les 1063 sujets étudiés, 525 étaient de sexe féminin et 538 de sexe masculin, avec une moyenne d’âge de 56,8±14,2ans au moment de l’examen. La moyenne des scores du NFI était de 27,01±14,23, plus élevée chez les hommes comparés aux femmes dans les différents groupes d’âge, et plus basse chez les jeunes comparés aux sujets âgés, avec la plus grande différence notée entre les groupes d’âge de 11 à 20ans et 81 à 90ans (p =0,015). Huit cent quatre-vingt patients avaient un score de NFI dans les limites de la normale, 280 avaient un score en faveur de glaucome suspect et 103 patients avaient un score compatible avec le diagnostic de glaucome confirmé. Parmi les 136 patients chez lesquels l’examen a été répété, 69 étaient classés comme normaux au moment du premier examen. Lors de la répétition du GDx VCC sur une période de cinq ans, 24 de ces 69 patients (34,78 %) ont présenté un score de glaucome suspect ou confirmé.

Conclusion

Au moins un patient sur trois référés pour examen par GDx VCC s’est avéré avoir un glaucome confirmé ou suspect (383/1063). Les scores du NFI étaient plus élevés chez les hommes par rapport aux femmes, de même que chez les sujets âgés comparés aux sujets jeunes.

The full text of this article is available in PDF format.
Summary
Purpose

To describe the Nerve Fiber Indicator (Nerve Fiber Index; NFI) parameter findings and progression in Lebanese glaucoma patients or suspects.

Study design

Retrospective, observational study.

Patients and methods

A review was conducted of the GDx VCC examinations performed between January 2003 and December 2008 in an ophthalmological diagnostic center, in 1063 Lebanese subjects referred for this testing by their ophthalmologists. This group of subjects included confirmed glaucoma patients and glaucoma suspects. GDx VCC examination was repeated one or more times, at a one-year interval, in only 136 patients. Since we only had access to their GDx VCC examinations, the number of subjects in each category was unknown prior to the exam. After GDx VCC examination, we divided the subjects into three categories according to their NFI score. Subjects were considered to be normal when the NFI score was below 30, glaucoma suspects when the score was between 30 and 40, and confirmed glaucoma patients when the score was above 40.

Results

Among the 1063 patients studied, 525 were female and 538 male, with a mean age of 56.8±14.2 years at the time of examination. The mean NFI score was 27.01±14.23, higher in males than females in the various age groups, and higher in older than in younger subjects, the greatest difference being between the 11- to 20-year and the 81- to 90-year age groups (P =0.015). Eight hundred and eighty patients had an NFI score within normal limits, the score was consistent with glaucoma suspect in 280 patients and with confirmed glaucoma in 103 patients. Among the 136 patients who underwent multiple GDx VCC examinations, 69 were initially classified as normal. Upon repeat GDx VCC examinations over a five year period, 24 of these 69 patients (34.78%) presented with scores consistent with glaucoma suspect or confirmed glaucoma.

Conclusion

This study demonstrates that glaucoma was detected or suspected in at least one of three subjects referred for GDx VCC examination (383/1063). NFI scores were higher in males than females and in older compared to younger subjects.

The full text of this article is available in PDF format.

Mots clés : Suspicion de glaucome, Patients glaucomateux, GDx VCC, score du NFI

Keywords : Glaucoma suspect, Glaucoma patients, GDx-VCC, NFI score


Introduction

Le glaucome est une cause principale de cécité irréversible à travers le monde. Les cibles spécifiques de cette maladie sont les cellules ganglionnaires et leurs axones. Quand il n’existe pas d’atteinte fonctionnelle décelable à l’examen du champ visuel et que l’apparence de la papille est suspecte, un diagnostic précoce pourrait être appuyé par l’identification d’un déficit dans la couche des fibres nerveuses rétiniennes (CFNR) dans la région péripapillaire. En effet, des études avaient suggéré que les changements dans la CFNR pouvaient être détectés jusqu’à six ans avant l’apparition d’un déficit mesurable au niveau du champ visuel [1]. De plus, il est primordial de surmonter la subjectivité des méthodes traditionnelles comme les photos monochromatiques [2, 3] dans l’évaluation de la CFNR, en utilisant une imagerie digitale, en temps réel, avec des taux élevés de précision et de reproductibilité. Le GDx utilise une technique de polarimétrie par balayage laser. La version utilisée dans notre étude se base sur une compensation cornéenne personnalisée (VCC) [4, 5, 6]. Le GDx VCC assure une mesure indirecte de l’épaisseur péripapillaire de la CFNR en mesurant le retard de phase de la lumière polarisée, basé sur les propriétés biréfringentes de la CFNR [7, 8]. La VCC utilise une compensation spécifique à l’œil pour éliminer les effets de retard du signal dû à la cornée et au cristallin. Selon certains travaux, le GDx VCC apporte une aide au diagnostic du glaucome prépérimétrique ainsi qu’au suivi du glaucome primitif à angle ouvert une fois diagnostiqué. De plus, il s’agit d’un examen intéressant dans l’évaluation des sujets chez qui on suspecte cliniquement un glaucome. Plusieurs paramètres peuvent être obtenus, dont l’indicateur des fibres nerveuses (NFI) qui semble un bon paramètre discriminatif. Le NFI est calculé en utilisant un algorithme basé sur de nombreuses mesures de la CFNR attribuant un score de 0 à 100 à chaque œil ; plus le score du NFI est élevé, plus le diagnostic de glaucome est probable (haute spécificité).

Au Liban, le premier appareil GDx VCC a été introduit dans un centre privé d’explorations ophtalmologiques en 2003. Notre étude avait pour but d’analyser les scores du NFI dans les examens effectués avec cet appareil et d’étudier leurs variations en fonction du sexe, des différents groupes d’âge, de même que leur évolution au cours du temps dans les cas où l’examen a été répété chez le même sujet.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une revue rétrospective des résultats de tous les patients ayant effectué un examen par GDx VCC au Laser Vision Center à Beyrouth, entre janvier 2003 et décembre 2008.

En fait, le GDx VCC permet une analyse de la couche des fibres nerveuses rétiniennes (CFNR) en utilisant une technique de polarimétrie par balayage laser avec une VCC (GDx VCC ; Laser Diagnostic Technologies, San Diego, California, États-Unis). Le principe opérateur du GDx VCC est la mesure du retard de phase de la lumière polarisée du laser passant à travers des tissus possédant la propriété physique de biréfringence. Un laser à 780nm est utilisé pour balayer la région parapapillaire et obtenir des mesures de la CFNR. L’appareil cale automatiquement l’ellipse sur le nerf optique. Il s’agit d’une région de huit pixels située entre deux cercles concentriques centrés autour de la papille. De janvier 2003 à décembre 2008, un total de 1063 patients ont été référés par leurs ophtalmologistes pour un examen au GDx VCC et ont été inclus dans l’étude. Ce groupe de patients était formé de glaucomateux confirmés et de suspects de glaucome. N’ayant accès qu’à leurs examens GDx VCC, nous ignorons les différents effectifs dans chaque catégorie avant l’examen. Le sexe et l’âge de chaque patient au moment de l’examen ont été relevés, de même que le paramètre que nous avons étudié, à savoir l’NFI. Les scores des deux yeux, et à différentes périodes le cas échéant, ont été relevés. L’examen par GDx VCC a été répété une ou plusieurs fois, à un an d’intervalle, chez 136 patients.

Les patients ont été classés en trois catégories selon le NFI, indicateur essentiel de probabilité de présence d’un glaucome. Ils ont été considérés comme normaux quand le score du NFI était inférieur à 30, suspects de glaucome quand le score était compris entre 30 et 40 et ayant un glaucome confirmé quand le score était supérieur à 40. Les moyennes des scores du NFI ont été comparées entre les deux sexes, les deux yeux, les différents groupes d’âge et les différents examens chez le même patient, le cas échéant.

L’analyse des données a été réalisée par le software SPSS 13,0 (copyright SPSS, INC, 1989–2004).

Résultats

Parmi les 1063 patients inclus dans l’étude, 525 étaient des femmes et 538 des hommes. Notons que 25 patients ont eu l’examen seulement à l’œil droit et 18 seulement à l’œil gauche alors que le reste des 1063 ont subi l’examen aux deux yeux. L’âge des patients variait entre 18 et 89ans, avec une moyenne de 56,8±14,2ans. Près de la moitié des patients avaient un âge supérieur à 60ans.

Un score de NFI normal a été trouvé chez 680 patients (63,96 %). Le glaucome a été suspecté chez 280 patients (26,34 %) et confirmé chez 103 patients (9,61 %) (Tableau 1).

La moyenne du NFI était variable entre les différents groupes d’âge. En effet, le score du NFI était le plus bas dans la tranche d’âge de 11 à 20ans, avec une moyenne de 19,06, et le plus élevé dans la tranche d’âge de 81 à 90ans avec une moyenne de 37,15 (p =0,015). De plus, la corrélation de Pearson entre l’âge et le score du NFI était positive (p =0,04). Le Tableau 2 résume la distribution des patients et de leurs scores de NFI en fonction des différents groupes d’âge.

La moyenne du score du NFI était de 27,01±14,23 (26,88±14,2 à l’OD et 27,20±14,3 à l’OG). Aucune différence significative n’a été notée entre les scores du NFI de l’OD et l’OG (p =0,272). La moyenne des scores du NFI était de 29,45±15,4 chez les hommes et de 24,46±13,8 chez les femmes, avec une différence statistiquement significative (p <0,001).

La distribution des sexes entre les trois groupes montre une prédominance des femmes dans le groupe normal (360 femmes ou 52,9 %), contrairement à une prédominance des hommes dans les groupes de glaucome suspect (157 hommes ou 56 %) ou confirmé (67 hommes ou 64,9 %), avec une différence statistiquement significative entre les groupes (p <0,001). La moyenne des scores du NFI était significativement différente entre les hommes et les femmes dans le groupe normal, avec une moyenne plus élevée chez les hommes (p =0,046), alors qu’elle ne différait pas entre les sexes dans les groupes de glaucome suspect ou confirmé (Tableau 3).

La moyenne d’âge des sujets normaux était de 54,09ans, significativement plus basse que les moyenne d’âge dans le groupe des suspects de glaucome (61,62ans, p <0,001) ou de glaucome confirmé (63,54ans, p <0,001). Parmi les femmes examinées 28,19 % (148/525) avaient un score de glaucome suspect ou confirmé, significativement moins que le groupe des hommes où 43,68 % (235/538) n’avaient pas un examen normal (p =0,03).

La moyenne des scores du NFI était la plus élevée chez les patients examinés en 2003 (32,35) et la plus basse chez ceux examinés en 2007 (23,46), avec une différence statistiquement significative entre les années (p <0,001). La distribution des scores du NFI entre les différentes années figure dans le Tableau 4.

Enfin, l’examen par GDx VCC a été répété chez 136 patients. Parmi eux, 69 étaient classés comme normaux, 22 suspects et 45 glaucomateux confirmés après le premier examen. Chez 90 d’entre eux, l’examen a été effectué deux fois, sur une période moyenne de 1,3±0,8 années, avec une moyenne des scores du NFI de 31,42 et 32,19, respectivement (p =0,723). Chez 30 patients, l’examen a été effectué trois fois, sur une période moyenne de 2,3±0,6 années, avec une moyenne des scores du NFI de 35,83, 35,67 et 37,31, respectivement (p =0,90). Chez 16 patients, l’examen a été effectué quatre fois, sur une période moyenne de 3,5±1,4 années avec une moyenne des scores du NFI de 38,2, 38,5, 37,9 et 37,9, respectivement (p =0,82). Parmi les 69 sujets initialement classés comme normaux, 24 ont développé un glaucome suspect ou confirmé lors des examens répétés sur une période de cinq ans (34,78 % des 69). En effet, chez 19 patients initialement classés comme normaux, une suspicion de glaucome était posée, au niveau d’un œil ou des deux yeux, quand l’examen par GDx VCC a été répété sur une période de trois ans. De même, cinq patients initialement classés comme normaux étaient devenus franchement glaucomateux sur une période de cinq ans. Par ailleurs, les 22 patients classés comme suspects et les 45 patients classés comme glaucomateux, après le premier examen, sont restés avec des scores de NFI de suspects et de glaucomateux, respectivement, lors des examens ultérieurs.

Discussion

Les mesures fournies par le GDx VCC sont quantitatives et reproductibles. Le NFI mesuré par le GDx VCC est un paramètre important dans l’évaluation du glaucome. Il s’agit d’un indicateur global de l’état de la CFNR, basé sur un système avancé d’analyse du réseau nerveux mesurant le profil complet de la CFNR. Quand le NFI est supérieur à 40, sa sensibilité est de 85 % et sa spécificité de 90 %. Reus et Lemij avaient atteint une capacité diagnostique du NFI très élevée en incluant une population où plus que la moitié des patients avaient un glaucome sévère [5]. D’un autre côté, la probabilité de glaucome serait très faible pour des valeurs du NFI inférieures à 35 [9]. Pour cela, nous avons considéré que, si la valeur du NFI était inférieure à 30, le sujet serait classé normal alors qu’une valeur supérieure à 40 confirmerait le diagnostic de glaucome ; un score de NFI compris entre 30 et 40 serait suspect de glaucome. Dans une étude de dépistage du glaucome impliquant 200 patients, Yamada et al. ont trouvé que 61 % des sujets étaient normaux, 26,5 % avaient une suspicion de glaucome ou une hypertension oculaire isolée et que 11 % étaient glaucomateux [10]. Ces résultats tenaient compte, en plus des données GDx, des renseignements cliniques et périmétriques de chaque sujet. Dans notre étude, 63,96 % des sujets examinés se sont avérés normaux ; 26,34 % avaient une suspicion de glaucome et 9,61 % avaient un glaucome confirmé ; mais cela en se basant seulement sur le score du NFI, à cause du manque d’autres renseignements cliniques ou paracliniques. Cela représente un point faible dans notre étude et altère, par conséquent, la valeur de notre classification. Par ailleurs, il a été démontré que le score du NFI seul était de peu de valeur dans le diagnostic de glaucome, essentiellement dans les stades précoces ou modérés [11]. Par conséquent, il est important d’analyser les résultats du GDx VCC en totalité, en évaluant tous les paramètres étudiés. En effet, il existe une importante variabilité du score du NFI, inter- et intra-individuelle (allant de 13 à 23 % selon les études), raison pour laquelle le NFI assure une bonne valeur discriminative uniquement quand le score est supérieur à 40, car le déficit du champ visuel influence énormément la sensibilité des imageries diagnostiques disponibles [12, 13, 14, 15, 16, 17]. Dans notre étude, la sévérité du glaucome au moment de la première présentation était inconnue.

Dans une étude récente, Lee et al. n’avaient pas trouvé de différence dans les scores du NFI entre les hommes et les femmes [18]. Cette étude avait impliqué des patients connus ayant un glaucome à angle ouvert ou fermé. Dans notre étude, tout en rappelant que l’on ne connaît pas l’état des patients référés, les scores du NFI étaient significativement plus élevés chez les hommes que les femmes, dans les différents groupes d’âge. Cette différence était significative dans le groupe étiqueté normal, mais pas dans les groupes de glaucome suspecté ou glaucome confirmé.

D’un autre côté, plusieurs études avaient rapporté un amincissement de la CFNR lié à l’âge. Cette notion avait été confirmée par Da Pozzo et al. qui avaient mené une étude sur des sujets en bonne santé et corrélé l’amincissement de la CFNR avec l’âge. Les paramètres du GDx VCC étudiés étaient le temporal–superior–nasal–inferior–temporal (TNSIT), le superior average (SA) et le inferior average (IA) [19]. Vijaya et al. avaient étudié des sujets indiens normaux et avaient conclu qu’il existait une diminution graduelle des valeurs de la CNFR avec l’âge, sans différence significative entre les hommes et les femmes [20]. Dans notre étude, la moyenne d’âge des patients avec un NFI inférieur à 30 était significativement inférieure à celle des patients avec un NFI supérieur à 30, ce qui pourrait confirmer la corrélation entre l’amincissement de la CFNR et l’âge.

Notre étude a démontré que la moyenne du NFI des patients examinés en 2003 était supérieure aux moyennes retrouvées au cours des années suivantes. Cette constatation pourrait suggérer qu’initialement, les ophtalmologistes référaient essentiellement les patients connus glaucomateux ou avec un fort indice de suspicion de glaucome, et que, plus tard, le GDx VCC était demandé au moindre signe d’un changement pouvant être lié au glaucome.

Par ailleurs, parmi les sujets qui ont subi plusieurs examens GDx VCC au cours de la période couverte par notre étude et qui étaient initialement classés comme normaux selon la valeur du NFI de leur premier examen, 34,78 % avaient développé un glaucome suspect ou confirmé lors des examens répétés. Cela suggère que la suspicion clinique reste un facteur crucial dans la prise en charge des patients, et qu’un indice de suspicion élevé justifie une évaluation par des examens GDx VCC multiples et à intervalles de temps réguliers. De plus, les patients classés comme suspects de glaucome après un premier examen au GDx VCC, et chez lesquels l’examen a été répété une ou plusieurs fois, sont restés suspects lors des examens ultérieurs. Cela pourrait être en rapport avec un traitement antiglaucomateux qui a été débuté et qui a ralenti ou arrêté l’évolution vers un glaucome confirmé ; ou bien, ces résultats faisaient simplement partie des faux-positifs du GDx VCC et que ces sujets étaient effectivement normaux à la base et n’avaient donc pas de raison pour aggraver leur score NFI lors des examens ultérieurs. Cela est possible, surtout que notre étude a été menée sur des résultats fournis par l’appareil GDx VCC qui, à l’époque (2003), était la dernière génération GDx disponible sur le marché. En effet, la génération actuelle, le Pro GDx, semblerait plus spécifique et donnerait moins de faux positifs, ce qui pourrait éventuellement modifier une classification descriptive comme la notre.

Conclusion

Cette étude a montré que la majorité des sujets référés pour un premier examen par GDx VCC étaient normaux. Cependant, parmi les patients initialement classés comme normaux et chez lesquels l’examen a été répété une ou plusieurs fois, 34,78 % avaient développé un glaucome suspect ou confirmé lors des examens ultérieurs. Les scores du NFI étaient plus élevés chez les hommes par rapport aux femmes et chez les sujets âgés comparés aux sujets jeunes. Les hommes avaient plus fréquemment une suspicion ou un diagnostic de glaucome, comparés aux femmes.

Déclaration d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflit d’intérêt en relation avec cet article.

Références

Sommer A., Katz J., Quigley H.A., Miller N.R., Robin A.L., Richter R.C., and al. Clinical detectable nerve fiber atrophy precedes the onset of glaucomatous field loss Arch Ophthalmol 1991 ;  109 : 77-83 [cross-ref]
Weinreb R.N., Zangwill L. Retinal nerve fiber layer evaluation in glaucoma J Glaucoma 2001 ;  10 : S56-S58
Sommer A., Quigley H.A., Robin A.L., Miller N.R., Katz J., Arkell S. Evaluation of nerve fiber layer assessment Arch Ophthalmol 1984 ;  102 : 1766-1771
Medeiros F.A., Zangwill L.M., Bowd C., Weinreb R.N. Comparison of the GDx VCC scanning laser polarimeter, HRT II confocal scanning ophthalmoscope, and stratus OCT optical coherence tomography for the detection of glaucoma Arch Ophthalmol 2004 ;  122 : 827-837 [cross-ref]
Reus N.J., Lemij H.G. Diagnostic accuracy of the GDx VCC for glaucoma Ophthalmology 2004 ;  122 : 827-837
Leung C.K., Chan W.M., Chong K.K., Yung W.H., Tang K.T., Woo J., and al. Comparative study of retinal nerve fiber layer measurement by StratusOCT and GDx VCC, I: correlation analysis in glaucoma Invest Ophthalmol Vis Sci 2005 ;  46 : 3214-3220 [cross-ref]
Weinreb R.N., Dreher A.W., Coleman A., Quigley H., Shaw B., Reiter K. Histopathologic validation of Fournier-ellipso-metry measurements of retinal nerve fiber layer thickness Arch Ophthalmol 1990 ;  108 : 557-560 [cross-ref]
Zhou Q., Knighton R.W. Light scattering and form birefringence of parallel cylindrical arrays that represent cellular organelles of the retinal nerve fiber layer Appl Opy 1997 ;  36 : 2273-2285 [cross-ref]
Reus N.J., Lemij H.G. Diagnostic accuracy of the GDx VCC for glaucoma Ophthalmology 2004 ;  111 : 1860-1865 [cross-ref]
Yamada N., Chen P.P., Mills R.P., Lee M.M., Stamper R.L., Lieberman M.F., Xu D.C., and al. Glaucoma screening using the scanning laser polarimeter J Glaucoma 2000 ;  9 : 254-261
Colen T.P., Lemij H.G. Sensitivity and specificity of the GDx: clinical judgment of standard printouts versus the number J Glaucoma 2003 ;  12 : 129-133 [cross-ref]
Renard J.P., May F. Analyse des fibres nerveuses retiniennes en polarimetrie a balayage laser (GDx VCC) 10e symposium Recherche et Glaucome :  (2002).  53-63
Renard J.P., Giraud J.M., May F., Riga-Sastourne J.C., Oubaaz A., Reda K., and al. Les lasers diagnostics dans le glaucoma : la polarimetrie à balayage laser (GDxVCC) et la tomography confocale par balayage laser (HRT) J Fr Ophtalmol 2005 ;  28 : 177-184 [inter-ref]
Reus N.J., Lemij H.G. Scanning laser polarimetry of the retinal fiber layer in perimetrically unaffected eyes of glaucoma patients Ophthalmology 2004 ;  11 : 2199-2203 [cross-ref]
Lleo-Perez A., Ortuno-Soto A., Rahhal M.S., Sanchis-Gimeno J.A. Intraobserver reproducibility of retinal nerve fiber layer measurements using scanning laser polarimetry and optical coherence tomography in normal and ocular hypertensive subjects Eur J Ophthalmol 2004 ;  14 : 523-530
Mohammadi K., Bowd C., Weinreb R.N., Zangwill L.M. Retinal nerve fiber layer thickness measurements with scanning laser polarimetry predict glaucomatous visual field loss Am J Ophthalmol 2004 ;  138 : 592-601 [inter-ref]
Frenkel S., Slonim E., Horani A., Blumenthal E.Z. Operator learning effect and interoperator reproducibility of the scanning laser polarimetry with variable corneal compensation Ophthalmology 2005 ;  112 : 257-261 [cross-ref]
Lee P.J., Liu C.J., Wojciechowsky R., Bailey-Wilson J.E., Cheng C.Y. Structure-function correlations using scanning laser polarimetry in primary angle-closure glaucoma and primary open-angle glaucoma Am J Ophthalmol 2010 ;  149 : 817-825 [inter-ref]
Da Pozzao S., Iacono P., Archesan R., Minutola D., Ravalico D. The effect of ageing on retinal nerve fiber layer thickness: an evaluation by scanning laser polarimetry with variable corneal compensation Acta Ophthalmol Scand 2006 ;  84 : 375-379
Vijaya L., Varma M., Krishna Kumar R., Saraniya A.S., Babu G., Subash S., and al. Retinal nerve fiber layer measurements in Indian eyes using the scanning laser polarimeter, GDx Indian J Ophthalmol 2004 ;  52 : 215-220



© 2012  Elsevier Masson SAS. All Rights Reserved.
EM-CONSULTE.COM is registrered at the CNIL, déclaration n° 1286925.
As per the Law relating to information storage and personal integrity, you have the right to oppose (art 26 of that law), access (art 34 of that law) and rectify (art 36 of that law) your personal data. You may thus request that your data, should it be inaccurate, incomplete, unclear, outdated, not be used or stored, be corrected, clarified, updated or deleted.
Personal information regarding our website's visitors, including their identity, is confidential.
The owners of this website hereby guarantee to respect the legal confidentiality conditions, applicable in France, and not to disclose this data to third parties.
Close
Article Outline