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Journal Français d'Ophtalmologie
Volume 36, n° 4
pages 352-361 (avril 2013)
Doi : 10.1016/j.jfo.2012.10.006
Received : 31 May 2012 ;  accepted : 22 October 2012
Prédictibilité réfractive et retentissement aberrométrique du décentrement des implantations toriques du pseudophaque de type SN60T-AcrySof®
AcrySof® Toric (SN60T) intraocular lens implantation: Refractive predictibility and aberrometric impact of decentration
 

G. Humbert a, b, , J. Colin a, b, D. Touboul a, b
a Service d’ophtalmologie, centre hospitalier universitaire de Bordeaux, hôpital Pellegrin, place Amélie-Raba-Léon, 33000 Bordeaux, France 
b Centre d’investigation clinique, épidémiologie clinique 7 (CIC-EC7), université Bordeaux 2, CHU de Bordeaux, 146, rue Léo-Saignat, 33076 Bordeaux cedex, France 

Auteur correspondant. Service d’ophtalmologie, centre hospitalier d’Oloron-Sainte-Marie, 1, avenue Alexandre-Flemming, 64404 Oloron-Sainte-Marie, France.
Résumé
Sujet

Le but de notre étude est d’évaluer le résultat réfractif de l’implantation torique du pseudophaque, avec une analyse détaillée du décentrement de l’implant et de son retentissement aberrométrique.

Méthodes

Nous avons mené une étude rétrospective sur 19 yeux, implantés avec l’implant SN60T AcrySof® Toric (Alcon – États-Unis). Sur le plan réfractif, une étude approfondie de la correction sphéro-cylindrique a été réalisée grâce à la méthode Alpins et à une analyse de l’alignement des implants toriques sur l’axe théorique de positionnement. Le décentrement de l’implant a été évalué par un protocole strict et novateur, ainsi que son retentissement aberrométrique.

Résultats

À trois mois postopératoire, l’acuité visuelle sans correction était supérieure ou égale à 20/40 dans 94,74 % des cas, le cylindre postopératoire était inférieur ou égal à 0,5 D dans 68,42 % des cas avec un « index of success  » (IOS) moyen de 0,24. L’erreur moyenne d’alignement de l’implant était de 5,68° (0 à 14). Le décentrement moyen était de 0,78mm (0 à 1,78) avec une coma et un tréfoil moyen de 0,18μ (0,06 à 0,33) et de 0,19μ (0,05 à 0,51), respectivement. L’augmentation du décentrement de l’implant provoquait une augmentation des aberrations optiques de type coma et tréfoil.

Conclusion

La correction sphéro-cylindrique de l’implantation torique du pseudophaque est une chirurgie réfractive efficace, sûre et prédictible, dont la précision est équivalente à celle du Lasik dans le traitement de l’astigmatisme du sujet jeune. Le décentrement de l’implant engendre l’apparition d’aberrations optiques de type coma et tréfoil, nuisibles à la performance visuelle.

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Summary
Purpose

To evaluate refractive outcomes of toric intraocular lens (IOL) implantation with a detailed analysis of decentration and its effect on aberrometry.

Methods

This retrospective study enrolled 19 eyes implanted with SN60T AcrySof® Toric (Alcon – USA) IOL’s. Spherocylindric correction was studied in depth by the Alpins method, and retro-illumination images were used to analyze the alignment of the IOL with its intended axis. IOL decentration as well as its aberrometric impact were evaluated with a strict, novel protocol.

Results

Three months postoperatively, uncorrected distance visual acuity was greater or equal to 20/40 in 94.74% of cases, postoperative subjective cylinder was less or equal to 0.5 D in 68.42% of eyes, with a mean index of success of 0.24. Mean error of toric IOL alignment was 5.68° (0 to 14). Mean IOL decentration was 0.78mm (0 to 1.78) with a mean coma and trefoil of 0.18μ (0.06 to 0.33) and 0.19μ (0.05 to 0.51), respectively. The larger the IOL decentration, the higher the optical aberrations were.

Conclusion

Toric intraocular lens implantation is an effective, safe and predictable method of spherocylindrical correction during cataract surgery, with a refractive accuracy similar to that of LASIK in the treatment of astigmatism in young patients. IOL decentration produces optical aberrations including coma and trefoil, which interfere with visual performance.

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Mots clés : Astigmatisme, Implant torique, Cataracte, Aberration optique

Keywords : Astigmatism, Toric intraocular lens, Cataract, Optical aberration


Introduction

Quinze à 29 % des patients opérés de cataracte présentent un astigmatisme cornéen préopératoire supérieur à 1,5 D [1]. La correction de cet astigmatisme, lors de la chirurgie de la cataracte, permet une amélioration du résultat visuel.

Le traitement de l’astigmatisme pendant une chirurgie de la cataracte peut être réalisé par différentes techniques chirurgicales : les kératotomies relaxantes limbiques ou cornéennes [2, 3, 4], les incisions de phaco-émulsification sur le méridien le plus cambré [5, 6], les photokératectomies réfractives [7, 8], le Laser in situ keratomileusis (Lasik) [8], et enfin l’implantation d’une lentille intraoculaire (IOL) torique [9].

L’implant SN60TT AcrySof® Toric du laboratoire Alcon est, depuis 2005, le deuxième implant torique approuvé par la FDA. Le diamètre de l’optique est de 6mm pour une longueur totale de 13mm. L’optique est de type torique avec une surface antérieure asymétrique biconvexe et une surface sphérique postérieure torique. Il existe aujourd’hui sept types d’implants SN60TT AcrySof® Toric, correspondant à sept puissances cylindriques différentes. La gamme s’étend de 1,5 D au plan de la IOL, soit 1,03 D au plan cornéen, pour l’implant SN60T3, à 6,0 D au plan de la IOL, soit 4,11 D au plan cornéen pour l’implant SN60T9. Les implants SN6ATT AcrySof® IQ Toric ont une surface asphérique postérieure torique. La gamme s’étend de 1,0 D au plan de la IOL, soit 0,68 D au plan cornéen, pour l’implant SN6AT2, à 6,0 D au plan de la IOL, soit 4,11 D au plan cornéen pour l’implant SN6AT9.

Le but de cette étude est d’évaluer l’implantation torique du pseudophaque du point de vue réfractif d’une part (acuité visuelle, correction sphéro-cylindrique, stabilité rotatoire), et du point de vue décentrement de l’implant et retentissement aberrométrique d’autre part.

Seules les méthodes vectorielles permettent une analyse fine des modifications de l’astigmatisme liées à une chirurgie [10, 11]. La méthode Alpins [12, 13] définit pour toute chirurgie un astigmatisme préopératoire, un astigmatisme postopératoire et un astigmatisme postopératoire cible. Alpins [12, 13] définit ensuite plusieurs vecteurs. Le « surgically induced astigmatism  » SIA relie l’astigmatisme préopératoire à l’astigmatisme postopératoire ; le SIA correspond à l’astigmatisme induit par la chirurgie. Le « target induced astigmatism  » TIA relie l’astigmatisme préopératoire à l’astigmatisme postopératoire cible ; le TIA représente l’astigmatisme induit cible par la chirurgie. Le « difference vector  » DV (TIASIA) relie l’astigmatisme postopératoire à l’astigmatisme postopératoire cible ; le DV mesure la puissance et l’axe d’un second traitement requis pour arriver à l’astigmatisme cible. Il est idéalement nul. L’angle d’erreur « angle of error  » AE est la différence angulaire entre le SIA et le TIA. Alpins [12, 13] calcule ensuite différents indices de succès : le « correction index  » CI (SIA/TIA) mesure le niveau de correction de l’astigmatisme par la chirurgie et est idéalement égal à 1 ; le « flattening index  » FI (CI×COS (2 AE)) mesure le niveau de correction sur le méridien souhaité (le méridien du TIA) et est idéalement égal à 1 ; l’« index of success  » IOS (DV/TIA) mesure le succès de la chirurgie. Idéalement l’IOS est égal à zéro.

Patients et méthodes

Nous avons effectué une étude rétrospective sur 19 yeux (18 patients), avec un âge moyen de 59,6ans (44 à 77ans), ayant bénéficié d’une chirurgie de la cataracte avec pose d’un implant torique Alcon AcrySof® Toric. Sur ces 19 yeux, quatre ont été implantés avec un SN60T3, six avec un SN60T4, six avec un SN60T5, zéro avec un SN60T6, deux avec un SN60T7, zéro avec un SN60T8 et un avec un SN60T9.

La puissance sphérique de la IOL a été mesurée par biométrie IOL Master (Carl Zeiss Meditec – Allemagne) et l’implant torique a été déterminé par le calculateur en ligne de chez Alcon : www.acrysoftoriccaclulator.com/. Tous les patients ont bénéficié du même protocole opératoire : marquage de l’axe horizontal à 0° et 180° en position assise pour éviter la cyclotorsion lors du passage en décubitus dorsal, marquage de l’axe d’alignement de l’implant à l’aide du marqueur de Mendez, incision limbique tunnellisée de 3,2mm non suturée et alignement peropératoire de l’implant avec l’axe d’alignement théorique.

Du point de vue réfractif, tous les patients ont bénéficié en préopératoire et à trois mois postopératoire d’une réfraction subjective, d’une kératomètrie, d’une topographie cornéenne d’élévation Orbscan (Bausch et Lomb – États-Unis). La correction cylindrique apportée par la chirurgie a été évaluée par la méthode Alpins [12, 13], au niveau réfractif (correction de l’astigmatisme total) et au niveau kératomètrique (modification de l’astigmatisme cornéen par l’incision). L’alignement de l’axe de l’implant avec l’axe théorique a été étudié, en mesurant avec le rapporteur de la lampe à fente, l’axe plat de l’implant (visualisé à l’aide des marques sur la face postérieure de la lentille intraoculaire, une fois le patient dilaté et observé en mode de rétro-illumination) et en le comparant à l’axe cible prévu par le calculateur en ligne d’Alcon (différence arithmétique en valeur absolue entre axe de l’implant et axe théorique d’alignement).

Pour l’analyse du décentrement relatif de l’implant et de son retentissement aberrométrique, tous les patients ont bénéficié à trois mois postopératoire d’un protocole strict, spécifiquement élaboré par notre équipe, comprenant plusieurs étapes :

obtention d’une mydriase pharmacologique : instillation de Néosynéphrine Faure 10 % Collyre® (phényléphrine) et de Mydriaticum 2mg/0,4mL Collyre® (tropicamide) puis vérification de l’absence de jeu pupillaire à la lampe à fente après 30mm jusqu’à dilatation maximale ;
photographie de la position de la lentille intraoculaire AcrySof® Toric à la lampe à fente (Figure 1) par méthode de rétro-illumination ;
détermination de la position relative de l’axe de fixation par rapport à l’axe pupillaire et à la IOL : photographie de l’écran (caméscope JVC GR-D640E) de l’aberro-topographe L80 wave (Luneau – France) lors de la visualisation de l’image de Purkinje et celle de la pupille (Figure 2) à partir de l’acquisition topographique des mires de Placido. Puis superposition des deux photographies (photographie de la IOL et photographie de l’écran de l’aberromètre) avec Adobe Photoshop CS3 après inversion de la photographie de l’écran de l’aberromètre (car l’image est inversée par l’aberro-topographe L80 wave lors de la mesure ; fonction « symétrie horizontale de la zone de travail » dans Adobe Photoshop CS3) en les ajustant sur les bords du diaphragme irien (Figure 3) et en utilisant la fonction de transparence partielle de l’image obtenue par le topographe ;
détermination graphique du centre de l’implant correspondant au milieu du segment unissant les marques périphériques de positionnement de l’implant (Figure 4) ;
détermination graphique du point de fixation cornéen correspondant au centre des anneaux de Placido (Figure 5) : réalisation d’une approximation entre axe visuel et axe optique, c’est-à-dire en considérant que ces deux axes sont confondus avec angle ⍺ proche de zéro ;
mesure graphique du segment entre le centre de l’implant et le centre de l’image des anneaux de Placido et conversion de la mesure graphique en distance réelle grâce à une règle de trois (Figure 5).



Figure 1


Figure 1. 

Photographie de l’implant à la lampe à fente.

Zoom



Figure 2


Figure 2. 

Photographie de l’image topographique Placido.

Zoom



Figure 3


Figure 3. 

Superposition des deux images avec Adobe Photoshop CS3 (après inversion de la photographie de l’écran de l’aberromètre, fonction « symétrie horizontale de la zone de travail »).

Zoom



Figure 4


Figure 4. 

Détermination graphique de l’axe plat et du centre de l’implant.

Zoom



Figure 5


Figure 5. 

Mesure graphique du décentrement de l’implant correspondant à la distance entre le centre de l’image des anneaux de Placido (flèche jaune) et le centre de l’implant (flèche bleue).

Zoom

Enfin, une étude aberrométrique totale et cornéenne antérieure a été réalisée avec le L80 wave afin d’étudier la relation entre les aberrations de haut ordre (coma, tréfoil…) et l’amplitude de décentrement des implants. Trois groupes ont été distingués en fonction de ce degré de décentrement : groupe 1 : décentrement minime inférieur à 1mm ; groupe 2 : décentrement modéré supérieur ou égal à 1mm ; groupe 3 : décentrement important supérieur ou égal à 1,5mm.

L’analyse statistique a été menée par calcul des moyennes des différents paramètres appréciant la réfraction et l’alignement de l’implant avec l’axe théorique d’alignement d’une part, la qualité de vision et le décentrement de l’implant d’autre part.

Résultats
Acuité visuelle

L’acuité visuelle sans correction (AVSC) moyenne est passée de 1,31 logMAR en préopératoire (1,8 à 0,5), soit 1/20 sur l’échelle de Monnoyer (1/60 à 3,2/10), à 0,12 logMAR en postopératoire (0,4 à 0), soit 8/10 sur l’échelle de Monnoyer (4/10 à 10/10). En postopératoire, l’AVSC était supérieure ou égale à 20/40 dans 94,74 % des cas, à 20/25 dans 73,68 % des cas. La meilleure acuité visuelle avec correction (MAVAC) moyenne est passée de 0,25 logMAR en préopératoire (0,7 à 0,05), soit 5/10 sur l’échelle de Monnoyer (2/10 à 9/10), à 0,06 logMAR en postopératoire (0,3 à −0,1), soit 9/10 sur l’échelle de Monnoyer (5/10 à 12,5/10). En postopératoire, la MAVAC était supérieure ou égale à 20/40 dans 100 % des cas, à 20/25 dans 94,74 % des cas. Il n’y a eu aucune perte de lignes de MAVAC.

Réfraction

La sphère moyenne est passée de −2,11 D en préopératoire (−11,5 à +7) à +0,33 D en postopératoire (−0,25 à +1). Le cylindre moyen est passé de −2,95 D en préopératoire (−7 D à −0,75 D) à −0,41 D en postopératoire (−1,25 à 0). Le cylindre postopératoire était inférieur ou égal à 0,5 D dans 68,42 % des cas, à 1 D dans 94,74 % des cas, à 1,5 D dans 100 % des cas. L’équivalent sphérique (ES) moyen est passé de −3,58 D en préopératoire (−15 à +5,75) à +0,125 D en postopératoire (−0,625 à +1). L’ES postopératoire était inférieur ou égal à 0,5 D dans 79 % des cas, à 1 D dans 95 % des cas.

Correction de l’astigmatisme total par l’implantation torique

La correction de l’astigmatisme total par l’implantation torique a été évaluée par la méthode Alpins [12, 13] (Tableau 1).

Modification de l’astigmatisme cornéen par l’incision

La modification de l’astigmatisme cornéen par l’incision a été étudiée par la méthode Alpins [12, 13] au niveau cornéen (Tableau 2). La kératomètrie moyenne est passée de −2,58 D (−6,25 à −1,12) en préopératoire à −2,52 D (−6,5 à −1) en postopératoire. L’analyse de l’astigmatisme induit par l’incision est présentée dans le Tableau 2.

Prédictibilité du positionnement de l’implant sur l’axe souhaité

L’axe d’alignement théorique et l’axe mesuré étaient alignés avec une erreur moyenne de 5,68° (de 0 à 14°). Cette erreur de positionnement était inférieure ou égale à 5° dans 52,6 % des cas, inférieure ou égale à 10° dans 90 % des cas, inférieure ou égale à 15° dans 100 %.

Décentrement de l’implant et retentissement aberrométrique

Le décentrement moyen du centre de l’implant par rapport à l’axe visuel était de 0,78mm (0 à 1,78). La coma moyenne était de 0,18μ (0,06 à 0,33), le tréfoil moyen était de 0,19μ (0,05 à 0,51) pour une pupille moyenne de 6,2mm (5,6 à 6,7). Dans le groupe 1, le décentrement moyen était de 0,46mm (0 à 0,98), la coma moyenne était de 0,17μ (0,06 à 0,24), le tréfoil moyen était de 0,16μ (0,05 à 0,51) pour une pupille moyenne de 6,2mm (5,6 à 6,6). Dans le groupe 2, le décentrement moyen était de 1,46mm (1,04 à 1,78), la coma moyenne était de 0,21μ (0,11 à 0,33), le tréfoil moyen était de 0,24μ (0,11 à 0,42) pour une pupille moyenne de 6,3mm (5,7 à 6,7). Dans le groupe 3, le décentrement moyen était de 1,62mm (1,5 à 1,78), la coma moyenne était de 0,25μ (0,17 à 0,33), le tréfoil moyen était de 0,29μ (0,11 à 0,42) pour une pupille moyenne de 6,2mm (5,7 à 6,4).

Discussion

Notre étude montre que l’implantation torique du pseudophaque est une chirurgie réfractive efficace (AVSC postopératoire supérieure ou égale à 20/40 dans 94,74 % des cas), sûre (aucune perte de MAVAC) et prédictible (ES postopératoire inférieur ou égal à 0,5 D dans 79 % des cas). Nos résultats sont sur ce point comparables aux données de la littérature [14, 15, 16, 17, 18, 19, 23, 24, 25, 26, 27, 29, 30, 20, 21, 22, 28] (Tableau 3, Tableau 4, Tableau 5). La correction de l’astigmatisme total par les implants toriques est excellente avec un IOS moyen de 0,24. Elle est responsable d’une légère surcorrection cylindrique puisque le CI et le FI sont tous les deux supérieurs à 1 (Tableau 2). Les IOS retrouvés dans la littérature pour la correction de l’astigmatisme cornéen par le Lasik sont similaires, soulignant la précision de la correction cylindrique apportée par les implants toriques. Shen et al. [31], dans la correction de l’astigmatisme myopique par le Lasik sans et avec reconnaissance irienne, retrouvent un IOS moyen de 0,20 et de 0,33 respectivement. Shaikh et Manche [32] obtiennent un IOS moyen de 0,32 pour la correction de l’astigmatisme myopique par le Lasik. Dans la correction des astigmatismes mixtes par le Lasik, Jin et al. [33] retrouvent un IOS moyen de 0,21, alors que Salz et al. [34] obtiennent un IOS moyen de 0,19.

L’analyse vectorielle de l’astigmatisme induit par l’incision donne de mauvais résultats du point de vue de l’IOS avec une valeur moyenne de 0,94 (0,16 à 2,12) et un AE moyen de 26° (de 3 à 74°) (Tableau 2). Dans 11 % des cas (n =2), l’AE était particulièrement élevé (70° et 74°) alors que dans 68 % des cas, il était inférieur à 40°. Ces deux patients présentaient tous les deux un astigmatisme inverse et ont bénéficié d’une incision supérieure, positionnée à 120°. Tous les autres patients présentaient un astigmatisme direct et ont donc bénéficié d’une incision sur le méridien le plus cambré. L’effet d’une incision sur le méridien le plus plat est probablement moins prédictible qu’une incision sur le méridien le plus cambré, et peut provoquer l’apparition d’un astigmatisme irrégulier. Les mauvais résultats obtenus en cas d’astigmatisme inverse associé à une incision supérieure peuvent s’expliquer ainsi. Hill [35] a démontré dans une étude sur 806 yeux qu’il était capital de prendre en compte le SIA cornéen et la localisation de l’incision dans le choix de l’implant torique. Il existe une différence significative dans le choix de la lentille intraoculaire au niveau de la puissance cylindrique si le SIA cornéen est pris en compte ou s’il ne l’est pas. Il en est de même si la localisation de l’incision est prise en compte ou non. Les mauvais résultats au niveau cornéen du point de vue de l’IOS montrent la faible prédictibilité d’une incision limbique de 3,2mm et incitent à préférer la micro-incision, plus prédictible, pour l’implantation torique.

La prédictibilité de l’alignement de l’implant sur l’axe souhaité à trois mois postopératoire est bonne dans notre étude avec une erreur moyenne de 5,68° entre l’axe plat de l’implant et l’axe théorique d’alignement. Nos résultats sont comparables avec ceux de la littérature [14, 16, 18, 19, 23, 24, 25, 27, 30, 36, 37, 38, 39, 40, 20, 21, 22, 28] (Tableau 6). Il existe deux facteurs pouvant être à l’origine de cette erreur d’alignement : le mauvais alignement peropératoire de l’axe plat de l’implant sur axe théorique d’alignement et la rotation postopératoire de l’implant. Visser et al. [41] décrivent quatre sources d’erreur de mauvais alignement peropératoire : la cyclotorsion lors du marquage de l’axe horizontal en position assise, l’erreur dans le marquage de l’axe horizontal, l’erreur dans le marquage de l’axe théorique d’alignement et enfin le mauvais alignement peropératoire de l’implant sur l’axe théorique d’alignement. Ils estiment une erreur globale possible de 4,9±2,1°. Hoffmann et al. [15] retrouvent une erreur d’alignement entre l’axe théorique et l’axe mesuré le premier jour postopératoire de 2° en moyenne, pour une rotation postopératoire de 0,23±1,9° entre le premier jour postopératoire et le troisième mois postopératoire. Koshy et al. [37] obtiennent une erreur moyenne d’alignement de 8,9±8,2° pour une rotation postopératoire de 2,66±1,2° entre la première heure postopératoire et le sixième mois. La rotation postopératoire est attribuée dans la littérature à quatre mécanismes possibles, bien décrits par Buckhurst et al. [42] : les frottements initiaux entre les haptiques et le sac capsulaire, l’instabilité de la chambre antérieure, le design de la lentille intraoculaire avec son potentiel de fibrose, la rétraction du sac capsulaire. Les frottements initiaux entre les haptiques et la capsule sont en rapport direct avec la taille des haptiques et le diamètre du sac capsulaire. Plus le diamètre total de l’implant est grand, plus la friction entre les haptiques et la capsule sera grande, empêchant la rotation de l’implant. Chang [43], dans une étude sur 55 yeux, dont 50 yeux ont reçu un implant Staar AA4203 TL de 11,2mm de diamètre et cinq yeux un implant Staar AA4203 TF de 10,8mm de diamètre, retrouve une rotation plus faible pour les implants TL (rotation inférieure ou égale à 5° dans 72 % des cas) que pour la version courte TF (rotation inférieure ou égale à 5° dans 60 % des cas). Par ailleurs, Shah et al. [44] retrouvent une rotation postopératoire de l’implant AcrySof® Toric de 1,6±0,5° entre la première semaine et le premier mois, et retrouvent une forte corrélation entre l’augmentation de la longueur axiale et l’augmentation de la rotation postopératoire. Plusieurs études retrouvent une corrélation positive entre l’augmentation de la longueur axiale et l’augmentation du diamètre du sac capsulaire [45, 46, 47]. De plus, il faut souligner l’importance de bien nettoyer le produit viscoélastique derrière l’implant pour éviter cette rotation. Le type de matériau entre également en ligne de compte dans la stabilité initiale de l’implant. La fibrose entre la capsule et l’implant se constitue typiquement en 15jours (Mamalis et al. [48]). Oshika et al. [49] ont montré que le polyméthylméthacrylate adhérait le plus à la capsule, suivi par l’acrylique pliable, puis par le silicone. Enfin, la rétraction du sac capsulaire compresse les haptiques et l’optique de la lentille intraoculaire. Patel et al. [50], dans une série comprenant 48 yeux, constatent que les implants de type plate haptics sont plus stables que les implants avec des haptiques de type open loops . Ils notent 1,8° de rotation tardive moyenne pour les plate haptics et 7,61° pour les open loops . En effet, la compression du sac capsulaire se fait de manière uniforme sur les implants de type plate haptics en raison de leur symétrie axiale alors que les forces de compression sont responsables d’une rotation des implants avec des haptiques de type open loops à cause de leur asymétrie. Dans tous les cas, chaque degré d’erreur dans l’alignement de la IOL réduit la correction cylindrique de 3,3 % [51]. De plus, Jin et al. [52] ont montré que le mauvais alignement de l’implant conduisait d’une part, à une hypermétropisation et à une sous-correction cylindrique responsable de la formation d’un astigmatisme mixte et, d’autre part, à une rotation de l’axe de l’astigmatisme totale aboutissant à la création d’un astigmatisme oblique moins bien toléré.

Par ailleurs, deux autres facteurs interviennent dans la précision du calcul de l’implant : l’effective lens position (ELP) et l’astigmatisme cornéen postérieur. La mauvaise estimation de l’ELP (distance entre la cornée et l’implant) est une source d’erreur dans le calcul de la puissance sphérique de l’implant, et par conséquence dans l’équivalent sphérique postopératoire, diminuant ainsi la prédictibilité de la procédure [53]. Enfin, en utilisant la kératomètrie pour déterminer la puissance cylindrique de l’implant, nous n’avons pas pris en compte la composante interne de l’astigmatisme total lié à la face postérieure de la cornée.

Le décentrement moyen de l’implant dans notre étude était de 0,78mm (de 0mm à 1,78mm). Buckhurst et al. [42], dans une étude sur 107 patients ayant été implantés avec une lentille intraoculaire non torique (Akreos Ao aspheric IOL Baush & Lomb), retrouvent un décentrement moyen de 0,28±0,12mm. Le défaut de cette étude est d’avoir assimilé le milieu du segment unissant deux points opposés du limbe avec l’axe visuel (mesure de la distance entre le centre géométrique de la cornée et le centre de l’implant). Notre méthode de mesure du centrage de l’implant est plus précise puisqu’elle se base sur l’axe visuel, matérialisé par le centre de l’image topographique de Purkinje (approximation entre l’axe optique et l’axe visuel avec angle ⍺=0). À notre connaissance, aucune série à ce jour n’a étudié le rapport entre le décentrement de l’implant et l’induction d’aberrations optiques. Dans notre étude, l’augmentation du décentrement de l’implant induit une augmentation de la coma moyenne et du tréfoil moyen, reflétant l’augmentation du défaut d’alignement des éléments réfractifs de l’œil et pouvant être à l’origine d’une détérioration de la qualité de vision avec des plaintes subjectives à type de halos ou d’éblouissement.

Conclusion

La correction de l’astigmatisme cornéen au cours d’une chirurgie de la cataracte par la mise en place d’un implant torique est une chirurgie réfractive efficace, sûre et prédictible. Elle permet d’obtenir une correction excellente de l’amétropie sphéro-cylindrique, avec une précision réfractive équivalente au Lasik utilisé pour le traitement des amétropies sphéro-cylindriques chez le sujet jeune, soulignant la qualité du résultat réfractif pour cette procédure manuelle. La rotation postopératoire de l’implant est faible, permettant une stabilité de la correction torique à long terme. Ce risque sera réduit au minimum par un lavage soigneux du produit viscoélastique en fin d’intervention, une taille adaptée du diamètre de l’implant à celui du sac capsulaire et un capsulorhexis de taille suffisante pour éviter la rétraction capsulaire. Toute l’attention doit être portée sur l’alignement de l’implant avec son axe théorique de positionnement. Le décentrement de l’implant engendre l’apparition d’aberrations optiques de type coma et tréfoil. Une taille d’implant adaptée au sac capsulaire et un capsulorhexis suffisamment large pourraient conduire à un centrage optimal de l’implant. Ainsi éviterait-on des plaintes subjectives témoignant d’une dégradation de la qualité de vision chez des patients pourtant correctement emmétropisés. Les nouveaux lasers femtosecondes proposeront, dans un avenir très proche, l’automatisation du capsulorhexis afin d’obtenir une découpe symétrique, centrée et régulière.

Déclaration d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflit d’intérêt en relation avec cet article.


Remerciements

Financement : UNADEV.


 Communication orale présentée lors du 117e congrès de la Société française d’ophtalmologie en mai 2011.

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