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Journal Français d'Ophtalmologie
Volume 37, n° 4
pages 273-279 (avril 2014)
Doi : 10.1016/j.jfo.2014.01.003
Received : 2 December 2013 ;  accepted : 6 January 2014
Incidence de l’endophtalmie après injection intravitréenne : peut-on se passer de l’antibioprophylaxie ?
Incidence of endophthalmitis after intravitreal injection: Is antibioprophylaxis mandatory?
 

J.-C. Ramel a, A.-M. Bron a, R. Isaico a, C. Meillon a, C. Binquet b, C. Creuzot-Garcher a,
a Service d’ophtalmologie, hôpital Général, CHU de Dijon, 3, rue du Faubourg-Raines, 21000 Dijon, France 
b Service d’épidémiologie, CHU de Dijon, 3, rue du Faubourg-Raines, 21000 Dijon, France 

Auteur correspondant.
Résumé
Introduction

L’endophtalmie est la complication la plus redoutée dans les suites des injections intravitréennes. L’essor des antiangiogéniques ne fait qu’augmenter leur nombre chaque année. Les recommandations actuelles sont en faveur de l’utilisation d’une antibioprophylaxie post-injection, mais devant l’émergence de nombreuses résistances cette pratique est aujourd’hui remise en cause. Nous avons tenté d’évaluer si la suppression de l’antibioprophylaxie avait un rôle sur l’incidence des endophtalmies post-injections intravitréennes.

Matériel et méthodes

Dans cette étude monocentrique rétrospective, tous les patients ayant reçu des injections intravitréennes d’antiangiogéniques ou de corticoïdes dans notre service de janvier 2007 à octobre 2012 ont été inclus. Jusqu’à fin juin 2012, le protocole comprenait la prescription d’un antibiotique les jours suivant l’injection. À partir de juillet 2012, l’antibiotique a été remplacé par un antiseptique.

Résultats

Au total, 11 450 injections ont été pratiquées durant cette période, 6 endophtalmies ont été recensées (0,052 %). Dans le groupe avec antibiotiques, 10 144 injections ont été pratiquées et 3 endophtalmies ont été retrouvées (0,03 %) dont 2 confirmées en bactériologie (0,02 %). Le groupe sans antibiotiques comprenait 1306 injections et 3 endophtalmies ont été confirmées en bactériologie (0,23 %). La différence d’incidence d’endophtalmies entre les 2 groupes était statistiquement significative (p =0,024).

Conclusion

Dans cette étude, l’incidence des endophtalmies était diminuée par l’antibioprophylaxie. Néanmoins, une étude prospective de plus grande ampleur est nécessaire pour confirmer ce résultat.

The full text of this article is available in PDF format.
Summary
Introduction

Endophthalmitis is the most dreaded complication after intravitreal injection. With the rise of antiangiogenics their rate is getting higher each year. The use of antibioprophylaxis is controversial. We tried to evaluate the impact of antibioprophylaxis on intravitreal injection endophthalmitis incidence.

Methods

All patients who received intravitreal injections between January 2007 and October 2012 were included in this retrospective study. Until June 2012 all patients had antibiotics the days following the injection. From July 2012 the antibiotic was replaced by an antiseptic immediately after the injection.

Results

An overall number of 11,450 injections were performed. The overall rate of endophthalmitis was 6/11,450 (0.052%). The incidence of endophthalmitis in the group with antibiotics was 3/10,144 injections (0.03%), 2 were culture proven (0.02%). The incidence in the group without antibiotics was 3/1306 (0.23%). The difference was significant (P =0.024).

Conclusion

The incidence of endophthalmitis post-intravitreal injections seems to be lower when using antibiotics. However, a prospective study is mandatory to draw more robust conclusions.

The full text of this article is available in PDF format.

Mots clés : Endophtalmie, Antibioprophylaxie, Injection intravitréenne, Incidence, Infection, Antibiotique

Keywords : Endophthalmitis, Antibioprophylaxis, Intravitreal injection, Incidence, Infection, Antibiotic


Introduction

En 2014 les injections intravitréennes (IVT) sont en passe de se placer parmi les actes médicaux les plus pratiqués dans les pays industrialisés. Leur nombre ne fait qu’augmenter, en lien avec le vieillissement de la population et l’avènement des antagonistes du VEGF. De nouvelles indications émergent fréquemment et de nouvelles thérapeutiques viennent se rajouter à un arsenal déjà bien fourni (Pegaptanib-Macugen®, Ranibizumab-Lucentis®, Bévacizumab-Avastin®, Triamcinolone-Kenacort®, Triamcinolone-VitrealS®, Dexaméthasone-Ozurdex®, Aflibercept-Eylea®, Fluocinolone-Iluvien®). Si le geste est rentré dans la pratique courante, la complication majeure demeure l’endophtalmie, aux conséquences souvent dramatiques. Même si elle reste rare, son incidence est aujourd’hui de l’ordre de 0,05 % (avec des chiffres variant de 0,019 à 0,54 %) et augmente avec la répétition des injections [1]. Les germes les plus fréquemment rencontrés sont les staphylocoques commensaux de la flore conjonctivale, mais un plus grand nombre de streptocoques de la filière respiratoire sont retrouvés dans les études les comparant aux endophtalmies post-chirurgie de cataracte, laissant présager une transmission aéroportée [2].

Pour lutter contre la pénétration intraoculaire de ces germes, il existe un certain nombre de recommandations récentes sur la pratique des IVT et sur les préparations des produits [3, 4, 5]. La plupart s’accordent sur l’utilisation de la povidone iodée, sur l’utilisation de masques chirurgicaux, de champs stériles, de gants stériles et du blépharostat. L’utilisation d’antibiotiques locaux est toujours recommandée en France [4]. Plusieurs auteurs commencent à remettre en cause l’antibioprophylaxie encadrant les procédures d’injections [6]. Devant l’émergence de bactéries multirésistantes retrouvées dans la flore conjonctivale et oropharyngée des patients traités par antibiotiques avant et après les IVT, et devant l’enjeu économique que représentent ces prescriptions, il est légitime aujourd’hui de se poser la question de la nécessité de cette antibioprophylaxie.

C’est devant ce constat que nous avons cherché à savoir si la suppression de l’antibioprophylaxie post-IVT avait une incidence sur le taux d’endophtalmie rencontré.

Matériel et méthodes

Cette étude monocentrique rétrospective a été conduite au sein de service d’ophtalmologie du CHU de Dijon de janvier 2007 à octobre 2012. Tous les patients ayant reçu des injections intravitréennes d’anti-VEGF (Macugen®, Lucentis®, Avastin®) ou de corticoïdes (Kenacort®, VitrealS®) ont été inclus. Le recensement s’est fait sur la base des cotations CCAM de l’acte « injection d’agent pharmacologique dans le corps vitré » (code CCAM : BGLB001) croisé avec les données de la pharmacie hospitalière sur les préparations de seringues d’Avastin®. Le tout a été comparé à un registre d’injections tenu dans le service.

Les injections se sont déroulées dans une salle d’injection répondant aux normes des recommandations sur les bonnes pratiques [4]. Le patient était semi-assis sur un fauteuil adapté. Les injections étaient pratiquées par des internes formés aux injections intravitréennes. Le protocole d’injection initial comprenait pour le praticien : un masque chirurgical, une charlotte, des gants stériles après lavage chirurgical des mains avec une solution hydro-alcoolique et une casaque stérile. La table d’intervention comprenait : un champ de table stérile, des compresses stériles, un champ opératoire stérile, un blépharostat stérile et un marqueur scléral. L’infirmière portait un masque et une charlotte, elle utilisait une solution hydro-alcoolique entre chaque patient. Une première goutte d’anesthésique local (tétracaïne 1 %) était instillée dans l’œil traité. L’asepsie était pratiquée par l’infirmière avec l’utilisation de povidone iodée (Bétadine® scrub) en périoculaire, sur les paupières et les cils, puis la zone était rincée à l’eau stérile et séchée par tamponnement. La même zone était ensuite badigeonnée avec de la povidone iodée 10 % (Bétadine® dermique) et la conjonctive recevait un rinçage de povidone iodée ophtalmique à 5 % (Bétadine® ophtalmique). Après 2minutes de contact, un gel anesthésique de lidocaïne 2 % était alors appliqué. Le produit à injecter était préparé stérilement. Le champ stérile était mis en place ainsi que le blépharostat en veillant à sa bonne position sous les paupières afin d’éviter tout contact de l’aiguille avec les cils. L’injection était pratiquée à 3,5mm du limbe si le patient était pseudophaque et à 4mm du limbe s’il était phaque. L’aiguille était retirée lentement pour éviter le reflux. Une seringue de 30G 1/2 était utilisée pour les injections d’anti-VEGF, alors qu’une aiguille de 25G 3/4 était utilisée pour les corticoïdes. La surface oculaire était ensuite rincée avec du sérum physiologique puis un antibiotique à large spectre était instillé immédiatement (le même que celui prescrit par la suite). L’acuité visuelle était rapidement évaluée par la perception de la main bougeant devant le visage et le patient était informé de la nécessité de consulter très rapidement en cas de signes d’infection à type de rougeur, douleur importante ou baisse d’acuité visuelle. L’antibiotique prescrit initialement était la tobramycine (Tobrex®) 4 fois par jour pendant 7jours puis il a été remplacé pour des questions d’observance par de l’azithromycine (Azyter®) 2 fois par jour pendant 3jours (excepté en cas d’allergie ou d’inconfort). À partir de juin 2011 le protocole a été légèrement modifié selon les nouvelles recommandations de l’Afssaps [4] avec l’abandon de la casaque stérile et du gel de lidocaïne à 2 %. La povidone iodée à 10 % a été remplacée par la povidone iodée ophtalmique à 5 %. Le patient portait également une charlotte. À partir d’avril 2012 le blépharostat ainsi que le marqueur scléral ont été remplacés par un dispositif d’aide à l’injection intravitréenne (Invitria®, laboratoire FCI, Paris, France). Enfin en juillet 2012, la goutte d’antibiotique en postopératoire immédiat a été remplacée par une goutte d’antiseptique (picloxydine 0,05 %, Vitabact®) et l’antibioprophylaxie prescrite après l’IVT a été supprimée. Si les patients présentaient des signes patents d’irritation cutanée après application de povidone iodée évoquant une allergie, l’hypochlorite de sodium (Amukine®) était alors utilisé. Aujourd’hui un bilan allergologique attestant d’une réelle allergie au produit est pratiqué chez ces patients.

Les seringues de bévacizumab étaient préparées selon des règles d’hygiène stricte par la pharmacie hospitalière, sous isolateur, à partir d’un flacon de 100mg (25mg/mL) pour chaque série [7]. Chaque seringue contenait 0,1mL et était acheminée à l’abri de la lumière et de la chaleur pour une conservation inférieure à 24heures.

Tous les cas de patients présentant des signes d’infection dans les jours suivant la procédure ont été revus rapidement à leur demande. Tous les cas d’endophtalmie suspectée ont été recensés. Ils ont tous bénéficié de prélèvements vitréens dans l’heure suivant le diagnostic. Les milieux de prélèvements étaient les suivants : une lame pour examen direct, deux géloses sang, une gélose chocolat, une gélose Sabouraud, un milieu de type BHI (brain heart infusion ) et un eppendorf stérile pour la PCR. Les échantillons vitréens étaient envoyés en bactériologie et en parasitologie en urgence. Tous les patients infectés ont reçu des injections d’antibiotiques intravitréens (vancomycine 1mg et ceftazidime 2mg), des antibiotiques généraux (ciprofloxacine, imipenème) et des collyres fortifiés (vancomycine 50mg/mL, ceftazidime 50mg/mL). Si besoin une seconde injection intravitréenne d’antibiotiques associée à des corticoïdes (bétaméthasone 400 μg) ou une vitrectomie thérapeutique était pratiquée.

La population d’étude est donnée sous forme de médiane [écart interquartile] pour les variables continues. Les variables ne présentaient pas de répartition normale (test de Kolmogorov-Smirnov). Nous avons utilisé des tests non paramétriques. Deux périodes ont été considérées en fonction de la prophylaxie utilisée (antibioprophylaxie avant juillet 2012, antiseptique après juillet 2012). L’incidence des endophtalmies au cours de ces deux périodes a été calculée et comparée avec le test exact de Fischer. Le logiciel Stata v12.0 (StataCorp, College Station, Texas États-Unis) a été utilisé pour les analyses. Le risque de première espèce a été fixé à 0,05.

Résultats

Le nombre total d’injections intravitréennes pratiquées du 2 janvier 2007 au 30 octobre 2012 était de 11 450. Du 2 janvier 2007 au 29 juin 2012, 10 144 injections intravitréennes ont été pratiquées alors que les patients recevaient une antibiothérapie prophylactique. Dans cette cohorte de patients, 3 cas d’endophtalmies ont été recensés (1 en 2007 et 2 en 2011) avec une incidence de 0,030 %. Sur les 3 prélèvements, seuls les 2 derniers étaient positifs à Staphylococcus epidermidis et staphylocoque Dnase négative. Du 3 juillet 2012 au 30 octobre 2012, 1306 injections intravitréennes ont été pratiquées alors que les patients ne recevaient pas d’antibiothérapie prophylactique. Dans cette cohorte de patients, 3 cas d’endophtalmie ont été recensés avec une incidence de 0,230 %. Sur les 3 prélèvements effectués, les 3 ont retrouvé un staphylocoque Dnase négative. La différence de taux d’endophtalmies entre le groupe recevant une antibioprophylaxie et celui n’en recevant pas s’est avérée statistiquement significative (p =0,024). L’incidence des endophtalmies dans cette série s’élève au total à 0,052 %. Pour les endophtalmies avec prélèvements positifs, les chiffres varient légèrement avec une incidence totale de 0,044 % et une incidence dans le groupe avec antibiotiques de 0,020 % (Tableau 1). La différence reste significative (p =0,013).

Une seule endophtalmie a eu lieu après injection de bévacizumab et aucune après injection de corticoïdes (Tableau 2). Nous avons dénombré 6 cas de pseudo-endophtalmies ou de précipitations du produit après injection de corticoïdes qui se sont résolus sans prélèvements ni antibiothérapie. Une patiente a présenté une endophtalmie après utilisation d’hypochlorite de sodium (Amukine®) à la place de la povidone iodée.

L’âge médian de l’ensemble de la série était de 79,3 [68,2–86,4] ans. La médiane du nombre d’injections était de 3 [1, 2, 3, 4, 5, 6, 7]. L’âge médian des patients atteints d’endophtalmie était de 80,5 [65,5–83,5] ans. Le délai de consultation médian entre l’injection et la première consultation pour endophtalmie était de 3,5 [2–5,25] jours. La médiane du nombre d’injections avant l’endophtalmie était de 4,5 [3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11]. L’acuité visuelle initiale variait de perception lumineuse positive à 4/10 et s’est améliorée dans 5 cas sur 6. Tous les patients ont reçu une deuxième injection intravitréenne d’antibiotiques associés à des corticoïdes. Un patient a eu une troisième injection d’antibiotiques intravitréens. Une vitrectomie a été pratiquée sur un seul patient (Tableau 2).

Discussion

L’endophtalmie, bien qu’exceptionnelle, reste la complication la plus redoutée après une IVT. Cette crainte est d’autant plus justifiée que les conséquences sur la vision semblent plus importantes que pour des cas relevant de chirurgie de cataracte [2]. Les chiffres des grandes études comparatives sur l’utilisation d’IVT d’anti-VEGF dans le traitement de la DMLA sont parlants (VISION Study [8] [0,16 %, 12 cas pour 7545 injections], MARINA Study [9] [0,05 %, 5 cas pour 10 443 injections], ANCHOR Study [10] [0,05 %, 3 cas pour 5921 injections]). Dans une méta analyse, McCannel retrouve une incidence d’endophtalmies post-IVT de 0,049 % qui reste donc faible [1]. Ces chiffres varient en fonction des pratiques d’asepsie et d’injections. Néanmoins les variantes que sont les sites d’injections, l’utilisation d’écarteurs, la désinfection des paupières ou encore le déplacement de la conjonctive ne semblent pas intervenir [11].

Le taux d’endophtalmie total de 0,052 % rencontré dans notre série est en cohérence avec la littérature. La différence entre les 2 groupes est statistiquement significative. Mais les chiffres rapportés séparément sont toujours en accord avec les différentes études récentes et de mêmes effectifs [1, 12, 13, 14]. Nous sommes en effet confrontés à un effet « petites études » qui met en exergue un grand nombre de complications sur de petites populations [1].

À l’heure actuelle seulement 3 études ont cherché à démontrer un taux d’incidence similaire ou inférieur entre l’utilisation ou non d’antibiotiques : Bhavsar et al. [15] en 2009 au sein de l’étude DRCR.net avec une mise à jour en 2012 [16] (seule étude prospective, 8027 injections, pas de différence significative), Bhatt et al. [17] en 2011 (4767 injections, pas de différence significative) et Cheung et al. [6] en 2012 (15 895 injections, différence non significative) (Tableau 3).

Ces résultats doivent être interprétés avec prudence car la puissance de ces études est limitée. Ils permettent tout de même de se poser la question de l’intérêt réel de l’antibioprophylaxie post-IVT. En effet les recommandations européennes et internationales préconisent l’utilisation d’antibiotiques immédiatement après l’injection et les jours suivants [3, 4, 5]. Cela est uniquement justifié par l’observation d’études rétrospectives et suivant les protocoles utilisés lors des études pivots ou encore après avis d’experts, mais aucune étude prospective avec un niveau de preuve suffisant n’est à l’heure actuelle disponible.

Cheung et al. dans leur étude sur près de 16 000 injections n’ont pas réussi à montrer de différence significative entre le groupe avec et sans antibiotique même si l’incidence semble plus faible dans le groupe sans traitement. Ils stipulent également que pour retrouver une différence de 0,05 % entre les groupes avec un risque de première espèce de 5 % et une puissance de 80 %, le nombre d’injections dans chaque bras devrait être de 25 814 [6]. Dans un éditorial paru récemment, Schachat et al. [18] jugent qu’il faudrait plus de 67 500 injections dans chaque bras pour prouver une différence de l’ordre de 0,02 % à 0,05 %. Shah et al. en 2011 évoquaient également plus de 100 000 injections [11].

Selon nos estimations, si l’on cherche à réaliser un essai de non-infériorité antiseptique contre antibiotique, en se basant sur une incidence moyenne de 0,049 % avec une marge de non-infériorité acceptable de 4 à 4,5 événements supplémentaires pour 10 000 injections (considérées comme indépendantes), un risque alpha (unilatéral) à 0,025 et une puissance de 80 %, il est nécessaire d’inclure 52 883 injections par groupe pour 4 événements supplémentaires et 42 651 injections pour 4,5 événements supplémentaires. Si l’on tient compte d’une corrélation de 10 % entre chaque injection faite chez un même patient (5 injections prévues en moyenne par patient), pour une marge d’acceptation de 4,5 événements supplémentaires, il est nécessaire d’inclure 11 943 sujets par groupe. Si l’on augmente la corrélation à 20 %, il est nécessaire d’inclure plus de 15 000 sujets par groupe.

Si une telle étude devait être menée à bien, il serait alors nécessaire de définir un protocole standard d’injections basé sur les différentes données de la littérature récente.

Si l’on supprime l’antibioprophylaxie, faut-il la remplacer ? Ce qui est à l’heure actuelle assez discuté notamment au Japon est l’utilisation de povidone diluée à différents pourcentages. Il semblerait que l’effet de la dilution permettrait un effet bactéricide plus rapide [19, 20, 21, 22] tout en préservant les différentes structures oculaires et notamment la cornée [21, 23]. La dilution la plus utilisée est 0,25 % (soit 0,1mL de povidone 5 % dans une seringue de 2mL). Certains auteurs émettent toutefois quelques réserves sur ces pratiques [24].

L’antibioprophylaxie préopératoire ne semble pas apporter de réel bénéfice par rapport à la povidone iodée utilisée seule et montrerait un délai d’action plus long et un taux de germes conjonctivaux identique [25, 26]. La pénétration intravitréenne est par ailleurs bien en dessous des concentrations minimales inhibitrices (CMI) nécessaire à un effet thérapeutique [27]. C’est pourquoi cette pratique est aujourd’hui remise en cause.

En revanche l’effet d’une antibiothérapie au long cours sur la sélection de germes résistants est lui très bien démontré [28, 29, 30, 31, 32, 33, 34]. Les différentes études à ce sujet montrent que de la même manière que l’usage par voie systémique, l’usage des antibiotiques par voie locale n’est pas sans conséquences. Il pourrait sélectionner des souches résistantes qui vont éventuellement coloniser le nasopharynx [35, 36, 37]. Ceci est d’autant plus vrai aux États-Unis où des taux importants de résistances aux fluoroquinolones ou à l’azithromycine au sein de la flore conjonctivale ont été rapportés. Les conséquences immédiates sont très peu visibles, cependant toute une génération de patients présente de ce fait une conjonctive abritant une majorité de germes multirésistants. Les germes retrouvés en cas d’endophtalmie (que ce soit post-IVT ou post-chirurgie) n’en seront alors que beaucoup plus virulents. Néanmoins, ces résultats sont à nuancer, les résistances in vitro et in vivo n’étant pas toujours équivalentes. Ainsi de nombreux éléments sont à prendre en compte comme la pharmacocinétique, la pharmacodynamie ou les concentrations. L’utilisation d’un antibiotique local après une IVT et l’arrêt de cette antibiothérapie pour les injections suivantes soulèvent une question à laquelle notre étude ne permet pas de répondre. Les patients étant dans cette configuration et les patients qui débutent leur série d’injections sans aucun antibiotique après leurs IVT ont-ils un risque égal de développer une endophtalmie après ces IVT ? Dans notre série, ce point n’est pas apparu comme un facteur de risque, mais le nombre limité d’événements endophtalmie limite la portée de cette observation.

Les germes retrouvés dans notre étude sont essentiellement des staphylocoques. Nous n’avons pas retrouvé de germes virulents de type streptocoques venant d’une possible transmission aéroportée et que l’on retrouve généralement dans les études. Afin de limiter cette dissémination il est nécessaire de porter un masque et d’éviter de parler aussi bien pour le patient que pour le praticien [38, 39]. Le champ opératoire est également indispensable. L’utilisation d’un bloc opératoire demeure difficile au vu du nombre d’actes à pratiquer mais semble diminuer le taux d’endophtalmie [40]. Le gel de lidocaïne 2 % s’il est utilisé après l’asepsie ne semble pas augmenter le taux d’infection [41].

Si la tendance actuelle est à la suppression de l’antibioprophylaxie, une récente étude britannique vient la nuancer en justifiant son utilisation tout en montrant des liens significatifs sur le traitement préventif des blépharites [42].

Il se pose également une question de santé publique avec un coût réel lié à un traitement possiblement inefficace mais prescrit au long cours. En France, le coût des antibiotiques n’est pas différent de celui des antiseptiques, mais cela n’est pas le cas dans d’autres pays comme les États-Unis.

S’il ressort qu’une antibioprophylaxie doit être appliquée, dans l’arsenal thérapeutique, un aminoside à la posologie classique ou l’azithromycine 1,5 % (1 goutte deux fois par jour, 3jours) sont bien adaptés à cet usage bien que pourvoyeurs de résistances. L’observance jouant un rôle important dans l’efficacité thérapeutique, le faible nombre d’instillations est à prendre en compte [43, 44].

L’alternative des antiseptiques locaux est intéressante mais ne peut être développée sur un sujet qui traite spécifiquement de l’antibioprophylaxie.

Nous devons reconnaître plusieurs points faibles dans notre étude. Le fait d’avoir commencé à utiliser un dispositif d’aide à l’injection intravitréenne presque en même temps que l’arrêt de l’antibioprophylaxie représente un biais non négligeable. En effet le taux d’endophtalmies peut alors être imputé à ce dispositif, même si son utilisation semble convenir aussi bien aux praticiens qu’aux patients, avec un bénéfice en termes de rapidité, de coût et de confort [45]. Par ailleurs, la protection du site d’injection par rapport aux cils reste parfaite et alors que ce dispositif est disponible depuis début 2012, à notre connaissance, aucun centre utilisateur ne s’est manifesté quant à son possible lien avec des séries d’endophtalmies. La méthode d’inclusion peut également être critiquée car l’utilisation du code CCAM pour retrouver les patients a créé un certain nombre de biais. En effet les actes non cotés sont des données qu’il n’est pas possible de contrôler. Néanmoins les chiffres ne sont que très peu modifiés statistiquement devant un relativement grand nombre de patients inclus dans cette étude. Enfin, le faible nombre d’événements endophtalmie ne permet pas d’utiliser des méthodes statistiques plus sophistiquées telles que des modèles linéaires ou des équations générales estimées. La nature rétrospective de ce travail à la puissance statistique diminuée doit rendre très prudent dans les conclusions pratiques que l’on peut en tirer.

Conclusion

L’antibioprophylaxie encadrant les injections intravitréennes est un sujet d’actualité motivé par la recherche d’un taux d’endophtalmie minimal et des problèmes de santé publique. La tendance semble aller vers la suppression des antibiotiques après les injections. Notre étude par son caractère rétrospectif et son manque de puissance ne permet encore pas de répondre à cette question. Il semble nécessaire d’effectuer un travail à plus grand échelle, multicentrique prospectif, d’un niveau de preuve suffisant afin de pouvoir réellement trancher sur la nécessité ou non d’une instillation répétée de collyres antibiotiques lors de la réalisation des injections intravitréennes.

Déclaration d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflit d’intérêt en relation avec cet article.

Références

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