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Scorbut révélé par une vascularite leucocytoclasique - 24/11/14

Doi : 10.1016/j.annder.2014.09.523 
E. Tella 1, , K. Opletalova 1, L. Deschamps 2, O. Lidove 3, V. Descamps 1
1 Dermatologie, Bichat, Paris, France 
2 Anatomopathologie, Bichat, Paris, France 
3 Médecine interne, Croix Saint-Simon, Paris, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Introduction

Le scorbut, maladie correspondant aux expressions de la carence en vitamine C, est connu depuis des décennies. Il est rare dans les pays industrialisés, on observe néanmoins une réapparition de cas en France actuellement.

Nous rapportons deux observations de scorbut, classiques par leur présentation clinique avec signes hémorragiques, mais atypiques sur certains points et notamment par l’image histologique des lésions cutanées montrant une vascularite leucocytoclasique.

Observations

Le premier cas était une femme de 21ans aux antécédents d’anorexie mentale, hospitalisée pour un tableau de vascularite (altération de l’état général, purpura infiltré polymorphe pétéchial et en nappes des membres inférieurs, poly-arthralgies, myalgies). Elle avait également des signes hémorragiques (gingivorragies, métrorragies). Le bilan infectieux (hémocultures, ECBU, radiographie de thorax, échographie abdominale et cardiaque) ainsi que le bilan auto-immun étaient négatifs. Différentes sérologies virales étaient positives, en faveur de réactivations virales multiples non spécifiques dans ce contexte d’atteinte systémique.

Le deuxième patient était un homme de 69ans sans antécédent particulier, hospitalisé pour prise en charge d’une altération de l’état général. L’examen clinique notait un purpura cutanéo-muqueux : purpura ecchymotique, infiltré par endroits, des quatre membres et du tronc ; taches purpuriques buccales, épiglottiques et duodénales avec ulcérations. Le patient décrivait également des gingivorragies avec pertes dentaires. Le bilan radiologique objectivait un nodule pulmonaire dont l’exploration est en cours.

Chez les deux patients, le dosage de la vitamine C était effondré. Les biopsies cutanées de leur purpura montraient le même aspect histologique : vascularite leucocytoclasique des capillaires dermiques, avec immunofluorescence cutanée directe négative.

Une supplémentation en vitamine C par voie orale permettait une régression rapide des lésions cutanées chez les deux patients, confirmant ainsi cliniquement le diagnostic de scorbut.

Discussion

La reconnaissance des signes cutanés du scorbut est importante, car l’analyse de la littérature retrouve une réapparition des cas de scorbut en France, notamment du fait des difficultés socio-économiques actuelles. Les tableaux cliniques peuvent être trompeurs. Il ne s’agit pas toujours de la forme classique hémorragique, mais la maladie peut se présenter sous un tableau clinique de vascularite, comme cela a été rapporté dans la littérature. Dans nos deux cas, même l’image histologique correspondait à une vascularite leucocytoclasique, ce qui par contre n’a jamais été décrit dans la littérature à notre connaissance.

Conclusion

Le traitement du scorbut est simple et peu coûteux : il repose sur la supplémentation en vitamine C, constituant un test thérapeutique.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Purpura, Scorbut, Vascularite leucocytoclasique, Vitamine C


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Vol 141 - N° 12S

P. S462-S463 - décembre 2014 Retour au numéro
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