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Gastroentérologie Clinique et Biologique
Vol 22, N° 1  - février 1998
p. 6
Doi : GCB-02-1998-22-1-0399-8320-101019-ART85
Le cancer superficiel de l'estomac dans le département du Calvadosde 1978 à 1990
 

Articles originaux

Le cancer superficiel de l'estomac dans le département du Calvadosde 1978 à 1990

Epidémiologie et facteurs pronostiques

Dominique ARSÈNE (1, 2), Marc GIGNOUX (1), Didier POTTIER (1),Annie ROUGEREAU (1), Christian EVEN (2), Thong DAO (2),
Jean-Claude VERWAERDE (2), Pierre ROUSSELOT (3)

(1) Registre des Tumeurs Digestives du Calvados (Registre associéINSERM-DGS, CJF 9603) ; (2) Département d'Hépato-Gastroentérologie,(3) Service d'Anatomie Pathologique, CHU Côte-de-Nacre, Caen.

RÉSUMÉ

Objectifs. -- Le taux de survie globale à 5 ans du cancergastrique est inférieur à 20 % dans les registres destumeurs. Le pronostic du cancer gastrique superficiel est meilleur maisce cancer est rarement découvert à ce stade en France. Lebut de notre étude était d'évaluer le pronostic etles variations d'incidence du cancer gastrique superficiel dans le départementdu Calvados sur une période de 13 ans.

Méthodes. -- Entre 1978 et 1990, 1 160 cas de cancergastrique ont été enregistrés par le Registre des TumeursDigestives du Calvados. Le diagnostic de cancer superficiel étaitretenu après exérèse selon les critères de laSociété Japonaise de Gastroentérologie. Aprèsune enquête de survie les facteurs pronostiques ont étéétudiés en analyse monofactorielle et multifactorielle.

Résultats. -- Cent malades avaient un cancer gastrique superficiel(8,6 %). Cette proportion ne variait pas entre 2 périodes1978-1984 (7,9 %) et 1985-1990 (9,6 %). L'âge moyen desmalades était de 64,2 ans ± 1,5 chez l'hommeet de 64,8 ± 2,2 chez la femme, plus jeune de 4 et 8 ansrespectivement que pour les cancers gastriques avancés ; 39 %des malades avaient 70 ans ou plus. Une condition précancéreuseétait présente dans 56 % des cas sur la piècede résection. Une gastrectomie totale a été réaliséedans 23 % des cas et une gastrectomie subtotale dans 72 % descas. La mortalité postopératoire à J 60 étaitde 5 % et le taux de survie relative à 5 ans étaitde 86,8 % ± 4,6. L'analyse multifactorielle trouvaitun pronostic meilleur chez les malades de moins de 75 ans ou ayantun type macroscopique plan ou ulcéré par rapport aux maladesde plus de 75 ans ou ayant un type macroscopique de type polypoïde.L'envahissement ganglionnaire, l'extension en profondeur dans la sous-muqueuse,le type de gastrectomie n'influençaient pas de façon significativela survie.

Conclusion. -- Dans le département du Calvados, la proportionde cancers gastriques superficiels est faible et n'a pas varié significativemententre 1978 et 1990. Un âge supérieur à 75 ans etun aspect macroscopique polypoïde sont des facteurs de moins bon pronostic.

    Mots-clés : Cancer gastrique-- Epidémiologie -- Pronostic.

SUMMARY

Epidemiology and prognosis of early gastric cancer in the area ofCalvados (France) : 1978-1990.

Aims of the study. -- The 5-year survival rate of gastric cancer isless than 20 % in cancer registries. The prognosis of early gastriccancer is much better but this diagnosis is rare in Europe. The aim of thestudy was to evaluate the prognosis and trends in the incidence of earlygastric cancer in the area of Calvados (France) during a 13-year period.

Methods. -- Between 1978 and 1990 the Digestive Cancer Registry ofCalvados recorded 1 160 new cases of gastric cancer. The diagnosisof early gastric cancer was defined according to the Japanese GastroenterologicalSociety criteria. Prognostic factors were determined with univariate andmultivariate analysis.

Results. -- One hundred patients had early gastric cancer (8.6 %).This rate did not change significantly during the period. The mean age was64.2 ± 1.5 in males and 64.8 ± 2.2 infemales and 39 % of patients were older than 70. A precancerous conditionwas present in 56 % of cases on the surgical specimen. A total gastrectomywas performed in 23 % of cases and a subtotal gastrectomy in 72 %of cases. The postoperative mortality was 5 % and the 5-year relativesurvival was 86.8 % ± 4.6. Univariate and multivariateanalysis found a better prognosis in patients younger than 75 or inpatients with a superficial or excavated gross appearance compared withthose older than 75 or with a protruded type. Lymph node metastasis,depth of invasion, size of the tumor and histologic differentiation didnot influence significantly the outcome.

Conclusion. -- According to the data of the Cancer Registry of Calvadosthe proportion of Early Gastric Cancer was low and did not change between1978 and 1990. The prognosis of EGC is good, mainly altered in elderly andin cases with a protruded type.

    Key words: Early gastric cancer -- Epidemiology-- Prognosis.

    Le pronostic du cancer gastrique (CG) reste trèssombre puisque le taux de survie à 5 ans est inférieurà 20 % dans la plupart des pays occidentaux (1, 2). Cependantlorsque le cancer n'atteint pas la musculeuse, les taux de survie à5 ans après résection chirurgicale sont en généralsupérieurs à 90 % (3-8). Il y a peu d'études depopulation sur le pronostic du cancer gastrique superficiel (CGS) (9-12).Les plus nombreuses proviennent d'équipes chirurgicales spécialisées(2, 13-17) ou travaillant dans des services hospitaliers dont le recrutementpeut être sélectionné. Beaucoup d'études épidémiologiquesconcernant le CGS ont été réalisées au Japonoù le taux d'incidence du cancer gastrique est bien plus élevéque dans les pays occidentaux. Les plus grandes études ont inclusplus de 1 000 malades et ont été conduites par desCentres Hospitaliers anti-cancéreux ou des Hôpitaux Universitaires,le plus souvent après des programmes de dépistage de masse(13-15). Il n'est pas certain que ces résultats soient une référencepour une population non sélectionnée. Au Japon, la proportionde CGS est passée de 5 % en 1960 à plus de 30 %en 1980 (18, 19) grâce à ces programmes de dépistage.Aux Etats-Unis et en Europe, la proportion de CGS habituellement rapportéedans les registres de population est inférieure à 10 %(1, 9, 10) et une élévation de cette proportion n'a jamaisété décrite ces dernières années. Lesobjectifs de cette étude rétrospective étaient :a) de calculer l'incidence du CGS dans la population du Calvados et d'éventuellesvariations sur une période de 13 ans ; b) de préciserles facteurs pronostiques du CGS dans cette même population.

MATÉRIEL ET MÉTHODES

MALADES

    Du 1er janvier 1978 au 31 décembre1990, 1 160 cas de cancers gastriques ont été recenséspar le Registre des Tumeurs Digestives du Calvados. La population du Calvadosétait de 589 559 habitants d'après le recensementde 1982. Les renseignements anatomo-pathologiques ont étéobtenus pour 94 % des cancers gastriques et 100 % des CGS. L'incidencedu cancer gastrique standardisée sur la population mondiale étaitde 14,3/100 000 habitants chez l'homme et 5,9/100 000 habitantschez la femme avec une moyenne d'âge respectivement de 68,2 ± 0,4et 72,7 ± 6 ans. Les malades atteints de lymphome,sarcome ou tumeur carcinoïde de l'estomac ont été exclusde l'étude. Le diagnostic de CGS a été portéaprès examen anatomo-pathologique de la pièce de résectionchirurgicale (n = 99) ou endoscopique (n = 1). Le CGSétait défini selon les critères de la SociétéJaponaise de Gastroentérologie comme une tumeur maligne limitéeà la muqueuse ou à la sous-muqueuse qu'il y ait ou non desmétastases ganglionnaires (20).

    Macroscopiquement, les CGS étaient classésen 3 types : I, II, III (formes polypoïdes superficiellesou ulcérées) selon la classification de la SociétéJaponaise d'Endoscopie (21). Le degré de différenciation histologiqueétait déterminé selon la classification de l'OMS (22).La classification de Lauren (23) était utilisée pour préciserle type intestinal ou diffus de la prolifération tumorale. La taillede la tumeur a été mesurée par l'anatomo-pathologistesur la pièce de résection en considérant le plus granddiamètre de la lésion. En cas d'atteinte multifocale, seulela taille de la plus grande lésion était prise en considération.La présence de conditions précancéreuses étaitégalement notée par l'anatomo-pathologiste sur la piècede résection. Le diagnostic de maladie ulcéreuse gastriqueétait retenu si la preuve en était faite dans le dossier cliniquedu malade ou si l'anatomo-pathologiste trouvait, en plus de la tumeur, unou plusieurs ulcères chroniques bénins ou cicatrices d'ulcèresur la pièce de résection gastrique. Le type d'interventionchirurgicale était connu dans 98 % des cas et le nombre desganglions examinés dans 92 % des cas, mais la dénominationdes différents groupes ganglionnaires disséqués étaittrop imprécise dans les comptes-rendus opératoires pour pouvoirutiliser la classification de l'UICC.

ETUDE DE LA SURVIE ET MÉTHODES STATISTIQUES

    Les renseignements sur la survie ont étéobtenus à partir de données administratives et du dossierclinique des malades. La date de point a été fixéeau 1er septembre 1996, date à laquelle une enquêtede survie a permis de rechercher la cause du décès. Un seulmalade a été perdu de vue. Un malade décédéen unité de soins intensifs 59 jours après la résectionchirurgicale, a été inclus dans le groupe des décèspostopératoires dont la limite a donc été fixéeà J60 après la résection chirurgicale. Les courbesde survie observée ont été estimées par la méthodede Kaplan-Meier à partir de la date du diagnostic en incluant lamortalité postopératoire. L'étude de la survie relativea été estimée par la méthode d'Ederer (24),la population de référence provenant des tables de l'INSEEsur la période 1980-1982. Les standardisations ont étéfaites sur la population mondiale de référence. Les pourcentagesde CGS par rapport aux cancers gastriques ont été comparéspour les 2 périodes successives : période I (1978-1984)et période II (1985-1990). L'évolution de cette proportionpar année sur la période globale a été testéepar régression linéaire. Les analyses monofactorielles etmultifactorielles ont été calculées à l'aidedu logiciel BMDP, en excluant la mortalité opératoire. Pourl'analyse monofactorielle, les courbes de survie ont été comparéesà l'aide du test du log rank. L'analyse multifactorielle a étéréalisée selon le modèle de Cox. Les moyennes ont étéexprimées avec leur erreur standard ; la comparaison des moyennesde variables entre deux groupes a été testée par letest t de Student. Une valeur de P inférieure à 0,05 étaitconsidérée comme significative. Lorsque les effectifs étaientfaibles dans les comparaisons de pourcentages, le test exact de Fisher aété utilisé à la place du test chi2de Pearson.

RÉSULTATS

Epidémiologie

    Cent malades, 70 hommes et 30 femmes,avaient un CGS. L'âge moyen des malades ayant un CGS étaitde 64,2 ans ± 1,5 pour les hommes (extrêmes :25-87) et de 64,8 ± 2,2 pour les femmes (extrêmes :34-88), plus jeune respectivement de 4 ans (P < 0,01)et de 8 ans (P < 0,001) que chez les malades ayant uncancer gastrique avancé. Cependant 39 % des malades ayant unCGS avaient 70 ans ou plus. L'incidence standardisée du CGSétait 1,5 ± 0,2 pour 100 000 habitantschez l'homme et 0,5 ± 0,1 chez la femme (sex ratio = 3).Le nombre de malades ayant un CGS et un cancer gastrique était respectivement51 et 650 pour la période I (7,9 %), 49 et 510 pendantla période II (9,6 %) (fig. 1). Toutefois, le test de régressionlinéaire de la proportion de CGS par année montrait que cetteaugmentation n'était pas significative (P = 0,30). Surl'ensemble de la période la proportion de CGS était de 8,6 %.(Voir Figure)

Données anatomo-cliniques

    Le tableau 1 compare les donnéesde 48 malades ayant un CGS limité à la muqueuse (groupe1) et 52 malades dont le CGS atteignait la sous-muqueuse (groupe 2).Ces deux groupes n'étaient pas différents significativementpour l'âge, le sexe, la taille et le siège de la tumeur, letype histologique selon la classification de Lauren et l'atteinte ganglionnaire.Dans le groupe 1, il y avait plus de carcinomes à cellules « enbague à chaton » et moins de carcinomes bien différenciésque dans le groupe 2 (P < 0,05). Le type macroscopique de lalésion était plus souvent polypoïde dans le groupe 2 quedans le groupe 1 (P < 0,01). Trois malades avaient 2 localisationscancéreuses dans des localisations gastriques distinctes. L'envahissementganglionnaire était présent dans 13 cas, absent dans86 cas et inconnu dans 1 cas (polypectomie endoscopique). Le nombremoyen de ganglions examinés était de 12,2 ± 1,1au cours de la période I et 13,1 ± 1,4 au coursde la période II (NS). Il n'y avait pas de corrélation entrele nombre de ganglions examinés et le nombre de ganglions envahis.Parmi les 13 malades ayant un envahissement ganglionnaire, 5 avaientune extension en profondeur limitée à la muqueuse et 8 àla sous-muqueuse (NS) Les données anatomo-cliniques ont étécomparés chez les malades selon la présence ou non d'adénopathiesmétastatiques : l'âge, l'extension en profondeur, l'aspectmacroscopique, le siège et la taille de la tumeur, le type histologiqueselon la classification de Lauren et le degré de différenciationn'étaient pas significativement différents entre ces deuxgroupes. Le nombre de ganglions examinés était respectivement14,8 ± 2,5 et 12,3 ± 0,9 (P = 0,32).(Voir Figure)

    Au moins une condition précancéreuseétait présente chez 56 malades : une gastrectomiepartielle, 7 polypes gastriques, 22 maladies ulcéreusesgastriques, 35 gastrites chroniques atrophiques avec métaplasieintestinale associée. Une gastrite chronique sans atrophie de lamuqueuse mais avec métaplasie intestinale était présentedans 31 cas.

Traitement et survie

    Le geste chirurgical était connu dans98 cas : 23 gastrectomies totales, 72 gastrectomiessubtotales, 2 résections chirurgicales limitées chezdes malades en mauvais état général et une 1 résectionendoscopique. 44,3 % des malades ont été opérésdans l'Hôpital Universitaire, 28,9 % dans des HôpitauxGénéraux et 26,8 % dans des Centres Hospitaliers privés :l'âge des malades n'était pas différent selon le lieude traitement. Il y avait 5 décès postopératoires :2 après gastrectomie totale et 3 après gastrectomiesubtotale. Dans le groupe de malades traités par gastrectomie subtotale,le siège de la tumeur était plus souvent l'antre que le cardiaou le corps de l'estomac. L'âge, le sexe, l'envahissement ganglionnaire,la taille de la tumeur, le degré de différenciation, l'aspectmacroscopique ne différaient pas entre les malades traitéspar gastrectomie partielle ou totale.

    A la date de point 38 malades étaientdécédés : 5 de complications postopératoires,14 de récidive ou de métastases directement liées auCGS (2 après gastrectomie totale, 3 après résectionlimitée, 9 après gastrectomie partielle) et 18 de causeintercurrente. La cause du décès restait inconnue dans 1 cas.Quatre malades ont développé tardivement un cancer localisédans un autre organe. Huit malades qui étaient classés T1 NoMo sont décédés entre 2 et 11 ans aprèsl'intervention de récidive néoplasique ou de métastases(tableau 2). (Voir Figure)

    Le taux de survie observé à 5 ansétait de 72,9 ± 4,6 et ne différait pas selonla filière de soin. Si la mortalité postopératoireétait incluse, le taux de survie observé à 2 ansétait de 86,3 ± 4,0 après gastrectomiesubtotale et 91,3 ± 5,9 après gastrectomietotale et à 5 ans respectivement de 67,5 ± 5,0et 60,0 ± 10,4 (p = 0,14). Le taux de survierelative à 5 ans était de 86,8 ± 4,6.L'analyse monofactorielle des différents paramètres a montréun pronostic meilleur chez les malades de moins de 75 ans ou chez lesmalades ayant un type macroscopique ulcéré ou superficielpar rapport aux malades âgés de plus de 75 ans ou ayantun type macroscopique polypoïde (tableau 3). Le sexe, le siègeet la taille de la tumeur, l'envahissement ganglionnaire et le type de gastrectomien'influençaient pas de façon significative le pronostic (tableau 3)et l'extension en profondeur n'était pas retenue non plus comme facteurpronostique (fig. 2). Les CGS de type carcinome à cellules « enbague à chaton » paraissaient avoir un meilleur pronosticque les CGS peu différenciés mais la différence n'étaitpas significative. Un âge supérieur à 75 ans ouun aspect macroscopique polypoïde étaient retenus par l'analysemultifactorielle comme des facteurs indépendants de mauvais pronosticavec un odd ratio et un intervalle de confiance respectivement de 2,4 (1,1-5,5)et 3,1 (1,2-8). (Voir Figure)(VoirFigure)

DISCUSSION

    Cette étude rétrospective rapporteles données d'incidence du CGS dans le département du Calvadosentre 1978 et 1990. Elle apporte des informations sur la survie et les facteurspronostiques sur la base d'un registre de population. On peut penser quele taux d'exhaustivitié de l'enregistrement est particulièrementélevé pour cette localisation tumorale dont le diagnosticrepose sur les données anatomo-pathologiques des biopsies endoscopiqueset des pièces de résection chirurgicales. Tous les anatomo-pathologistesde notre département ont l'habitude de coopérer avec le registredes tumeurs digestives du Calvados depuis 1977 et, dans cette étude,le compte-rendu anatomo-pathologique était disponible dans 100 %des cas. Le suivi des malades était également satisfaisantpuisque la cause du décès ne restait inconnue que dans 2 caset que seul 1 malade était perdu de vue. Les résultatsde cette étude montrent que le diagnostic de cancer gastrique esttoujours tardif puisque moins de 10 % d'entre eux sont découvertsau stade superficiel, comme dans la plupart des pays occidentaux. De plus,la proportion de CGS n'a pas évolué de manière significativeentre 1978 et 1990. Au Japon, la proportion de CGS atteint maintenant 30 %dans les séries hospitalières : l'augmentation de cetteproportion, constatée depuis 1960, s'explique sans doute par lescampagnes de dépistage de masse (5, 13, 25, 26). De telles campagnesde dépistage ne paraissent pas justifiées dans nos pays occidentauxen raison de la moindre incidence du cancer gastrique et de la baisse régulièrede l'incidence observée depuis 50 ans (27). Seuls l'identificationet le dépistage de sujets à haut risque, porteurs de conditionsprécancéreuses, pourraient augmenter la proportion de CGS.La prévalence des conditions précancéreuses associéesétait élevée parmi les malades atteints de CGS. Ils'agit d'une étude de population, et il n'y a pas eu de protocoleprospectif d'examen anatomo-pathologique de la muqueuse adjacente àla tumeur, ce qui peut sans doute diminuer la précision des résultats.Ainsi des pourcentages plus élevés d'atrophie de la muqueusegastrique ont été publiés pour les cancers gastriquesévolués. Des taux plus faibles et semblables aux nôtresont cependant été rapportés dans les CGS (28, 29).De même, certaines études anatomo-pathologiques n'ont pu êtremenées de façon rétrospective notamment la recherchede Helicobacter pylori ou le typage de la métaplasie intestinale.La métaplasie intestinale est pour certains auteurs classéeà elle seule comme une condition précancéreuse, notammentla forme riche en sulfomucines, de type III (31). Dans notre étude,la métaplasie intestinale était présente dans 66 %des cas mais, en l'absence de typage précis par un travail prospectif,nous ne l'avons pas retenue spécifiquement comme une condition précancéreuse.Les antécédents de maladie ulcéreuse gastrique (22 %)ont pu être sous-évalués dans notre étude. Eneffet, nos critères diagnostiques d'antécédent ulcéreuxcertain ne retenaient pas l'hypothèse souvent formulée dansles comptes-rendus anatomo-pathologiques de dégénérescenced'ulcère calleux ancien. A lui seul, ce résultat incite àsurveiller régulièrement les malades de plus de 50 ansayant des antécédents d'ulcère gastrique, surtout lorsqu'ilexiste une gastrite chronique atrophique et une métaplasie intestinaleassociées. Toutefois, la gastrite chronique atrophique est présentechez 40 % des malades âgés de plus de 60 ans et laprévalence de la métaplasie intestinale augmente régulièrementavec l'âge (30). Des études prospectives sont donc nécessairespour confirmer l'intérêt de la surveillance des sujets porteursde telles conditions précancéreuses.

    Nous avons observé une forte proportionde carcinomes à cellules en bague à chaton (30 %). Dansune étude précédente faite dans le Calvados, ce tauxétait de 26 % parmi 829 adénocarcinomes tous stadesconfondus (1). Dans la plupart des séries, cette proportion est del'ordre de 12 % mais plusieurs auteurs ont signalé son augmentationdepuis plusieurs décennies, aussi bien pour des cancers évolués(31) que pour des cancers superficiels au Japon où de larges sériesont rapporté des taux de 25 % (18). Dans notre étude,l'analyse statistique ne retenait pas la présence de cellules enbague à chaton comme un facteur de mauvais pronostic.

    Il y a peu d'études sur le pronostic duCGS dans des populations bien définies. Le taux de survie relativeà 5 ans était de 70,4 % dans le registre des cancersde Birmingham (11), de 66 % dans le registre des Cancers du Finistère(12). Il était de 56,2 % dans le SEER program aux Etats-Unis(10) et de 92 % dans le registre de Côte-d'Or en France (9).Toutefois, la classification japonaise du CGS n'a pas étéutilisée dans ces deux études. Le taux de survie à5 ans est en général supérieur à 95 %dans les grandes séries japonaises dont les malades ont bénéficiéd'un dépistage de masse ou d'un traitement en milieu hospitalierspécialisé (5, 13, 32, 33). Le taux de 86,8 % dans notreétude est un peu plus faible, mais il s'agit d'une étude depopulation et la mortalité opératoire de 5 % a étéincluse dans les résultats.

    L'envahissement ganglionnaire et l'extensionen profondeur n'influençaient pas de manière significativele pronostic, à l'inverse de ce qui a été rapportépar d'autres auteurs (34-38). Le nombre plus faible de malades dans notreétude pourrait expliquer ce manque de signification statistique.Cependant, ce point est toujours controversé dans la littératurepuisque d'autres auteurs ont rapporté une absence de corrélationentre la survie et l'envahissement ganglionnaire (6, 39-42) ou l'extensionà la sous-muqueuse (39, 40). L'absence de métastase ganglionnairen'a pas empêché la survenue de récidives ou de métastasesparfois très tardives chez 8 malades. Ces métastasestardives ont été signalées dans d'autres études(17, 18) et le saut d'un relais ganglionnaire est loin d'être exclusdans les CGS (3, 14). Pour ces raisons certains auteurs conseillent un curageganglionnaire étendu jusqu'au deuxième relais de façonsystématique (14, 17, 32). Pour les 3 cas de CGS multifocaux,la seconde localisation a toujours été méconnue avantl'intervention et fut une découverte anatomo-pathologique. Cela montrel'importance d'un examen endoscopique particulièrement attentif enpréopératoire et lors de la surveillance chez les maladesayant eu une résection partielle.

    Dans la même population du Calvados, lesmalades atteints d'un CGS sont plus jeunes que ceux atteints d'un cancergastrique : l'écart d'âge est de 4 ans chez les hommeset 8 ans chez les femmes. Plusieurs études ont suggéréun délai de 4 à 8 ans pour passer du stade CGS au cancergastrique (4, 43). Ce que nous avons observé dans la population duCalvados est compatible avec cette hypothèse. Les malades de notreétude étaient plus âgés que dans la plupart desséries japonaises où la moyenne d'âge est en généralinférieure à 60 ans (5, 15, 32, 36, 44) et oùla proportion de sujets de plus de 70 ans est inférieure à10 % (13). Dans les pays occidentaux, la moyenne d'âge est généralementsupérieure à 60 ans (4, 6, 11, 35, 39, 41). Les dépistagesde masse du cancer gastrique réalisés au Japon expliquentprobablement l'âge relativement plus jeune au moment du diagnosticde CGS. Cependant, la moyenne d'âge est de 54,8 ans dans unelarge série coréenne (34), dans un pays où l'incidencedu cancer gastrique est élevée mais où le dépistageest moins généralisé qu'au Japon. Il est possible qued'autres facteurs épidémiologiques expliquent cette différenced'âge, notamment une infection à Helicobacter pyloriacquise plus tôt dans l'enfance dans les pays asiatiques que dansles pays occidentaux (30).

    Bien que la différence ne soit pas significative,la survie à 5 ans parait plus faible chez les malades traitéspar gastrectomie totale que chez ceux traités par gastrectomie subtotale.Le nombre de décès postopératoires était comparabledans ces deux groupes et la filière de soins ne semblait pas influencerle pronostic. L'excès de mortalité dans le groupe traitépar gastrectomie totale survient entre 2 ans et 5 ans aprèsla résection chirurgicale ce qui pourrait évoquer des complicationstardives de ce type de chirurgie, peut être en rapport avec la moyenned'âge élevée de nos malades. Les taux de survie étaientmeilleurs chez les malades dont le CGS était de type macroscopiquesuperficiel ou ulcéré que ceux ayant une forme polypoïde.Cela a également été rapporté dans d'autresétudes (8, 39, 40, 44). Toutefois, d'autres auteurs ont rapportéun moins bon pronostic dans les formes ulcérées de type IIIdans lesquelles l'envahissement ganglionnaire serait plus fréquent(36, 45). Dans notre étude, l'envahissement de la sous-muqueuse étaitplus fréquent chez les malades qui avaient un type I polypoïdeque chez ceux qui avaient un type II ou III. l'envahissement ganglionnairen'était corrélé à aucun type macroscopique particulier.Ces résultats suggèrent que les formes surélevéespolypoïdes de CGS doivent être traitées chirurgicalementcomme les autres formes de CGS en incluant un curage ganglionnaire menéselon les mêmes principes que les cancers superficiels de type ulcéré.

    En conclusion, dans le département duCalvados, 8,5 % des cancers gastriques seulement sont superficielset cette proportion n'a pas augmenté entre 1978 et 1990. En cas decancer gastrique superficiel, le pronostic est excellent. Les principauxfacteurs de mauvais pronostic sont l'âge et un type macroscopiquepolypoïde. Des conditions précancéreuses sont observéeschez plus de la moitié des malades.

REMERCIEMENTS

    Les auteurs remercient l'ensemble des médecinsdu département du Calvados et les Laboratoires d'Anatomo-Pathologiequi participent depuis 20 ans au fonctionnement du Registre des TumeursDigestives du Calvados. Ils remercient les Chirurgiens qui ont fourni toutesles informations sur le devenir de leurs malades, ainsi que Mme ANNEpour son assistance technique.

    Article reçu le 19 février1997, accepté le 28 juillet 1997.

Fig. 1. -- Evolution du nombre de Cancers Gastriques (CG) et de CancersGastriques Superficiels (CGS) enregistrés entre 1978 et 1990 dansle Département du Calvados.

Number of gastric cancers (CG) and early gastric cancers (CGS) registeredin the area of Calvados between 1978 and 1990.

Fig. 2. -- Survie actuarielle observée chez 94 maladesatteints de Cancer Gastrique Superficiel selon l'extension en profondeur(Méthode de Kaplan-Meier).

Observed actuarial survival in 94 patients with early gastriccancer according to the depth of penetration (Kaplan-Meier method).

Tableau 1. -- Données cliniques et anatomo-pathologiques selonl'extension dans la paroi chez 100 malades opérés d'uncancer gastrique superficiel.

Relation between depth of invasion and clinico-pathological datain100 patients with early gastric cancer.

(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).

Tableau 2. -- Date et cause du décès chez 8 maladesclassés T1 No Mo après résection d'un cancer gastriquesuperficiel.

Date and cause of the death in 8 patients with early gastriccancer and classified as T1 No Mo after surgery.

(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).

Tableau 3. -- Etude monofactorielle des facteurs de survie pour 94 maladesopérés d'un cancer gastrique superficiel.

Univariate analysis of clinical and pathological factors correlatingwith survival in 94 patients with early gastric cancer.

(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).



REFERENCE(S)

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