Un abcès mal placé - 22/05/17
Resumen |
Introduction |
Les infections urinaires basses de l’homme touchent habituellement l’urètre, la prostate, l’épididyme ou les testicules. L’infection des corps caverneux est inhabituelle est peut être très grave.
Observation |
Nous rapportons le cas d’un patient homosexuel, sans antécédent particulier se présentant pour une fièvre à 39°C avec frissons dans un contexte de pesanteur pelvienne, de douleurs lombaires et de dysurie évoluant depuis cinq jours.
L’examen clinique initial ne relevait pas de signe de septicémie sévère. L’examen abdominal et des organes génitaux externes ainsi que le toucher rectal étaient normaux.
Le bilan biologique montrait un syndrome inflammatoire intense (hyperleucocytose à 12500/mm3 dont 89,4 % PNN, CRP à 389mg/l). L’examen cytobactériologique retrouvait une leucocyturie à 27800/mm3 une hématurie à 44 200/mm3, sans germe au direct et stérile. Le patient était traité en probabiliste par ceftriaxone 2g en intraveineux.
Le patient évoluait rapidement vers un tableau de septicémie sévère avec fièvre intense, frisson et hypotension artérielle à 70/50mmHg. Il se plaignait en plus de douleurs permanentes et sourdes de la verge qui présentait une tuméfaction à sa base. Les hémocultures réalisées à ce moment revenaient positives à Strepcoccus intermedius.
L’IRM pelvienne réalisée en urgence objectivait la présence de multiples abcès des corps caverneux droits et gauche, des abcès périprostatiques et un au niveau du muscle obturateur.
Une mise à plat avec lavage chirurgical des abcès était réalisée sous couvert de pipéraciiline/tazobactam/gentamicine. De nombreuses colonies de Streptococcus intermedius de phénotype sauvage étaient isolées. Un relai par amoxicilline 3g/j pendant 14jours permettait une amélioration transitoire. Malheureusement, le patient récidivait une fièvre en rapport avec la reconstitution des abcès des corps caverneux qui fistulisaient même à la peau. Une seconde mise à plat chirurgicale était nécessaire. La prolongation de l’antibiothérapie par amoxicilline 6g/j pendant quatre semaines supplémentaires permettait une guérison sans séquelle.
L’interrogatoire répété du patient ne retrouvait pas de pratiques sexuelles traumatiques ni d’injections intrapéniennes particulières avouées. La sérologie VIH était par ailleurs négative et le patient ne présentait pas d’autre état d’immunodépression.
Discussion |
Les abcès des corps caverneux sont inhabituels et rares avec moins de 30 cas rapportés dans la littérature, touchant les hommes (moyenne d’âge 45ans) diabétiques (dans 25 % des cas). Les facteurs favorisants retrouvés sont les injections intracaverneuses de substances érectogènes (alprostadil, papavérine), le priapisme, les traumatismes de l’urètre et des corps caverneux, les prothèses péniennes et l’introduction de corps étrangers dans l’urètre. Plusieurs cas d’abcès des corps caverneux ont été rapportés après le drainage d’abcès intra-abdominaux probablement par extension via le fascia de Buck. Certaines observations rapportent des abcès des corps caverneux par dissémination hématogène à partir d’un foyer infectieux dentaire ou rectal. Parfois, aucun cause n’est retrouvée.
La douleur pénienne ainsi que le gonflement du pénis sont les signes cliniques évocateurs. L’atteinte set bilatérale dans 50 % des cas. Il s’y associe une septicémie le plus souvent marqué qui peut évoluer vers un choc septique.
Les bactéries les plus souvent en cause sont : Staphylococcus aureus (25 %), Streptococci (21 %), Fusibacterium (13 %) et les bactéroides (13 %). Le diagnostic est posé par le scanner ou l’IRM.
La prise en charge thérapeutique consiste en un drainage chirurgical sous couvert d’une antibiothérapie large spectre. L’évolution est le plus souvent favorable, mais un certain nombre de complications peuvent survenir après l’acte chirurgical : des troubles de l’érection, une déviation du pénis, une fibrose du corps caverneux, une récidive de l’abcès. Certaines équipes proposent pour être moins invasif, dans certains cas, une évacuation des abcès à l’aiguille fine sous anesthésie locale et contrôle scannographique.
Conclusion |
Un abcès des corps caverneux doit être évoqué devant une douleur et un gonflement du pénis et confirmé par imagerie (IRM ou scanner). Malgré la prise en charge chirurgicale et une antibiothérapie bien conduite, des séquelles ou des récidives peuvent apparaître.
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Vol 38 - N° S1
P. A219-A220 - juin 2017 Regresar al númeroBienvenido a EM-consulte, la referencia de los profesionales de la salud.
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