Erythème induré de Bazin - 23/11/17
, A. Souissi 2, I. Chelly 3, N. Daadaa 1, N. Kchir 4, M. Mokni 5Resumen |
Introduction |
L’érythème induré de Bazin (EIB) est une vascularite nodulaire survenant habituellement chez des femmes jeunes sous forme de nodules cyanotiques de la face postérieure du tiers inférieur des jambes qui se résorbent en gardant une induration ou s’ulcèrent plus rarement en laissant une cicatrice hyperpigmentée. Il s’agit d’une affection chronique évoluant par poussées surtout hivernales. Cette entité pose un problème quant à son origine tuberculeuse. Sa prise en charge reste donc sujette à controverse.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective colligeant tous les patients ayant été hospitalisés pour un EIB au service de dermatologie La Rabta de Tunis durant la période s’étalant du mois de mai 2006 au mois d’août 2017.
Résultats |
Cinq cas ont été colligés. La moyenne d’âge était de 51 ans avec des extrêmes allant de 28 à 65 ans. Tous les patients étaient de sexe féminin. Des antécédents personnels ou familiaux de tuberculose étaient retrouvés dans 3 cas (pulmonaire, cutanée et ganglionnaire, chacune dans un cas). Deux de nos patientes présentaient un terrain d’insuffisance veineuse chronique et aucune n’était en surcharge pondérale. La durée d’évolution était en moyenne de 10 ans. Toutes les patientes présentaient des nodules inflammatoires de 1 à 2cm de diamètre, douloureux, mobiles par rapport au plan profond avec un épiderme normal ou rouge violacé en regard, prédominant aux membres inférieurs avec une évolution vers l’ulcération dans 2 cas. Ces lésions avaient laissé une cicatrice hyperpigmentée dans 3 cas et une zone indurée dans 3 cas. Une seule patiente présentait un syndrome général associant une fièvre à 38°C et des sueurs nocturnes. L’intradermo-réaction à la tuberculine était positive chez 2 patientes et phlycténulaire chez 2 autres. Le bilan à la recherche d’un foyer tuberculeux comprenant la recherche de BK dans les crachats et les urines et un bilan radiologique était négatif dans tous les cas. La biopsie cutanée avait révélé des granulomes tuberculoïdes sans nécrose caséeuse dans tous les cas avec un aspect de lipohagie dans 2 cas, une thrombose vasculaire était observée dans 2 cas et une vascularite leucocytoclasique sur toutes les biopsies. La PCR sur biopsie cutanée à la recherche de l’ADN de M. tuberculosis était pratiquée dans 2 cas et était négative. Un traitement antituberculeux avait été institué chez 3 de nos patientes. La première avait des antécédents familiaux de tuberculose pulmonaire et une IDR à la tuberculine phlycténulaire, la deuxième avait un antécédent personnel de tuberculose pleuropulmonaire et péritonéale. Quant à la troisième, elle avait présenté une tuberculose cutanée à type de scrofulodermes puis une tuberculose ganglionnaire et une IDR phlycténulaire. L’évolution était marquée par la disparition des nodules sans récidive dans 2 cas et une amélioration transitoire avec survenue ultérieure de poussées dans 1 cas. Une patiente était mise initialement sous dapsone sans amélioration. La régression de la symptomatologie était obtenue après adjonction de la colchicine et de la prednisone. La deuxième patiente été mise sous colchicine avec une très bonne évolution.
Discussion |
L’EIB est une entité rare mais sujette toujours à des controverses d’ordre étiologique. La plupart des auteurs s’accordent à la considérer comme un état d’hypersensibilité retardée de type IV à de multiples antigènes dont le M. tuberculosis est le chef de file. En effet, le bacille tuberculeux n’a jamais été isolé des nodules cutanés. Toutefois la technique de PCR a mis en évidence la présence d’ADN de M. tuberculosis dans plusieurs observations rapportées dans la littérature : 77 % de positivité dans une étude espagnole incluant 65 cas d’EIB. En Tunisie et dans les autres pays d’endémie tuberculeuse, devant une hypodermite nodulaire chronique des membres inférieurs, en présence d’arguments en faveur d’une étiologie tuberculeuse à savoir des antécédents de personnels ou familiaux de tuberculose, la notion de contage, la forte positivité de l’IDR, la présence d’un granulome tuberculoÏde à la biopsie ou la mise en évidence d’un foyer tuberculeux extracutanée, doivent conduire à la prescription d’une antibiothérapie antibacillaire. L’évolution favorable sous traitement antituberculeux chez nos 2 patientes est un argument de plus confortant l’origine tuberculeuse. L’échec du traitement antituberculeux justifie le recours à un traitement symptomatique par dapsone avec souvent de bons résultats.
Conclusion |
Devant une hypodermite nodulaire chronique des jambes en présence d’éléments orientant vers une étiologie tuberculeuse, un traitement antibacillaire s’impose notamment dans des pays endémiques comme le nôtre.
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Vol 38 - N° S2
P. A225-A226 - décembre 2017 Regresar al númeroBienvenido a EM-consulte, la referencia de los profesionales de la salud.
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