Modification de la réponse immunitaire au cours de la maladie de Rendu-Osler - 19/12/20
Resumen |
Introduction |
La maladie de Rendu-Osler (MRO) est une maladie génétique vasculaire rare caractérisée par une néo-angiogénèse dérégulée aboutissant à des épistaxis anémiantes parfois associées à malformations artério-veineuses (MAV) pulmonaires, hépatiques ou cérébrales. La MRO est également associée à une lymphopénie T prédominant sur les CD4+ dont les causes et les conséquences sont mal connues. L’objectif de ce travail est de décrire les polarisations lymphocytaires Th1, Th2, Th17, Th1-17 et Treg au cours de la MRO.
Patients et méthodes |
Les patients atteints de MRO confirmée génétiquement ont été prospectivement inclus lors de leur suivi habituel. Le score de sévérité des épistaxis (ESS), la présence de MAV, le traitement martial en cours, le taux d’hémoglobine et de ferritine ont été recueillis. La durée mensuelle moyenne des épistaxis (DMM) a été prospectivement établie grâce à des grilles quotidiennement remplies pendant 3 mois après l’inclusion. Les sujets présentant une pathologie impliquant l’immunité (infection, maladie auto-immune, cancer) ou traités par des molécules modulant l’angiogénèse ou l’immunité (y compris l’acide tranexamique et le bevacizumab) ont été exclus. Les populations lymphocytaires B, T cytotoxiques, T auxilliaires (Th) et T régulateurs (Treg) ont été quantifiés par cytométrie en flux à partir d’échantillons sanguins grâce aux marqueurs CD19, CD3, CD8, CD4, CD25 et Foxp3 (respectivement). Les polarisations Th1, Th2, Th17, Th1-17 ont été évaluées après marquage intra-cytoplasmique de l’interféron (IFN) -γ, l’interleukine (IL)-4 et l’IL-17 après 4h de stimulation par PMA-Ionomycine.
Résultats |
Quarante patients et 20 sujets contrôles ont été inclus avec respectivement un âge médian de 52 ans (min : 19 ans max : 74 ans) et 50 ans (min : 24 ans, max : 80 ans). Le sex-ratio était de 20/40 chez les MRO et 10/20 chez les témoins. L’endogline était mutée chez 17 patients, ACVRL1 chez 22 patients et SMAD4 chez 1 patient. Dix patients recevaient un traitement martial, 20 avaient une atteinte pulmonaire et 10 une atteinte hépatique de la MRO. Les taux médians d’hémoglobine et de ferritine étaient respectivement de 14,5g/dl (min : 9,3, max : 17,1) et 31μg/l (5–487) chez les patients MRO. Le score ESS et la DMM étaient respectivement de 1,72 (0–5,47) et 18min (0–585). Le groupe MRO avait un taux de lymphocytes T auxiliaires significativement plus bas que celui des témoins (médianes des CD3+CD4+ : 724/mm3 vs 1157/mm3, p=0,0031) alors que les taux de lymphocytes T cytotoxiques (CD3+CD8+) et de lymphocytes B (CD19+) étaient comparables. Comparativement aux témoins les sujets MRO présentaient une augmentation significative des polarisations Th2 (médiane : 1,34 % vs 0,91 %, p=0,0014), Th17 (médiane : 0,32 % vs 0,20 %, p=0,0069), Th1-17 (médiane : 0,0305 % vs 0,0140 %, p=0,0003) et Treg (médiane : 5,13 % vs 3,19 %, p=0,0002). Le sexe, l’âge et le gène muté n’avaient pas d’influence sur ces modifications de polarisation. Le pourcentage de polarisation Th17 était positivement corrélé avec la durée moyenne mensuelle des épistaxis (r=0,448, p=0,0042) et le score ESS (r=0,336, p=0,0365).
Conclusion |
Notre étude décrit pour la première fois une augmentation significative des polarisations Th2, Th17, Th1-17 et Treg au cours de la MRO. L’environnement pro-angiogénique de la MRO pourrait être à l’origine d’une modification de la réponse immunitaire via un remodelage spécifique des populations lymphocytaires T auxiliaires par un ou plusieurs mécanismes qui restent à déterminer.
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Vol 41 - N° S
P. A64-A65 - décembre 2020 Regresar al númeroBienvenido a EM-consulte, la referencia de los profesionales de la salud.
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