Les spondylodiscites tuberculeuses versus brucelliennes : quelles différences entre les deux ? - 30/11/23
, A. Feki, Z. Gassara, S. Ben Jemaa, M. Ezzeddine, H.K. Mohamed, H. Fourati, R. Akrout, S. BakloutiResumen |
Introduction |
La spondylodiscite infectieuse pose souvent le problème de diagnostic étiologique. Une tuberculose ou une brucellose doivent être suspectées devant une présentation chronique. Notre but d’étude était de comparer les aspects cliniques, biologiques, radiologiques et thérapeutiques des spondylodiscites tuberculeuses (ST) et brucelliennes (SB).
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective incluant tous les patients hospitalisés dans un service de rhumatologie pour ST et SB entre janvier 1996 et mars 2023.
Résultats |
Cinquante-trois colligé patients ont été inclus dans cette études, répartis entre ST (43 cas ; 81,1 %) et SB (10 cas ; 18,9 %). L’âge moyen du groupe des ST était 56±15 ans, avec des extrêmes allant de 25 à 83 ans et du groupe des SB était 57±15 ans avec des extrêmes allant de 30 à 77 ans. Une légère prédominance féminine était constatée chez les patients atteints de ST (58 % vs 42 %). Les hommes étaient significativement plus atteints de SB (80 % vs 20 %). Dix-neuf patients atteints de ST, avaient la notion d’un contage tuberculeux (44 %). L’ingestion de lait cru était rapportée chez 60 % des cas de SB et le contage professionnel était retrouvée chez 30 % des cas. Le délai moyen entre l’apparition des premiers signes et l’hospitalisation était de 5,8 mois pour le groupe ST et de 4,8 mois pour le groupe SB.
Sur le plan clinique, la rachialgie inflammatoire était présente chez la majorité des patients, plus fréquente chez les patients atteints de SB (90 % vs 81 %) et l’altération de l’état général était significativement plus fréquente en cas de ST (53 % vs 30 %). Les sueurs nocturnes étaient rapportées surtout au cours des ST (44 % vs 20 %). Des signes de compression médullaire étaient notés dans 21 % et 20 % des cas de ST et SB, respectivement. La CRP était positive (>6mg/L) dans 30 cas des ST, soit 69,7 % et dans 5 cas des SB, soit 50 %. La sérologie de Wright était positive dans 100 % des SB. La Brucella était isolée par hémoculture dans 1 cas.
La SB était plus associée à une localisation lombaire (90 % vs 13,9 %) et la ST à une localisation dorsale (20,9 % vs 20 %). Les lésions étaient multifocales dans 23,3 % dans les ST et dans 10 % dans les SB. Le signe le plus rencontré à la radiographie standard au cours des ST était l’irrégularité des plateaux vertébraux (41,9 %). Le pincement discal était le signe prédominant au cours des SB (50 %). Quatre-vingt-six pour cent des ST et tous les cas de SB ont bénéficié d’une IRM rachidienne, qui montrait l’anomalie du signal disco vertébral dans la majorité des cas (69,7 % vs 80 %).
Une épidurite était significativement plus fréquente en cas de SB (60 % vs 30,2 %). Une compression de la moelle était retrouvée plus fréquemment en cas de ST (25,6 % vs 20 %).
La durée moyenne de traitement était significativement plus longue en cas de ST (14±2 mois vs 7±3 mois). Le recours à la chirurgie était l’apanage des ST, 7 % de la population ont été opérés (pour laminectomie d’urgence ou pour évacuation d’abcès). Des séquelles neurologiques étaient objectivées en cas de ST dans 4,6 % des cas.
Conclusion |
La spondylodiscite brucellienne, moins fréquente que la ST, était associée à une localisation préférentiellement lombaire, des signes généraux moins parlants, une destruction radiologique moins importante et un pronostic moins sévère. Poser le diagnostic bactériologique est un élément primordial dans la prise en charge des spondylodiscites infectieuses.
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Vol 90 - N° S1
P. A269 - décembre 2023 Regresar al númeroBienvenido a EM-consulte, la referencia de los profesionales de la salud.
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