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Principes généraux de l’analyse des opioïdes - 17/05/24

Doi : 10.1016/j.toxac.2024.03.020 
Islam Amine Larabi 1, 2, , Pamela Dugues 1, 2, Jean-Claude Alvarez 1, 2
1 Laboratoire de pharmacologie toxicologie, CHU Raymond-Poincaré (AP–HP), 92380 Garches, France 
2 Équipe MOODS (Santé mentale), université UVSQ-Paris-Saclay, Inserm U1018, CESP (Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations), 78180 Montigny-le-Bretonneux, France 

Auteur correspondant.

Resumen

Objectif

Face à l’usage croissant d’opiacés naturels, semi-synthétiques et l’émergence de nouveaux opioïdes de synthèse (NOS), il est crucial de souligner l’importance des techniques analytiques pour leur identification et leur dosage.

Méthode

Cette étude propose un examen non exhaustif des méthodes analytiques appliquées à l’analyse des opioïdes dans diverses matrices biologiques et non biologiques à des fins cliniques ou médico-légales.

Résultats

L’immunoanalyse permet de détecter les opiacés naturels (morphine, codéine.), semi-synthétiques (buprénorphine), ou synthétique (méthadone, fentanyl) dans l’urine, avec une performance satisfaisante. La chimiluminescence sur biopuce permet également leur dépistage dans le sang, y compris post-mortem. Cependant, ces méthodes présentent des faux positifs (fluoroquinolones/morphiniques, rispéridone/fentanyl…), et des faux-négatifs liés à la présence de certains opioïdes à l’état de traces. De plus, elles ne distinguent pas l’usage licite de l’illicite, et ne détectent pas les NOS comme les nitazènes, en augmentation notable depuis 2019. La confirmation par chromatographie couplée à la spectrométrie de masse basse ou haute résolution est donc nécessaire. Le prétraitement des échantillons varie selon la complexité de la matrice, incluant la dilution de l’urine ou des échantillons non biologiques, la précipitation des protéines plasmatiques, ainsi que des techniques plus élaborées comme l’extraction liquide-liquide (LLE) ou liquide sur support solide (SLE) pour le sang ou les cheveux, et l’extraction en phase solide (SPE) pour la salive ou les tissus. Pour le criblage non ciblé des opioïdes, la chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (GC-MS) ou la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse haute résolution (LC-HRMS) sont fréquemment utilisées, profitant des bibliothèques de spectres actualisées. La séparation chromatographique emploie souvent des colonnes C18 ou aromatiques (biphenyle, phenyl-hexyl, PFP) avec un gradient de formiate d’ammonium (2-10mM) ou d’acide formique 0,1 % mélangé à l’acétonitrile ou au méthanol. L’ionisation est réalisée en mode électro spray positif (ESI+), et la détection peut varier entre le mode Full scan ou SIM pour le GC-MS, DDA ou DIA pour la LC-HRMS, et MRM pour la LC-MS/MS. Ces méthodes permettent de détecter une large gamme d’opioïdes traditionnels et jusqu’à 150 NOS. Les limites de détection (LDD) annoncées sont ≤2,5ng/mL dans le sang et les urines, ≤5ng/mL dans la salive, et ≤50pg/mg dans les cheveux. Plusieurs NOS nécessitent d’atteindre des LDD plus faibles, de 0,1 à 2ng/mL dans les matrices liquides, et de 0,3 à 5pg/mg dans les cheveux. La conservation optimale des opioïdes, tels que la morphine, la codéine, et la 6-MAM, s’obtient dans le sang contenant de l’oxalate et du fluorure de sodium à -20°C. De même, les NOS de la série W (U-4700, AH-7921…) et les fentanyloïdes demeurent stables, à cette même température, sur le court et long terme, y compris après des cycles de congélation-décongélation.

Conclusion

La maîtrise des étapes pré analytiques et le recours à des méthodes analytiques adéquates pour l’identification et le dosage des opioïdes sont des éléments essentiels pour lutter efficacement contre ce fléau grandissant.

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