Deux cas de diphtérie cutanée - 15/11/24
Resumen |
Introduction |
La diphtérie est une infection par une corynébacterie du complexe diphtheriae (CCD). Les atteintes ORL/respiratoires et cutanées sont les plus fréquentes mais les complications toxiniques peuvent provoquer des atteintes neurologiques, cardiaques ou néphrologiques. La transmission, par voie aérienne ou par contact, est interhumaine pour C. diphteriae (CD) et zoonotique pour C. ulcerans et C. pseudotuberculosis. Il existe peu de cas autochtones en France métropolitaine. Il a récemment été rapporté une recrudescence des cas de diphtérie.
Observations |
Un homme de 65 ans, sans antécédent notable, s’est présenté aux urgences une semaine après le retour d’un voyage au Sénégal. Dans les suites d’une blessure plantaire gauche sur une plage il y a 15 jours, il a noté l’apparition d’un écoulement purulent de la plaie puis l’apparition d’une seconde plaie de la malléole externe homolatérale. Un parage de la plaie a été réalisé ainsi qu’un prélèvement de pus pour analyse bactériologique. La vaccination DTP a été mise à jour. Quarante-huit heures plus tard, la culture était positive à Streptococcus pyogenes du groupe A et CD. La recherche de toxine était positive. À l’examen neurologique et sur l’ECG il ne présentait pas de signe toxinique. L’écouvillon nasopharyngé était stérile. Le traitement par amoxicilline pendant 14 jours associé à une sérothérapie antidiphtérique a permis une évolution favorable avec une cicatrisation complète.
Un homme de 27 ans, migrant originaire d’Afghanistan, sans antécédent notable, s’est présenté aux urgences une semaine après son arrivée en France. Il avait des ulcérations des membres inférieurs, douloureuses, inflammatoires, parfois croûteuses ou purulentes, non prurigineuses. Le prélèvement bactériologique a révélé la présence de S. pyogenes du groupe A et CD. L’examen neurologique et l’ECG étaient normaux. L’écouvillon nasopharyngé était stérile. La recherche de toxine était positive. Le patient avait une sérologie DTP négative. L’évolution a été rapidement favorable sous amoxicilline et amoxicilline+acide clavulanique, puis amoxicilline seule pendant 14 jours.
Ces 2 cas de diphtérie cutanée ont été signalés à l’ARS et une recherche pour prise en charge des cas contacts a été réalisée.
Discussion |
L’augmentation du nombre de cas de diphtérie cutanée en France a fait l’objet d’une alerte sanitaire en septembre 2022. La question de la physiopathologie de l’infection cutanée à CCD reste encore un point débattu. Dans nos exemples comme dans la littérature, la co-infection de CCD avec un staphylocoque ou un streptocoque est fréquente. Il est alors difficile de différentier le rôle pathogène d’une simple colonisation par CCD. Il semble cependant nécessaire d’identifier une infection à CCD puisque la présence de toxines est responsable de quelques cas de complications systémiques rapportés dans la littérature. La positivité de la recherche de toxine entraîne donc une prise en charge spécifique.
Conclusion |
La présentation clinique de la diphtérie cutanée doit être connue afin de savoir évoquer le diagnostic. Un ou plusieurs ulcères bien limités, parfois recouverts de pseudo-membranes, prédominant sur les membres inférieurs chez un patient ayant séjourné en Asie ou en Afrique doit inciter à réaliser un prélèvement local pour analyse bactériologique. La prévention repose principalement sur la mise à jour de la vaccination antidiphtérique et le nettoyage correct des plaies post-traumatiques.
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Vol 4 - N° 8S1
P. A241 - décembre 2024 Regresar al númeroBienvenido a EM-consulte, la referencia de los profesionales de la salud.
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