Les marqueurs prédictifs du risque de poussée dans le lupus érythémateux cutané sont la sévérité de l’atteinte cutanée au diagnostic, l’arrêt de l’hydroxychloroquine et la positivité de l’activité interféron-α - 12/11/25
Resumen |
Introduction |
Le lupus cutané (LEC) est une dermatose auto-immune dont les poussées sont imprévisibles, par manque de biomarqueurs, et les séquelles sont parfois définitives. L’association entre l’activité plasmatique de l’interféron-a (IFN-α) et le risque de poussée à 6 mois a récemment été suggérée. D’autres biomarqueurs, tels que les taux sériques de BAFF et d’IFN-α (mesuré par Simoa), pourraient être associés à l’activité du LEC et du lupus érythémateux systémique (LES). Nous avons donc cherché à identifier les facteurs prédictifs de poussée à 6 mois chez des patients en rémission (CLASI-A=0) et à comparer trois potentiels biomarqueurs sériques : activité IFN-α, taux d’IFN-α en Simoa et BAFF.
Matériel et méthodes |
Étude prospective multicentrique incluant des patients avec CLE prouvé histologiquement. Les taux d’IFN-α (seuil≥0,136pg/mL) et de BAFF (≥524pg/mL) étaient mesurés respectivement par Simoa et ELISA sur prélèvement sanguin à l’inclusion. L’activité IFN- α était quantifiée en routine (seuil≥2UI/mL).
Résultats |
Entre janvier 2021 et janvier 2023, 74 patients ont été inclus (86 % de femmes, âge médian de 30 ans, 59 % de CLE discoïde et 55 % de LES associé) ; 14 ont eu une poussée (augmentation≥2 du CLASI-A+modification thérapeutique). Les facteurs associés à la poussée étaient : une activité IFN-α positive (OR=0,29 ; p=0,01), un CLASI-A≥10 au diagnostic (OR=2,83 ; p=0,04) et un arrêt de l’hydroxychloroquine (OR=0,25 ; p=0,01). Ces trois variables restaient significatives en analyse multivariable (respectivement OR=3,12 p=0,04 ; OR=3,29 p=0,03 et OR=0,31 p=0,044).
Des résultats similaires étaient observés en analyse de survie uni- et multivariables (respectivement HR=3,44 et p=0,014 ; HR=2,83 et p=0,041 et HR=0,25 et p=0,007). Les taux d’IFN-α mesurés par Simoa tendaient à être associés aux poussées (HR=2,60 ; p=0,07) sans atteindre la significativité.
Discussion |
Dans notre étude, l’activité IFN-α est le seul biomarqueur significativement prédictif de poussée chez des patients CLE en rémission. Ce résultat contraste avec une étude similaire où l’IFN-α mesuré par Simoa était plus performant pour prédire le risque de rechute dans le LES (Mathian et al., 2019). D’après Perray et al (2025), l’IFN-α en Simoa est aussi associé à l’activité et à la réponse thérapeutique du LEC. Toutefois, la technologie Simoa, très sensible, pourrait refléter des variations fines d’activité systémique sans spécificité cutanée, ce qui limiterait sa pertinence dans le LEC. La sévérité initiale du LEC et l’arrêt de l’hydroxychloroquine sont également des facteurs de rechute, appelant à la prudence lors de l’arrêt du traitement, notamment chez les patients à haut risque.
Conclusion |
L’activité IFN-α est un marqueur indépendant du risque de poussée de LEC, non inférieur à l’IFN-α mesuré par Simoa dans cette indication.
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Vol 5 - N° 8S
P. A92 - décembre 2025 Regresar al númeroBienvenido a EM-consulte, la referencia de los profesionales de la salud.
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