Activité professionnelle et capacités cognitives après la retraite - 17/08/15
Occupation and cognitive performance after retirement
Resumen |
Avec le vieillissement de la population, la problématique des troubles cognitifs liés devient de plus en plus préoccupante. On observe une augmentation exponentielle avec l’âge des pathologies démentielles, définies devant des troubles cognitifs sévères associés à une perte d’autonomie, dont la maladie d’Alzheimer (MA) est la forme la plus fréquente. Le processus neuro-dégénératif dans la MA étant susceptible de débuter 20 à 30ans avant le début des symptômes cliniques, il existe potentiellement une large fenêtre de prévention pour retarder l’apparition des troubles cognitifs. L’identification de facteurs environnementaux modifiables est un enjeu majeur dans la prévention de ces troubles. La vie professionnelle fait partie de ces expositions « vie entière » mais peu d’études ont porté sur le fonctionnement cognitif de travailleurs après la retraite selon leurs activités.
Des études de cohorte ont montré une relation entre bas niveau de catégorie socioprofessionnelle (CSP) et augmentation du risque de démence. Mais quels sont les éléments dans la vie professionnelle d’un sujet qui peuvent contribuer à son vieillissement cognitif ?
– la CSP peut être indicatrice du niveau socioéconomique, niveau qui détermine accès aux soins, à la prévention mais aussi comportements de santé, tous ces facteurs étant identifiés comme facteurs de risque de démence ;
– la CSP peut être fortement déterminée par le niveau d’éducation, un niveau élevé est associé à un âge de la survenue de la démence plus tardif. Ces observations ont amené à proposer l’hypothèse de la réserve cognitive (RC) défini par la capacité d’un individu à développer des stratégies cognitives pour compenser un déficit de traitement de l’information en utilisant des réseaux neuronaux alternatifs. Une personne dotée d’une RC élevée résisterait mieux aux troubles associés aux lésions cérébrales. Des mesures indirectes de cette capacité sont étudiées à partir des caractéristiques individuelles (éducation) mais aussi des activités intellectuelles, qu’elles se fassent dans le cadre du travail ou des loisirs ;
– les expositions physiques ou chimiques au travail diffèrent selon l’activité et un rôle plus direct de ces expositions sur le fonctionnement cérébral est aussi soupçonné. Ainsi, être exposé à des solvants peut en cas d’exposition massive aiguë être à l’origine d’encéphalopathies, et plus chroniquement de dépression, de déficits de l’attention et de la psychomotricité. Dans la cohorte Gazel, qui suit depuis 25ans la santé de salariés d’EDF-GDF, nous avons montré qu’une exposition élevée aux solvants était associée à de moins bonnes performances cognitives. Ainsi, pour les expositions les plus élevées aux solvants chlorés, les retraités avaient un risque supérieur de 20 % à 50 % de moins bonnes performances cognitives. Cette association avec une exposition au travail est décrite chez des sujets à la retraite même quand elle n’est plus présente depuis longtemps ;
– enfin c’est dans le domaine des facteurs de risque psychosociaux liés à l’activité au travail que pourraient se situer une part des hypothèses expliquant ces relations travail–cognition. La majorité des travaux dans le domaine porte sur des personnes en activité et s’intéresse plus aux pathologies vasculaires. Nos premiers résultats dans la cohorte Gazel montrent chez les sujets ayant plus de contraintes au travail ou ayant une activité passive des performances cognitives moins bonnes bien après la retraite.
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Vol 76 - N° 4
P. 389 - septembre 2015 Regresar al númeroBienvenido a EM-consulte, la referencia de los profesionales de la salud.
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