Diagnostics différentiels : « ce n’est pas un lymphœdème » - 27/02/25
Riassunto |
La définition clinique du lymphœdème est rigoureuse, secondaire à des mécanismes physiopathologiques précis. Le terme « lymphœdème » est à tort souvent utilisé pour désigner une augmentation de volume d’un membre, associé à un œdème clinique. C’est un motif de consultation fréquent, nécessitant une confirmation diagnostique pour une prise en charge adaptée.
Les œdèmes sont souvent liés à une augmentation de volume du secteur interstitiel avec un réseau lymphatique normal, sans épaississement cutané ni augmentation du tissu adipeux spécifiques du lymphœdème.
Face à une augmentation de volume d’un membre, le clinicien doit poser un arbre diagnostique/étiologique, les premiers éléments de réflexion étant l’âge d’apparition et la topographie de l’atteinte (focale, unilatérale, généralisée…). De ce fait les thérapeutiques seront adaptées, en n’oubliant pas que les diurétiques ne sont pas les traitements de première intention !
Le lipœdème, premier diagnostic différentiel, résulte d’une accumulation de tissu adipeux des hanches jusqu’aux chevilles, réparti de manière bilatérale, douloureux, à la différence du lymphœdème. L’absence de signe de Stemmer, la présence d’ecchymoses spontanées, l’absence d’atteinte des pieds sont des éléments essentiels au diagnostic.
Les œdèmes par augmentation du volume circulant avec hyperpression vasculaire et fuite liquidienne sont principalement dus à une insuffisance cardiaque ; les œdèmes sont généralisés, mous, prenant le godet, déclives, et associés à d’autres signes cliniques permettant le diagnostic.
Les autres causes d’œdèmes peuvent être secondaires à une perte protidique – dénutrition, insuffisance rénale ou hépatocellulaire, dysthyroïdie– entraînant une fuite liquidienne dans le secteur interstitiel, réversibles sous traitement adapté.
L’iatrogénie médicamenteuse est aussi possible (corticoïdes, immunosuppresseurs, antihypertenseurs de type dihydropyridine, antidépresseurs).
Quand l’œdème est unilatéral, la physiopathologie doit faire rechercher une augmentation de pression locorégionale par un syndrome obstructif vasculaire intraluminal (thrombose veineuse), ou extraluminal (processus tumoral).
Si l’augmentation de volume du membre est majeure, congénitale, les syndromes complexes associant anomalies vasculaires et macromélie sont à évoquer.
L’arbre diagnostique étiologique est donc riche, une consultation spécialisée peut être justifiée pour une prise en charge optimale du patient.
Il testo completo di questo articolo è disponibile in PDF.Mots clés : Lymphœdème, Diagnostic
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Vol 50 - N° 1
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