Résumé

Utilisés depuis la fin des années 1980, les traitements de surface au laser Excimère restent d'actualité malgré le développement plus récent des techniques de photoablation intrastromale (Femto LASIK, SMILE). Le respect de l'architecture cornéenne, le recul important sur la technique et la simplicité de la procédure sont ses principaux avantages. Ils sont à mettre en balance avec les complications potentielles, différenciées ici en anatomiques et fonctionnelles. La complication anatomique la plus limitante est l'hyperplasie sous-épithéliale ou haze. Elle correspond à une réduction de la transparence cornéenne lors de la cicatrisation. Elle survient plus fréquemment en cas de photoablation importante, et donc de correction d'une amétropie moyenne à forte. Son incidence à un an varie de moins de 1 à 5 % selon les séries. L'utilisation peropératoire de mitomycine C diminue son risque de survenue. Les autres principales complications anatomiques sont la kératite infectieuse (très rare), les infiltrats périphériques stériles, les érosions cornéennes récidivantes, le retard de la cicatrisation. Un syndrome sec postopératoire est fréquemment rapporté ; sa persistance est rare. La principale complication fonctionnelle est la sous/surcorrection et particulièrement la régression myopique. Elle correspond à une récidive de la myopie en postopératoire, en lien avec une augmentation de la courbure cornéenne liée à des phénomènes d'hyperplasie épithéliale et sous-épithéliale. Elle est fréquemment associée au haze qui présente une physiopathologie proche. Un retraitement à distance est possible en cas de sous/surcorrection (environ 5 % des procédures). Les autres complications fonctionnelles sont les phénomènes de halos/éblouissement, le décentrement de la zone traitée, l'astigmatisme induit, la baisse de sensibilité aux contrastes. Ces complications sont communes aux différentes techniques (photokératectomie réfractive [PKR] avec désépithélialisation à l'alcool ou mécanique, EpiLASIK, LASEK, transPKR). Certaines semblent plus ou moins fréquentes selon la technique, bien qu'il manque d'études de fortes puissances pour valider ces tendances.

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Abstract

Used since the end of the 1980s, Excimer laser surface treatments remain topical despite the more recent development of intrastromal photoablation techniques (Femto LASIK, SMILE). The respect of the corneal architecture, the significant hindsight on the technique and the simplicity of the procedure are its main advantages. They are to be weighed against the potential complications, differentiated here in anatomical and functional. The most limiting anatomical complication is subepithelial hyperplasia or haze. It corresponds to a reduction of the corneal transparency during cicatrization. It occurs more frequently in case of significant photoablation, and therefore in the correction of a medium to strong ametropia. Its incidence at 1year varies from less than 1 to 5% depending on the series. The intraoperative use of mitomycin C decreases its risk of occurrence. Other major anatomic complications are infectious keratitis (very rare), sterile peripheral infiltrates, recurrent corneal erosions, delayed healing. A dry postoperative syndrome is frequently reported; its persistence is rare. The main functional complication is under/overcorrection and particularly myopic regression. It corresponds to a recurrence of myopia postoperatively, in connection with an increase in corneal curvature related to epithelial and subepithelial hyperplasia phenomena. It is frequently associated with haze, which has a similar physiopathology. Remote reprocessing is possible in case of under/overcorrection (about 5% of procedures). The other functional complications are the halos/glare phenomena, the decentration of the treated zone, the induced astigmatism, the decrease of sensitivity to the contrasts. These complications are common to the various techniques (refractive photokeratectomy [PKR] with alcohol or mechanical de-epithelialization, EpiLASIK, LASEK, transPKR). Some seem more or less frequent depending on the technique, although there is a lack of high level studies to validate these trends.

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Mots-clés : Photokératectomie réfractive, Laser Excimère, Haze, Régression myopique

Keywords : Refractive photokeratectomy, Excimer laser, Haze, Myopic regression


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