revues des maladies respiratoires - Organe officiel de la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF)

Article gratuit !

Revue des Maladies Respiratoires
Volume 28, numéro 4
pages 529-541 (avril 2011)
Doi : 10.1016/j.rmr.2010.10.038
Reçu le : 24 septembre 2010 ;  accepté le : 21 octobre 2010
Particularités de la tuberculose chez l’enfant
Specific features of tuberculosis in childhood
 

C. Delacourt
Service de pneumologie pédiatrique, hôpital Necker–Enfants-Malades, 161, rue de Sèvres, 75015 Paris, France 

Résumé

L’enfance est habituellement le moment du premier contact de l’hôte avec le bacille tuberculeux. La source de contamination est le plus souvent un adulte. Le risque d’infection chez l’enfant exposé est modulé par différents facteurs, liés à la contagiosité du cas index, aux conditions d’exposition et à l’enfant lui-même. Cette revue a pour objectif de décrire les particularités diagnostiques et thérapeutiques de l’infection tuberculeuse latente et de la tuberculose-maladie de l’enfant.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.
Summary

Primary infection with Mycobacterium tuberculosis usually occurs during childhood. The source of infection is most often an adult. The risk of infection in exposed children is modulated by various factors related to the infectiousness of the index case, exposure conditions, and the child himself. This review aims to describe the specific diagnostic and therapeutic features of latent TB infection and TB disease in childhood.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Tuberculose, Interféron gamma, Test tuberculinique, Enfants, Adénopathie médiastinale

Keywords : Tuberculosis, Interferon gamma, Tuberculin skin test, Children, Mediastinal adenopathy


Histoire naturelle et physiopathologie

L’enfance est habituellement le moment du premier contact de l’hôte avec le bacille tuberculeux, d’où le terme de « primo-infection tuberculeuse » qui a longtemps été accolé aux formes pédiatriques d’infection tuberculeuse. La source de contamination est le plus souvent un adulte, même si la transmission d’enfant à enfant est possible [1]. Mycobacterium tuberculosis est un pathogène aux facettes multiples, capable d’induire aussi bien une maladie aiguë qu’un processus d’infection latente. La connaissance de l’histoire naturelle permet de bien comprendre la grande variation d’expressions cliniques de l’infection tuberculeuse de l’enfant.

L’infection tuberculeuse se transmet essentiellement par voie aérienne. La lésion primaire (ou nodule primaire) dans le parenchyme pulmonaire va souvent disparaître, parfois en se calcifiant. Plus rarement, elle va augmenter de taille et s’étendre au parenchyme et/ou à la plèvre adjacente, expliquant la survenue d’épanchements pleuraux dans les primo-infections de l’enfant [2]. De ce site initial, les bacilles tuberculeux sont drainés par les macrophages vers les ganglions régionaux. C’est à ce stade que le risque de dissémination hématogène est le plus important, entraînant des lésions soit focales, soit de type miliaire, dans différents viscères. Le développement de la réponse immunitaire spécifique, en deux à dix semaines, permet le plus souvent d’empêcher cette évolution, l’infection restant latente, sans signes clinique ni radiologique. Dans une minorité de cas, la multiplication bacillaire est mal contrôlée et une maladie clinique tuberculeuse, dite tuberculose-maladie (TM), apparaît, en règle dans l’année qui suit l’infection initiale. L’hypertrophie ganglionnaire caractérise la maladie observée lors de la primo-infection. Ces ganglions régionaux peuvent comprimer les voies aériennes adjacentes, entraînant atélectasie ou emphysème obstructif. Ils peuvent aussi se caséifier et se fistuliser dans les bronches ou dans la trachée, faisant courir le risque d’un accident asphyxique aigu.

Sur un plan physiopathologique, la différence entre infection latente et TM n’est donc pas si simple. La connaissance insuffisante des mécanismes conduisant de l’exposition à l’infection puis de l’infection au développement clinique de la maladie explique les difficultés à donner une définition claire de l’infection latente. L’infection tuberculeuse latente (ITL) est un syndrome clinique témoignant de trois événements : (a) il y a eu exposition à M.  tuberculosis  ; (b) une infection s’est développée et (c) le bacille a été contrôlé par la réponse immunitaire et réduit à un état quiescent [3]. En conséquence, le diagnostic d’ITL est déterminé par l’absence de maladie clinique et radiologique et la mise en évidence d’une réponse immunitaire spécifique (positivité de l’intradermoréaction [IDR] à la tuberculine ou réponse lymphocytaire spécifique in vitro).

Des données concordantes témoignent d’un certain degré de multiplication bacillaire au cours de ce processus d’infection dite « latente ». Des séries anciennes témoignaient déjà de la rare possibilité d’isoler quelques colonies bacillaires par culture de prélèvements provenant d’enfants exposés, asymptomatiques [4, 5]. Les méthodes d’amplification génique ont confirmé cette présence potentielle de rares bacilles dans les voies aériennes d’enfants infectés avec radiographie de thorax normale [6, 7]. Par ailleurs, la tomodensitométrie thoracique a révélé la présence de petites adénopathies hilaires ou médiastinales, invisibles à la radiographie de thorax, chez des enfants infectés [7, 8, 9]. Ces éléments témoignent à l’évidence d’un réel processus d’infection. Le caractère « latent » de cette infection est lié au fait que la population bacillaire reste très faible, car rapidement maîtrisée par les défenses immunitaires développées par le sujet infecté. Les traitements par mono- ou bithérapie ont démontré leur efficacité dans cette indication.

Au cours de la primo-infection tuberculeuse, la lésion primaire (ou nodule primaire) du parenchyme pulmonaire va souvent disparaître, mais elle peut aussi augmenter de taille et s’étendre au parenchyme et/ou à la plèvre adjacente et gagner les ganglions régionaux qui s’hypertrophient.
Le développement de la réponse immunitaire spécifique, en deux à dix semaines, permet le plus souvent d’empêcher cette évolution.
Quand la multiplication bacillaire est mal contrôlée, une maladie clinique tuberculeuse, dite tuberculose-maladie (TM), apparaît en règle dans l’année qui suit l’infection initiale.
L’infection tuberculeuse latente (ITL) est un syndrome clinique témoignant de trois événements : (a) exposition à M.  tuberculosis  ; (b) développement d’une infection et (c) contrôle du bacille par la réponse immunitaire qui le réduit à un état quiescent.
Cette infection est latente parce que la population bacillaire reste très faible.

Le risque d’infection chez l’enfant exposé est modulé par différents facteurs, liés à la contagiosité du cas index, aux conditions d’exposition et à l’enfant lui-même (Tableau 1). La bonne connaissance de ces facteurs et la standardisation de leur recueil sont des éléments très importants pour l’amélioration de l’efficacité du dépistage. Cela permet d’évaluer le niveau de risque pour chaque enfant et de guider les indications thérapeutiques. Une fois l’enfant infecté, d’autres facteurs sont susceptibles de favoriser la progression immédiate vers la maladie (Tableau 1). Le principal de ces facteurs est le jeune âge de l’enfant. Jusqu’à cinq ans, le risque de progression vers la maladie en cas d’infection est très augmenté. Ce risque est surtout majeur pour les moins de deux ans, ce qui justifie la prophylaxie systématique dans cette tranche d’âge.

Nous avons récemment proposé un algorithme en population vaccinée, avec un taux de faux-négatifs inférieur à 3 % chez l’enfant de moins de 15ans [10]. La présence d’au moins un des sept facteurs de risque justifie la poursuite du dépistage (Tableau 2).

En moyenne, 20 à 25 % des enfants sont infectés après exposition à un cas de tuberculose pulmonaire à leur domicile [11, 12]. La proportion des infectés ayant d’emblée des signes de TM varie avec l’âge de l’enfant et peut atteindre 40 % chez les moins de cinq ans. Le risque de réactivation ultérieure, tout au long de la vie, est plus flou, habituellement évalué entre 5 et 10 % des infections latentes initiales.

Un âge inférieur à cinq ans est un facteur de risque de développement d’une tuberculose-maladie, après un contact avec M.  tuberculosis

Manifestation cliniques et paracliniques de l’infection tuberculeuse
Clinique

Par définition, l’ITL ne s’accompagne d’aucun signe clinique. De nombreux cas de TM pédiatrique restent également asymptomatiques, pouvant même guérir spontanément, et n’être identifiés que plusieurs années plus tard. La présence de symptômes au cours de la TM est d’autant plus fréquente que l’enfant est jeune, en particulier avant deux ans [13, 14]. L’adolescence est également une période particulière, avec le développement de formes cavitaires très symptomatiques, comme chez l’adulte [13, 15, 16]. Lorsqu’ils sont présents, les symptômes sont non spécifiques : toux, fièvre, baisse de l’appétit, amaigrissement, signes auscultatoires localisés, détresse respiratoire.

Le risque de dissémination de l’infection, avec l’association de localisations extrathoraciques aux manifestations intrathoraciques, est particulièrement élevé chez l’enfant de moins de cinq ans [17]. Les localisations extrathoraciques peuvent également être observées dans environ un tiers des tuberculoses de l’adolescence [15].

Dans la forme patente, les symptômes sont non spécifiques : toux, fièvre, baisse de l’appétit, amaigrissement, signes auscultatoires localisés, détresse respiratoire.
Les symptômes sont particulièrement fréquents avant l’âge de deux ans.
Chez l’adolescent, il apparaît des formes cavitaires très symptomatiques, comme chez l’adulte, et les localisations sont extrathoraciques dans un tiers des cas.

Diagnostic immunitaire

L’IDR à la tuberculine a longtemps été le seul test validé capable d’identifier une infection tuberculeuse chez l’enfant et reste l’outil de première ligne. L’importance de la réactivité tuberculinique est étroitement corrélée au risque de TM ultérieure, y compris en population vaccinée par le BCG [18, 19, 20, 21].

Les techniques pour les tests tuberculiniques ont été standardisées [22]. L’IDR à la tuberculine commercialement disponible en France est le Tubertest® (0,1mL=5UT de PPD-S). Le test doit être lu entre 48 et 72heures après l’injection, par la mesure en millimètres du plus grand diamètre transversal de l’induration [23].

Plusieurs facteurs sont capables d’induire des réactions faussement négatives : injection trop profonde (sous-cutanée), lecture trop tardive ou sous-estimée, immunodépression, ou infection récente. Les infections par d’autres mycobactéries que M.  tuberculosis ou la vaccination par le BCG induisent des réactions faussement positives. La méta-analyse regroupant les études évaluant l’impact du BCG sur la réactivité tuberculinique montre que la spécificité associée au seuil de 10mm est 87,4 % [24]. Les indurations supérieures ou égales à 15mm ne sont pas significativement plus fréquentes dans les populations vaccinées par le BCG que dans les populations non vaccinées [24]. La spécificité associée à ce seuil est donc très forte, supérieure à 98 % [18, 25]. En termes de sensibilité, environ 90 % des enfants immunocompétents avec TM ont une induration supérieure ou égale à 10mm [26, 27, 28], alors que seulement 75 à 83 % ont une induration supérieure ou égale à 15mm [15, 29]. La sensibilité diminue chez le jeune nourrisson, surtout si une dissémination est associée [14, 30]. Elle peut devenir très faible, inférieure à 30 %, dans les formes congénitales ou post-natales précoces [30, 31].

L’interprétation de l’IDR en population vaccinée n’a de sens que si ce test est réservé aux situations où la fréquence attendue de l’infection tuberculeuse est nettement supérieure à celle de la population générale : enfants exposés à un cas de tuberculose contagieuse ou situation clinique évocatrice de tuberculose. Dans ces situations, une induration supérieure ou égale à 15mm, dans une population vaccinée par le BCG, doit être considérée comme témoignant d’une infection tuberculeuse [18, 24, 32]. C’est ce seuil qui a été retenu comme définition pour la déclaration de l’infection latente, effective depuis janvier 2003. Ce seuil doit toutefois être abaissé à 10mm ou plus dans les situations les plus à risque d’infection : enfant étroitement exposé à un cas index très bacillifère ou porteur de cavernes radiologiques. Cette attitude permet d’optimiser les valeurs prédictives positive et négative de l’IDR en fonction de la fréquence attendue de l’infection, et donc d’adapter au mieux les décisions thérapeutiques [33].

En l’absence de vaccination par le BCG, le diagnostic d’ITL doit être proposé chez tout enfant dont l’IDR est supérieure ou égale à 10mm. Dans des situations à très fort risque (contact étroit avec un adulte présentant des cavernes et/ou fortement bacillifère), un seuil de 5mm doit être considéré [33].

À ces seuils, il faut ajouter les notions de conversion tuberculinique (augmentation de taille d’au moins 10mm entre deux tests) ou d’induration phlycténulaire, toutes deux classiquement associées au diagnostic d’infection tuberculeuse.

Tests interféron-gamma

Deux tests commerciaux (Quantiferon® et T spot-TB®) sont capables d’identifier une infection tuberculeuse en mesurant la libération d’interféron gamma par les lymphocytes du patient, après stimulation par des antigènes très spécifiques du complexe M.  tuberculosis , et absents des souches BCG (ESAT-6, CFP-10, TB7.7). Leur résultat est donné sous forme qualitative : positif, négatif ou indéterminé. La spécificité de ces tests, mesurée dans des populations à très faible risque d’infection, est supérieure à 95 %, y compris dans les populations vaccinées par le BCG [34, 35, 36]. Leur sensibilité, mesurée chez des patients avec TM, est également très bonne en l’absence d’immunodépression associée, avec des valeurs autour de 90 % [34, 35, 36]. Chez l’enfant, la sensibilité de ces tests apparaît moins bonne, autour de 80 %, et leurs performances diagnostiques dans la TM ne sont pas meilleures – voire inférieures – à celles de l’IDR à la tuberculine [37, 38]. Par ailleurs, la probabilité de réponses indéterminées augmente avec le jeune âge, pouvant atteindre 30 à 40 % chez le très jeune nourrisson, en utilisation routinère [39, 40]. Une approche quantitative de ces tests a récemment montré son intérêt dans l’évaluation des adultes suspects de TM [41], et mériterait d’être évaluée chez l’enfant.

La sensibilité de ces tests dans l’ITL est plus difficile à mesurer, puisque aucun examen ne permet d’affirmer ce diagnostic avec certitude. Le taux de positivité de ces tests est corrélé au degré d’exposition à la source contaminante, comme l’est le taux de positivité du test tuberculinique [34, 42]. La positivité de ces tests est également corrélée à un risque accru de TM ultérieure [43, 44, 45, 46, 47, 48]. Ces tests semblent donc très performants. Toutefois, plusieurs études, y compris chez l’enfant, soulignent des discordances fréquentes entre IDR et tests interféron, lorsque le test tuberculinique est très positif, compatible avec un diagnostic d’ITL [49, 50, 51]. La raison de ces discordances n’est pas encore très claire. Il pourrait s’agir d’une sensibilité insuffisante des tests in vitro dans le diagnostic de l’infection latente, ou au contraire d’une reconnaissance privilégiée des infections récentes par les tests in vitro. En faveur de cette seconde hypothèse, plusieurs études démontrent que les valeurs prédictives positive et négative d’un test interféron gamma pour le développement d’une TM ultérieure sont au moins égales, voire supérieures, à celles de l’IDR [43, 47, 48, 52].

Dans l’état actuel des connaissances, la Haute Autorité de santé ne propose le remplacement du Tubertest® par ces tests dans le cadre d’un dépistage que chez le patient de plus de 15ans (avis du 13 décembre 2006). Un élargissement de ces recommandations devrait bientôt intervenir.

L’intradermoréaction (IDR) à la tuberculine reste l’outil diagnostique de première ligne.
En l’absence de vaccination par le BCG, on évoque une infection tuberculeuse latente chez tout enfant dont l’IDR est supérieure ou égale à 10mm (5 mm quand le risque d’infection est majeur).
La sensibilité des tests tuberculiniques diminue chez le jeune nourrisson, surtout en présence d’une dissémination.
Une induration supérieure ou égale à 15 mm, dans une population vaccinée par le BCG, doit être considérée comme témoignant d’une infection tuberculeuse, mais ce seuil doit être abaissé à 10 mm quand le risque d’infection est majeur.
Pour poser le diagnostic d’infection tuberculeuse, on retient également la notion de conversion sérologique et la présence d’une induration phlycténulaire.
Deux tests permettent d’identifier une infection tuberculeuse en mesurant la libération d’interféron gamma par les lymphocytes du patient, après stimulation par des antigènes très spécifiques du complexe M.  tuberculosis et absents des souches BCG.
La positivité de l’IDR et des tests interféron est corrélée à un risque accru de TM ultérieure.
Actuellement, la Haute Autorité de santé ne propose le remplacement de l’IDR par ces tests dans le cadre d’un dépistage que chez le patient de plus de 15 ans.

Imagerie thoracique

Par définition, la radiographie de thorax doit être normale pour affirmer le diagnostic d’ITL. Les incidences face et profil sont souhaitables pour une visualisation radiologique optimale chez le jeune enfant [53, 54]. Au cours de la TM de l’enfant, une grande variété d’aspects radiologiques va être observée au niveau thoracique.

Atteinte ganglionnaire

L’atteinte ganglionnaire, médiastinale ou hilaire, représente la lésion caractéristique de la TM de l’enfant [55, 56, 57]. Elle est plus importante chez le jeune enfant et le nourrisson. Typiquement, les ganglions ont un centre hypodense en tomodensitométrie, correspondant à la nécrose caséeuse de ces ganglions, et un rehaussement périphérique après injection de produit de contraste [55, 57]. Cet aspect peut toutefois faire défaut, sans exclure le diagnostic [58]. Des calcifications sont possibles, même chez le nourrisson [56]. Des localisations multiples sont observées dans presque tous les cas [55, 57]. Les localisations préférentielles sont sous-carinaire, hilaires (droit et/ou gauche) et paratrachéal droit [55, 56, 57]. Des localisations précarinaire et médiastinale antérieure peuvent également être présentes [55]. Des adénopathies paratrachéales gauches sont possibles, mais moins fréquentes [56]. Une atteinte paratrachéale gauche prédominante ne doit faire retenir le diagnostic de tuberculose qu’avec précaution, après exclusion des diagnostics différentiels, et notamment d’un processus lymphomateux qui peut simuler en tous points la tuberculose [58].

Les adénopathies peuvent se compliquer d’une compression des voies aériennes adjacentes et de troubles de ventilation des segments pulmonaires d’aval. Ces lésions peuvent être visualisées en tomodensitométrie et sont particulièrement fréquentes chez le nourrisson, pouvant être présentes jusque dans 65 % des cas des enfants de moins d’un an [56].

Exceptionnellement, les complications peuvent également concerner les organes de voisinage : perforation œsophagienne [59], occlusion d’une artère pulmonaire [60].

Atteinte parenchymateuse

Des lésions parenchymateuses sont fréquemment présentes au cours de la TM de l’enfant [56]. Le plus souvent, il s’agit d’opacités souvent segmentaires ou lobaires, mais parfois moins systématisées, pouvant prendre des aspects pseudotumoraux [56, 57]. Ces opacités peuvent contenir des zones d’hypodensité, et même des cavités formées par la nécrose tissulaire [56, 57]. Des calcifications peuvent également être présentes au sein de ces opacités [57]. Des nodules de diamètre inférieur à 2cm et de localisation centrolobulaire peuvent être observés en tomodensitométrie dans presque 30 % des tuberculoses pulmonaires de l’enfant [56, 57]. Des nodules plus petits (1 à 3mm) et plus diffus, témoignant de la diffusion hématogène du bacille, sont surtout observables chez le très jeune nourrisson [56].

Infiltrats des sommets et cavernes peuvent êtres visualisés chez l’adolescent, témoignant d’une atteinte parenchymateuse de type « adulte », par réactivation d’une infection ancienne [61].

Épanchement pleural

L’atteinte pleurale est une complication peu fréquente de la primo-infection tuberculeuse, pouvant être surtout observée chez l’enfant de plus de dix ans [17, 62, 63].

Au cours de la TM de l’enfant, on observe de nombreux aspects radiologiques au niveau thoracique : atteinte ganglionnaire, compression des voies aériennes adjacentes et troubles de ventilation des segments pulmonaires d’aval par les adénopathies, opacités parenchymateuses souvent segmentaires ou lobaires, calcifications parenchymateuses et ganglionnaires, nodules centrolobulaires de diamètre inférieur à 2cm, infiltrats des sommets et cavernes chez l’adolescent et plus rarement un épanchement pleural.

Microbiologie
Méthodes de recueil

L’identification de M.  tuberculosis permet d’affirmer le diagnostic de tuberculose. Toutefois, cet argument formel fait souvent défaut chez l’enfant, du fait du caractère volontiers paucibacillaire de la primo-infection. Les enfants crachant rarement spontanément, l’aspiration gastrique représente le mode préférentiel de recueil des sécrétions issues des voies aériennes et dégluties. L’optimisation des conditions de réalisation peut permettre d’augmenter considérablement le rendement des tubages gastriques pour la détection de M.  tuberculosis [64]. Pour ces raisons, l’aspiration gastrique est réalisée au mieux en milieu hospitalier. L’induction d’expectorations par inhalation de sérum salé hypertonique (3–5 %) a été proposée comme une alternative à l’aspiration gastrique, même chez les nourrissons [65, 66]. Le rendement associé à cette technique, réalisée trois jours de suite, est au moins égal à celui des tubages gastriques.

Les prélèvements réalisés au cours d’une endoscopie bronchique (aspiration bronchique ou lavage broncho-alvéolaire) n’ont pas de rendement supérieur aux aspirations gastriques chez l’enfant [6, 67, 68, 69].

L’endoscopie bronchique ne doit donc pas être réalisée à visée uniquement microbiologique.

Examen direct et culture

Du fait des faibles concentrations bacillaires habituelles dans les prélèvements effectués chez les enfants avec TM, un frottis positif n’est observé au maximum que dans 20 % des TM de l’enfant [6, 7, 70, 71, 72].

Une culture positive est retrouvée que dans environ 50 % des TM respiratoires de l’enfant [6, 7, 70, 71, 72].

Amplification génomique

Les systèmes d’amplification génomique sont capables de détecter de faibles quantités de matériel génétique de M.  tuberculosis .

Le niveau de sensibilité des tests PCR peut être très intéressant dans la TM de l’enfant, habituellement paucibacillaire. Peu d’études pédiatriques sont disponibles, mais toutes montrent une sensibilité égale ou supérieure à celle des cultures dans la TM [6, 7, 70, 71, 72]. Les valeurs de sensibilité vont de 45 à 83 % pour les techniques PCR et de 25 à 44 % pour les cultures. Si ces techniques d’amplification génomique n’ont pas d’indication systématique dans la TM de l’enfant, elles peuvent néanmoins être utiles dans les situations où le diagnostic est difficile chez l’enfant, comme les nouveau-nés et les immunodéprimés, chez lesquels des faux-négatifs du test tuberculinique sont fréquents. Ces tests n’ont pas d’indication dans l’infection latente.

L’isolement de M.  tuberculosis fait souvent défaut chez l’enfant, du fait du caractère volontiers paucibacillaire de la primo-infection.
Chez l’enfant, le recueil des sécrétions se fait surtout dans le liquide d’aspiration gastrique ou par induction d’expectorations par inhalation de sérum salé hypertonique.
L’endoscopie n’a pas un meilleur rendement que les aspirations gastriques.
Au cours des tuberculose-maladies respiratoires de l’enfant, le frottis n’est positif que dans 20 % des cas au maximum, et la culture dans environ 50 % des cas.
Les tests d’amplification génomique par PCR peuvent être très intéressants dans la tuberculose-maladie de l’enfant, habituellement paucibacillaire (mais non dans l’infection latente).
Ces tests PCR sont surtout utiles quand le diagnostic est difficile, comme chez les nouveau-nés et les immunodéprimés.

Endoscopie bronchique

L’endoscopie bronchique apporte fréquemment des arguments diagnostiques importants chez les enfants suspects de TM. En effet, 40 à 60 % des enfants avec TM et radiographie de thorax anormale ont une atteinte endobronchique très évocatrice, et directement visualisable en endoscopie [73, 74, 75, 76]. Les aspects les plus fréquents sont une réduction du calibre bronchique par compression d’une adénopathie adjacente, un granulome, du caséum obstructif, ou encore une inflammation muqueuse importante [74, 76]. L’absence d’arguments sur la radiographie de thorax pour une obstruction bronchique n’exclut en rien la présence d’une atteinte endobronchique [73, 74].

Si l’endoscopie bronchique ne se justifie pas à visée uniquement microbiologique, elle reste très informative pour l’évaluation de la maladie endobronchique et doit donc être facilement réalisée chez l’enfant lorsque la radiographie de thorax est anormale. Un scanner de bonne qualité peut permettre de mieux guider les indications endoscopiques, l’absence de rétrécissement trachéobronchique en tomodensitométrie ayant été associée à une endoscopie constamment normale [77]. La place de l’endoscopie virtuelle dans le diagnostic d’atteinte endobronchique reste à évaluer.

L’endoscopie bronchique est utile en cas de suspicion de tuberculose-maladie, en montrant une atteinte endobronchique très évocatrice.
L’endoscopie montre une réduction du calibre bronchique par compression d’une adénopathie adjacente, un granulome, du caséum obstructif ou une inflammation muqueuse importante.

Prise en charge thérapeutique

Le traitement d’une infection latente à bacilles a priori sensible repose préférentiellement sur une bithérapie par isoniazide et rifampicine pendant trois mois, comme chez l’adulte [33]. Plusieurs études chez l’adulte ont montré que ce protocole était équivalent à un traitement par isoniazide seul pendant six à 12 mois [78]. Des données spécifiquement pédiatriques valident également ce choix chez l’enfant. Une étude prospective randomisée de 11ans a comparé durant une première période l’association isoniazide+rifampicine pendant quatre mois à l’isoniazide seul pendant neuf mois, puis durant une deuxième période l’association isoniazide+rifampicine pendant quatre mois à isoniazide+rifampicine pendant trois mois [79]. Un suivi de trois ans a été effectué après traitement pour tous les enfants. Les résultats ne montrent pas de différence d’observance ou d’efficacité entre trois et quatre mois d’association isoniazide et rifampicine. En revanche, l’isoniazide seul pendant neuf mois est associé à une moins bonne compliance et à un taux d’échec significativement plus important [79]. La tolérance a été excellente pour tous les régimes thérapeutiques.

Lorsque l’infection fait suite à un contact avec une tuberculose à bacille multirésistant, la décision thérapeutique est souvent complexe et dépend de la toxicité potentielle des molécules utilisables, ainsi que de l’estimation du risque de progression vers la maladie. Les données pédiatriques récentes confirment que le taux de transmission de l’infection après exposition à une tuberculose multirésistante est comparable à celui observé après exposition à une tuberculose à bacille sensible [80, 81, 82]. Aucun protocole thérapeutique n’est validé dans cette indication. Une association pyrazinamide et éthambutol ou pyrazinamide et quinolone peut être proposée, lorsque le bacille reste sensible à ces antibiotiques [83]. Ces protocoles peuvent être appliqués à l’enfant, les potentiels effets musculosquelettiques des quinolones n’ayant pas été observés dans deux séries d’enfants traités [84, 85] et limités à des arthralgies chez un enfant dans une troisième série [86]. La lévofloxacine est actuellement la molécule préférentielle du fait de son efficacité, de sa bonne tolérance et de données pharmacocinétiques disponibles chez l’enfant [87].

Traitement de la tuberculose-maladie
Formes pulmonaires standard

Le traitement standard recommandé en France chez l’enfant est le traitement quotidien en deux phases comprenant durant la première phase de deux mois l’association de trois ou quatre antibiotiques : isoniazide, rifampicine, pyrazinamide et éventuellement éthambutol, puis durant la deuxième phase de quatre mois l’association isoniazide et rifampicine [33]. L’utilisation de l’éthambutol n’est donc pas systématique chez l’enfant, mais est réservée aux cas riches en bacilles ou suspect d’être à bacilles résistants [33]. En pratique, l’éthambutol est proposé aux enfants dont le contaminateur est originaire de régions avec une prévalence de résistance à l’isoniazide supérieure à 6 % : Amérique du Sud et Centrale, États-Unis, Europe de l’Est, Asie [88], ou aux enfants avec des formes extensives, et notamment les adolescents avec une forme de type « adulte ». Ce traitement est pris dans tous les cas, une fois par jour, à distance des repas.

Des régimes intermittents ont également démontré leur efficacité chez l’enfant. Ils reposent sur l’administration des antituberculeux deux fois par semaine, pendant six mois. Plusieurs protocoles ont été publiés, certains débutant le traitement intermittent d’emblée [89], d’autres préférant garder une phase initiale de traitement quotidien, par exemple durant les 15 premiers jours [90]. Les doses utilisées sont isoniazide 15mg/kg par dose, rifampicine 15mg/kg par dose et pyrazinamide 55mg/kg par dose [89]. Les trois médicaments sont associés durant les deux premiers mois, puis isoniazide et rifampicine sont poursuivis pendant les quatre mois suivants. Si ces régimes ne sont pas recommandés en première intention, ils peuvent être particulièrement utiles lorsqu’une surveillance renforcée est nécessaire pour garantir l’observance du traitement.

Les adaptations thérapeutiques en cas de résistance aux antituberculeux majeurs ne font pas l’objet de spécificités pédiatriques et sont guidées par les mêmes recommandations que chez l’adulte.

Formes miliaires

La durée du traitement nécessaire dans les aspects de miliaire n’est pas parfaitement codifiée.

En l’absence d’atteinte cérébroméningée associée, un schéma classique de quadrithérapie initiale pendant deux mois puis de bithérapie pendant les quatre mois suivants semble suffisant chez l’adulte [91]. Chez l’enfant, il est toutefois habituellement recommandé de prolonger le traitement sur une durée totale de neuf mois, soit deux mois de quadrithérapie et sept mois de bithérapie [91, 92, 93]. Si une localisation cérébroméningée est associée, un traitement de 12 fois est recommandé [92, 93].

Indications des corticoïdes

La place des corticoïdes dans les atteintes respiratoires n’est pas parfaitement définie.

Une corticothérapie est le plus souvent recommandée en cas d’obstruction endobronchique significative (>50 %) constatée lors de la fibroscopie, que cette obstruction entraîne ou non des modifications sur le cliché radiologique [94]. Son efficacité reste toutefois peu documentée, et même controversée. Les rares données pédiatriques sont en faveur d’une guérison plus rapide des lésions avec les corticoïdes [95]. Une étude similaire chez l’adulte ne montre aucun bénéfice [96]. Leur posologie est de 1 à 2mg/kg par jour pendant deux à quatre semaines suivie d’une baisse progressive, en se méfiant des rebonds. L’existence chez le nourrisson d’une adénopathie latérotrachéale compressive avec une muqueuse trachéale fragile reste une contre-indication classique, en raison du risque d’asphyxie par fistulisation.

Les corticoïdes sont également souvent recommandés en cas de miliaire retentissant sévèrement sur la fonction respiratoire [91, 93]. Les données attestant de leur efficacité sont là encore très limitées. Leur prise est associée à un meilleur taux de survie [97].

Particularités du nouveau-né

Un nouveau-né de mère tuberculeuse doit être traité à la naissance si la mère n’a pas été elle-même traitée au moins deux mois avant l’accouchement. Le choix d’une bithérapie ou d’une trithérapie est variable selon les équipes. En cas de négativité persistante de l’IDR à trois mois, il est licite de stopper le traitement, même si certains auteurs préfèrent le poursuivre jusqu’au sixième mois. Le traitement maternel ne contre-indique pas l’allaitement du nouveau-né.

Le traitement d’une infection latente à bacilles a priori sensible repose préférentiellement sur une bithérapie par isoniazide et rifampicine pendant trois mois, comme chez l’adulte.
Après un contact avec une tuberculose à bacille multirésistant, on peut proposer une association pyrazinamide et éthambutol ou pyrazinamide et quinolone, lorsque le bacille reste sensible à ces antibiotiques.
Dans la tuberculose-maladie, le traitement standard recommandé en France en première intention chez l’enfant est le traitement quotidien en deux phases.
En cas de tuberculose miliaire de l’enfant, sans atteinte cérébroméningée, on propose de prolonger le traitement sur une durée totale de neuf mois, soit deux mois de quadrithérapie et sept mois de bithérapie.
Le traitement passe à 12 mois en cas d’atteinte cérébroméningée.
La place des corticoïdes reste à préciser.

Surveillance ; effets secondaires
Toxicité hépatique des antituberculeux

Les principaux effets secondaires liés au traitement antituberculeux sont d’ordre hépatique et peuvent prendre des formes fulminantes, y compris chez l’enfant [98].

Les hépatites symptomatiques induites par l’isoniazide restent toutefois exceptionnelles chez l’enfant, et plus fréquentes après 35ans. Lors du suivi de plus de 11000 patients, aucune toxicité n’a été observée chez les moins de 14ans [99]. Des cas exceptionnels d’hépatites fulminantes de l’enfant ont cependant été observés lors de traitements par isoniazide [98, 100]. L’observatoire américain a répertorié 20 enfants en dix ans adressés pour transplantation hépatique. Cinq de ces enfants sont décédés, dix ont effectivement été transplantés et quatre ont guéri spontanément [98]. L’âge moyen était de 9,8ans et le délai moyen d’apparition des symptômes de 3,3 mois [98]. Pour plusieurs de ces enfants, l’arrêt du traitement au moment des symptômes n’a pas empêché la progression de l’atteinte hépatique. Les facteurs favorisant la survenue d’une hépatotoxicité sont peu nombreux, principalement une élévation préalable des transaminases et une hépatite B active [101].

Les données disponibles montrent que l’association rifampicine–isoniazide n’entraîne pas plus de réactions sévères que l’isoniazide seul lors des traitements d’infection latente [78, 79].

Lors de l’association isoniazide–rifampicine–pyrazinamide au cours du traitement de TM, une élévation des transaminases peut être observée jusque dans 30 % des cas chez l’enfant [102]. Toutefois, cette augmentation est le plus souvent très modeste et n’est supérieure à cinq fois la normale que chez 8 % des enfants traités [103]. La survenue de symptômes concerne 5 % des enfants traités [102]. L’âge inférieur à cinq ans semble associé à un risque plus important d’hépatotoxicité [103]. Les études les plus récentes sont en faveur du rôle prédominant du pyrazinamide dans l’hépatotoxicité observée [103, 104, 105, 106].

En pratique, la surveillance d’un traitement d’infection latente chez l’enfant par isoniazide et rifampicine est avant tout clinique [33, 83]. Une consultation mensuelle est nécessaire. Par ailleurs, une information soigneuse doit être donnée aux familles sur les signes témoignant d’une éventuelle toxicité (vomissements répétés, douleurs abdominales, ictère), et sur l’attitude à avoir devant ces signes : arrêt du traitement et consultation en urgence pour dosage des transaminases. La mention de ces points sur l’ordonnance est préférable. Lorsque la compréhension des signes d’appel par la famille ne semble pas suffisante, un dosage systématique des transaminases à j15, j30 et j60 du traitement reste recommandé.

La présence du pyrazinamide dans le régime thérapeutique (TM ou infection après contact avec une tuberculose multirésistante) impose une surveillance biologique systématique, au minimum mensuelle. L’adaptation thérapeutique en cas d’augmentation des transaminases ne diffère pas de chez l’adulte.

Autres effets secondaires

Les effets indésirables extrahépatiques des antituberculeux sont rarement observés chez l’enfant. Les complications oculaires de l’éthambutol sont difficilement dépistables chez le jeune enfant. Toutefois, ces complications sont dose-dépendantes et exceptionnelles (<0,1 %) pour des posologies autour de 20mg/kg par jour [107]. L’éthambutol peut donc être utilisé sans risque significatif chez les enfants de tout âge, à la dose quotidienne de 20mg/kg par jour, ou en traitement intermittent à la dose de 30mg/kg trois fois par semaine [107].

La toxicité des molécules de deuxième ligne est mal connue chez l’enfant. Les effets secondaires sont fréquents et peuvent concerner 30 à 40 % des enfants traités pour infection à bacilles multirésistants [84, 86]. Les effets digestifs sont largement dominants, à type de nausées et de vomissements. Les réactions hépatiques sont plus rares. La répartition de l’éthionamide en deux ou trois doses quotidiennes, au cours des repas, favorise la tolérance digestive [84]. Les effets neuropsychiatriques peuvent atteindre 11 % des enfants et sont liés à la prise de cyclosérine [84]. Une hypothyroïdie peut être observée en rapport avec l’acide para aminosalicylique (PAS) ou avec plus rarement avec l’éthionamide. Sa fréquence est de 8 à 10 %, justifiant une surveillance systématique des fonctions thyroïdiennes [84, 86].

Les principaux effets secondaires des antituberculeux sont hépatiques.
Les autres effets sont digestifs, neuropsychiatriques (cyclosérine), endocriniens avec hypothyroïdie due à l’acide para aminosalicylique (PAS) ou plus rarement à l’éthionamide, et rarement oculaires (éthambutol).

Stratégies de dépistage pour l’enfant exposé

Le dépistage rapide des enfants exposés à un cas de tuberculose pulmonaire, suivi du traitement des infections latentes avant toute évolution vers la maladie, est un maillon essentiel de la prévention des TM pédiatriques. De nombreux cas de TM pédiatriques pourraient ainsi être évités par un dépistage précoce et efficace. Une enquête américaine avait déjà estimé à 40 % la proportion de TM de l’enfant évitables, car liées à une prise en charge inadéquate [108].

Les recommandations pratiques concernant l’enquête autour d’un cas de tuberculose émises par le Conseil supérieur d’hygiène publique de France placent le médecin du Centre de lutte antituberculeuse (CLAT) au centre du dispositif de dépistage [109]. C’est le CLAT du lieu de résidence du patient qui doit coordonner l’enquête, en collaboration étroite avec les différents médecins partenaires : médecine du travail, médecine scolaire, médecins traitants, services de PMI… Chaque département français possède un CLAT, dont les coordonnées sont régulièrement mises à jour sur le site de la Société de pneumologie de langue française, à l’adresse suivante : spip.php%3Farticle448.

Toute tuberculose pulmonaire de l’adulte, même si les examens directs des expectorations sont négatifs, doit motiver une évaluation rapide du risque d’infection chez les enfants exposés. Cette évaluation, discutée à la section Facteurs de risque d’infection tuberculeuse, est une étape essentielle, car elle permet de décider si un dépistage est nécessaire chez les enfants exposés.

Tout enfant exposé à un cas de tuberculose avec localisation respiratoire et dont le risque de contamination est estimé augmenté, doit bénéficier d’un dépistage incluant un examen clinique, un test tuberculinique intradermique (Tubertest®) et une radiographie de thorax (Figure 1). Ce dépistage doit démarrer dès que le diagnostic est porté chez le cas index, sans attendre le résultat des cultures. En l’absence d’arguments initiaux en faveur d’une infection tuberculeuse, ces explorations doivent être renouvelées deux à trois mois plus tard. En outre et surtout, les échanges d’information entre le médecin responsable du cas index, ceux gérant les cas contacts et les services de lutte antituberculeuse sont une clé essentielle d’un dispositif de bonne qualité.



Figure 1


Figure 1. 

Algorithme décisionnel pour la prise en charge d’un enfant immunocompétent, vacciné par le BCG et exposé à un cas de tuberculose pulmonaire. L’évaluation des facteurs de risque d’infection est basée sur les critères mentionnés dans le Tableau 2. Si l’enfant est non vacciné par le BCG, les seuils d’induration tuberculinique sont abaissés de 5mm : infection latente si supérieur ou égal à 10mm et zone d’incertitude de 5 à 9mm. TLIG : test de libération de l’interféron gamma.

Zoom

Toute anomalie radiologique évocatrice (adénopathies hilaires ou médiastinales, infiltrats ou nodules parenchymateux) doit faire évoquer le diagnostic de TM, quel que soit le résultat du Tubertest®. Une hospitalisation est alors nécessaire.Lorsque la radiographie de thorax est normale, c’est le résultat du Tubertest® qui permet de poser le diagnostic d’infection latente (Intradermoréaction à la tuberculine). La valeur de 10mm ne peut être retenue chez l’enfant vacciné exposé que pour les situations où le risque d’infection dépasse 40 %, ce qui correspond en pratique à une exposition au domicile, étroite et répétée, à un cas index fortement contaminant (BAAR+ à l’examen direct et/ou porteur de cavernes). En se servant des mêmes critères que ceux qui ont été utilisés pour motiver le dépistage (Tableau 2), cela correspond à la présence d’au moins trois à quatre des sept facteurs de risque. Lorsque le risque estimé est plus faible, un seuil de 15mm doit être maintenu pour porter le diagnostic d’ITL chez l’enfant vacciné [33]. Chez un enfant non vacciné par le BCG, ces seuils sont abaissés de 5mm, soit 5mm pour les enfants à haut risque et 10mm lorsque le risque est plus faible.Si le diagnostic d’ITL est finalement retenu, un traitement doit être proposé chez l’enfant (Traitement de l’infection latente). Les recherches microbiologiques préalables par tubage gastrique ne restent recommandées que chez l’enfant de moins de deux ans [33]. Aucun autre examen n’est justifié à titre systématique. En particulier, le scanner thoracique n’est utile qu’en cas de doute sur la normalité de la radiographie de thorax.

En l’absence d’arguments en faveur d’une infection lors de la première évaluation, une prophylaxie par isoniazide et rifampicine est recommandée pour les enfants de moins de deux ans jusqu’à leur deuxième évaluation. D’autres pays recommandent cette prophylaxie jusqu’à cinq ans. Si la délivrance d’une prophylaxie à tous les enfants exposés entre deux et cinq ans est discutable, il paraît néanmoins logique de la proposer aux enfants de cette classe d’âge dont le risque d’infection est élevé.

En conclusion, de nombreuses particularités pédiatriques rendent le diagnostic de tuberculose parfois difficile, nécessitant le recours à un faisceau d’arguments pour poser les indications thérapeutiques adaptées. Le dépistage des enfants exposés à un adulte tuberculeux représente un élément essentiel de la prévention de la TM de l’enfant.

Un dépistage précoce et efficace permettrait d’éviter de nombreux cas de tuberculose-maladie pédiatriques.
Le médecin du Centre de lutte antituberculeuse (CLAT) est au centre du dispositif de dépistage.
Toute tuberculose pulmonaire de l’adulte doit rapidement faire évaluer le risque d’infection chez les enfants exposés.
Tout enfant exposé à un cas de tuberculose avec localisation respiratoire et à risque de contamination doit bénéficier d’un dépistage incluant un examen clinique, une IDR et une radiographie de thorax.
Toute anomalie radiologique évocatrice (adénopathies hilaires ou médiastinales, infiltrats ou nodules parenchymateux) doit faire évoquer le diagnostic de tuberculose-maladie, quel que soit le résultat de l’IDR, et faire hospitaliser le patient.
Lorsque la radiographie de thorax est normale, c’est le résultat de l’IDR qui permet de poser le diagnostic d’infection latente.

Points essentiels

La primo-infection tuberculeuse est le plus souvent latente.
La forme patente, dite tuberculose-maladie, plus rare et qui survient dans l’année qui suit la contamination, se caractérise par un mauvais contrôle de la multiplication bactérienne.
Jusqu’à cinq ans, le risque de progression vers la maladie en cas d’infection est très augmenté, et il est surtout majeur pour les moins de deux ans, ce qui justifie la prophylaxie systématique dans cette tranche d’âge.
Le risque d’atteinte extrathoracique est particulièrement élevé chez l’enfant de moins de cinq ans.
Le dépistage des enfants exposés à un adulte tuberculeux est un élément essentiel de la prévention de la tuberculose-maladie de l’enfant.

Déclaration d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec cet article.

Références

Curtis A.B., Ridzon R., Vogel R., et al. Extensive transmission of Mycobacterium tuberculosis from a child N Engl J Med 1999 ;  341 : 1491-1495 [cross-ref]
Gopi A., Madhavan S.M., Sharma S.K., et al. Diagnosis and treatment of tuberculous pleural effusion in 2006 Chest 2007 ;  131 : 880-889 [cross-ref]
Parrish N.M., Dick J.D., Bishai W.R. Mechanisms of latency in Mycobacterium tuberculosis Trends Microbiol 1998 ;  6 : 107-112 [cross-ref]
Fox T.G. Occult tuberculous infection in children Tubercle 1977 ;  58 : 91-96 [cross-ref]
Toppet M., Malfroot A., Hofman B., et al. Tuberculosis in children: a 13-year follow-up of 1714 patients in a Belgian home care centre Eur J Pediatr 1991 ;  150 : 331-335 [cross-ref]
Delacourt C., Poveda J.D., Chureau C., et al. Use of polymerase chain reaction for improved diagnosis of tuberculosis in children J Pediatr 1995 ;  126 : 703-709 [cross-ref]
Gomez-Pastrana D., Torronteras R., Caro P., et al. Diagnosis of tuberculosis in children using a polymerase chain reaction Pediatr Pulmonol 1999 ;  28 : 344-351 [cross-ref]
Delacourt C., Mani T.M., Bonnerot V., et al. Computed tomography with normal chest radiograph in tuberculous infection Arch Dis Child 1993 ;  69 : 430-432 [cross-ref]
Neu N., Saiman L., San Gabriel P., et al. Diagnosis of pediatric tuberculosis in the modern era Pediatr Infect Dis J 1999 ;  18 : 122-126 [cross-ref]
Aissa K., Madhi F., Ronsin N., et al. Evaluation of a model for efficient screening of tuberculosis contact subjects Am J Respir Crit Care Med 2008 ;  177 : 1041-1047 [cross-ref]
Gessner B.D., Weiss N.S., Nolan C.M. Risk factors for pediatric tuberculosis infection and disease after household exposure to adult index cases in Alaska J Pediatr 1998 ;  132 : 509-513 [cross-ref]
Madhi F., Fuhrman C., Monnet I., et al. Transmission of tuberculosis from adults to children in a Paris suburb Pediatr Pulmonol 2002 ;  34 : 159-163 [cross-ref]
Marais B.J., Gie R.P., Schaaf H.S., et al. The natural history of childhood intra-thoracic tuberculosis: a critical review of literature from the pre-chemotherapy era Int J Tuberc Lung Dis 2004 ;  8 : 392-402
Vallejo J.G., Ong L.T., Starke J.R. Clinical features, diagnosis, and treatment of tuberculosis in infants Pediatrics 1994 ;  94 : 1-7
de Pontual L., Balu L., Ovetchkine P., et al. Tuberculosis in adolescents: a French retrospective study of 52 cases Pediatr Infect Dis J 2006 ;  25 : 930-932 [cross-ref]
Marais B.J., Gie R.P., Hesseling A.H., et al. Adult-type pulmonary tuberculosis in children 10–14years of age Pediatr Infect Dis J 2005 ;  24 : 743-744 [cross-ref]
Schaaf H.S., Marais B.J., Whitelaw A., et al. Culture-confirmed childhood tuberculosis in Cape Town, South Africa: a review of 596 cases BMC Infect Dis 2007 ;  7 : 140 [cross-ref]
Chee C.B., Soh C.H., Boudville I.C., et al. Interpretation of the tuberculin skin test in Mycobacterium bovis BCG-vaccinated Singaporean schoolchildren Am J Respir Crit Care Med 2001 ;  164 : 958-961
Leung C.C., Yew W.W., Chang K.C., et al. Risk of active tuberculosis among schoolchildren in Hong Kong Arch Pediatr Adolesc Med 2006 ;  160 : 247-251 [cross-ref]
Moran-Mendoza O., Marion S.A., Elwood K., et al. Tuberculin skin test size and risk of tuberculosis development: a large population-based study in contacts Int J Tuberc Lung Dis 2007 ;  11 : 1014-1020
Watkins R.E., Brennan R., Plant A.J. Tuberculin reactivity and the risk of tuberculosis: a review Int J Tuberc Lung Dis 2000 ;  4 : 895-903 [cross-ref]
de Charnace G., Delacourt C. Diagnostic techniques in paediatric tuberculosis Paediatr Respir Rev 2001 ;  2 : 120-126 [cross-ref]
American Thoracic Society Centers for Disease Control Prevention Diagnostic standards and classification of tuberculosis in adults and children Am J Respir Crit Care Med 2000 ;  161 : 1376-1395
Wang L., Turner M.O., Elwood R.K., et al. A meta-analysis of the effect of Bacille Calmette Guerin vaccination on tuberculin skin test measurements Thorax 2002 ;  57 : 804-809 [cross-ref]
Menzies R., Vissandjee B. Effect of Bacille Calmette-Guerin vaccination on tuberculin reactivity Am Rev Respir Dis 1992 ;  145 : 621-625
Howie S., Voss L., Baker M., et al. Tuberculosis in New Zealand, 1992–2001: a resurgence Arch Dis Child 2005 ;  90 : 1157-1161 [cross-ref]
Lobato M.N., Loeffler A.M., Furst K., et al. Detection of Mycobacterium tuberculosis in gastric aspirates collected from children: hospitalization is not necessary Pediatrics 1998 ;  102 : E40
Nelson L.J., Schneider E., Wells C.D., et al. Epidemiology of childhood tuberculosis in the United States, 1993–2001: the need for continued vigilance Pediatrics 2004 ;  114 : 333-341 [cross-ref]
Chaparas S.D., Vandiviere H.M., Melvin I., et al. Tuberculin test. Variability with the Mantoux procedure Am Rev Respir Dis 1985 ;  132 : 175-177
Schaaf H.S., Gie R.P., Beyers N., et al. Tuberculosis in infants less than 3months of age Arch Dis Child 1993 ;  69 : 371-374 [cross-ref]
Cantwell M.F., Shehab Z.M., Costello A.M., et al. Brief report: congenital tuberculosis N Engl J Med 1994 ;  330 : 1051-1054 [cross-ref]
Ildirim I., Hacimustafaoglu M., Ediz B. Correlation of tuberculin induration with the number of Bacillus Calmette-Guerin vaccines Pediatr Infect Dis J 1995 ;  14 : 1060-1063
Société de pneumologie de langue française Recommandations pour la prise en charge de la tuberculose en France : conférence d’experts Rev Mal Respir 2004 ;  21 : S5-S11
Menzies D., Pai M., Comstock G. Meta-analysis: new tests for the diagnosis of latent tuberculosis infection: areas of uncertainty and recommendations for research Ann Intern Med 2007 ;  146 : 340-354
Pai M., Zwerling A., Menzies D. Systematic review: T-cell-based assays for the diagnosis of latent tuberculosis infection: an update Ann Intern Med 2008 ;  149 : 177-184
Diel R., Loddenkemper R., Nienhaus A. Evidence-based comparison of commercial interferon-gamma release assays for detecting active TB: a metaanalysis Chest 2010 ;  137 : 952-968 [cross-ref]
Herrmann J.L., Belloy M., Porcher R., et al. Temporal dynamics of interferon gamma responses in children evaluated for tuberculosis PLoS One 2009 ;  4 : e4130
Kampmann B., Whittaker E., Williams A., et al. Interferon-gamma release assays do not identify more children with active tuberculosis than the tuberculin skin test Eur Respir J 2009 ;  33 : 1374-1382 [cross-ref]
Bergamini B.M., Losi M., Vaienti F., et al. Performance of commercial blood tests for the diagnosis of latent tuberculosis infection in children and adolescents Pediatrics 2009 ;  123 : e419-e424
Haustein T., Ridout D.A., Hartley J.C., et al. The likelihood of an indeterminate test result from a whole-blood interferon-gamma release assay for the diagnosis of Mycobacterium tuberculosis infection in children correlates with age and immune status Pediatr Infect Dis J 2009 ;  28 : 669-673 [cross-ref]
Metcalfe J.Z., Cattamanchi A., Vittinghoff E., et al. Evaluation of quantitative IFN-gamma response for risk stratification of active tuberculosis suspects Am J Respir Crit Care Med 2010 ;  181 : 87-93 [cross-ref]
Dinnes J., Deeks J., Kunst H., et al. A systematic review of rapid diagnostic tests for the detection of tuberculosis infection Health Technol Assess 2007 ;  11 : 1-196
Bakir M., Illington K.A., Soysal A., et al. Prognostic value of a T-cell-based, interferon-gamma biomarker in children with tuberculosis contact Ann Intern Med 2008 ;  149 : 777-787
Diel R., Loddenkemper R., Meywald-Walter K., et al. Predictive value of a whole blood IFN-gamma assay for the development of active tuberculosis disease after recent infection with Mycobacterium tuberculosis Am J Respir Crit Care Med 2008 ;  177 : 1164-1170 [cross-ref]
Hill P.C., Brookes R.H., Fox A., et al. Longitudinal assessment of an ELISPOT test for Mycobacterium tuberculosis infection PLoS Med 2007 ;  4 : e192
Hill P.C., Jackson-Sillah D.J., Fox A., et al. Incidence of tuberculosis and the predictive value of ELISPOT and Mantoux tests in Gambian case contacts PLoS One 2008 ;  3 : e1379
del Corral H., Paris S.C., Marin N.D., et al. IFNgamma response to Mycobacterium tuberculosis , risk of infection and disease in household contacts of tuberculosis patients in Columbia PLoS One 2009 ;  4 : e8257
Lienhardt C., Fielding K., Hane A.A., et al. Evaluation of the prognostic value of IFN-gamma release assay and tuberculin skin test in household contacts of infectious tuberculosis cases in Senegal PLoS One 2010 ;  5 : e10508
Arend S.M., Thijsen S.F., Leyten E.M., et al. Comparison of two interferon-gamma assays and tuberculin skin test for tracing tuberculosis contacts Am J Respir Crit Care Med 2007 ;  175 : 618-627 [cross-ref]
Connell T.G., Ritz N., Paxton G.A., et al. A three-way comparison of tuberculin skin testing. QuantiFERON-TB gold and T-SPOT. TB in children PLoS One 2008 ;  3 : e2624
Mazurek G.H., Zajdowicz M.J., Hankinson A.L., et al. Detection of Mycobacterium tuberculosis infection in United States Navy recruits using the tuberculin skin test or whole-blood interferon-gamma release assays Clin Infect Dis 2007 ;  45 : 826-836 [cross-ref]
Diel R, Loddenkemper R, Niemann S, et al. Negative and positive predictive value of a whole-blood IGRA for developing qctive TB - An update. Am J Respir Crit Care Med 2010;183:88–95.
Marais B.J. Tuberculosis in children Pediatr Pulmonol 2008 ;  43 : 322-329 [cross-ref]
Smuts N.A., Beyers N., Gie R.P., et al. Value of the lateral chest radiograph in tuberculosis in children Pediatr Radiol 1994 ;  24 : 478-480 [cross-ref]
Andronikou S., Joseph E., Lucas S., et al. CT scanning for the detection of tuberculous mediastinal and hilar lymphadenopathy in children Pediatr Radiol 2004 ;  34 : 232-236 [cross-ref]
Kim W.S., Choi J.I., Cheon J.E., et al. Pulmonary tuberculosis in infants: radiographic and CT findings AJR Am J Roentgenol 2006 ;  187 : 1024-1033 [cross-ref]
Kim W.S., Moon W.K., Kim I.O., et al. Pulmonary tuberculosis in children: evaluation with CT AJR Am J Roentgenol 1997 ;  168 : 1005-1009
Bilaceroglu S., Gunel O., Eris N., et al. Transbronchial needle aspiration in diagnosing intrathoracic tuberculous lymphadenitis Chest 2004 ;  126 : 259-267 [cross-ref]
Erlank A., Goussard P., Andronikou S., et al. Oesophageal perforation as a complication of primary pulmonary tuberculous lymphadenopathy in children Pediatr Radiol 2007 ;  37 : 636-639 [cross-ref]
Equi A., Redington A., Rosenthal M., et al. Pulmonary artery occlusion from tuberculous lymphadenopathy in a child Pediatr Pulmonol 2001 ;  31 : 311-313 [cross-ref]
Andreu J., Caceres J., Pallisa E., et al. Radiological manifestations of pulmonary tuberculosis Eur J Radiol 2004 ;  51 : 139-149 [cross-ref]
Burroughs M., Beitel A., Kawamura A., et al. Clinical presentation of tuberculosis in culture-positive children. Pediatric Tuberculosis Consortium Pediatr Infect Dis J 1999 ;  18 : 440-446 [cross-ref]
Merino J.M., Carpintero I., Alvarez T., et al. Tuberculous pleural effusion in children Chest 1999 ;  115 : 26-30 [cross-ref]
Pomputius W.F., Rost J., Dennehy P.H., et al. Standardization of gastric aspirate technique improves yield in the diagnosis of tuberculosis in children Pediatr Infect Dis J 1997 ;  16 : 222-226 [cross-ref]
Hatherill M, Hawkridge T, Zar H, et al. Induced sputum or gastric lavage for community-based diagnosis of childhood pulmonary tuberculosis? Arch Dis Child 2009;94:195–201.
Zar H.J., Hanslo D., Apolles P., et al. Induced sputum versus gastric lavage for microbiological confirmation of pulmonary tuberculosis in infants and young children: a prospective study Lancet 2005 ;  365 : 130-134 [cross-ref]
Abadco D.L., Steiner P. Gastric lavage is better than bronchoalveolar lavage for isolation of Mycobacterium tuberculosis in childhood pulmonary tuberculosis Pediatr Infect Dis J 1992 ;  11 : 735-738 [cross-ref]
Singh M., Moosa N.V., Kumar L., et al. Role of gastric lavage and broncho-alveolar lavage in the bacteriological diagnosis of childhood pulmonary tuberculosis Indian Pediatr 2000 ;  37 : 947-951
Somu N., Swaminathan S., Paramasivan C.N., et al. Value of bronchoalveolar lavage and gastric lavage in the diagnosis of pulmonary tuberculosis in children Tuber Lung Dis 1995 ;  76 : 295-299 [cross-ref]
Fauville-Dufaux M., Waelbroeck A., De Mol P., et al. Contribution of the polymerase chain reaction to the diagnosis of tuberculous infections in children Eur J Pediatr 1996 ;  155 : 106-111 [cross-ref]
Gomez-Pastrana D., Torronteras R., Caro P., et al. Comparison of amplicor, in-house polymerase chain reaction, and conventional culture for the diagnosis of tuberculosis in children Clin Infect Dis 2001 ;  32 : 17-22 [cross-ref]
Smith K.C., Starke J.R., Eisenach K., et al. Detection of Mycobacterium tuberculosis in clinical specimens from children using a polymerase chain reaction Pediatrics 1996 ;  97 : 155-160
Chan S., Abadco D.L., Steiner P. Role of flexible fiberoptic bronchoscopy in the diagnosis of childhood endobronchial tuberculosis Pediatr Infect Dis J 1994 ;  13 : 506-509 [cross-ref]
de Blic J., Azevedo I., Burren C.P., et al. The value of flexible bronchoscopy in childhood pulmonary tuberculosis Chest 1991 ;  100 : 688-692 [cross-ref]
Bibi H., Mosheyev A., Shoseyov D., et al. Should bronchoscopy be performed in the evaluation of suspected pediatric pulmonary tuberculosis? Chest 2002 ;  122 : 1604-1608 [cross-ref]
Cakir E., Uyan Z.S., Oktem S., et al. Flexible bronchoscopy for diagnosis and follow-up of childhood endobronchial tuberculosis Pediatr Infect Dis J 2008 ;  27 : 783-787 [cross-ref]
Arlaud K., Gorincour G., Bouvenot J., et al. Could CT scan avoid unnecessary flexible bronchoscopy in children with active pulmonary tuberculosis? A retrospective study Arch Dis Child 2010 ;  95 : 125-129 [cross-ref]
Ena J., Valls V. Short-course therapy with rifampin plus isoniazid, compared with standard therapy with isoniazid, for latent tuberculosis infection: a meta-analysis Clin Infect Dis 2005 ;  40 : 670-676 [cross-ref]
Spyridis N.P., Spyridis P.G., Gelesme A., et al. The effectiveness of a 9-month regimen of isoniazid alone versus 3- and 4-month regimens of isoniazid plus rifampin for treatment of latent tuberculosis infection in children: results of an 11-year randomized study Clin Infect Dis 2007 ;  45 : 715-722 [cross-ref]
Schaaf H.S., Gie R.P., Kennedy M., et al. Evaluation of young children in contact with adult multidrug-resistant pulmonary tuberculosis: a 30-month follow-up Pediatrics 2002 ;  109 : 765-771 [cross-ref]
Teixeira L., Perkins M.D., Johnson J.L., et al. Infection and disease among household contacts of patients with multidrug-resistant tuberculosis Int J Tuberc Lung Dis 2001 ;  5 : 321-328
Vazquez-Gallardo R., Anibarro L., Fernandez-Villar A., et al. Multidrug-resistant tuberculosis in a low-incidence region shows a high rate of transmission Int J Tuberc Lung Dis 2007 ;  11 : 429-435
American Thoracic Society Centers for Disease Control Prevention Targeted tuberculin testing and treatment of latent tuberculosis infection Am J Respir Crit Care Med 2000 ;  161 : S221-S247
Drobac P.C., Mukherjee J.S., Joseph J.K., et al. Community-based therapy for children with multidrug-resistant tuberculosis Pediatrics 2006 ;  117 : 2022-2029 [cross-ref]
Schaaf H.S., Shean K., Donald P.R. Culture confirmed multidrug resistant tuberculosis: diagnostic delay, clinical features, and outcome Arch Dis Child 2003 ;  88 : 1106-1111 [cross-ref]
Feja K., McNelley E., Tran C.S., et al. Management of pediatric multidrug-resistant tuberculosis and latent tuberculosis infections in New York City from 1995 to 2003 Pediatr Infect Dis J 2008 ;  27 : 907-912 [cross-ref]
Chien S., Wells T.G., Blumer J.L., et al. Levofloxacin pharmacokinetics in children J Clin Pharmacol 2005 ;  45 : 153-160 [cross-ref]
Aziz M.A., Wright A., Laszlo A., et al. Epidemiology of antituberculosis drug resistance (the Global Project on Anti-tuberculosis Drug Resistance Surveillance): an updated analysis Lancet 2006 ;  368 : 2142-2154 [cross-ref]
Te Water Naude J.M., Donald P.R., Hussey G.D., et al. Twice weekly vs daily chemotherapy for childhood tuberculosis Pediatr Infect Dis J 2000 ;  19 : 405-410 [cross-ref]
Al-Dossary F.S., Ong L.T., Correa A.G., et al. Treatment of childhood tuberculosis with a six-month directly observed regimen of only two weeks of daily therapy Pediatr Infect Dis J 2002 ;  21 : 91-97 [cross-ref]
Sharma S.K., Mohan A., Sharma A., et al. Miliary tuberculosis: new insights into an old disease Lancet Infect Dis 2005 ;  5 : 415-430 [cross-ref]
American Academy of Pediatrics Committee on Infectious Diseases Chemotherapy for tuberculosis in infants and children Pediatrics 1992 ;  89 : 161-165
American Thoracic Society Centers for Disease Control Prevention Treatment of tuberculosis Am J Respir Crit Care Med 2003 ;  167 : 603-662
Goussard P., Gie R. Airway involvement in pulmonary tuberculosis Paediatr Respir Rev 2007 ;  8 : 118-123 [cross-ref]
Toppet M., Malfroot A., Derde M.P., et al. Corticosteroids in primary tuberculosis with bronchial obstruction Arch Dis Child 1990 ;  65 : 1222-1226 [cross-ref]
Park I.W., Choi B.W., Hue S.H. Prospective study of corticosteroid as an adjunct in the treatment of endobronchial tuberculosis in adults Respirology 1997 ;  2 : 275-281 [cross-ref]
Kim Y.J., Pack K.M., Jeong E., et al. Pulmonary tuberculosis with acute respiratory failure Eur Respir J 2008 ;  32 : 1625-1630 [cross-ref]
Wu S.S., Chao C.S., Vargas J.H., et al. Isoniazid-related hepatic failure in children: a survey of liver transplantation centers Transplantation 2007 ;  84 : 173-179 [cross-ref]
Nolan C.M., Goldberg S.V., Buskin S.E. Hepatotoxicity associated with isoniazid preventive therapy: a 7-year survey from a public health tuberculosis clinic JAMA 1999 ;  281 : 1014-1018 [cross-ref]
Lobato M.N., Jereb J.A., Starke J.R. Unintended consequences: mandatory tuberculin skin testing and severe isoniazid hepatotoxicity Pediatrics 2008 ;  121 : e1732-e1733
Saukkonen J.J., Cohn D.L., Jasmer R.M., et al. An official ATS statement: hepatotoxicity of antituberculosis therapy Am J Respir Crit Care Med 2006 ;  174 : 935-952 [cross-ref]
Corrigan D., Paton J. Hepatic enzyme abnormalities in children on triple therapy for tuberculosis Pediatr Pulmonol 1999 ;  27 : 37-42 [cross-ref]
Ohkawa K., Hashiguchi M., Ohno K., et al. Risk factors for antituberculous chemotherapy-induced hepatotoxicity in Japanese pediatric patients Clin Pharmacol Ther 2002 ;  72 : 220-226 [cross-ref]
Chang K.C., Leung C.C., Yew W.W., et al. Hepatotoxicity of pyrazinamide: cohort and case-control analyses Am J Respir Crit Care Med 2008 ;  177 : 1391-1396 [cross-ref]
Marra F., Marra C.A., Bruchet N., et al. Adverse drug reactions associated with first-line anti-tuberculosis drug regimens Int J Tuberc Lung Dis 2007 ;  11 : 868-875
Yee D., Valiquette C., Pelletier M., et al. Incidence of serious side effects from first-line antituberculosis drugs among patients treated for active tuberculosis Am J Respir Crit Care Med 2003 ;  167 : 1472-1477 [cross-ref]
Donald P.R., Maher D., Maritz J.S., et al. Ethambutol dosage for the treatment of children: literature review and recommendations Int J Tuberc Lung Dis 2006 ;  10 : 1318-1330
Lobato M.N., Mohle-Boetani J.C., Royce S.E. Missed opportunities for preventing tuberculosis among children younger than five years of age Pediatrics 2000 ;  106 : E75
Conseil supérieur d’hygiène publique de France. Enquête autour d’un cas de tuberculose. Recommandations pratiques. reco_cshpf.pdf. 2006.
Bailey W.C., Gerald L.B., Kimerling M.E., et al. Predictive model to identify positive tuberculosis skin test results during contact investigations JAMA 2002 ;  287 : 996-1002 [cross-ref]
den Boon S., Verver S., Marais B.J., et al. Association between passive smoking and infection with Mycobacterium tuberculosis in children Pediatrics 2007 ;  119 : 734-739 [cross-ref]
Froehlich H., Ackerson L.M., Morozumi P.A. Targeted testing of children for tuberculosis: validation of a risk assessment questionnaire Pediatrics 2001 ;  107 : E54



© 2011  SPLF. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Accédez directement à un numéro :
  • Résumés du 16ème Congrès de Pneumologie de Langue Française
  • Recommandations pour la pratique clinique du SAHOS de l’adulte (Texte long)
  • Mission ATS 2011 : Les thèmes forts du Congrès américain





Article

PDF
Accès au texte (PDF)
Quel est votre diagnostic ?
Voir la réponse
Opération sous l'égide de la SPLF
La revue RMR est également disponible sur iPhone et iPad grâce à l'application EM-revues. Voir l'application
Site e-commerce : www.elsevier-masson.fr | Service d'aide à la décision clinique : www.em-select.com | Suivez notre actualité sur le blog Elsevier Masson : blog.elsevier-masson.fr
Site pour réussir ses ecn : www.e-ecn.com
EM-CONSULTE.COM est déclaré à la CNIL, déclaration n° 1286925.
En application de la loi nº78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez des droits d'opposition (art.26 de la loi), d'accès (art.34 à 38 de la loi), et de rectification (art.36 de la loi) des données vous concernant. Ainsi, vous pouvez exiger que soient rectifiées, complétées, clarifiées, mises à jour ou effacées les informations vous concernant qui sont inexactes, incomplètes, équivoques, périmées ou dont la collecte ou l'utilisation ou la conservation est interdite.
Les informations personnelles concernant les visiteurs de notre site, y compris leur identité, sont confidentielles.
Le responsable du site s'engage sur l'honneur à respecter les conditions légales de confidentialité applicables en France et à ne pas divulguer ces informations à des tiers.
Fermer
Plan de l'article