L'accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
  • Si vous êtes abonné, veuillez vous identifier dans la zone 'Mon compte' en haut à droite de l'écran.

  • Si vous souhaitez vous abonner à cette revue, consultez nos tarifs



Article archivé

Revue des Maladies Respiratoires
Sous presse. Epreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le mardi 13 novembre 2012
Doi : 10.1016/j.rmr.2012.07.007
Reçu le : 20 avril 2012 ;  accepté le : 17 juillet 2012
Changement climatique et pollinisation
Climate change and pollination
 

J.-P. Besancenot , 1 , M. Thibaudon 1
Réseau national de surveillance aérobiologique, Brussieu, France 

Auteur correspondant. 468, chemin des Fontaines, 83470 Saint-Maximin-La-Sainte-Baume, France.
Résumé
Introduction

Le réchauffement de la planète au cours des dernières décennies ne fait plus guère de doute, et il a des répercussions inévitables sur la pollinisation. L’opinion prévaut que la tendance va se poursuivre et même s’amplifier dans l’avenir.

État des connaissances

Un climat plus chaud a une forte probabilité d’anticiper les dates de floraison, d’allonger la saison pollinique et d’augmenter les concentrations de pollen dans l’air. Il peut également accroître le contenu allergénique des grains de pollen et entraîner un déplacement vers le nord, ou en altitude, de l’aire d’extension de certaines espèces. Des taux croissants de CO2  atmosphérique sont en outre susceptibles de renforcer ces diverses tendances.

Perspectives

Les prévisions sont inévitablement entachées d’incertitudes. Une meilleure compréhension de l’ampleur et du sens des changements affectant la pollinisation est indispensable si l’on veut quantifier le fardeau des allergies et modéliser les impacts à venir dans le cadre de différents scénarios d’évolution du climat.

Conclusions

Le changement climatique influence l’exposition de la population au pollen anémophile, ce qui peut affecter la prévalence et la sévérité des symptômes allergiques. Il y a là une préoccupation majeure de santé publique, qui requiert la mise en œuvre sans délai de stratégies appropriées d’adaptation.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.
Summary
Introduction

There is growing evidence to support an increase in air temperature over recent decades, with significant effects on aeroallergens such as pollen. It is generally accepted that the trend will continue, and become even more pronounced in the future.

Background

Global climate change is already affecting, and will continue to affect, with earlier floral initiation, the timing of the production of allergenic pollen. In addition, a warmer climate might lead to a longer pollen season and more days with high pollen counts. It could also increase the allergen content of pollens, and result in extension of plant species towards the poles and higher altitudes. Finally, rising levels of atmospheric CO2  are likely to reinforce these trends.

Viewpoint

These predictions are subject to uncertainties that may lead to outcomes that differ materially from what is expected. Understanding the magnitude and direction of the changes affecting pollinisation is critical in order to quantify the future allergic disease burden and model the impacts of different climate change scenarios.

Conclusions

Climate change influences the production, distribution, dispersion and allergenicity of anemophilous pollen and the growth and distribution of weeds, grasses and trees that produce it. These changes in aeroallergens and subsequent human exposure could affect the prevalence and severity of allergic disorders. There is, therefore, an important public health issue that requires development and implementation of appropriate response strategies without delay.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Aérobiologie, Changement climatique, Impacts, Pollen, Pollinose

Keywords : Aerobiology, Climate change, Impacts, Pollen, Pollinisation


1  Groupe de travail aérobiologie de la Société française d’allergologie, France.
2  Il existe, dans le processus de photosynthèse, deux types de fixation du CO2 (autrement dit, deux voies de synthèse des sucres), identifiés par les termes C3 et C4, qui reflètent le nombre d’atomes de carbone de la première molécule organique formée. Ces mécanismes sont associés à des comportements écophysiologiques différents. L’activité photosynthétique des végétaux dits « en C3 », de loin les plus nombreux en zone tempérée, réagit plus nettement à l’augmentation du CO2 , alors que la photosynthèse des plantes dites « en C4 », déjà optimisée, est moins réactive. En revanche les C4, pour la plupart d’origine tropicale (maïs, sorgho, canne à sucre…), valorisent mieux l’utilisation de l’eau.
3  De nombreuses incertitudes émaillent la problématique de l’évolution future du climat. On prétend souvent, sans preuve véritable, qu’elles tiennent pour moitié à une connaissance imparfaite du système planétaire (rôle des nuages, de la biosphère, du CO2 de l’océan…) et pour moitié aux hypothèses qui sont au fondement des scénarios mis au point par le GIEC, en particulier les hypothèses sur l’évolution technique et sur les capacités des économies à continuer de croître tout en réduisant leurs émissions. Or, ces incertitudes se répercutent, souvent en s’amplifiant, sur les impacts du changement climatique – ici sur le comportement de la végétation. Le GIEC a délibérément exclu les scénarios de type catastrophe ou « surprise » climatique, considérés comme marginaux et non représentatifs. Nous n’avons donc pas pris en compte les rares publications qui retenaient de tels scénarios, de façon à privilégier les scénarios A1B (réchauffement de 1,7 à 4,4 °C au xxie siècle) et A2 (réchauffement de 2,0 à 5,4 °C) [3]. L’étendue des intervalles de variation doit néanmoins inciter à la prudence dans la comparaison d’études utilisant des modèles différents ou ne précisant pas exactement quel modèle a été utilisé.


© 2012  SPLF. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.