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Représentation de la sédation en situation palliative chez les pneumologues - 24/01/14

Doi : 10.1016/j.rmr.2013.07.002 
A.-L. Grijol-Cariou a, , F. Goupil b, P. Hubault c, J. Jouanneau a
a Équipe mobile d’accompagnement et de soins palliatifs, centre hospitalier du Mans, 194, avenue Rubillard, 72000 Le Mans, France 
b Service des maladies respiratoires, centre hospitalier du Mans, 72000 Le Mans, France 
c Équipe mobile d’accompagnement et de soins de support et palliatifs, CHU d’Angers, 49000 Angers, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Introduction

Les pathologies pulmonaires chroniques évoluées et notamment les cancers bronchopulmonaires sont souvent de mauvais pronostic et sources de symptômes pénibles pour le patient, d’autant plus en phase terminale de ces maladies. En cas de symptômes intolérables pour le patient et réfractaires au traitement maximal, une sédation peut alors être envisagée mais celle-ci est parfois source de confusion et de difficultés pour les prescripteurs, nécessitant d’en connaître les recommandations officielles. Le but de cette étude était d’étudier la représentation qu’ont les pneumologues de la sédation, afin de comprendre leurs éventuelles difficultés face à ces situations complexes.

Méthode

L’étude a été réalisée sous forme d’entretiens semi-dirigés interprétés de façon anonyme, sur la base du volontariat des médecins. Les thèmes abordés concernaient leur définition de la sédation, ses indications, leurs éventuelles difficultés ou réticences, l’information donnée au patient, la traçabilité de la sédation.

Résultats

Tous les pneumologues ont participé à cette étude, démontrant un intérêt majeur pour ce sujet. Aucune décision de sédation n’est prise de façon banale. La majorité des pneumologues fait bien la différence entre anxiolyse et sédation, la plupart définissant cette dernière comme un recours médicamenteux afin d’endormir le patient face à des symptômes incontrôlables. Tous refusent de l’assimiler à une euthanasie, même si la moitié fait part d’un ressenti de causalité entre sa mise en place et le décès du patient – sachant que peu évoquent la possibilité d’une sédation transitoire. La principale réticence des médecins est l’insuffisance respiratoire chronique. Toute décision de sédation est discutée au préalable avec l’équipe soignante et l’interne en charge du patient, mais pas forcément avec un autre confrère. Il n’existe que rarement une trace écrite de cette discussion dans le dossier, ainsi que de l’information donnée au patient et à sa famille, d’où des difficultés décisionnelles lors des astreintes. La décision de sédation est vécue comme difficile, car suppose l’annonce au patient d’un pronostic vital engagé à court terme.

Conclusions

Dans cette population médicale déjà sensibilisée aux soins palliatifs, la majorité des pneumologues connaît donc la définition, les indications de la sédation et le principe de décision collégiale, mais peu sont conscients de la nécessité de la réévaluer régulièrement, de la tracer, et de sa possible réversibilité. Il est donc nécessaire de poursuivre la formation des professionnels afin d’améliorer les pratiques.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

Introduction

The prognosis of advanced stage chronic lung disease, including lung cancer, is often poor and associated with uncomfortable symptoms for the patient, especially in the end of life phase. In the case of intolerable symptoms, refractory to maximal treatment, sedation may then be considered. This is sometimes a source of confusion and difficulty for clinicians who need to know the official guidelines. The purpose of this study was to investigate the use of sedation by respiratory physicians, in order to understand their difficulties in these complex situations.

Method

The study was conducted using semi-structured, anonymous interviews of volunteers. The topics discussed included their definition of sedation, its indications, their possible difficulties or reluctance in using it, the information given to the patient and the traceability of the sedation prescription.

Results

All respiratory physicians agreed to participate in the study, indicating a major interest in this topic. No sedation decision is taken without careful consideration. The majority of physicians understand the difference between anxiolysis and sedation, most defining the latter as using a drug to sedate a patient faced with uncontrollable symptoms. All doctors refused to link sedation to euthanasia, although half expressed a feeling of causality between sedation and the patient's death – knowing that few consider the possibility of transient sedation. The main reluctance among doctors is in chronic respiratory insufficiency. Any decision concerning sedation should be discussed beforehand with the care team and the resident in charge of the patient, but not necessarily with another colleague. There is rarely evidence of this discussion in the medical records or of the information given to the patient and his family, thus increasing the difficulties of decision-making, especially at nights or weekends. The decision to start sedation is seen as difficult because it presupposes that a life-threatening short-term prognosis has been already been given to the patient.

Conclusions

In this medical population, already aware of palliative care issues, the majority of respiratory physicians know the definition, the indications for sedation and the principles of collective decision, but few are aware of the need of regular reappraisal of the sedation, to record it, and of its potential reversibility. There is, therefore, a clear need for regular and further training of clinicians to improve their professional practice

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Sédation, Soins palliatifs, Pneumologues, Fin de vie, Enquête

Keywords : Sedation, Palliative care, Respiratory physicians, End of life, Survey


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Vol 31 - N° 1

P. 48-56 - janvier 2014 Retour au numéro
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