Un campus numérique est un dispositif de formation à distance qui utilise les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour faciliter la diffusion des ressources didactiques et pédagogiques et améliorer l’enseignement. Les collèges d’enseignants des disciplines médicales, dont les tâches sont de promouvoir, développer et harmoniser l’enseignement, s’intéressent naturellement au développement de tels outils [1Moreau J.J. Améliorer la formation en neurochirurgie Neurochirurgie 2002 ; 48 : 307-308
Cliquez ici pour aller à la section Références, 2Debry C., Schultz P., Mondain M., Reyt E. Mise en place et diffusion d’un campus numérique en milieu hospitalo-universitaire : l’exemple de l’oto-rhino-laryngologie (ORL) Pédagogie Médicale 2007 ; 8 : 101-106 [cross-ref]
Cliquez ici pour aller à la section Références et 3Philippe H.J., El Balaa Z., Ploteau S., Philippe M. Modélisation d’un campus numérique pour les études en médecine à partir de l’expérience française en gynécologie-obstétrique Pédagogie Médicale 2003 ; 4 : 235-241 [cross-ref]
Cliquez ici pour aller à la section Références].
Un campus numérique http://campus.neurochirurgie.fr a été réalisé en neurochirurgie à l’instigation du Collège français des enseignants de cette discipline caractérisée par un nombre réduit de spécialistes en formation et par la dispersion des enseignants sur le territoire national. L’identification des besoins a déterminé quatre pôles d’enseignement dédiés respectivement : aux étudiants en médecine de niveau prégradué (en France, premier et deuxième cycle des études médicales, aux étudiants en neurochirurgie de niveau post-gradué (en France, troisième cycle des études médicales), aux médecins dans le cadre de la formation médicale continue, aux autres professionnels de santé concernés en formation initiale et continue. Le campus numérique offre des activités d’apprentissage exploitant les différentes ressources auxquelles donne accès l’outil numérique dans chacun de ces quatre pôles. Tous les domaines de la spécialité étant ainsi concernés, l’ensemble de la communauté neurochirurgicale s’est mobilisé dans la création et l’utilisation du campus. L’accès en est libre et gratuit afin de faciliter d’une part, l’accès aux connaissances au sein de la francophonie et, d’autre part, la collaboration avec les autres disciplines de santé. Le campus a été créé au début des années 2000, à l’occasion des appels à projets de campus numériques initié par le Ministère de la recherche et de la technologie. Son développement a bénéficié de l’aide financière et technologique de l’Université médicale virtuelle francophone (UMVF), du Centre hospitalier universitaire de Limoges, de l’Université de Limoges, de la Région Limousin et de l’Union européenne.
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Outils numériques utilisés et leur évolution |
L’ensemble des outils numériques utilisés dans le campus numérique de neurochirurgie respecte les recommandations gouvernementales et européennes dans l’utilisation des langages non propriétaires et des logiciels libres. Toutes les données numériques sont hébergées au sein de l’Université de Limoges, de manière à affirmer le positionnement scientifique et pédagogique du site et à en garantir sa pérennité.
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De la visioconférence « réseaux numériques à intégration de service » à la Web- conférence Internet protocol |
La visioconférence sur lignes téléphoniques numériques, « réseaux numériques à intégration de service » (RNIS), permet aussi facilement qu’un téléphone classique, « réseau téléphonique commuté » (RTC), d’entrer en télécommunication avec un correspondant distant équipé d’un matériel similaire. La communication visuelle et orale se fait alors entre deux points distants. Les avantages résident dans la simplicité d’utilisation des outils commerciaux et la sécurité des lignes RNIS. La visioconférence multipoints (entre plus de deux sites) sur lignes RNIS est plus compliquée à mettre en place et requiert l’utilisation d’un pont d’interconnexion. L’acquisition d’un pont d’interconnexion de visioconférence demande un investissement financier. Ce médiateur de télécommunications multipoints est partagé et la plupart du temps payant. L’organisation et le déroulement d’une telle visioconférence doivent être programmés et dirigés. Nous avons pu constater, après neuf années d’utilisation dans l’enseignement interrégional de neurochirurgie, que ces contraintes techniques pouvaient contribuer à une structuration plus aboutie des séances d’enseignement et des réunions médicales.
La visioconférence RNIS permet de partager la vidéo et de transmettre l’image d’écrans d’ordinateur mais elle ne permet pas le partage d’application et n’offre pas d’outils numériques de collaboration. Aujourd’hui, avec l’avènement du haut débit de l’Internet et la généralisation des outils informatiques, la visioconférence se transforme en une « Web- conférence ». Cette Web- conférence Internet protocol (IP) a de nombreux avantages : la réduction des coûts de communication, l’utilisation en partage d’outils informatiques, la souplesse des communications, l’accessibilité depuis n’importe quel poste informatique connecté et équipé d’un minimum de matériel (micro casque, Webcam ). Si certaines contraintes, comme la prise de parole, restent de mise, celles liées à l’organisation sont minimisées (horaire, nombre de participants...). Quelle que soit la technologie employée, ces visioconférences peuvent être enregistrées et stockées sur un site numérique.
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Du site Internet statique au site dynamique avec aide à la publication pour l’Internet |
Lors de l’ouverture de l’adresse http://campus.neurochirurgie.fr, en 2001, la stratégie de création de contenu n’était pas encore finalisée. Le contenu était présenté sous forme de pages statiques, chacune existant « physiquement ». Mais dès qu’il s’est agi de refondre l’ergonomie du site, de mettre en place un moteur de recherche ou de mettre un livre en ligne, les limites économiques et fonctionnelles d’une telle publication ont été atteintes. Il nous fallait séparer le contenu du contenant, disposer le contenu dans des bases de données, pouvoir modifier l’ergonomie du contenant et assurer la pérennité des contenus multimédia. Parmi les systèmes développés sous licence libre de droits, le projet de la communauté Système de publication pour l’Internet partagé (SPIP, www.spip.net/fr) nous est apparu comme le plus abouti. Le système d’aide à la publication pour l’Internet permet en effet aux auteurs d’autopublier leurs productions sur le site sous contrôle du directeur de publication.
Sur ces principes de publication assistée, nous avons développé une plate-forme numérique pour gérer des formations en ligne. Une telle plate-forme dynamique, où contenu et contenant sont clairement séparés, permet de mettre en place différents systèmes d’auto-évaluation [test de concordance de scripts (TCS), questions à choix multiples (QCM)] et de gérer toutes les étapes nécessaires à une formation en ligne : l’inscription, le paiement, l’attestation de suivi de formation, la gestion d’un porte feuille électronique.
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Du streaming vidéo au Richmédia (vidéo enrichie) |
Le streaming est une lecture en continu sur l’Internet d’une vidéo, qui diffère donc d’une lecture après téléchargement (vidéo à la demande). Il permet de proposer la diffusion sur l’Internet de fichiers numériques audiovisuels. Son intérêt tient à la diffusion des flux en direct ou à la lecture de fichiers très volumineux de plusieurs dizaines de minutes comme des vidéos. Nous utilisons cette technologie au sein du campus numérique de neurochirurgie pour diffuser des films pédagogiques d’interventions chirurgicales ou l’enregistrement de visioconférences. Pour accéder au streaming vidéo, il faut avoir installé sur son ordinateur un logiciel de lecture qui peut être obtenu par téléchargement gratuit. Dans le cas d’une lecture sur un ordinateur institutionnel (hospitalier ou universitaire, par exemple), ces logiciels doivent être installés par un professionnel de l’établissement. Pour s’affranchir de cette contrainte, nous utilisons désormais la technologie Flash dont 97% des terminaux sont équipés. Un autre intérêt tient au fait que cette technologie ne nécessite plus de serveur spécifique pour le stockage des vidéos mais seulement les plates formes standard et libres des serveurs Web .
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Richmédia ou « Interfaces riches » |
Un service RichMédia intègre, au sein d’une même interface, plusieurs supports (image, vidéo, texte, musique, sons, …) synchronisés et pouvant interagir entre eux. Ce service est directement issu des potentialités offertes par le streaming vidéo. En effet la vidéo d’un orateur est ainsi synchronisée et enrichie de ses supports de communication (diapositives, texte, images, films,…) et accompagnée d’un sommaire interactif des titres de chapitre (Figure 1). Il permet de transposer virtuellement les communications scientifiques dispensées en présentiel, de les sauvegarder et de les placer à la lecture sur l’Internet. Cette sauvegarde de l’éphémère communication scientifique a été réalisée à l’occasion de l’ensemble des manifestations scientifiques de la Société française de neurochirurgie et du Collège des enseignants de neurochirurgie depuis 2002. À l’heure actuelle, une centaine de communications sont accessibles sur le campus de neurochirurgie.
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| Figure 1. Exemple de production didactique permise par le système RichMédia. Zoom |
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Un modèle d’enseignement interrégional pour les internes de neurochirurgie à l’aide de la visioconférence |
En France, l’enseignement du troisième cycle de spécialité des études médicales, est organisé au niveau d’interrégions, au sein desquelles les différents centres d’enseignement régionaux, situés le plus souvent dans les Centres hospitaliers universitaires (CHU), sont éloignés les uns des autres. Le nombre réduit des étudiants et des enseignants en neurochirurgie rend difficile l’harmonisation et la promotion de nouvelles techniques d’enseignement. Un des moyens de répondre à la dispersion et au nombre réduit des neurochirurgiens est d’utiliser des méthodes pédagogiques permises par les TIC [4Lebrun M. Pédagogie et technologie : en marche vers « l’autrement » Pédagogie Médicale 2000 ; 1 : 45-53 [cross-ref]
Cliquez ici pour aller à la section Références]. Dans ce contexte, il a été décidé d’augmenter le nombre de séances d’enseignement interrégional, de modifier la forme pédagogique des formations en la centrant sur l’étudiant et ses besoins, de choisir des ressources adaptées et attractives pour l’apprentissage, pour gommer les différences entre les régions et apporter des solutions au problème de l’absentéisme, volontaire ou non (garde et astreinte), et enfin de développer un système d’auto-évaluation.
Pour répondre à ces besoins, il a été mis en place un enseignement interrégional par petits groupes, dispensé par visioconférence [5Moreau J.J., Moubacher M.J., Proust F., Marchand L., Dauger F. Modèle d’enseignement inter régional de Neurochirurgie par visioconférence Neurochirurgie 2003 ; 49 : 464-469
Cliquez ici pour aller à la section Références]. Ce modèle a été élaboré au sein d’une interrégion test (Sud-Ouest). Le site numérique du campus de neurochirurgie a permis de diffuser et d’exploiter ce modèle. La mise en place de ce modèle est dépendante de contraintes technologiques et pédagogiques qui doivent être résolues avant sa mise en œuvre.
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Préparation de la séance pédagogique |
Un des coordonnateurs régionaux parmi les quatre à six responsables pédagogiques de l’interrégion est désigné comme responsable pédagogique de la séance. Le programme et le prétest sont mis en ligne deux à quatre semaines avant sur le site numérique du campus. Le responsable choisit les sujets de la séance (en général deux à trois sujets) parmi les modules dont il a la responsabilité au sein de l’interrégion. Pour chaque sujet, un cas clinique est construit ; des questions ouvertes y sont annexées, permettant une certaine liberté de discussion et d’interprétation. Ce matériel est placé sur le site du campus, soit le jour de la séance d’enseignement, soit quelques jours avant. Avant la séance, l’étudiant répond à un prétest en se connectant sur le site du campus. Le test peut se faire sous différentes formes : résolution de cas cliniques sur le même sujet, interprétation d’examens complémentaires, analyse d’articles avec réponses à des questions ou lecture libre d’une liste d’articles de référence, etc. Les réponses aux questions sont placées sur le site, le jour de la séance ou le lendemain, en guise de feed-back . Un post-test peut être proposé quelques semaines après, sous la même forme.
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Organisation de la séance |
Une fois les paramètres de connexion testés, la séance commence par la présentation des différentes personnes présentes : étudiants (5 à 10 par ville) et tuteurs. Un tuteur est présent dans chaque région ou chaque site de visioconférence. Le responsable pédagogique (qui peut être l’un des tuteurs) dirige la séance et donne la parole à tour de rôle à chaque site. Le cas clinique est livré à la lecture et à l’interprétation des étudiants pendant une demi-heure. Pendant cette période de temps, les micros sont éteints et la résolution du cas clinique se fait en faisant appel à la réflexion individuelle de l’apprenant puis à la réflexion partagée en petits groupes in situ . Un étudiant a été préalablement désigné comme rapporteur des réponses du groupe auprès des autres régions. Pendant cette période, le tuteur a un rôle très important pour faire respecter les différentes phases du processus : réflexion individuelle, comparaison avec ses pairs en présentiel et à distance, rapport des données collectives. Le temps étant écoulé, les réponses aux questions se font à tour de rôle, à la demande du responsable pédagogique. La prise de parole est réclamée pour une éventuelle remarque. La solution finale du cas est donnée par le responsable pédagogique (ou un tuteur), parfois agrémentée d’éléments visuels (radiographies, films, photos, présentation Power-Point , etc.). Un feed-back sur le sujet peut être proposé par un étudiant, un chef de clinique ou un tuteur. Le soutien de l’attention des participants est facilité lorsque la séance de visioconférence n’excède pas quatre heures et que son déroulement répond à une organisation structurée (consignée sous forme de guide pratique). Chaque interrégion peut développer des modalités spécifiques de séances, conformes à ses habitudes, pourvu que soient respectées les principes directeurs généraux.
C’est un outil indispensable qui sert de dispensateur des ressources avant et après les séances. Il est utilisé comme banque de données par les responsables des différentes interrégions, qui l’utilisent pour sélectionner le matériel nécessaire à leurs propres interventions pédagogiques ou stocker leur production. Une place est réservée à chaque région et interrégion. Chaque étudiant a la possibilité de répondre aux questions du prétest sur le site et de s’auto-évaluer avec les réponses.
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Un modèle d’enseignement régional pour les Instituts de formation en soins infirmiers |
Parallèlement à la mise en place de l’enseignement du troisième cycle de spécialité médicale par visioconférence, une réflexion s’est amorcée sur la manière de faire évoluer l’enseignement des soins infirmiers en neurochirurgie dans la région Limousin.
Les six Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) présentes en Limousin sont dispersés dans les trois départements de la région, dans des villes éloignées les unes des autres de plus de 100 km. Les besoins en ressources pédagogiques des différentes IFSI sont variables : participation d’un médecin sur thème concernant la pathologie ; intervention ponctuelle d’infirmières de spécialité sur des thèmes très précis ; présentation plus générale de la spécialité, à l’ensemble ou à une partie de la promotion des élèves pendant une demijournée, dans le cadre du module optionnel de deuxième année - qui nécessitait le déplacement d’un cadre ou celui des étudiants- ; enseignement complet du module de neurochirurgie -qui représente huit heures (une journée pleine) dans le programme de formation et qui demandait l’intervention sur place d’un neurochirurgien et d’un cadre de santé.
Les contraintes liées à l’éloignement des IFSI, aux exigences de déplacement des formateurs ou des étudiants, ont conduit à envisager le recours à un dispositif de formation exploitant les ressources de la visioconférence.
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Modification des objectifs et des méthodes pédagogiques |
Un travail a été réalisé avec les cadres pédagogiques pour adapter le modèle d’enseignement médical aux étudiants infirmiers, avec une contrainte majeure constituée par le nombre d’étudiants (respectivement 40 et 50 pour les deux instituts concernés par le projet). Le redécoupage des séquences d’enseignement a été revu. Les principes étaient :
• | de mettre à disposition en ligne le maximum de connaissances de la spécialité ;
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• | de favoriser l’engagement actif des étudiants dans leur formation, en les incitant à exploiter les acquis théoriques et les acquis de stage et à faire des liens entre les deux.
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Les objectifs pédagogiques étaient que les étudiants soient en mesure de décrire les différentes étapes de la prise en charge du patient et de les expliquer à partir d’une situation clinique donnée, en mobilisant les connaissances acquises dans les différents modules de formation.
À partir de dossiers de patients présents dans l’unité, nous avons construit des cas cliniques autour de quatre thèmes (traumatisme crânien, tumeur cérébrale, rachis dégénératif, fracture du rachis) avec des questions précises sur la prise en charge de patients. Ces quatre sujets devaient être traités au cours de deux séances de trois heures par visioconférence.
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Organisation de la séance d’enseignement |
Dans les jours qui précèdent les séances, la promotion d’étudiants (de 40 à 70 par IFSI) est divisée en quatre groupes, chaque groupe travaillant sur un thème. Le jour de la rencontre, chaque thème est traité à tour de rôle. Les rapporteurs du groupe présentent leur travail. Le cadre de santé référent reprend et complète les éléments de la prise en charge du patient, en favorisant l’interactivité des échanges. Les chirurgiens présents complètent les éléments médicaux. Ensuite un apport théorique est constitué, illustré par des schémas, une iconographie et des films, avec généralisation sur l’ensemble de la pathologie.
L’expérience de cet enseignement sur un site a été positive. En 2005 et 2006, nous avons organisé ces séances sur deux sites de façon simultanée, puis depuis 2007 sur trois sites. Cela demande une rigueur plus grande de la part des animateurs, ainsi que, notamment, le respect des règles de prise de parole de la part des étudiants.
Ce travail a permis de développer une étroite collaboration entre les enseignantes des IFSI et l’équipe de neurochirurgie, mais aussi et surtout entre les enseignantes elles-mêmes (partage de documents, harmonisation dans la programmation des modules, …). La méthode pédagogique utilisée est appréciée par les étudiants, qui se sentent davantage impliqués dans leur formation, considérés comme des professionnels puisque mis en situation. De plus, la présence simultanée de plusieurs instituts de formation provoque une certaine émulation qui favorise la qualité du travail réalisé.
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Un modèle d’auto-évaluation en ligne par test de concordance de scripts |
Le test de concordance de scripts (TCS) est un outil développé depuis le début des années 2000, destiné à l’évaluation du raisonnement clinique d’étudiants en médecine ou de médecins en formation [6Charlin B., Roy L., Brailovsky C., Goulet F., van der Vleuten C. The Script Concordance test: a tool to assess the reflective clinician Teach Learn Med 2000 ; 12 : 189-195 [cross-ref]
Cliquez ici pour aller à la section Références, 7Charlin B., Gagnon R., Sibert L., van der Vleuten C. Le test de concordance de script, un instrument d’évaluation du raisonnement clinique Pédagogie médicale 2002 ; 3 : 136-144
Cliquez ici pour aller à la section Références et 8Charlin B., van der Vleuten C. Standardized assessment of reasoning in contexts of uncertainty: the script concordance approach Eval Health Prof 2004 ; 27 : 304-319 [cross-ref]
Cliquez ici pour aller à la section Références]. Son intérêt en formation médicale continue est également clairement établi. Plus particulièrement, il vise à tester la capacité de raisonnement dans une situation dite « d’incertitude », c’est-à-dire une situation, courante en médecine, où le praticien ne dispose pas de tous les éléments cliniques et paracliniques qui permettraient une prise de décision idéale ; il explore la qualité et l’organisation des réseaux de connaissance de l’étudiant [9Brailovsky C., Charlin B., Beausoleil S., Cote S., Van der Vleuten C. Measurement of clinical reflective capacity early in training as a predictor of clinical reasoning performance at the end of residency: an experimental study on the script concordance test Med Educ 2001 ; 35 : 430-436 [cross-ref]
Cliquez ici pour aller à la section Références]. Son originalité repose essentiellement sur l’absence de bonne réponse unique : la réponse de l’étudiant est notée non par rapport à une vérité hypothétique, mais par rapport aux réponses données par un panel d’experts (au nombre d’une dizaine). Plusieurs étapes du raisonnement clinique peuvent être explorées : formulation d’hypothèses diagnostiques, capacité à proposer des explorations complémentaires ou une stratégie thérapeutique, conduite à tenir peropératoire [10Meterissian S., Zabolotny B., Gagnon R., Charlin B. Is the script concordance test a valid instrument for assessment of intraoperative decision-making skills? Am J Surg 2007 ; 1 : 248-251 [cross-ref]
Cliquez ici pour aller à la section Références].
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Tests de concordance de scripts en neurochirurgie |
Diverses disciplines, dont l’Urologie [11Sibert L., Darmoni S.J., Dahamna B., Weber J., Charlin B. Online clinical reasoning assessment with the Script Concordance test: a feasibility study BMC Med Inform Decis Mak 2005 ; 20 : 5-18
Cliquez ici pour aller à la section Références et 12Sibert L., Darmoni S.J., Dahamna B., Hellot M.F., Weber J., Charlin B. On line clinical reasoning assessment with Script Concordance test in urology: results of a French pilot study BMC Med Educ 2006 ; 28 (6) : 45 [cross-ref]
Cliquez ici pour aller à la section Références], se sont intéressées à l’utilisation des tests de concordance de scripts. En neurochirurgie, il est apparu que cet outil pouvait être un bon moyen d’auto-apprentissage des internes de la spécialité. En effet, une étude anonyme portant sur les besoins ressentis par les internes en formation mettait en évidence leur besoin de pouvoir mesurer leur niveau d’expertise et sa progression au cours de leur internat. Nous avons donc proposé les TCS comme outils d’évaluation formative, permettant à l’étudiant de reconnaître ses points forts et ses faiblesses, et de recentrer en conséquence ses apprentissages. Progressivement, grâce à l’implication du Collège des enseignants de neurochirurgie, il a été possible de construire une base de données, comportant aujourd’hui un peu plus de 200 vignettes, lesquelles couvrent l’essentiel des situations cliniques couramment rencontrées en neurochirurgie [13Caire F., Sol J.C., Charlin B., Isidori P., Moreau J.J. Le TCS comme outil d’évaluation formative des internes en neurochirurgie : implantation du test sur l’Internet à l’échelle nationale Pédagogie Médicale 2004 ; 5 : 87-94 [cross-ref]
Cliquez ici pour aller à la section Références et 14Caire F., Sol J.C., Moreau J.J., Isidori P., Charlin B. Auto-évaluation des internes en neuro-chirurgie par tests de concordance de script : processus d’élaboration des tests Neurochirurgie 2004 ; 50 : 66-72 [cross-ref]
Cliquez ici pour aller à la section Références].
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Mise en ligne des tests de concordance de script |
En raison du petit nombre d’internes inscrit en diplôme d’études spécialisées de neurochirurgie, de leur dispersion géographique et de la nécessité d’assurer une continuité du service de garde, il est difficile d’en réunir plus de la moitié en un même lieu. L’informatisation des tests et leur mise en ligne sur un site dédié sont apparues comme un moyen simple de contourner ces difficultés, les internes pouvant se connecter via l’Internet à la plate-forme hébergeant les tests. Des démonstrations à partir de plates-formes existantes sont aisément accessibles sur l’Internet : http://www.cme.umontreal.ca/tcs/ (site de l’Université de Montréal, qui a la paternité des TCS) ; cliquez ici (site du campus numérique de neurochirurgie).
Plusieurs essais ont été réalisés, permettant de valider l’outil informatique. Une série de vignettes portant sur différents aspects de la neurochirurgie avait été sélectionnée au préalable, permettant la construction d’un test cohérent. Les internes étaient invités à passer le test sur l’Internet pendant une période de temps déterminée, à l’issue de laquelle les résultats de chacun pouvaient être situés par rapport à ceux du panel d’experts et des autres internes. Une utilisation plus systématique des TCS nécessitait l’informatisation des tests préalablement rédigés, et leur accès sur une plate-forme informatique dédiée. Ces deux conditions étant remplies depuis peu, il devrait être rapidement possible de proposer aux internes de neurochirurgie une auto-évaluation plus régulière.
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Un modèle de formation médicale continue en ligne |
Depuis plusieurs années, les séances de formation médicale continue (FMC) organisées dans le cadre des congrès de la Société française de neurochirurgie sont enregistrées sur le site du campus de neurochirurgie et accessibles en streaming vidéo. De manière en à en faire des outils efficaces de formation médicale continue en ligne, plusieurs outils d’auto-évaluation du raisonnement clinique en lien avec le streaming vidéo ont été développés : QCM, TCS. Les TCS se sont appuyés en partie sur un cas clinique avec différents formats de questionnaires concernant respectivement le raisonnement diagnostique, l’investigation et la thérapeutique ; ils ont été validés par un panel d’experts.
La scénarisation de l’action de FMC en ligne consiste pour le candidat à assister au streaming vidéo puis à passer un test d’auto-évaluation). Sous certaines conditions pédagogiques, le dispositif pourrait exploiter des pré- et des post-tests : le prétest peut confirmer les besoins d’apprentissage, fait percevoir la pertinence des acquisitions à effectuer et permet d’activer les connaissances antérieures des participants ; en effet, les TCS permettent de détecter aisément les champs de connaissance pour lesquels les scripts des participants s’avèrent semblables à ceux des experts (et donc pour lesquels il n’est pas nécessaire de s’engager dans une formation) et quels sont les champs dans lesquels il existe au contraire un écart qui démontre la nécessité d’une formation. Le post-test permet quant à lui de mesurer les acquisitions effectuées au cours de la formation.
Un tel dispositif de formation continue doit être informatif et, pour ce faire, recourir à des feed-back , des liens hypertextes et des références bibliographiques. Ces différents moyens sont en cours de développement sur le campus numérique ; des réponses avec un mauvais score lors des tests d’auto-évaluation renverront vers ces liens. En ce qui concerne la justification de la formation, son contenu n’est pas encore déterminé. Il faut en effet que le candidat puisse disposer d’une attestation officielle faisant état du cheminement du participant, avec indication du crédit de la formation. Enfin, si le choix est d’utiliser comme outil de FMC les tables rondes des congrès, la Société française de neurochirurgie devra tenir compte du choix du thème, de celui de l’organisateur et de sa capacité à suivre efficacement les recommandations pour la rédaction et/ou à la validation des outils d’auto-évaluation.
En conclusion, la possibilité de mettre en ligne des tests d’auto-évaluation de façon couplée avec l’enregistrement en streaming vidéo des tables rondes, permet d’envisager d’utiliser cette modalité pédagogique dans le cadre de la FMC à caractère obligatoire en neurochirurgie ou dans d’autres spécialités médicales.
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Un modèle de séances d’étude bibliographique par visioconférence sur l’Internet |
Le nombre relativement faible d’internes en neurochirurgie, répartis sur le territoire français, rend souvent difficile la réalisation fréquente de réunion de formation. Cette difficulté se constate en particulier pour la formation bibliographique (lecture et discussion régulière de la littérature scientifique dans le domaine de la neurochirurgie). Une séance d’étude bibliographique efficace nécessite effectivement de pouvoir discuter à plusieurs le fond et la forme des articles scientifiques. À partir de ce constat, 2 à 3 réunions bibliographiques en ligne par an ont été organisées en recourant à la visioconférence sur l’Internet.
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Organisation et description des séances d’études bibliographiques en visioconférence |
Les internes de neurochirurgie sont contactés informés à l’avance par e-mail des dates et horaires des prochaines séances. L’adresse Internet de la salle de conférence virtuelle est envoyée à tous. Parfois, un sujet est proposé pour obtenir une certaine homogénéité des articles scientifiques choisis pour être étudiés ; les étudiants sont invités à venir exposer un ou deux articles scientifiques. Cette annonce est accompagnée d’un rappel sur les considérations techniques de la visioconférence (configuration nécessaire, connexion, ouverture des micros, prise de parole) ; les nouveaux venus sont invités à se connecter une demi-heure à l’avance pour vérifier les paramètres de connexion et obtenir de l’aide du modérateur de la salle. L’ensemble de ces informations est également rapporté sur le campus numérique de neurochirurgie.
Chaque étudiant est invité à présenter en cinq à sept minutes son analyse critique de l’article scientifique qu’il a choisi puis une discussion libre entre les participants est organisée. La séance, habituellement organisée en soirée, dure environ une heure et demie.
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Appréciation de l’efficacité par les participants |
Le logiciel de visioconférence utilisé est celui qui est proposé en libre accès sur les serveurs de l’UMVF. Son interface intuitive permet une adhésion rapide des étudiants les plus réfractaires à l’outil informatique. L’ensemble des participants a apprécié le caractère formateur de l’interaction qui était obtenu lors de ces réunions virtuelles. La confrontation des connaissances dans un même niveau de formation a permis d’obtenir une émulation efficace, et le nombre des participants n’a cessé de croître. La plupart avouaient ne pas pouvoir organiser ce type de formation régulièrement en mode présentiel.
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Inconvénients de la méthode |
Quelques difficultés d’ordre technique ont été rencontrées, tenant le plus souvent à des chutes de débit sur l’Internet. La latence de transmission de la voix qui persiste encore actuellement (une demi-seconde approximativement) est parfois une difficulté lors des discussions les plus animées mais, d’un autre côté, elle limite les interruptions de parole entre participants.
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Effets bénéfiques secondaires de cette expérience |
Au-delà de l’objectif de formation bibliographique, ces réunions virtuelles régulières ont permis d’établir une forme de communication directe entre différents centres de formation en France. Elles ont également permis de démystifier la technique des réunions virtuelles aux yeux des étudiants qui ne la connaissaient pas encore. Il sera ainsi plus facile dans l’avenir de proposer la participation à d’autres acticités de formation plus spécifiques utilisant la visioconférence (table ronde faisant intervenir des experts, cours de formation supérieure).
Les modèles de formation rapportés sont potentiellement transférables à d’autres spécialités et à d’autres disciplines de santé. Les problèmes que nous avons rencontrés ont tenu à la diffusion des modèles et à la résistance au changement. Or, pour un campus de spécialité dite « confidentielle », représentant un pour cent de tous les médecins en France, il était indispensable d’offrir à d’autres acteurs de la discipline d’occuper la place qu’il leur revient ; c’est le cas des professionnels paramédicaux. L’organisation en consortium qui associe toutes les instances administratives, syndicales, scientifiques de la spécialité a permis un regroupement avec des partenaires industriels et institutionnels comme l’UMVF. Celle-ci, par une action mobilisatrice et ses moyens financiers, a aidé au développement du campus de neurochirurgie.
Le choix de logiciels libres permettant la publication partagée a détaché les concepteurs (pionniers) de la responsabilité du succès. Le campus s’est autonomisé, libéré et étendu.
L’exigence de contrôle de la qualité des contenus peut être aussi un frein au développement, en ce sens qu’il institue un filtre de la production didactique. Mais le campus est une émanation du Collège des enseignants de neurochirurgie et de la Société française de neurochirurgie, ce qui lui permet d’être au centre de la production intellectuelle. La démarche qualité est alors assurée par les comités scientifiques du Collège et de la Société française de neurochirurgie qui choisissent les sujets et les responsables de sessions de formation.
Le sentiment de menace de la propriété intellectuelle des auteurs peut évidemment limiter les enregistrements Mais nous n’avons pratiquement pas rencontré de refus d’un enregistrement en streaming vidéo lors d’une communication scientifique. Finalement notre réflexion a abouti à la mise en place d’un système de « copyright », qui respecte les auteurs et leur travail.
Les difficultés financières ont concerné davantage le budget de fonctionnement que le budget de développement. L’utilisation de logiciels libres et la localisation des serveurs de stockage à l’université ont considérablement assoupli les conditions et les frais de fonctionnement. En fait, les solutions adoptées visent à préserver l’accès libre et gratuit au campus. Elles ont permis d’aboutir à la pérennité du campus et à son développement interrégional, national et international dans le cadre de la francophonie.
Les projets se situent à différents niveaux. Au sein de la région Limousin, les IFSI sont équipés d’un site numérique. La création d’un centre universitaire régional d’e -santé permettra de coordonner ces différents sites. Sur le plan national, un portail numérique de neurochirurgie permet de fédérer les différents sites de la Société française de neurochirurgie, du campus et des sites partenaires industriels. Des formations pédagogiques ou aux TIC sont organisées tous les ans par le collège lors d’un colloque. Les Journées nationales d’enseignement organisées par le collège sont déjà diffusées par visioconférence mais la diffusion IP permettra une extension à l’ensemble de la francophonie. Toutes les séances pédagogiques sont enregistrées en streaming vidéo et accessibles sur le site du campus. Une plate-forme de gestions des informations a été développée sur logiciel libre. Ce système rendra beaucoup plus facile et rapide la conception d’une formation en ligne accompagnée de son auto-évaluation. À terme, cette plate forme permettra de proposer à tout apprenant, à partir de la spécification de ses besoins individuels, une formation en ligne en s’appuyant sur la bibliothèque numérique du campus.
Les expériences de formation en ligne développées à partir du campus numérique de neurochirurgie, peuvent apporter une contribution à la réflexion concernant le développement de projets similaires dans d’autres disciplines. Elles illustrent l’opportunité qu’il y a, pour une discipline, à se structurer et à mutualiser ses moyens autour de tels projets. Elles permettent d’ores et déjà d’identifier plusieurs conditions qui semblent de nature à en favoriser la réussite : un ancrage fort du campus numérique au sein du collège national des enseignants de la discipline et de la société savante concernée, garant de la qualité des ressources didactiques et scientifiques ; une organisation par pôles d’enseignement, qui confère au projet une dimension transversale ; un accès libre au campus, qui en accroît la visibilité, gage de dynamisme et de pérennité ; une mutualisation au sein d’un consortium, en lien avec l’action de l’UMVF.
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Nous remercions la revue « Pédagogie Médicale » qui nous a autorisé à reproduire en l’actualisant l’article publié en août 2008, volume 9, numéro 3, pages 2 à 11.