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Consanguinité, schizophrénie et trouble bipolaire - 29/04/13

Consanguinity, schizophrenia and bipolar disorder

Doi : 10.1016/j.amp.2013.01.036 
Aïcha Dahdouh-Guermouche, Mohammed Taleb , Philippe Courtet, Boualem Semaoune, Alain Malafosse
Pavillon Calmette, 5, rue du Dr Burnet, 27200 Vernon, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

La consanguinité est une relation entre deux personnes qui partagent un ancêtre commun. Elle est habituellement définie comme le résultat d’une reproduction sexuée entre deux individus apparentés. En d’autres termes, les mariages consanguins se réfèrent à des unions contractées entre des individus biologiquement liés. Ces unions sont encore fréquentes et constituent des pratiques très répandues dans certaines régions du monde. La région la plus concernée s’étend de la rive sud de la mer méditerranée à travers le Moyen-Orient, la Mésopotamie, le Golfe persique et l’Inde subcontinentale jusqu’au sud-est de l’Asie. Sur la base des données disponibles, il apparaît que les couples apparentés au second degré ou plus et leur progéniture représentent 10,4 % de la population mondiale actuelle. Leurs conséquences sur la fréquence des maladies à déterminisme génétique sont importantes et notamment en ce qui concerne les maladies autosomales récessives. Les études de jumeaux et d’adoption et les estimations du risque de survenue de troubles mentaux chez les apparentés de sujets atteints dans les études familiales ont confirmé l’existence d’une composante génétique dans la vulnérabilité à de nombreuses affections psychiatriques. Les techniques récentes d’examen du génome entier ou étude d’association pangénomique, en anglais genome-wide association study (GWAS), permettent d’identifier de plus en plus de gènes impliqués dans les troubles mentaux majeurs tels que la schizophrénie, l’autisme et le trouble bipolaire. Les études d’épidémiologie génétique auprès de populations consanguines et/ou constituant un isolat géographique mettent en évidence une augmentation des taux de mortalité et de morbidité infantiles, de la fréquence des maladies monogéniques récessives et une concentration accrue de maladies communes multifactorielles comme les troubles psychotiques. Elles confirmeraient l’existence d’un lien significatif entre consanguinité et troubles mentaux et l’augmentation du risque au sein de la descendance des couples consanguins. Ces études sur les liens entre consanguinité et troubles psychotiques sont peu nombreuses. Les rares données dont nous disposons semblent pourtant en faveur d’une augmentation de la fréquence de la schizophrénie et des troubles bipolaires dans la descendance de parents consanguins. La découverte récente des variants génétiques rares et leurs implications dans les troubles psychotiques constituent un argument en faveur de l’hypothèse « maladie commune-variants rares ». Dans ce cadre, l’étude de familles consanguines pourrait contribuer à tester les liens entre ces variants rares et quelques phénotypes et à établir des descriptions d’associations génotype/phénotype. Le développement de techniques nouvelles en génétique moléculaire devrait favoriser de telles études. L’ensemble de ces aspects mettent en évidence l’importance de l’étude des populations consanguines dans la compréhension du rôle des déterminants génétiques dans les pathologies psychiatriques et soulignent l’intérêt du conseil génétique pour ces communautés à hauts risques de troubles mentaux. Ils peuvent permettre également la mise en place de politiques de prévention et de sensibilisation sur les risques liés aux unions consanguines.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

Consanguinity is a relationship between two people who share a common ancestor. It is usually defined as resulting from sexual reproduction between two related individuals. In other words, consanguineous marriages refer to unions which are contracted between two biologically linked individuals. These unions remain frequent and are widely practiced in certain areas of the globe. The most frequently concerned regions extend from the southern shore of the Mediterranean Sea, across the Middle East, Mesopotamia, the Persian Gulf and sub continental India extending into Southeast Asia. Based on available data, it appears that couples who are second-degree relations or closer and their offspring represent 10.4% of the world’s current population. The consequences on the rates of genetically determined diseases are significant, especially in autosomal recessive diseases. Twin and adoption studies as well as risk estimations for the occurrence of mental disorders in families of patients who suffer from mental disorders have confirmed the existence of a genetic component in the vulnerability to numerous psychiatric diseases. Recent techniques examining the entire genome or pan-genomic association studies (Genome-Wide Association Studies or GWAS), have enabled us to identify increasing numbers of genes that are implicated in major mental disorders such as schizophrenia, autism and bipolar disorders. Epidemiological genetic studies in consanguineous populations and/or within geographic isolates have shown an increased rate in infant mortality and morbidity, monogenetic recessive diseases and common multifactorial diseases such as psychotic disorders. These confirm the existence of a significant link between consanguinity, mental disorders and increased risk within the offspring of consanguineous couples. Studies concerning the links between consanguinity and psychotic disorders are few. Rare available data seem to plead in favour of an increased frequency of schizophrenia and bipolar disorder in the offspring of consanguineous parents. The recent discovery of rare genetic variants and their implications in psychotic disorders represents an argument in favour of the “common disease-rare variants” hypothesis. Within this framework, the study of consanguineous families could contribute to testing the links between these rare variants and certain phenotypes and to establish descriptive genotype-phenotype associations. The development of new techniques in molecular genetics should facilitate such studies. All of these aspects show the importance of studying consanguineous populations in order to better understand the role of genetic determinants in psychiatric pathologies and to highlight the interest of genetic counselling in communities with increased risks of mental disorders. This may also enable governments to enact prevention policies and to launch awareness campaigns concerning the risks of consanguineous marriages.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Consanguinité, Génétique, Schizophrénie, Trouble bipolaire

Keywords : Bipolar disorder, Consanguinity, Genetic, Inbreeding, Psychosis, Schizophrenia


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