Publicité

Médecine

Paramédical

Autres domaines

Table des matières S'abonner

Thiopental

[36-304-A-50]
M. Chauvin : Professeur des Universités, Praticien Hospitalier
Département d'anesthésie-réanimation, Hôpital Ambroise-Paré - 9, avenue Charles-de-Gaulle, 92100  Boulogne  France
Article archivé , publié initialement dans le traité EMC Anesthésie-Réanimation

Résumé

Le thiopental a été l'une des premières substances administrées chez l'homme pour l'anesthésie intraveineuse. II demeure l'agent anesthésique de choix dans la plupart des situations cliniques et la substance de référence dans le domaine des anesthésiques intraveineux. Synthétisé entre 1930 et 1935, c'est l'homologue soufré du pentobarbital. Les premiers essais cliniques ont été réalisés par Pratt et coll. [82] à Madison dans le Wisconsin et par Lundy [65] à la Mayo Clinic en 1934 et 1936. L'avènement du thiopental a permis le véritable essor de l'anesthésie intraveineuse. Auparavant, le seul barbiturique d'action courte qui existait était l'hexobarbital : l'anesthésie immédiate qu'il procurait s'expliquait par la forte liposolubilité obtenue par la substitution d'un radical méthyl en N3, mais elle s'associait à de nombreux effets indésirables, en particulier une forte incidence de mouvements anormaux de type excitatoire [30].

Le développement de l'utilisation du thiopental en anesthésie intraveineuse a été néanmoins très lent à se réaliser ; il a été marqué par des accidents graves au cours de son utilisation durant la Seconde Guerre mondiale [46] : le thiopental a été administré à des blessés lors de la catastrophe de Pearl Harbor en 1941 et a été responsable de complications fatales. Le thiopental ayant été administré rapidement et à de fortes doses, à des blessés très hypovolémiques et sans enrichissement des gaz en oxygène, les conséquences ont alors été dramatiques avec collapsus et asphyxie. II s'agissait d'une mauvaise utilisation du médicament dont les limites réelles n'avaient pas été précisées dans les premières publications de Pratt [82] et Lundy [65]. D'autres équipes ont mieux utilisé le thiopental en préconisant, en particulier, l'administration lente de doses faibles chez les sujets fragiles. Un éditorial de 1943 dans Anesthesiology [1] a fait la synthèse de ces différentes publications et insistait sur les caractéristiques intéressantes du thiopental comme agent anesthésique intraveineux : la constance et la rapidité de l'induction, l'absence d'excitation clinique.

Plan



© 1989  Éditions Scientifiques et Médicales Elsevier SAS - Tous droits réservés

Ajouter à ma bibliothèque Retirer de ma bibliothèque Imprimer

Bienvenue sur EM-consulte,
la référence des professionnels de santé.

Plus de 500 000 articles médicaux,
paramédicaux et scientifiques vous attendent.

Déjà abonné à ce traité ?

Publicité