Difficultés d’interprétation des concentrations de méthadone dans les cheveux d’enfants - 12/05/16
Resumen |
Objectif |
Évaluer les biais d’interprétation des concentrations de méthadone dans les cheveux d’enfants et proposer des approches scientifiquement acceptables.
Méthode |
L’utilisation de la méthadone n’est pas autorisée chez l’enfant, à l’exclusion du traitement du syndrome de manque à la naissance. Ces dernières années, nous avons reçu pour analyse des échantillons de cheveux d’enfants admis inconscients à l’hôpital avec de la méthadone retrouvée dans le sang, ou décédés dans un contexte de surdosage. Les analyses ont été réalisées par une méthode validée en CL-SM/SM après segmentation des cheveux [1].
Résultats |
Les concentrations de méthadone sont généralement inférieures à 1ng/mg. Souvent, et malgré une limite de détection à 0,01ng/mg, l’EDDP, métabolite majeur, n’a pas été retrouvé. Sur 24 cas, il est possible de distinguer essentiellement 2 profils de distribution segmentaire de la méthadone : 1. Des concentrations assez homogènes le long de la mèche ou 2. Une augmentation de la concentration entre la racine et l’extrémité. Si la première situation est très évocatrice d’une contamination, probablement lors de la phase aiguë de l’intoxication, la seconde peut être interprétée de plusieurs façons : diminution de l’administration, augmentation du poids corporel de l’enfant, et donc une même dose au décours de la vie donne des concentrations plus faibles, contamination par la sueur de la maman lorsqu’elle prend son enfant avec elle au lit, les segments les plus anciens ayant été plus longtemps en contact avec la literie. Dans une fratrie, c’est généralement l’enfant le plus jeune qui a les concentrations les plus élevées, probablement parce qu’il est plus souvent dans les bras de ses parents. Un algorithme sera proposé pour évaluer la contribution in utero [2]. Le ratio EDDP/méthadone et la distribution des énantiomères R et S de la méthadone et de l’EDDP sont des paramètres qui peuvent aider à l’interprétation.
Conclusion |
À la question « les enfants ont-ils été empoisonnés par la méthadone », les éléments suivants permettent une approche scientifique de la réponse : au moment des faits, les enfants ont été exposés à la méthadone (puisque le sang et/ou les urines étaient positives), les enfants vivaient dans un environnement où de la méthadone était utilisée (parent[s] sous traitement). Les résultats sont compatibles avec un environnement familial où circulait de la méthadone qui n’était pas consommée et conservée de manière appropriée. Les résultats des analyses de cheveux peuvent mettre en évidence une exposition répétée à la méthadone, sans qu’il soit possible d’établir une fréquence d’exposition. Les concentrations mesurées peuvent correspondre à la somme de celles résultant d’un passage systémique et de celles résultant d’une contamination externe par la sueur, les fluides biologiques ou les mains.
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Vol 28 - N° 2S
P. S17 - juin 2016 Regresar al númeroBienvenido a EM-consulte, la referencia de los profesionales de la salud.
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